Luiz Inácio Lula da Silva

Luiz Inácio Lula da Silva
Illustration.
Portrait officiel de Luiz Inácio Lula da Silva (2007).
Fonctions
Ministre d'État
Chef de cabinet du président de la République fédérative du Brésil

(1 jour)
Président Dilma Rousseff
Prédécesseur Jaques Wagner
Successeur Eva Chiavon (intérim)
Eliseu Padilha
Président de la
République fédérative du Brésil

(8 ans)
Élection
Réélection
Vice-président José Alencar Gomes da Silva
Prédécesseur Fernando Henrique Cardoso
Successeur Dilma Rousseff
Député fédéral

(5 ans)
Circonscription São Paulo
Président du Parti des travailleurs

(14 ans, 8 mois et 5 jours)
Prédécesseur Parti créé
Successeur Rui Falcão
Biographie
Nom de naissance Luiz Inácio Ferreira da Silva
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Caetés, Pernambouc (Brésil)
Nationalité brésilienne
Parti politique Parti des travailleurs
Conjoint Maria de Lourdes da Silva (1969-1971)
Marisa Letícia Lula da Silva (1974-2017)
Profession Ouvrier métallurgiste
Religion Catholicisme romain
Résidence São Bernardo do Campo

Signature de Luiz Inácio Lula da Silva

Luiz Inácio Lula da Silva
Présidents de la République fédérative du Brésil

Luiz Inácio Lula da Silvaaudio, plus connu sous le nom de Lula, né le à Caetés, est un homme d'État brésilien, président de la République du au .

Ouvrier métallurgiste de profession, il participe à la fondation du Parti des travailleurs (PT), mouvement d'inspiration socialiste. Il se présente sans succès aux élections présidentielles de 1989, 1994 et 1998.

Élu président de la République en 2002 et entré en fonctions l’année suivante, il met en place des programmes sociaux d'importance et améliore sensiblement la situation économique. Après avoir été réélu en 2006, il ne peut se représenter pour un troisième mandat consécutif et voit sa chef de cabinet, Dilma Rousseff, lui succéder en 2011.

Alors qu'il est soupçonné de corruption et de blanchiment d'argent, Dilma Rousseff le nomme en 2016 ministre d'État et chef de cabinet de la présidence de la République, mais cette nomination controversée est suspendue par la justice. En 2018, il est condamné en appel à 12 ans de prison pour corruption dans l'affaire Petrobras. Alors qu'il est désigné candidat du PT à l'élection présidentielle de 2018, pour laquelle il est donné favori, il est emprisonné et déclaré inéligible.

Situation personnelle

Origines

Fils d'Aristides Inácio da Silva et d'Eurídice Ferreira de Mello, il reçoit, à sa naissance (selon la tradition des pays lusophones), comme double nom l'un des deux noms de sa mère (Ferreira) suivi de l'un des deux noms de son père ([da] Silva). Il est donc déclaré à sa naissance comme Luiz Inácio Ferreira da Silva. Surnommé « Lula », diminutif affectueux de « Luiz » - Lula signifie également calamar - il intègre officiellement ce surnom à son nom de famille en 1982 sur les registres de l'état civil, omettant désormais le nom de sa mère, son nom complet devenant ainsi Lula da Silva. Son surnom officialisé sert à le désigner de façon abrégée, le patronyme (da) Silva étant extrêmement courant. C'est traditionnellement ce dernier qui se transmet en tant que nom de famille, mais les enfants du président brésilien portent désormais le patronyme Lula da Silva, en dehors de sa première fille, née d'une relation hors mariage.

Il est né dans le village de Caetés dans l'État du Pernambouc. Il est le septième et avant-dernier enfant d'une famille modeste. Fuyant la misère de la campagne de sa région natale du Nordeste, son père part s'engager comme docker dans le grand port de Santos à 72 km de São Paulo.

Jeunesse

Alors qu'il a sept ans, sa mère (qui élevait seule les huit enfants) décide de rejoindre son mari. Arrivés dans la grande ville, ils s'aperçoivent qu'il a fondé un autre foyer, et elle se retrouve seule pour tenter de survivre. Tous les enfants sont mis à contribution, et le petit Lula quitte l'école à 10 ans pour des petits travaux dans la rue (cireur de chaussures, vendeur de cacahuètes).

À 14 ans, il devient tourneur dans une usine automobile de São Bernardo do Campo, puis ouvrier métallurgiste. C'est lors de l'exercice de son activité de métallurgiste qu'il perd un doigt, l'auriculaire gauche, dans une machine[1],[2].

Carrière syndicale

Dans les années 1960, le Brésil connaît un boom économique, mais qui ne profite pas à la classe ouvrière. Lula se syndicalise et se radicalise ; ses talents de tribun et de négociateur sont remarqués.

À 21 ans, il adhère au syndicat de la métallurgie, dont il devient le président en 1975[3]. Il s'impose comme une figure du syndicalisme brésilien, avec son épaisse barbe et ses cheveux en bataille. L'entreprise Volkswagen collabore avec la dictature militaire en lui transmettant des informations sur Lula et d'autres dirigeants syndicaux[4].

Ses prises de position lui valent alors quelques brefs séjours en prison sous le régime militaire. Sur sa première arrestation, il affirme avoir eu peur d'être « liquidé » par le pouvoir en place alors que son arrestation n'était pas officielle. Frei Beto ayant assisté à son arrestation chez lui et ayant appelé Dom Paulo, la nouvelle se diffusa rapidement à la radio[5].

Parcours politique

Débuts

Luiz Inácio Lula da Silva, alors député.

Il décide de passer du syndicalisme à la politique en 1980 en fondant le Parti des travailleurs (Partido dos Trabalhadores), à une époque où le général João Figueiredo préparait lentement le pays au retour de la démocratie.

En 1982, il est une première fois candidat au poste de gouverneur de l'État de São Paulo, puis il commence à constituer ses propres réseaux d'influence en faisant élire ou nommer des militants de son parti dans les mairies, au parlement et dans les sphères des affaires de l'État.

En 1985, d'immenses manifestations populaires obligent le général João Figueiredo à rendre le pouvoir, et un civil, Tancredo Neves est élu président de la République, mais meurt 4 mois après son élection. Le vice-président José Sarney le remplace à la présidence et il impose un programme d'austérité économique et introduit une nouvelle monnaie pour tenter de contenir une inflation galopante qui se montera à 1000 % en 1989.

En 1986, Lula est élu député et rentre au Congrès. Il participe à la Constitution, mais renonce peu après.

Le 5 octobre 1988, une nouvelle Constitution plus démocratique est promulguée en remplacement de celle de 1969. Elle établit un régime présidentiel et le suffrage universel avec vote obligatoire. Elle met en place un Sénat (81 sénateurs élus pour huit ans), et une Chambre des députés (503 députés élus pour quatre ans).

Ascension

En décembre 1989, se déroulent les premières élections démocratiques depuis trente ans. Lula se présente pour la première fois à la présidence de la République. À cette occasion, il décide de changer son image pour avoir plus de chance de réussite : il taille sa barbe et se fait refaire les dents. Cependant, il perd face à Fernando Collor de Mello, candidat soutenu par la plupart des médias et dont le budget de campagne atteint les 100 millions de dollars[6], qui devient le premier président de la République réellement élu par le peuple après 1960.

En 1994, le Brésil met en œuvre un nouveau plan d'austérité économique pour pallier les conséquences de la récession mondiale. Lula se présente une deuxième fois à la présidence. Fernando Henrique Cardoso est élu président de la République avec 54,3 % des suffrages exprimés, contre 27 % à Lula.

De violents affrontements éclatent entre 1995 et 1996 entre les propriétaires terriens et les sans-terres. Le président Fernando Henrique Cardoso fait alors redistribuer 1 000 km2 de terres de riches domaines privés pour les donner à plus de 3600 familles pauvres, et autorise la reprise de terres attribuées aux Indiens.

En 1998, Lula se présente une troisième fois à la présidence, mais il est battu dès le premier tour. Son échec peut s'expliquer par un discours perçu comme trop radical et par la forte popularité du gouvernement sortant, qui bénéficie notamment d'une bonne situation économique. Confronté à un rejet important des « élites » économiques et d'une partie des classes moyennes, le Parti des travailleurs modère par la suite ses positions sur les thèmes du remboursement de la dette extérieure, de la réforme agraire, ou encore des traités de libre-échange[7].

Président de la République

Élection et investiture

Le , Lula est élu président de la République au second tour de l’élection présidentielle, face à José Serra. Il prend ses fonctions le 1er janvier 2003.

Politique économique et sociale

Portrait officiel de Lula en 2003.

Premier président brésilien de gauche, chantre de la démocratie participative expérimentée à Porto Alegre, il ne remet pas en question la rigueur budgétaire des années précédentes mise en œuvre par son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso, et accepte le code de conduite du Fonds monétaire international (FMI). Il est confronté à la difficulté de mettre en œuvre ses ambitions et aux espoirs qu'il a soulevés auprès de ceux qui l'ont soutenu et espèrent de lui des emplois, des écoles, une couverture sociale généralisée, l'amélioration du service public de l'éducation et de la santé. Lula poursuit la politique exigée par le FMI tout en militant, avec l'Argentine, pour un assouplissement. Il choisit comme ministre de l'Économie Antonio Palocci, ancien trotskiste converti à l'économie du marché, pour renforcer la crédibilité du Brésil et attirer les investissements étrangers.

Cependant, dans les rangs du PT autant que dans les populations des favelas, du Nordeste et dans les usines, l'impatience gronde, les méfiances s'accumulent et les premiers mouvements sociaux se font jour, menés par le Mouvement des sans-toit et le Mouvement des sans-terre. Les appels à la mise en œuvre de ses promesses électorales se multiplient. Fin 2003, les objectifs fixés par le FMI ayant été atteints, Lula annonce que la période de rigueur est arrivée à son terme. La reprise économique se confirme au Brésil à la fin du premier semestre 2004, avec l'augmentation de la production industrielle et la baisse du chômage.

En 2003, Lula lance la « Bolsa Familia », un programme d'allocations familiales considéré comme le principal pilier de sa politique de lutte contre la pauvreté. Le revenu des plus pauvres progresse de 14 % en 2004, la Bolsa Familia comptant selon les estimations pour les deux tiers de cette croissance[8]. En 2004, il lance le programme des « pharmacies populaires », destinées à rendre accessible aux plus défavorisés les médicaments jugés essentiels. En 13 ans d'existence du programme (supprimé par le gouvernement conservateur de Michel Temer en 2017), 43 millions de Brésiliens en bénéficieront[9]. En 2006, les disparités de revenus au Brésil sont ramenées à leur plus bas niveau depuis 1960 selon une étude de l'ONU[8], mais restent néanmoins très élevées[10].

Il met en place le programme Fome Zero (« Faim zéro »), qui permet aux familles indigentes l’accès aux produits alimentaires de base, par le biais d’aides sociales. Au cours du premier mandat de Lula, la malnutrition infantile régresse de 46 %. En mai 2010, le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU décerne à Lula da Silva le titre de « champion mondial dans la lutte contre la faim »[10].

À l'été 2007, il débloque 2,6 milliards d'euros pour améliorer les conditions de vie dans les favelas (collecte d'eaux usées, raccordement à l'eau potable, à l'électricité, goudronnage des principales voies d'accès). La priorité est donnée aux grandes agglomérations urbaines, où les problèmes de logement et de violence sont cruciaux. Plus de 12 millions de Brésiliens vivent alors dans des favellas, en périphérie des villes, et seulement 53 % des domiciles brésiliens sont raccordés aux égouts.

Lula lance un programme d'aides au logement nettement supérieur par son ampleur aux politiques développées jusqu'alors. Plus de 15 milliards d'euros sont investis pour l'assainissement des eaux et l'urbanisation des favelas, et plus de 40 milliards dans le logement. En priorité, le gouvernement se propose de reloger les populations pauvres qui occupent les « zones à risques », sujettes aux inondations ou aux éboulements de terrains, puis d'étendre le réseau électrique, de lancer des travaux déménagement des rues et d'amélioration de l'habitat précaire. Le gouvernement entreprend de démocratiser l'accès au crédit immobilier[11].

Il remplace son ministre de la Défense, Waldir Pires, par l'ancien député du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) et président du Tribunal suprême fédéral Nelson Jobim en juillet 2007, à la suite de la crise de l'aviation , due notamment au manque d'investissement concernant le contrôle aérien.

Questions sociétales

Lula en 2006.

De confession catholique, Lula da Silva se prononce en faveur de la légalisation de l'avortement, suscitant l'opposition du Vatican, le pape Benoît XVI déclarant alors que de tels partis pris valaient excommunication immédiate de l'Église romaine[12]. Il se déclare également favorable à la légalisation du mariage homosexuel[13].

Il signe, le , le décret lançant le troisième programme national des droits de l'homme, qui prévoit l'adoption de quelque 500 mesures et le vote de 27 lois nouvelles, ainsi que la création d'une Commission de réconciliation concernant la période de la dictature militaire (1964-1985)[14]. L'armée s'est opposée à la création de cette commission, deux des trois commandants militaires ayant menacé de démissionner, conjointement avec le ministre de la Défense Nelson Jobim[15]. Le ministre chargé du Secrétariat des droits de l'homme, Paulo Vannuchi, ami de 30 ans de Lula, a lui aussi menacé de démissionner si le Programme des droits de l'homme était vidé de son contenu. On estime à environ 400 le nombre de victimes (morts et disparus) de la dictature, aucun procès n'ayant eu lieu, contrairement aux autres pays du Cône sud affectés par la « guerre sale »[15].

En matière de protection de l’environnement, la création de zones de conservation et de réserves indigènes entraîne une diminution substantielle de la déforestation à partir de 2004[16].

Réélection

Briguant un second mandat lors de l'élection présidentielle de 2006, Lula part largement favori face à Geraldo Alckmin, candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Selon les sondages, l'action de Lula est jugée positivement pour son action contre la faim et la pauvreté, mais parait plus mitigée dans les domaines de la violence et de la corruption.

La campagne est marquée par le scandale des mensualités, un système de détournement de fonds publics pour l'achat de votes et de soutiens de parlementaires à l’action de Lula entre 2003 et 2005. La direction du Parti des travailleurs est poussée à la démission, tandis que Lula doit remplacer son ministre des Finances, Antonio Palocci. En 2012, la Cour suprême du Brésil confirmera l'existence de ce système et condamnera plusieurs personnalités du PT[17] ,[18].

Le , après un résultat de premier tour jugé décevant, Lula est réélu au second tour avec 60,8 % des suffrages.

Popularité et oppositions

Très populaire parmi les Brésiliens vivant en ville, Lula l'est moins chez une partie des Amérindiens[19], notamment en raison de son accord à la construction du barrage de Belo Monte, qui provoquera la déforestation d'une partie de la forêt amazonienne et la destruction des habitats des tribus vivant à proximité[20],[21]. Il suscite également la méfiance des médecins, des petits chefs d'entreprise et de la classe moyenne supérieure [22]. Si l'action de Lula a permis de sortir des millions de personnes de la pauvreté, ses opposants font valoir qu'il a pour ce faire massivement augmenté les dépenses publiques, ce qui pénalisera les finances du Brésil après son départ de la présidence[22].

Il quitte la présidence avec un taux de popularité atteignant 87 % selon l’institut Ibope[23]. Malgré une satisfaction générale quant à son action, une majorité de la population se déclare insatisfaite de sa politique en matière de santé et de sa politique fiscale[24].

Départ de la présidence

Investiture de Dilma Rousseff, le 1er janvier 2011.

Alors qu'il ne peut briguer un troisième mandat consécutif, sa chef de cabinet et « protégée » Dilma Rousseff lui succède le . Au vu de sa popularité, l'hypothèse que Lula retrouve la présidence à l'issue du mandat de Rousseff est évoquée[25]. Désigné personnalité de l'année 2009 par le journal Le Monde, Lula est classé l'année suivante par le Time comme le dirigeant le plus influent au monde[26].

Après la présidence

Problèmes de santé

L'hôpital syro-libanais de São Paulo, annonce, en octobre 2011, que Lula est atteint d'une tumeur localisée dans le larynx et qu'il devra subir une chimiothérapie « sous forme ambulatoire[27] ». En mars 2012, l'hôpital affirme que son cancer du larynx a connu une « rémission complète »[28].

Retour éphémère au gouvernement

Le , Dilma Rousseff le nomme ministre d'État et chef de cabinet de la présidente de la République, la plus haute fonction du gouvernement.

Cette nomination entraîne les huées de participants à son investiture au palais présidentiel et la protestation d'une grande partie de la classe politique brésilienne[29]. Une demi-heure après sa nomination, la justice suspend en référé sa prise de fonction, considérant que « Dilma Rousseff a commis un délit en nommant Lula ministre pour lui permettre d’échapper à la justice »[30]. Des tribunaux annulent ensuite ces ordonnances mais le lendemain, le 18 mars, un juge du Tribunal suprême fédéral confirme la suspension de l'entrée de Lula au gouvernement dans l'attente du verdict collégial définitif de la juridiction[31]. Un enregistrement téléphonique entre la présidente Rousseff et Lula rendu public par le juge Sérgio Moro deux jours plus tôt, le 16 mars, laissait clairement entendre qu'il y avait eu arrangement entre eux deux pour lui éviter la prison[32].

Lula et Dilma Rousseff en 2016.

Alors que des chefs d'État sud-américains de gauche (Nicolás Maduro, Evo Morales, Michelle Bachelet et Rafael Correa) lui apportent leur soutien[30],,[34], les manifestations se succèdent contre le gouvernement à Brasilia et São Paulo, avec parfois des violences[35].

Le , le procureur préconise au Tribunal suprême fédéral d'annuler son entrée au gouvernement[36]. Le 20 du même mois, le Tribunal suprême reporte l'audience prévue pour statuer sur sa nomination[37]. Eva Chiavon assure l'intérim[38]. Après la suspension de Dilma Rousseff, le nouveau président intérimaire, Michel Temer, nomme Eliseu Padilha[39], puis, après la destitution de la présidente, l'audience prévue est définitivement annulée.

Poursuites judiciaires et emprisonnement

À partir de 2011, Lula est mis en cause plusieurs affaires judiciaires, notamment pour corruption, blanchiment d'argent, détournement de fonds publics et entrave à l'exercice de la justice[40],[41],[42]. L'ancien président se défend d'avoir commis tout acte illégal et affirme que les poursuites dont il fait l’objet sont le résultat de la volonté des « élites » de l'écarter de la course à l’élection présidentielle de 2018[43],[44].

La principale affaire le visant s’inscrit dans le cadre du scandale Petrobras. Il est accusé d'avoir accepté 3,7 millions de reals — dont un luxueux appartement — en remerciement de son intervention pour l’attribution de contrats à l’entreprise pétrolière Petrobras. En juillet 2017, le juge Sérgio Moro le condamne à neuf ans et six mois de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent[45]. En appel, en janvier 2018, la peine est portée à douze ans et un mois d’emprisonnement[46],[47]. Les partisans de Lula et des spécialistes du Brésil remettent en cause le bien fondé juridique de cette condamnation, notamment l’absence de preuve matérielle, dénonçant un parti pris de la justice brésilienne[48],[49],[47],[49].

Lula en 2017.

Le 4 avril 2018, dans un contexte de fortes tensions dans le pays, les juges de la Cour suprême rejettent la demande d'Habeas corpus de Lula, ce qui ouvre la voie à son emprisonnement[50]. Le 7 avril, Lula se constitue prisonnier[51].

Inéligibilité à l’élection présidentielle de 2018

Dès la réélection de Dilma Rousseff en 2014, Lula fait savoir qu’il n’exclut pas de briguer un troisième mandat présidentiel. Malgré ses ennuis judiciaires, il est désigné candidat du Parti des travailleurs à l’élection présidentielle de 2018[52]. Les sondages le donnent alors favori du scrutin en le créditant d’environ 30 % à 40 % d'intentions de vote au premier tour[53],[54],[55].

Mais le 31 août 2018, à la suite de sa condamnation dans le scandale Petrobras, le Tribunal suprême fédéral prononce son inéligibilité[55]. Le PT se voit ensuite sommé de désigner un nouveau candidat[56]. Le 11 septembre 2018, le colistier de Lula, Fernando Haddad, est désigné candidat du parti[57]. Un peu plus tôt dans la journée, le TSE avait rejeté une demande de la défense de l'ancien président de repousser la date butoir au 17 septembre[58].

Décorations

En 2006, il reçoit le Prix de l'« Homme d'État de l'année ». Le 27 septembre 2011, Sciences Po Paris lui remet le titre de Docteur honoris causa[59]. La même année, il reçoit le prix Lech-Wałęsa « pour avoir fait des efforts pour réduire les inégalités sociales, et avoir été l'avocat d'une compréhension pacifique et d'un partenariat entre les nations, en particulier en renforçant la position des pays en développement dans le concert des nations[60]. »

Notes et références

  1. http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/leadership/disk/Br%C3%A9sil_Ben%20Ameur.htm
  2. http://www.bbc.com/afrique/monde-43654360
  3. http://www.europe1.fr/international/lula-du-heros-ouvrier-au-politicien-conteste-2695579
  4. « Volkswagen a espionné Lula au Brésil dans les années 1980 », Reuters,‎ (lire en ligne)
  5. https://youtu.be/jVVZbP2V72M
  6. Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, , p. 180
  7. « Huit années qui ont laminé le Brésil », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  8. a et b « La " bourse familiale " de Lula redonne espoir aux favelas », LExpansion.com,‎ (lire en ligne)
  9. (pt) « Após 13 anos de sucesso, “Farmácia Popular” é extinta por Temer », sur PT (consulté le 13 juin 2017)
  10. a et b « Bourse et favelas plébiscitent « Lula » », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  11. Chantal Rayes, « Et Lula apporta l'eau et la lumière aux favelas », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  12. « Benoît XVI met en garde la classe politique brésilienne sur l'avortement », sur boursier.com
  13. « Lula: un bilan globalement positif pour les LGBT du Brésil »,
  14. Jean-Pierre Langellier, Au Brésil, la mémoire des années de plomb revient sur le devant de la scène, Le Monde, 12 janvier 2010
  15. a et b Abogados:Brasil debe abrir los archivos de la dictadura, La República, 9 janvier 2010
  16. « Le Brésil prend un tournant négatif sur l'environnement et la déforestation », Reporterre,‎ (lire en ligne)
  17. https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/10/02/la-justice-bresilienne-confirme-un-systeme-d-achat-de-vote-sous-lula_1768565_3222.html
  18. http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201311/14/01-4710733-corruption-au-bresil-des-proches-de-lex-president-lula-iront-en-prison.php
  19. http://www.survivalfrance.org/actu/2640
  20. http://www.zegreenweb.com/sinformer/barrage-de-belo-monte-lula-a-donne-son-accord,15699
  21. http://www.raoni.com/actualites-154.php
  22. a et b http://www.lepoint.fr/monde/bresil-l-affaire-lula-la-fin-d-un-cycle-21-03-2016-2026797_24.php
  23. « Brésil: Lula bat les records de popularité », sur Le Figaro,
  24. https://www.reuters.com/article/us-brazil-lula-poll/brazils-lula-to-leave-with-record-high-popularity-idUSTRE6BF4O620101216
  25. https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/01/25/au-bresil-lula-renonce-a-la-presidentielle-2014_1822568_3222.html
  26. (en) http://www.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,1984685_1984864,00.html
  27. AFP avec leparisien.fr, Brésil : l'ex-président Lula lutte contre un cancer leparisien.fr, 29 octobre 2011.
  28. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/03/28/97001-20120328FILWWW00542-remission-complete-du-cancer-du-lula.php
  29. https://www.lemonde.fr/ameriques/video/2016/03/18/lula-hue-lors-de-sa-nomination-au-gouvernement-bresilien_4885662_3222.html
  30. a et b http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201603/18/01-4962290-lula-nous-nallons-pas-accepter-un-coup-detat-au-bresil.php
  31. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/19/97001-20160319FILWWW00032-bresil-la-nomination-de-lula-suspendue.php
  32. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160318.OBS6672/marasme-politique-au-bresil-le-come-back-rate-de-lula-en-4-actes.html
  33. (pt) « Dilma é elogiada por Michelle Bachelet, presidente do Chile - Brasil - RFI »,
  34. https://www.courrierinternational.com/article/bresil-chaos-politique-et-judiciaire-autour-de-dilma-et-lula
  35. « Le procureur du Brésil recommande l’annulation de l’entrée de Lula da Silva au gouvernement », sur Le Monde.fr (consulté le 12 avril 2016)
  36. Lefigaro.fr avec AFP, « Brésil: la Cour suprême repousse sa décision sur l'entrée de Lula au gouvernement », sur Le Figaro (consulté le 14 mai 2016)
  37. « Enfermeira Eva Chiavon assume chefia da Casa Civil », sur Cofen – Conselho Federal de Enfermagem (consulté le 14 mai 2016)
  38. « Precedência », sur Palácio do Planalto (consulté le 14 mai 2016)
  39. http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/24419050
  40. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/20/97001-20160320FILWWW00010-bresilpetrobras-le-gouvernement-annonce-une-plainte.php
  41. Le Point, magazine, « Brésil : nouvelle tuile judiciaire pour Dilma Rousseff », sur Le Point (consulté le 17 août 2016)
  42. Au Brésil, l’ex-président Lula inculpé pour tentative d’entrave à la justice, lemonde.fr, 29.07.2016
  43. http://www.europe1.fr/international/bresil-une-nouvelle-accusation-de-corruption-contre-lex-president-lula-2865472
  44. « Brésil : l’ancien président Lula condamné à neuf ans et demi de prison pour corruption », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  45. Rachel Knaebel, « Lula condamné : fin de partie pour la gauche brésilienne ? », Basta,‎ (lire en ligne)
  46. a et b « L’ancien président brésilien Lula reconnu coupable en appel, son avenir politique compromis », sur Le Monde, (consulté le 24 janvier 2018)
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  48. a et b « Condamnation de l’ex-Président Lula en appel : corruption ou éviction politique ? », IRIS,‎ (lire en ligne)
  49. https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/04/05/la-cour-supreme-du-bresil-donne-son-feu-vert-a-l-incarceration-de-l-ex-president-lula_5280791_3222.html
  50. http://www.sudouest.fr/2018/04/08/bresil-l-ex-president-lula-passe-sa-premiere-nuit-en-prison-4354273-4803.php
  51. « Brésil : toujours en prison, Lula est désigné candidat à la présidentielle », sur Le Monde.fr (consulté le 4 août 2018)
  52. « Même en prison, Lula reste favori de la présidentielle au Brésil », paris match (consulté le 15 avril 2018)
  53. https://poder360.com.br/wp-content/uploads/2018/05/XP-Poll_-2018_05_1.pdf
  54. a et b « Brésil : la candidature de Lula à la présidentielle est invalidée », sur Le Monde.fr (consulté le 1er septembre 2018)
  55. « Présidentielle au Brésil: Le Parti de Lula continue de jouer la montre » (consulté le 10 septembre 2018)
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  57. « Brésil : Fernando Haddad remplace Lula comme candidat du PT à l'élection présidentielle - France 24 », sur France 24 (consulté le 12 septembre 2018)
  58. Axel Gyldén, Lula, "retraité" hyperactif, en visite à Paris sur lexpress.fr, 27 septembre 2011.
  59. (en) Lauréats du prix Lech-Wałęsa.

Liens externes

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