Lucifer

Statue de Lucifer dans la cathédrale Saint-Paul de Liège, par Guillaume Geefs (variante de l'original, signé de Jozef Geefs)

Le nom « Lucifer » signifie en latin « Porteur de lumière » (lux, « lumière », et ferre, « porter »). C'était à l'origine, l'un des noms que les Romains donnèrent à l'« étoile du matin », c'est-à-dire la planète Vénus. Dans la Vulgate, Lucifer devient un nom propre utilisé pour traduire l'expression « astre brillant » du livre d'Isaïe (14.12). Dans la tradition chrétienne, Lucifer est associé à l'orgueil. Il est considéré comme un ange déchu pour s'être rebellé contre Dieu. Il est alors assimilé à Satan et au Diable.

Origine de la figure de Lucifer

Le nom Lucifer vient du latin et signifie « Porteur de lumière », de lux (« lumière ») et ferre (« porter »). Dans la Rome antique, ce nom désigne la planète Vénus[1], aussi appelée l'« étoile du matin », car elle est très brillante dans le ciel et peut être observée le matin avant le lever du soleil ou le soir après le coucher du soleil. Elle semble donc accompagner le soleil [2]. Le nom Lucifer est introduit dans la Bible au IVe siècle dans la version latine, la Vulgate, pour traduire le terme hébreu hêlēl dans l'expression hêlēl ben šāḥar « (astre) brillant fils de l'aurore » qui figure dans le livre d'Isaie[3]:

« Comment es-tu tombé du ciel, Astre brillant, Fils de l'Aurore ? Toi qui disais : je monterai aux cieux, je hausserai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu »

— Livre d'Isaïe 14.12-14

Dans le contexte de l'oracle d'Isaïe, il s'agit de décrire l’ascension et la chute d'un tyran, vraisemblablement ici la chute d'un souverain babylonien (VIIIe / VIIe siècle av. J.-C.)[4]. Pour cela, Isaïe utilise une image empruntée à un mythe cananéen qui fait allusion à la déesse Sahar, l'« Aurore ». Ce mythe est peut-être lui-même adapté d'un mythe grec, qui semble décrire la chute du plus brillant des astres et qui avait voulu prendre la place du soleil[5]. Cette traduction latine reprend celle de la Bible grecque, la Septante, qui a traduit hêlēl par Éosphoros.

Au cours de la période du Second Temple (VIe siècle av. J.-C./Ier siècle), il se développe au sein du judaïsme l'idée qu'il existe entre la sphère divine et le monde des hommes un monde intermédiaire peuplé d'anges. Ces anges sont capables de modifier le cours des évènements. Les anges mauvais sont responsables de l'apparition du mal dans la Création[6]. Dans la pensée du judaïsme de la période du Second Temple, les démons sont regardés comme des anges déchus. Pour évoquer leur chute, on utilise l'imagerie mythique de la guerre des astres du livre d'Isaïe. Dans le livre d'Hénoch, le chef de ces anges déchus est Azazel. Dans le deuxième livre d'Hénoch, Satan est présenté comme un archange déchu dès la Création pour avoir défié Dieu et ayant entraîné les autres anges rebelles dans sa chute[7]. Au IIe et IIIe siècle, les Pères de l'Église comme Origène, puis Jérôme de Stridon, identifient Lucifer à Satan. La chute spectaculaire de l'« astre brillant » du livre d'Isaïe devient dans la Bible latine la chute de Lucifer. Elle est comprise comme la description de la chute d'un ange, ce qui favorise l'assimilation de Lucifer à Satan[8]. À partir du Moyen Âge, Lucifer et Satan sont considérés comme des noms pour le Diable[8].

La chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré pour Le Paradis perdu de John Milton.

La tradition chrétienne puise dans la Bible la notion d'ange déchu et un passage d'Isaïe l'a associée au concept de porteur de lumière. Le livre d'Ézéchiel fait référence à un ange déchu, un « chérubin protecteur » : « Je t'avais installé, et tu y étais, sur la sainte montagne de Dieu […] et ce jusqu'à ce qu'on trouve de l'injustice en toi[9]. ». Le livre d'Isaïe chante, au chapitre XIV, la mort du roi de Babylone et dit, au verset 4 : « Tu entonneras le chant que voici sur le roi de Babylone : Comment a disparu l'oppresseur, cessé la tyrannie. » Les versets 12 à 14 chantent ceci :

« Comme tu es tombé du ciel hêylêl (astre brillant), fils de l'aurore ! Comme tu as été renversé jusqu'à terre, dompteur des nations ! Tu disais en ton cœur : "Je monterai au ciel, au-dessus des étoiles de Dieu j'érigerai mon trône, je m'assiérai sur la montagne du rendez-vous, dans les profondeurs du Nord. Je monterai sur les hauteurs des nuées, je serai l'égal du Très-Haut[10]." »

C'est de ce deuxième passage que vient le nom Lucifer donné à l'ange rebelle. Jérôme de Stridon, vers 408[11], qui traduit dans sa Vulgate l'hébreu hêylêl du passage d'Isaïe par le nom Lucifer. hyll (ou hylyl dans l'un des manuscrits de la mer Morte) vient de la racine hâlal (« briller, luire », mais aussi « vouloir briller, se vanter, extravaguer[12] »). Les lexicographes Brown, Driver et Briggs, ainsi que Koehler et Baumgartner le traduisent par shining one (« celui qui brille »), qu'ils interprètent comme « étoile du matin[13]. » Dans la Septante, on lit ὁ ἑωσφόρος ὁ πρωὶ ἀνατέλλων / ó éôsphóros ò prôì ánatéllôn, qui signifie « le porteur d'aurore, celui qui se lève le matin ».

Les anges déchus dans le livre d'Hénoch ne sont pas associés au « porteur de lumière » du Livre d'Isaïe. Le chef de ces anges déchus est Azazel :

« Azazel apprit aux hommes à fabriquer des épées, des armes, des boucliers, des cuirasses. Choses enseignées par les anges. Il leur montra les métaux et la manière de les travailler, ainsi que les bracelets, les parures, l'antimoine, le fard des paupières, toutes les sortes de pierres précieuses et les teintures. Il en résulta une grande impiété. Les hommes se débauchèrent, s'égarèrent et se perdirent dans toutes les voies »

— I Hénoch VIII, 1-2

« Il dit à Raphaël : Enchaîne Azazel par les pieds et par les mains, jette-le dans les ténèbres, ouvre le désert qui est à Dadouël et jette-le dedans. Mets sur lui des pierres rugueuses, et aiguës, enveloppe-le de ténèbres, et qu'il demeure là à perpétuité. Recouvre son visage, et qu'il ne voie pas la lumière »

— I Hénoch X, 4-5

« La terre entière a été dévastée par les œuvres apprises d'Azazel : impute à celui-ci tous les péchés »

— I Hénoch X, 8

Dans la culture romaine

Lucifer (latin) et Phosphoros (grec) sont deux épithètes données à la planète Vénus dans l'Antiquité, selon le William Smith’s Smaller Classical Dictionary, parmi d'autres désignations comme Hesperus, Vesperugo, Vesper, Noctifer et Nocturnus quand elle apparaît dans le ciel du soir plutôt que celui du matin, elle introduit alors l'obscurité plutôt que la lumière du jour. La planète Vénus est le troisième objet le plus brillant du ciel avec une magnitude apparente de -4,6, après le Soleil (-26,73) et la Lune (-12,6). Comme Vénus est sur une orbite plus petite que celle de la Terre, elle ne semble jamais loin du soleil. D'où son nom d'étoile du matin quand elle précède de peu le lever du Soleil.

La Lune et Vénus au-dessus de l'observatoire du Paranal au Chili

Ce nom apparaît notamment à la fin du deuxième chant de l’Énéide de Virgile comme porteur de l'aurore au lendemain de la chute de Troie :

« Iamque iugis summae surgebat Lucifer Idae
ducebatque diem, Danaique obsessa tenebant
limina portarum, nec spes opis ulla dabatur.
 »

« Déjà sur les crêtes du haut Ida se levait Lucifer,
amenant le jour avec lui ; les Danaens tenaient assiégées
les portes de la ville, et aucun espoir de secours ne restait[14]. »

Lucifer est aussi employé dans la mythologie romaine pour désigner plusieurs déesses de la Lumière comme Artémis, Aurore et Hécate[réf. nécessaire].

Pour le jésuite Tournemine au XVIIIe siècle, Lucifer est celui qui apporte la clarté, les « lumières », la connaissance et la révolte. Il y voit une parenté avec le Titan Prométhée qui, dans la mythologie grecque, a désobéi à Zeus et donné le feu aux hommes[15].

Christianisme

Des figures positives de porteurs de lumière

Isaïe, le porteur de lumière, chez les théologiens

Augustin d'Hippone interprète le verset d'Isaïe 14,12 comme une description de la chute du démon lui même. L'identification de Lucifer au démon semble alors commune.: « Il y a dans cette peinture du démon, représenté sous la figure du roi de Babylone, une foule de traits qui conviennent au corps que Satan se forme dans le genre humain, principalement à ceux qui s'attachent à lui par orgueil et renoncent aux commandements de Dieu. »[16].

Bernard de Clairvaux fait remarquer dans un sermon que Lucifer portait la lumière, sans porter la chaleur, dans un désir orgueilleux de surpasser Dieu: « Et toi, malheureux, tu n'as eu que la lumière, tu n'as point eu la chaleur. Il eût mieux valu pour toi que tu fusses ignifer plutôt que lucifer, et, dans ton amour excessif de luire, tu n'aurais pas, glacé comme tu l'étais, choisi une région du ciel glacée aussi comme toi. En effet, tu t'es écrié : « Je monterai plus haut que les nuées les plus élevées, et j'irai m'asseoir aux flancs de l'Aquilon ( Isa. XIV, 14). » Pourquoi cet empressement à te lever le matin, Lucifer? Pourquoi ce bonheur de l'emporter sur tous les astres que tu surpasses en éclat? Ta gloire sera courte. »[17]. Jean-Baptiste y est présenté comme contre exemple de Satan: lui aussi était lucifer, porteur de lumière, mais contrairement à Satan, c'était une mission qu'il avait reçu, qu'il a accompli par fidélité et à laquelle il a renoncé.[réf. souhaitée]

Un nom pour Jésus

Si le nom Lucifer est utilisé dans la Vulgate pour traduire le « porteur de lumière » du livre d'Isaïe, le nom Lucifer apparaît aussi une fois dans la Vulgate comme un titre du Christ, dans « et Lucifer oriatur in cordibus vestris » (2 Pierre 1:19). Cela signifie assez simplement, que Lucifer s'est révélé depuis l'origine comme étant le faux « porteur de lumière », puisqu'il s'est servi de sa lumière pour attirer les hommes dans sa chute, alors qu'à l'opposé Jésus s'est révélé comme étant un vrai « porteur de lumière », parce que par la Lumière il relève l'homme.[réf. nécessaire] Ainsi, à une certaine époque, le nom Lucifer a été attribué à Jésus-Christ par l'expression « Christus verus Lucifer », signifiant : « Christ véritable porteur de lumière »[18].

Cependant cette époque, contrairement à ce qu'il est souvent dit, ne correspond pas aux premiers temps du christianisme : la Vulgate, version latine de la Bible, a été traduite par Jérôme de Stridon, entre 390 et 405, depuis le texte hébreu pour l'Ancien Testament et du texte grec pour le Nouveau Testament, c'est-à-dire trois siècles environ après l'époque des premiers chrétiens. De plus ce titre n'a pas été donné à Jésus par tous les chrétiens, mais seulement par le courant du christianisme latin.

Le fait que le nom de Lucifer était déjà donné à l'ange déchu mentionné par Isaïe, c'est-à-dire au Diable, fit petit à petit abandonner l'usage en question, certains chrétiens s'étant probablement rendu compte que de donner l'un des noms du Diable à l'incarnation de leur Dieu sur terre, c'était rendre la tâche trop facile au démon, lui qui est toujours à la recherche d'une nouvelle manière pour se faire passer pour Dieu devant les hommes en se servant de ses pouvoirs angéliques conservés depuis l'origine[19].

Dans le spiritualisme

Selon l'anthroposophie, il existe deux principes démoniaques qui s'opposent à l'évolution de l'humanité, mais qui la rendent aussi possible, Lucifer et Ahriman[20][réf. insuffisante]. Rudolf Steiner identifie Ahriman à Satan, lequel est bien distinct de Lucifer. Il est l'être qui fait de l'homme un être terrestre assujetti à la matière, alors que Lucifer et les forces lucifériennes tendent à l'en détacher. Ainsi, Lucifer agirait par exemple en l'homme dans toute activité artistique et toute activité intellectuelle, car elle élève l'homme au-dessus de sa nature physique[réf. nécessaire]. L'influence de Lucifer deviendrait malsaine quand elle agit au-delà de son action nécessaire, par exemple quand l'homme s'abandonne à l'égoïsme ou au narcissisme[réf. nécessaire].

Dans la culture populaire

Littérature

  • Le Paradis perdu de John Milton.
  • La Magie d'Hénok, Hiramash, notamment la partie IV est un roman autobiographique de Lucifer, appelé Vikka pour l'occasion.
  • Mihai Eminescu, Luceafărul[21].
  • Victor Hugo, La Fin de Satan (première édition à titre posthume en 1886).
  • Michael El Nour, Baiser à Lucifer, Louise Courteau, éditrice, Québec, 2002.
  • Jean d'Ormesson, Dieu, sa vie, son œuvre (Gallimard, NRF, 1981).
  • William Schnoebelen et Sharon Schnoebelen, Lucifer détrôné : une histoire vraie, Aulnay-sous-Bois, Éd. Roi des rois, , 292 p., couv. ill. en coul. ; 21 cm + 1 fasc. d'ill. (10 p.) (ISBN 978-2-9527909 (édité erroné), notice BnF no FRBNF41194570)
  • (pt) Marcelo Hipólito, Lúcifer : o primeiro anjo, São Paolo, M. Zero, , 170 p., 23 cm (ISBN 85-279-0395-4, notice BnF no FRBNF41166261)
  • Moi, Lucifer - Glen Duncan

Bibliographie

  • Albert Réville (préf. Pierre-Yves Ruff), Histoire du diable : ses origines, sa grandeur et sa décadence, Saint-Martin-de-Bonfossé, Théolib, coll. « "Liber***" », , 139 p., couv. ill. en coul. ; 23 cm (ISBN 978-2-36500-057-4, ISSN 2259-5430, notice BnF no FRBNF43521045)
  • Grégoire Holtz (Directeur de publication) et Thibaut Maus de Rolley (Directeur de publication) (préf. Frank Lestringant), Voyager avec le diable : voyages réels, voyages imaginaires et discours démonologiques, XVe – XVIIe siècle, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, coll. « Imago mundi » (no 14), , 321 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 24 cm (ISBN 978-2-84050-542-6, ISSN 1627-6914, notice BnF no FRBNF41192770)
  • Marianne Closson, L'imaginaire démoniaque en France,1550-1650 : genèse de la littérature fantastique, Genève, Droz, coll. « Travaux d'Humanisme et Renaissance » (no 341), , 544 p., 26 cm (ISBN 2-600-00432-7, ISSN 0082-6081, notice BnF no FRBNF37121089)
  • Elaine H. Pagels, L'origine de Satan, Paris, Bayard éd., , 270 p., couv. ill. en coul. ; 22 cm (ISBN 2-227-13723-1, notice BnF no FRBNF36697340)
  • (en) Gerhard Jaritz (Éditeur scientifique), Angels, devils : the supernatural and its visual representation, Budapest, Central European university, coll. « CEU medievalia » (no 15), , 205 p., ill. ; 25 cm (ISBN 978-615-5053-21-4, ISSN 1587-6470, notice BnF no FRBNF42468715)
  • (en) Andrei A. Orlov, Dark mirrors : Azazel and Satanael in early Jewish demonology, Albany (N.Y.), State University of New York Press, , 201 p., 24 cm (ISBN 9781438439518, notice BnF no FRBNF42590345)
  • (de) Andrea Imig, Luzifer als Frau? : zur Ikonographie der frauengestaltigen Schlange in Sündenfalldarstellungen des 13. bis 16. Jahrhunderts, Hamburg, Kovac, coll. « Schriften zur Kunstgeschichte » (no 25), , 253 p., ill. en noir. ; 21 cm (ISBN 9783830044642, ISSN 1617-8610, notice BnF no FRBNF42303374)

Notes et références

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle (2.6), Cicéron, De natura deorum (2.20)
  2. « Lucifer », dans Dictionnaire culturel de la Bible, Éditions Perrin (ISBN 978-2262027544)
  3. Isaie 14.12
  4. (en) Matthijs J. de Jong, Isaiah among the Ancient Near Eastern Prophets : A Comparative Study of the Earliest Stages of the Isaiah Tradition and the Neo-Assyrian Prophecies, coll. « Supplements to the Vetus Testamentum », p. 139-142
  5. (en) J. W. McKay, « Helel and the Dawn-Goddess: A Re-Examination of the Myth in Isaiah XIV 12-15 », Vetus Testamentum, Brill, vol. 20,‎ , p. 451-464 (JSTOR 1516469)
  6. (en) Paolo Sacchi, The History of the Second Temple Period, T&T Clark, p. 343
  7. (en) Grant Macaskill, « 2 Enoch: Manuscripts, Recensions, and Original Language », dans Andrei A. Orlov et Gabriele Boccaccini (dir.), New Perspectives on 2 Enoch : No Longer Slavonic Only, p. 93
  8. a et b (en) Rosemary Ellen Guiley, « Lucifer », dans The encyclopedia of Demons and Demonology,
  9. Ézéchiel 28:14
  10. La Bible, texte hébraïque traduit par les membres du Rabbinat Français sous la direction du Grand-Rabbin Zadoc Kahn, édition 1994, page 774.
  11. Philippe Henne, Saint Jérôme, Cerf, coll. « Histoire », , p282
  12. Sander & Trenel, Dictionnaire hébreu-français, page 142.
  13. (en)Doug Kutilek, Notes on “Lucifer” (Isaiah 14:12, KJV)
  14. Virgile, Énéide II:800-802
  15. Le thème de Prométhée dans la littérature européenne Par Raymond Trousson
  16. (saint Augustin, De la Genèse au sens littéral, livre 11, ch.24, §31, lire en ligne[Quoi ?])
  17. saint Bernard, 3ième sermon pour le 1ier dimanche de novembre, lire en ligne
  18. Laurent Vissière, Le Diable - Mon nom est légion, Historia
  19. Jean-Raphaël Eglin, SAINT MICHEL, Conduis nous au Christ !, PIERRE Téqui, p. 26
  20. Rudolf Steiner, Lucifer et Ahriman, Éditions Anthroposophiques Romandes, 1977.
  21. (ro) Voir le document Luceafărul, de Mihai Eminescu, disponible sur Wikisource en roumain.

Articles connexes