Luc de Brabandere

Luc de Brabandere
Description de l'image Portrait Luc de Brabandere.jpg.
Naissance (72 ans)
Gand
Nationalité Belge
Diplôme

Licence en Mathématiques appliquées (1971), Université catholique de Louvain

Licence en Philosophie (2002), Université catholique de Louvain
Activité principale
Philosophe d'entreprise
Auteur

Œuvres principales

Les Philosophes dans le métro, Le Pommier. Les Infoducs. Un nouveau mot, un nouveau monde, Duculot.

Luc de Brabandere, né le [1], à Gand, est un philosophe d'entreprise belge. Il est Fellow du Boston Consulting Group, co-fondateur de l'agence Cartoonbase et enseigne la philosophie dans différentes universités. Il est administrateur du WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement).

Biographie

Vie privée

Luc de Brabandere vit en Belgique. Il est marié, père d'un fils et de deux filles. Il effectue, à l'occasion de ses 60 ans, le trajet Bruxelles-Jérusalem en 60 jours à vélo[2].

Éducation

À 20 ans Luc de Brabandere entreprend des études de Mathématiques appliquées à l'Université catholique de Louvain. Il en est diplômé en 1971. En 2002, il obtient une licence en Philosophie dans la même université.

Parcours professionnel

Les débuts dans le secteur bancaire

Luc de Brabandere commence sa carrière à la Société Générale de Banque, en 1974, en tant que responsable des systèmes d'information. Il y est employé jusqu'en 1989. À 41 ans, il est nommé directeur général de la Bourse de Bruxelles par le ministre des Finances chargé de la réforme du marché des capitaux. Il quitte son poste en 1991 et se lance dans le conseil en entreprise.

Une période de transition

Entre 1997 et 1999, Luc de Brabandere préside l'Institut géographique national de Belgique. En 2001, il rejoint le Boston Consulting Group en tant que vice-président et spécialiste de la gestion du changement dans les organisations. Il y est responsable du développement de la créativité, en lien avec la stratégie. Luc de Brabandere est aujourd'hui Fellow du groupe[réf. nécessaire].

Parallèlement, il crée, avec Olivier Saive, la société Cartoonbase (agence de communication où collaborent artistes et consultants). La société est initialement destinée à promouvoir le cartoon humoristique comme vecteur de communication dans les entreprises[3]. Passionné de philosophie, il reprend des études en la matière à l'Université catholique de Louvain, en 1994.

La philosophie en entreprise

Luc de Brabandere souhaite vulgariser l'apport de la philosophie dans des domaines variés, allant du langage à la logique, des biais cognitifs à l'humour. Dans une quinzaine de livres publiés sur ces sujets[4], il témoigne d'un même projet: celui de la rigueur intellectuelle quand il n'y a pas de chiffres[5]. Selon Luc de Brabandere, l'entreprise a du mal à raisonner sans l'appui des chiffres. La philosophie devient alors un outil de la rigueur, et l'usage précis des mots, nécessaire, car le langage structure la pensée[6].

La philosophie enseignée aux étudiants

Luc de Brabandere enseigne la philosophie à l'Université catholique de Louvain, à la Solvay Business School of Economics and management et à l'École centrale Paris. Il collabore avec l'ETH Zurich dans différents projets. Pour lui, la nouvelle génération est une "source d'énergie"[7]. Comme c'est le cas avec les entreprises, le philosophe s'attelle à transmettre ses connaissances et son approche de la créativité aux étudiants[7]. Autre approche de la transmission: il a longtemps collectionné les machines à calculer avant de léguer sa collection à deux entités: le Musée L de Louvain-la-Neuve et le Planétarium de Bruxelles[8].

Idées

La créativité pour moteur

Pour Luc de Brabandere, "c'est la créativité qui permet à une entreprise d'initier le changement plutôt que de le subir". En 1989, il consacre son deuxième livre, Le Latéroscope, préfacé par Joël de Rosnay, à cette thématique.

Son approche va à l'encontre des conceptions classiques sur la créativité. Alors que l'expression utilisée est de "penser en dehors du cadre", le philosophe affirme qu'il nous est impossible de penser sans un cadre bien défini[10]. "Plus que 'sortir de la boîte', être créatif c'est se demander quelle est la nouvelle boîte. Car l'ancienne – comme toute simplification – s'use, malgré toutes les innovations qu'elle a permis de déduire (produit moins cher, plus joli, exécuté plus rapidement, etc.)"[6],[10]

Selon le philosophe, l'humour est un autre outil indispensable à la créativité[7]. Dans Petite philosophie des histoires drôles, ce dernier mène une réflexion sur l'humour de Platon aux cartoons. Il affirme que si l'humour est à ce point important, c'est parce que « chaque idée nouvelle qui surgit s'accompagne d'un moment joyeux »[10]. Et de poursuivre : « si une personne comprend comment elle rit, elle comprend comment elle pense[11]. » La société Cartoonbase qu'il a cofondée promeut le dessin humoristique comme vecteur de communication dans les entreprises[12].

La philosophie à l'école

Luc de Brabandere plaide pour l'intégration de la philosophie dans l'enseignement secondaire[13]. Elle permet, selon lui, d'apprendre à penser, et donc de combattre le populisme[7]. Une idée qu'il plébiscite également dans le cadre de sa fonction d'administrateur du WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement), poste auquel l'a nommé le parti Ecolo, en [14].

En 2019, Luc de Brabandere publie une réédition de son livre Les philosophes dans le métro et développe un site Internet[15] pour guider les professeurs dans leur enseignement de la philosophie aux élèves.

Écologie et économie

Luc de Brabandere est le premier en Belgique à installer une éolienne à son domicile[16], en 1977. En 1978, il est pour la première fois candidat sur une liste écologiste. En , il rejoint la liste européenne d'Ecolo où il figure comme 4e suppléant.

Luc de Brabandere défend une approche de l'écologie qui tend à la réconcilier avec l'économie. Il est notamment en faveur de l'instauration d'un Prix Nobel de l'Écologie. Plutôt que de parler de "fiscalité verte", il préfère développer les principes d'une "comptabilité verte" pour organiser la liberté d'entreprendre en respectant les limites de l'écosystème[3],[17],[18].

Humanisme numérique

Luc de Brabandere invite à réinventer l'humanisme et ses valeurs dans un monde devenu digital[19],[20].

En 1985, il publie son premier livre intitulé Les Infoducs (par référence à aqueduc ou oléoduc pour évoquer les nouveaux réseaux de télécommunications). Il y envisage la convergence des réseaux de télécommunication et l'avènement d'Internet.

Son livre Petite philosophie de la transformation digitale (2019) incite à piloter une nouvelle société qui conjugue humanisme et numérique. Il invite à réinventer les métiers essentiels dans un monde devenu numérique, plutôt que de tenter de les numériser: "L'intelligence dite artificielle peut remplacer l'intelligence logique, déductive, mathématique. Mais je ne peux pas croire à une intelligence artificielle qui englobe toutes les formes de raisonnement (…). En réalité, si un jour, l'intelligence artificielle devait exister, c'est parce que nous aurions renoncé à utiliser la nôtre."[7] "Le refus philosophique de déléguer 100 % de ce qui fait notre humanité à un ordinateur devra guider l'homme dans la transformation digitale."[21],[22]

Publications


  • Les Philosophes dans le métro, Le Pommier, 2e éd., 2019 (avec Anne Mikolajczak).
  • Petite Philosophie de la transformation digitale, Les Belles Lettres, 2019 (avec Gabrielle Halpern).
  • Petite Philosophie des mots espiègles, Eyrolles, 2017 (avec Gabrielle Halpern).
  • Homo Informatix, Le Pommier, 2017.
  • La Valeur des idées, De la créativité à la stratégie en entreprise, Dunod, 2e éd., 2015 (avec Anne Mikolajczak).
  • Petite Philosophie des grandes trouvailles, Eyrolles,2e éd., 2014.
  • La Bonne idée existe!, Eyrolles, 2013 (avec Alan Iny et Gabrielle Halpern).
  • Thinking in New Boxes, Random House, 2013 (avec Alan Iny et Gabrielle Halpern).
  • Les mots et les choses de l'entreprise, Mols, 2012.
  • Pensée magique, pensée logique, Petite philosophie de la créativité, Le Pommier, 2e éd., 2012.
  • Petite Philosophie de nos erreurs quotidiennes, Eyrolles, 2e éd., 2011 (avec Anne Mikolajczak).
  • Petite Philosophie des mathématiques vagabondes, Eyrolles, 2011 (avec Christophe Ribesse).
  • Le Plaisir des idées, Dunod, 4e éd., 2010 (avec Anne Mikolajczak).
  • Balade dans le jardin des grands philosophes, Mols, 2009 (avec Stanislas Deprez).
  • Petite philosophie des histoires drôles, Eyrolles, 2e éd., 2009.
  • The Forgotten Half of Change, Kaplan, 2005.
  • Le Sens des idées, Dunod, 2004 (avec Stanislas Deprez).
  • Machiavel, Erasme et More, Trois philosophes pour les managers d’aujourd’hui, en collaboration avec Jean-Michel Besnier et Charles Handy, Pearson Education France (Village Mondial), 2000.
  • Calculus, les Machines de calcul non électriques, Mardaga, 1994.
  • Le Latéroscope. Systèmes et Créativité, préfacé par Joël de Rosnay, La Renaissance du Livre, 1990 (avec Anne Mikolajczak).
  • Les Infoducs. Un nouveau mot, un nouveau monde, Duculot, 1985 (avec Anne Mikolajczak).

Notes et références

  1. Éric de Bellefroid, « Le sourcier de l'imagination », La Libre,‎ (lire en ligne, consulté le 27 janvier 2010).
  2. « Luc de Brabandere, À vélo à Jérusalem », Le Soir,‎ , p. 16-17.
  3. a et b « Luc de Brabandere sur la liste Ecolo pour l'Europe », sur L'Echo, (consulté le 11 septembre 2019)
  4. « Métro, philo, philo… », sur Les Echos, (consulté le 10 octobre 2019)
  5. « Un philosophe dans l'entreprise numérique | France Dirigeants - La formation par des séminaires uniques aux dirigeants et cadres dirigeants », sur Formations France Dirigeants, (consulté le 24 septembre 2019)
  6. a et b Francis Lecompte, « L’homme qui pousse les entreprises à se réinventer », Management,‎ 1er septembre 2017.
  7. a b c d et e « Luc de Brabandere "La Belgique a besoin de projets, comme un Molenbeek-la-Neuve" », L'Echo,‎ (lire en ligne, consulté le 24 septembre 2019)
  8. « La Curta, une ancêtre de la calculette au futur musée de l'UCL », sur www.lavenir.net (consulté le 11 septembre 2019)
  9. a b et c « Comment être créatif dans un monde numérique ? Luc de Brabandère à USI Connect », sur USI Events - Blog, (consulté le 20 février 2020)
  10. « Entretien de Jean-François Marmion », Le Cercle psy,‎ dec 17/fev 18, p.26-29
  11. « Luc de Brabandere sur la liste Ecolo pour l'Europe », sur L'Echo, (consulté le 20 février 2020)
  12. « Luc de Brabandere: «La philo, ce n’est pas penser mieux, c’est penser plus» », sur Le Soir Plus, (consulté le 20 février 2020)
  13. « conseil administration WBE », sur WBE (consulté le 20 février 2020)
  14. (en-US) Les Philosophes dans le Métro, « Les Philosophes dans le Métro | Plan » (consulté le 20 février 2020)
  15. « Luc de Brabandere sur la liste Ecolo pour l'Europe », L’Echo,‎ 15 mars 2019.
  16. « Réconcilier économie et écologie » (consulté le 11 septembre 2019)
  17. « A quand un Prix Nobel d'Ecologie ? », sur Site-LeVif-FR, (consulté le 11 septembre 2019)
  18. « Penser la transformation digitale », sur Les Echos, (consulté le 11 septembre 2019)
  19. « Comment (ré)agir face aux trois défis d’Internet : comprendre, inventer et décider », La Libre,‎ (lire en ligne, consulté le 10 octobre 2019)
  20. « Comment ne pas subir le monde numérique? Éléments de réponse », La Libre,‎ (lire en ligne, consulté le 11 septembre 2019)
  21. « "Transformation digitale" », sur L'Echo, (consulté le 11 septembre 2019)

Liens externes

  • Éric de Bellefroid, « Petit traité de la mécanique du rire », La Libre Belgique, 29 June 2007 (lire en ligne).
  • Dominique Berns, « C'est l'idée qui fait la différence », Le Soir,‎ (lire en ligne).
  • François Tefnin, «  Un demi-Tintin pour tous !  » (interview), Neuf exposant, no 24, March-April 2005 (archive).
  • Didier Béclard, «  La place de l'humour dans l'entreprise », L'Écho, 17 January 2012 (lire en ligne).
  • Site officiel