Louviers

Louviers
Promenade au bord de l'Eure.
Promenade au bord de l'Eure.
Blason de Louviers
Blason
Louviers
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Les Andelys
Canton Louviers
Intercommunalité Communauté d'agglomération Seine-Eure
Maire
Mandat
François-Xavier Priollaud
2014-2020
Code postal 27400
Code commune 27375
Démographie
Gentilé Lovériens
Population
municipale
18 916 hab. (2017)
Densité 699 hab./km2
Population
aire urbaine
48 592 hab.
Géographie
Coordonnées 49° 12′ 58″ nord, 1° 09′ 59″ est
Altitude Min. 11 m
Max. 149 m
Superficie 27,06 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ville-louviers.fr

Louviers est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.

La ville est connue sous l'expression « Louviers le Franc », nom donné selon la légende par Charles VII en 1441, en référence à la fidélité de la ville pour son roi.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Locos veteres au IXe siècle (annales de Saint Bertin) ; Loviers en 962-996 ; Lotvers en 1025[1].

La forme Locos veteres « lieu ancien » ainsi que la poétique transposition Locus veris « lieu du printemps » ne sont pas à retenir[2], car elles ne correspondent pas aux formes anciennes romanes et de plus, aucun élément du latin classique n'est attesté dans la toponymie normande.

Albert Dauzat et Charles Rostaing, qui ne citent qu'une seule forme ancienne, Loviers, y ont vu un *Luparia « endroit hanté par les loups », du latin lupus avec le suffixe -aria qui explique les toponymes du type La Louvière et Louvières[3]. Cependant, ils excluent a priori la forme Lotvers, difficilement compatible avec cette hypothèse et négligent le fait que la terminaison -iers peut difficilement être issue de -aria, car l'évolution de la finale aurait dû se faire en -ière comme les autres noms de lieux représentant ce type toponymique.

Par contre, on peut rapprocher Louviers d'autres formations en -viers, communes au nord de la France : Reviers (Normandie), Grand-Laviers (Picardie) ou Verviers (Belgique)[2].

-viers est un élément issu du celtique uer- / uar-, thème hydronymique au sens probable d'« eau » ou de « rivière » qui a justement été utilisé comme nom de rivière (cf. la Vire, la Vière ou le Var), ainsi que dans le composé Varinna > Varenne, commun en France et le nom du peuple celtique Trévires (Trèves) « les passeurs » de trē-uer-o (cf. vieil irlandais treóir « passage ou lieu de passage d'un cours d'eau »)[4].

Par ailleurs le nom de la ville est connu à travers la célèbre chanson traditionnelle Sur la route de Louviers[5].

Géographie

Communes limitrophes

Voies de communication et transports

Voies routières

Louviers est desservie par les autoroutes A13 (échangeurs 18 et 19) et A154 (échangeurs 1, 2 et 3) et par la RN 154 (Louviers - Évreux). Les routes départementales entrantes et traversantes de la ville sont les suivantes : RD 71, RD 81, RD 108, RD 113, RD 133, RD 164, RD 313 et RD 6155.

Transports urbains

Outre les lignes de desserte entre villes limitrophes de l'initiative du département, le réseau urbain est organisé et exploité en concession de service public par Transbord[6], grâce à la CASE.

Un mode de transport original pour les écoliers consiste en la mise à disposition de sortes de Rosalies sur des trajets définis[7]. Le dispositif est dénommé S'coolbus.

Hydrographie

LOVS 20170418 144547 1 2.jpg

La commune est traversée par sept bras de l'Eure, affluent de la Seine. La présence de nombreux ponts ou leurs vestiges parsèment les rues de la ville, en augmentant le charme.

Les sept bras sont ainsi nommés :

LOVS 20170418 144547 1 6.jpg
  • Bras de Bigards ;
  • Bras de Fécamp ;
  • Bras du Gril ;
  • Bras de la Londe ;
  • Bras de Saint-Jean ;
  • Bras de Saint-Taurin ;
  • Bras de La Villette.

Histoire

Préhistoire

Sur le territoire de Louviers ont été découvertes des pierres taillées de l'époque paléolithique dont quelques-unes ont été placées dans le musée de la ville, auprès de fragments d'une défense de mammouth trouvée non loin du cimetière[8]. De même, le menhir de la Basse Crémonville, le tombeau néolithique qui en était proche, des armes, vases, outils de pierre ou de bronze recueillis sur le territoire de la ville et de ses alentours témoignent de la présence humaine aux différentes époques de la préhistoire[9].

Époques gauloise et gallo-romaine

Peu d'éléments remontant à l'époque gauloise ont été retrouvés à Louviers : une sépulture celtique trouvée en 1863 contre le mur de l'église Notre-Dame, et quelques pièces de monnaies gauloises[9]. L'hypothèse d'un village fortifié gaulois a été formulée mais n'a pas été prouvée[10]. Le Louviers gallo-romain est en revanche mieux connu. Il était peu important car ne figurait pas sur l'Itinéraire d'Antonin, ni dans la table de Peutinger. Le berceau de Louviers à l'époque gallo-romaine fut probablement sur la colline du Châtel[11],[Note 1].

Moyen Âge

Façade occidentale de Notre-Dame.
- La tour-beffroi à gauche.

Sous les Mérovingiens, Louviers eut au moins deux cimetières[11],[Note 2] mais ce n'est qu'à partir du IXe siècle que l'on peut dater certains événements historiques.

  • Le , le roi Charles II, père du futur Louis II, arrange les fiançailles de son fils avec une fille d'Erispoë, roi de Bretagne, qui lui concède alors le duché du Mans. Déplaisant énormément aux vassaux bretons, cet arrangement est peut-être une des raisons du mécontentement et du complot qui entraînent la mort du roi breton l'année suivante[12].
  • En 965[Note 3], Richard Ier, duc de Normandie, cède « les églises de Louviers et Pinterville, les pêcheries des moulins de Louviers et quarante sols de rente sur ces moulins » à l'abbaye de Saint-Taurin qu'il vient de fonder à Évreux[13]. C'est la première fois, à la fin de l'époque carolingienne, qu'apparaît le nom de Louviers dans un acte officiel.
  • En 1026, cette donation est confirmée par Richard II.
  • En 1184, les « moulins du roi » brûlent puis sont reconstruits. En 1195, Richard Cœur de Lion confirme la charte de ses prédécesseurs.
  • En 1196, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion signent la Trêve de Louviers, ratification de la paix d'Issoudun.
  • En 1197, Richard Cœur de Lion remet Louviers à l'archevêque de Rouen, Gautier de Coutances, afin de recevoir de ce dernier Andeli et de pouvoir édifier Château-Gaillard[14]. À partir de cette date et jusqu'à la Révolution française, les archevêques de Rouen furent comtes de Louviers[Note 4].
  • Au cours des premières années du XIIIe siècle est édifiée l'église Notre-Dame. Dès 1240, elle est terminée dans ses parties essentielles : chœur, nef et transept surmonté d'une tour-lanterne[15].
  • Jusqu'au milieu du XIVe siècle, la prospérité de la ville ne cesse de croître grâce à l'industrie drapière et il est possible que sa population ait alors dépassé les dix mille habitants. Témoigne de cette richesse la construction d'un manoir épiscopal [16]sur le Châtel[Note 5], de maisons de bois et de torchis mais aussi de demeures en pierre pour les maîtres drapiers et marchands riches[15].
  • En 1346 puis en 1356, la ville est de nouveau prise et pillée. Elle est occupée pendant quatre ans jusqu'en 1360. Le 16 mai de cette année, le Prince noir prononce solennellement, au nom de son père Édouard III, la ratification du traité qui, en échange du quart du royaume de France, rend la liberté à Jean II le Bon, fait prisonnier à Poitiers[17].
  • En 1364, les Lovériens demandent à Charles V l'autorisation de fortifier les remparts[17],[Note 6].
  • De 1379 à 1385, l'église est réparée : les voûtes de la nef sont surélevées et on érige sur le clocher une flèche de cinquante mètres qui, pendant trois siècles, sera sujet d'admiration[Note 7].
  • Le , le connétable de la garnison, inspectant les murailles vers minuit, trouve un guetteur endormi et, de colère, lui heurte violemment la tête contre une guérite de bois et le tue.
  • En 1409, les Lovériens reprennent les fortifications, négligées après les victoires de Bertrand Du Guesclin contre les Anglais et ils entreprennent d'édifier au flanc de leur église une tour-beffroi dont le style est plus militaire que religieux[18].
  • En 1418, la ville est assiégée par les Anglais : la lutte fut farouche et la répression sans pitié. La ville fut prise au bout de vingt-six jours (quinze selon les sources anglaises) : 120 bourgeois furent passés au fil de l'épée et les autres n'obtiennent la vie sauve que contre le versement d'une forte rançon (15 000 écus). Il s'ensuivit une occupation de onze ans.
  • En 1429, au mois de décembre, La Hire, compagnon de Jeanne d'Arc reprend la ville. Les Anglais, ne pouvant accepter ce fait, investissent la ville en avec douze mille hommes. Le nouveau siège dure près de six mois. La ville capitule le 22 octobre après avoir perdu la plus grande partie de ses défenseurs[19]. Après avoir promis des conditions honorables aux survivants, les Anglais rasent la ville[20].
  • En 1440, la ville est à nouveau libérée et les habitants peuvent la reconstruire. Les Anglais tenteront une dernière fois de prendre la ville en 1441[Note 8]. Cette même année, Charles VII, par une charte datée de Lusignan, exempte les Lovériens à perpétuité de la plupart des impôts royaux, notamment la taille, le plus lourd de tous. La ville reçoit, incorporée dans ses armoiries le titre de « Loviers le Franc » et les habitants obtiennent le droit de porter la lettre L couronnée « en broderie, orfèvrerie et ainsi qu'il leur plaira ». Dans les années 1440, partent de Louviers, où Charles VII établit un temps son quartier général, de nouvelles attaques pour la plupart réussies et qui contribueront à la libération de la Normandie[21].
  • Au XVe siècle, l'industrie du drap dans la ville de Louviers conservait la protection royale par le roi Louis XI, tout comme d'autres villes normandes[22].

Renaissance

XVIIe et XVIIIe siècles

Au XVIIe siècle, des épidémies de peste frappèrent la ville (1619, 1620, 1624, 1648, 1694) faisant de nombreuses victimes[29].

  • En 1620, les franchises accordées par Charles VII furent supprimées par Louis XIII.
  • Entre 1643 et 1647, l'affaire des possessions de Louviers agite la ville.
  • En 1681, l'administration royale installa à Louviers une manufacture[Note 9],[30] Dirigée pendant plus de cinquante ans par François Le Camus, elle redonna à la ville une certaine prospérité à son activité drapière. Mais Louviers, bien que spécialisé dans les draps de très haute qualité, se voit concurrencer par la besogneuse Elbeuf.

Au XVIIIe siècle, de nombreux fléaux naturels touchèrent la ville : de terribles hivers (1709, 1740, 1776) ; la grande tempête de 1705) ; des inondations (1740, 1776, 1784) ; de grands incendies (1782, 1783).

  • En 1707, l'établissement de l'impôt du tarif, consistant en le rachat global de la taille par le produit d'autres redevances, essentiellement celles de l'octroi, théoriquement payées par tous, fut accueilli par des démonstrations de joie[31].
  • En 1709, un loup enragé pénétra dans la ville, mordit quinze personnes dont cinq succombèrent[32].
  • En 1785, une première usine possédant des mécaniques fut installée à Louviers, c'est-à-dire des métiers à filer le coton selon les nouvelles méthodes anglaises[32].

De 1789 à 1945

Modérés dans leurs cahiers de doléance, royalistes constitutionnels au temps des deux premières assemblées révolutionnaires, Girondins au début de la Convention, Thermidoriens après l'exécution de Robespierre, les Lovériens firent preuve pendant la Révolution française de modération et suivirent les courants de pensée et d'action qui entraînèrent le pays[33].

Le maintien de la disette sous la Révolution et le fait qu'elle ait empiré sous le Directoire favorisa le ralliement au gouvernement fort et la constitution consulaire fut acceptée à l'unanimité des votants. Le Premier consul visita Louviers le [34]. Il y revint le avec son épouse Marie-Louise et en profita pour visiter les usines de la ville[35]. La ville fut occupée par les Prussiens en 1815.

Les règlements de Colbert ayant conduit les fabricants lovériens à se spécialiser dans les draps d'extrême finesse, d'une part, et la Révolution se montrant peu favorable à la confection et à la vente d'étoffes de luxe, d'autre part, il s'ensuit une crise aiguë dans l'industrie de la ville [36]. Le recours à des procédés nouveaux et l'action d'hommes énergiques dont Guillaume Petit, maire, député et historien de Louviers, permit de maintenir la qualité tout en abaissant les prix. On assista alors à une véritable renaissance de la vieille activité et à une prospérité retrouvée, prospérité qui s'est maintenue jusqu'au milieu du XXe siècle. Ce fut l'époque où Louviers compta le plus d'entreprises et d'ateliers.

Cette nouvelle prospérité se refléta dans de multiples travaux[37].

  • sous la Restauration : suppression des anciens remparts, remplacés par des boulevards plantés ;
La gare, dans les années 1920.
La ville était desservie, de 1872 à 1950, par la ligne de Saint-Georges-Motel à Grand-Quevilly, qui permettait de relier Rouen à Orléans.
  • sous la Monarchie de Juillet : création de la bibliothèque, de la caisse d'épargne [38], de la première véritable école publique de garçons [39] et restauration de Notre-Dame ;
  • sous le Second Empire : ouverture et pavage des rues, amélioration des écoles, du port, des ponts, de l'éclairage ; importants travaux à l'hôtel de ville et à l'hospice ; inauguration de la gare de chemin de fer.

Les deux révolutions de 1830 et 1848 passèrent presque inaperçues à Louviers[40]. En 1870, la guerre avec la Prusse fit 16 morts, 13 blessés et 23 prisonniers [41]. La ville fut évacuée au début de mars 1871 puis la vie reprit son cours normal sous la Troisième République. En 1885 fut créée l'école primaire supérieure (devenue collège puis lycée). En 1899, l'électricité éclaira les rues de Louviers. Un théâtre municipal [42], un musée (Georges Paul Roussel, architecte) et diverses sociétés, savantes, sportives, musicales, mutualistes s'épanouirent avant la Première Guerre mondiale[43].

En juin 1940, Louviers a terriblement souffert de bombardements liés à la bataille de France. La ville compta des groupes de résistants dont plusieurs furent arrêtés et déportés. Le , les Américains puis les Britanniques libérèrent la ville après quelques bombardements. Le , Louviers reçut la visite du général de Gaulle et, le , la ville fut décorée de la Croix de Guerre[45].

Histoire récente

Le centre-ville d'après la reconstruction.

L'après-guerre fut marquée par la reconstruction de la ville et la création de nouveaux quartiers : Saint-Lubin, Saint-Germain, la Roquette, la Côte de Paris, Saint-Jean[46].

Ville ouvrière marquée par l'héritage de Pierre Mendès France, Louviers a connu une histoire politique singulière dans la deuxième partie du XXe siècle. Une effervescence politique se traduisit par l'accès à la magistrature municipale, en mars 1965, du docteur Ernest Martin, étiqueté divers gauche mais réunissant dans son sillage une extrême gauche anti-autoritaire, avec une liste autogestionnaire allant du PSU aux anarchistes. Les événements de Mai 68 eurent un retentissement particulier à Louviers, avec la mise en place d'un fonctionnement auto-gestionnaire, avec comités de quartier, politique culturelle avant-gardiste, etc.

Rémy Montagne gagna les élections municipales en 1969. Puis, en 1971, avec Édouard Thiers pendant six ans, les débats municipaux furent houleux. En mars 1977, Henri Fromentin prit les rênes de la commune pour remettre en selle le programme révolutionnaire du docteur Martin[47]. Cet épisode mouvementé de la vie locale aura un retentissement national.

Héraldique

Blason ville fr Louviers (Eure).svg

Les armes de la ville de Louviers se blasonnent ainsi[48] :

  • Parti, au 1) d'azur à une lettre L majuscule fleuronnée d'argent enfilée dans une couronne ducale d'or, au 2) aussi d'azur à un lion d'or et à la bordure cousue de gueules chargée de douze besants d'argent
  • Remarques :
    • Ces armes datent du XIVe siècle. Elles ont pour origine un signet que l'archevêque de Rouen et comte de Louviers, Philippe d'Alençon, neveu de Philippe VI, accorda en 1368 aux drapiers pour marquer leurs marchandises, afin d'aider au relèvement de la ville. Ce signet reproduisait les armes de la maison d'Alençon, à bordure de gueules chargées de besants d'argent.
    • Le Grand Larousse encyclopédique (1962) donne un blasonnement équivalent, mais avec seulement huit besants d'argent.
    • Malte-Brun, dans la France illustrée (1882) donne un très différent : D'azur, à deux loups passant l'un sur l'autre de sable, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. Bien que plus « parlant » (Louvier=voie des loups), ce blason est douteux : les loups étant de sable sur azur (émail sur émail, contraire à la règle de contrariété des couleurs).

Politique et administration

Ancien hôtel de la sous-préfecture.

La ville fut chef-lieu de district entre 1790 et 1795, et chef-lieu d'arrondissement de 1800 à 1926.

Comme toutes les communes du canton de Louviers (scindé en un canton de Louviers-Nord et de Louviers-Sud entre 1982 et 2014), Louviers fut rattachée à l'arrondissement de Louviers, supprimé en 1926.

En 2010, la commune de Louviers a été récompensée par le label « Ville Internet @ »[49].

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Article détaillé : Liste des maires de Louviers.

Politique de développement durable

La ville a engagé dans une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2010[50].

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[51],[Note 10].

En 2017, la commune comptait 18 916 habitants, en augmentation de 96,55 % par rapport à 1946 (Eure : 2,59 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9 520 6 819 8 472 9 892 9 885 9 927 9 998 10 295 10 577
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
10 611 10 841 11 707 11 360 10 973 10 753 10 553 9 979 10 199
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
10 219 10 302 10 209 10 345 10 340 10 357 10 239 9 624 10 746
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2017
13 160 15 326 18 333 19 000 18 658 18 328 18 259 17 697 18 916
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[52] puis Insee à partir de 2006[53].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (22,3 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (53,5 %) est supérieur au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 46,5 % d'hommes (0 à 14 ans = 20,1 %, 15 à 29 ans = 22,5 %, 30 à 44 ans = 21 %, 45 à 59 ans = 17,8 %, plus de 60 ans = 18,7 %) ;
  • 53,5 % de femmes (0 à 14 ans = 18,7 %, 15 à 29 ans = 20,4 %, 30 à 44 ans = 18,7 %, 45 à 59 ans = 16,7 %, plus de 60 ans = 25,6 %).
Pyramide des âges à Louviers en 2007 en pourcentage[54]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,6 
90  ans ou +
1,5 
5,7 
75 à 89 ans
10,5 
12,4 
60 à 74 ans
13,6 
17,8 
45 à 59 ans
16,7 
21,0 
30 à 44 ans
18,7 
22,5 
15 à 29 ans
20,4 
20,1 
0 à 14 ans
18,7 
Pyramide des âges du département de l'Eure en 2007 en pourcentage[55]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,0 
5,2 
75 à 89 ans
8,1 
12,1 
60 à 74 ans
12,8 
21,5 
45 à 59 ans
20,7 
21,5 
30 à 44 ans
20,9 
18,4 
15 à 29 ans
17,1 
21,1 
0 à 14 ans
19,5 

Culture et patrimoine

Lieux et monuments

Le patrimoine lovérien a fortement souffert des destructions de la Seconde Guerre mondiale. Malgré tout, certaines maisons ont subsisté, notamment un magnifique hôtel particulier du XVIIIe siècleNapoléon III a passé quelque temps.

Patrimoine religieux

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Patrimoine civil

Patrimoine industriel

  • Usine Decrétot[67], en centre-ville : première installation industrielle textile fondée vers 1780. Le site relaté dans les voyages en France d'Arthur Young fait l'objet d'une reconversion en logements au cours des années 2016-2017 ;
  • Usine Jeuffrain et usine Vandevoorde qui témoignent du riche passé de l'industrie textile du drap de Louviers ;
  • Moulin de Bigards[68], espace culturel municipal depuis 1978, situé rue des Anciens combattants d'Afrique-du-Nord, sur le bras de Bigars ; le site eut les destinations successives suivantes : moulin à tan au XVIIIe siècle, moulin à foulon pour le coton en l'an XIII, filature de drap Jourdain-Ribouleau en 1824 (visitée par le prince Louis-Napoléon en 1849 et reconstruite par l'architecte lovérien Charles-Amédée Lalun après un incendie en 1856), grand moulin à blé (minoterie) de la famille Lair en 1890 (actionnée par roue à aube métallique, puis par l'électricité), usine vétérinaire en 1962 ;
  • Médiathèque, ancienne usine drapière à vapeur faite de briques, de bois et de poutres métalliques. Le toit à dents de scie prouve son rôle précédent. La manufacture se compose de deux parties : la cheminée et les métiers à tisser puis le logement des ouvriers qui logent dans l'usine afin que le patron puisse mieux gérer l'entreprise, le stock de laine et de tissus.

Patrimoine naturel

Site classé

  • Le cèdre du Liban situé dans la propriété du Dr Blanchet, Logo des sites naturels français Site classé (1939)[69], aujourd'hui devenue Institut médico-éducatif[70], au 76 de la rue du 11-novembre-1918.

Équipements culturels et de loisirs

Le Moulin, centre culturel.
La Gare aux Musiques.

Musée

Le musée de Louviers est situé sur la place Ernest-Thorel.

Centre culturel

  • Le Moulin[68], 4 bis, rue des Anciens-Combattants-d'Afrique-du-Nord (installée depuis 1978).
  • La Maison du Jeu, attenante au Moulin.
  • La Gare aux Musiques est installée depuis 2000 dans l'ancienne gare ferroviaire.

Cinéma

Le Grand Forum, complexe de cinéma numérique offrant des images en relief, boulevard de Crosne.

Jardins

  • Square Albert-1er, où se trouve le monument aux morts de 1792 à 1870[71] dû au sculpteur Raoul Verlet.
  • Jardin public Aristide-Briand.
  • Jardin de Bigars, jouxtant l'hôtel du même nom du XVIIIe siècle[72] du 34 rue du Quai.
  • Jardins de la Villa-Calderón.

Activités et associations culturelles et sportives

  • Centre aquatique Caséo (réalisation neuve, ouverte fin février 2014).
  • Patinoire Kolisé, 22 avenue François-Mitterrand ; l'établissement comporte aussi un bowling.
  • École de musique Maurice-Duruflé (implantée au sein de l'ancien couvent des Pénitents).

Économie

Des implantations wisigothiques du VIIIe siècle ont été découvertes grâce à l'archéologie préventive en centre-ville et au bord de l'Eure. L'habitat est donc fort ancien du fait de ses fortifications naturelles consistant en sept bras de l'Eure, le plus étroit de ceux-ci mesurant moins d'un mètre.

Jusqu'au XVIIIe siècle, ce sont les tanneurs qui font la richesse de la ville. Les greniers aérés par des ouvertures en anse de paniers témoignent de cette activité dans nombre de maisons. En parallèle, la culture du lin, fréquente dans la région, conduit à une architecture particulière : celles des ateliers familiaux de tissage de la batiste. Pour faire entrer le métier, les maisons peuvent avoir des plafonds de plus de quatre mètres de haut.

À partir du XVIIIe siècle, avec l'importation de la laine des moutons d'Angleterre, c'est le tissage du drap de laine (draps royaux) qui enrichit la ville[73]. La plus ancienne usine (établissement industriel se différenciant des ateliers familiaux) a laissé une friche en centre-ville restaurée en bourse du travail.

La crise du textile, dans les années 1960, met fin à cette activité (sept usines textiles en ville) et Louviers devient une banlieue résidentielle pour des migrations quotidiennes professionnelles vers Rouen ou vers Paris, phénomène accentué par la création de la gare de Val-de-Reuil desservie par des trains express.

Personnalités

Jumelages

Annexes

Notes et références

Notes

  1. Cette colline était alors plus dégagée et paraissait plus haute, entourée à l'est par une profonde dépression de la vallée, au nord et au sud par les ravines, et à l'ouest par le terrain actuellement occupé par l'hôtel de ville.
  2. Le premier cimetière à l'emplacement de la rue du Mûrier, l'autre, sur le Châtel, autour de l'église Saint-Martin.
  3. La donation n'est pas datée mais l'année 965 est souvent donnée.
  4. Un de ces comtes de Louviers sera élu pape en 1342 sous le nom de Clément VI.
  5. La rue du Châtel s'est longtemps appelée le chemin de l'Archevesque.
  6. La première pierre des remparts fut posée le .
  7. La grande tempête de 1705 a raison de la flèche de l'église.
  8. L'ultime plan de reprise par les Anglais est déjoué par Louis de Bigars et les assaillants sont massacrés. Le nom de la Rue Massacre serait dû à ce fait d'armes.
  9. Elle était située dans l'actuelle rue du Maréchal-Foch et dans la rue de l'Île mais les bâtiments restants furent détruits en 1940.
  10. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références

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Bibliographie

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  • Yvette Petit-Decroix et autres, Les Moulins à eau du Pays de Louviers, Société d'études diverses de Louviers et sa région, 2005
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Articles connexes

Liens externes

  • (fr) Site officiel