Logique de la Sensation

Logique de la Sensation est un livre du philosophe français Gilles Deleuze, publié en 1981 aux éditions de la Différence[1], consacré au peintre anglais Francis Bacon (1909-1992) après une année de cours à l'Université Paris VIII[2] à analyser l'œuvre du peintre et la démarche des peintres modernes et contemporains[3].

Plan général de l'ouvrage

Le plan de l'ouvrage entend considérer différents aspects des tableaux de Francis Bacon " du plus simple au plus au plus complexe" du "point de vue d'une logique générale de la sensation"[4].

Chapitre 1 : Le rond, la piste

Chapitre 2 : Note sur les rapports de la peinture ancienne avec la figuration

Chapitre 3 : L'athlétisme

Chapitre 4 : Le Corps, la Viande et l'esprit, le devenir-animal

Chapitre 5 : Notes récapitulatives : périodes et aspects de Bacon

Chapitre 6 : Peinture et sensation

Chapitre 7 : L'hystérie

Chapitre 8 : Peindre les forces

Chapitre 9 : Couples et trityques

Chapitre 10 : Notes : Qu'est ce qu'un triptyque ?

Chapitre 11 : La peinture avant de peindre

Chapitre 12 : Le Diagramme

Chapitre 13 : L'analogie

Chapitre 14 : Chaque peintre à sa manière résume l'histoire de la peinture

Chapitre 15 : La traversée de Bacon

Chapitre 16 : Note sur la couleur

Chapitre 17 : L'œil et la main

Analyse

Le premier chapitre pose la question des relations entre les différents éléments inscrits dans deux tableaux de Francis Bacon intitulés : "Portrait de Lucian Freud" (1971) et "Portrait de Georges Dyer" (1966). Pour Deleuze, ils peuvent être lus comme les présentations d'une figure isolée sur un fond délimité par un rond, un cube ou une barre. Il présente ainsi la relation dynamique entre la figure (le personnage) et sa figuration, mais aussi entend montrer la distance que Bacon établit entre la peinture et l'illustration narrative[5], pour se faire Deleuze introduit la notion de "Figural" signe s'en tenant au fait, en opposition à la représentation pour conjurer le "figuratif, l'illustratif, le narratif"[6].

Réception critique

Pour le philosophe Denis Viennet dans son article "L’image : entre représentation et irreprésentable, les transfigures de Duchamp et les défigures de Bacon" [7], Deleuze montre l'importance de la déformation avec Bacon ou " la représentation n’est telle que parce qu’elle témoigne d’un quelque chose, irreprésentable ou imprésentable, qui l’excède : l’événement de la Figure se nomme ainsi dé-figure".

Pour Maxime Girard, dans son article Forces et sensations dans la peinture de Francis Bacon[8], Deleuze articule l’idée de sensation avec "l’idée de force, de forces vitales, de forces invisibles" et considère "l’existence humaine comme ressenti, comme intensive".

Notes


Références

  1. Logique de la sensation, 2 tomes, éd. de la Différence, 1981 ; réédité sous le titre Francis Bacon : logique de la sensation. Paris, Éditions du Seuil (coll « L'ordre philosophique»), 2002, 158 p.
  2. Les cours de Gilles Deleuze "La peinture et la question des concepts" sont en ligne sur le site la voix de Deleuze http://www2.univ-paris8.fr/deleuze/
  3. Le texte est publié en anglais en 2003 : Deleuze, Gilles (2003) Francis Bacon: The Logic of Sensation. London: Continuum
  4. in Gilles Deleuze Avant-propos, FB, Logique de la sensation p9
  5. in Gilles Deleuze, FB, Logique de la sensation, p. 12
  6. citation de Francis Bacon idem
  7. in Denis Viennet "L’image : entre représentation et irreprésentable, les transfigures de Duchamp et les défigures de Bacon", Philosophiques, Annales Littéraires, Université de Franche-Comté 2008 p. 121-127
  8. Maxime Girard, Forces et sensations dans la peinture de Francis Bacon, Philosophiques, 2017