Littérature britannique

Geoffrey Chaucer (v. 1343-1400), le « Père de la littérature anglophone ».

La littérature britannique désigne la littérature du Royaume-Uni de l'île de Man et des Îles Anglo-Normandes. Elle comprend la littérature anglaise, d'Irlande du Nord, écossaise et galloise. Par extension on peut aussi y inclure la littérature produite dans l'ensemble des îles Britanniques, c'est-à-dire également la littérature irlandaise, bien que cette question puisse prêter à controverse. En effet les écrivains irlandais ont joué un rôle important dans le développement de la littérature en Angleterre et en Écosse, et l'Irlande a fait partie de la Grande-Bretagne jusqu'en 1922.

Une vaste majorité de la littérature britannique a été écrite en langue anglaise, cette dernière tendant à s'étendre géographiquement en raison de son utilisation dans les anciennes colonies britanniques. En outre, l'histoire de la littérature britannique inclut des écrits rédigés en diverses autres langues, telles que l'anglo-normand, l'anglo-saxon (ou vieil anglais), le cornique, le guernesiais, le jersiais, le latin, le mannois, le scots, l'écossais, le gaélique, le gallois parmi d'autres. La littérature d'Irlande du Nord comprend des écrits en anglais, irlandais et scots de l'Ulster. La littérature de langue celtique est la plus ancienne littérature en langue vernaculaire persistant en Europe.

Littérature britannique

Sommaire

L’identité britannique

Article détaillé : Identité britannique.

Les définitions de la littérature britannique sont conditionnées par les fluctuations historiques de l’identité britannique. Les consciences changeantes des identités nationales anglaise, écossaise et galloise, et les effets de l’impérialisme britannique ont modifié les manières dont les littératures des différentes îles Britanniques ont interagi entre elles. L’impact du nationalisme irlandais, qui conduisit à la partition de l’Irlande en 1921, fait que la littérature irlandaise n’est en général pas considérée comme britannique, bien que l’identité de la littérature de l’Irlande du Nord, en tant que composante de la littérature du Royaume-Uni, puisse se situer entre les identités des littératures irlandaise et britannique, où « la dénomination du territoire a toujours été dans les contextes littéraires, géographiques ou historiques, un acte chargé de sens politique »[1].

La littérature galloise en langue anglaise (anciennement dénommée la « littérature anglo-galloise » (« Anglo-Welsh literature ») est constituée des œuvres écrites en anglais par des écrivains gallois, en particulier s’il s’agit de sujets ayant trait au Pays de Galles. Elle n’a été reconnue comme entité distincte qu’au XXe siècle. La nécessité d’une identité séparée pour ce type de littérature s’est faite sentir en raison du développement parallèle de la littérature galloise écrite en gallois[2].

L’étiquette de « frange celtique » (celtic fringe) appliquée aux territoires non anglais ou non anglophones pour marginaliser ces cultures a été analysée comme une attitude coloniale et les littératures écossaise, irlandaise et galloise peuvent être étudiées à travers une méthodologie post-coloniale[3]. Cependant, l’héritage de la Grande-Bretagne se maintient partout dans le monde, car une histoire commune de présence et d’influence culturelle britannique dans les nations du Commonwealth a généré une vaste production écrite en anglais et en de nombreuses autres langues[4],[5].

Littérature calédonienne

La littérature « britannique » peut désigner la littérature issue de la « Grande-Bretagne » politique, c'est-à-dire le Royaume-Uni, mais aussi de l’île de Grande Bretagne, dont l’archipel des Hébrides ne fait pas nécessairement partie suivant que l’on considère les formations géographiques ou géologiques.

Du point de vue de l'histoire de la littérature, le qualificatif « britannique » peut aussi se référer à la Bretagne de l'antiquité, territoire auquel la Calédonia n’a jamais appartenu, ni politiquement, ni linguistiquement. De plus, contrairement à la Bretagne, la Calédonie n'a jamais été colonisée par les Romains. C'est pourquoi le qualificatif anglais Caledonian a parfois été employé pour évoquer cet aspect complexe et ambigu de l'identité écossaise[6],[7],[8].

Il faut donc bien garder à l'esprit que le terme littérature « britannique » désigne un vaste corpus rassemblant des textes de langues de natures très différentes. La littérature gaélique écossaise, par exemple n’a de réellement « britannique » que la nationalité officielle des auteurs.

Littérature britannique ancienne et médiévale tardive : 449-1500

Littérature en latin

Bède le Vénérable sur son lit de mort, dictant sa traduction de l'évangile selon Saint Jean, par J. Doyle Penrose. Tableau de 1902.

Deux chroniqueurs et ecclésiastiques, Bède le Vénérable (672/3-735), avec son Historia ecclesiastica gentis Anglorum (Histoire ecclésiastique du peuple anglais), et Gildas le Sage (vers 500-570), avec son De excidio et conquestu Britanniae (Sur la ruine et la plainte de la Bretagne), ont été des figures marquantes de la littérature latine de la Britannia, dans les siècles ayant suivi la chute de l'Empire romain.

L'œuvre la plus importante du Haut Moyen Âge écossais est due à Saint Adomnán (627/8-704). Il s'agit de la Vita Columbae (Vie de Colomba), une hagiographie de Colomba d'Iona qui est en même temps une source essentielle pour la connaissance des Pictes. On y trouve aussi un aperçu de la vie à l'abbaye d'Iona et de la condition des moines dans le Haut Moyen Âge gaélique, ainsi que, pense-t-on, la première référence au monstre du Loch Ness.

Écrite juste après la Vita Columbae d'Adomnán ou peut-être contemporaine, la Vita Sancti Cuthberti  (vers 699-705) est le premier texte latin de Northumbrie et aussi le premier texte hagiographique latin d'Angleterre[9].

L'Historia Brittonum, composée au IXe siècle, est traditionnellement attribuée à Nennius. Elle est la source la plus ancienne présentant le roi Arthur en tant que personnage historique, et la source aussi de plusieurs histoires reprises et répandues par des auteurs postérieurs.

Le latin a continué à être utilisé comme langue d'apprentissage par les élites, longtemps après l'adoption des langues vernaculaires comme langues liturgiques par la Réforme. En Écosse, le latin a prospéré comme langue littéraire jusqu'au XVIIe siècle : des écrivains écossais écrivant en latin ont pu s'adresser à leur public sur un pied d'égalité dans une langue de prestige, sans se sentir gênés par leur maîtrise moins sûre de l'anglais[10].

Utopia est une œuvre de fiction et de philosophie politique de Thomas More (1478-1535), publiée en 1516. Le livre, écrit en latin, est un récit narratif présentant principalement une société vivant sur une île fictive, avec ses coutumes religieuses, sociales et politiques.

New Atlantis ou la Nouvelle Atlantide est un roman utopique de Sir Francis Bacon (1561-1626), publié en latin sous le titre de Nova Atlantis en 1624, et en anglais en 1627. Dans cette œuvre, Bacon dépeint une vision de l'avenir de la découverte et de la connaissance, exprimant ses aspirations et ses idéaux pour l'humanité. Le roman décrit la création d'un pays utopique où « la générosité et l'illumination, la dignité et la splendeur, la piété et l'esprit civique » sont les qualités communes des habitants de la mythique Bensalem. Le projet et l'organisation de son collège idéal, la Maison de Salomon (ou Maison de Solomon), envisageaient une université de recherche moderne, dévolue aux deux sortes de sciences, pures et appliquées.

L'Écossais George Buchanan (1506-1582) était, à la Renaissance, l'écrivain britannique qui avait la plus grande réputation hors des îles britanniques : il était considéré comme le meilleur poète latin depuis l'Antiquité[11]. Ses œuvres, écrites en latin, ont fait le tour de l'Europe, comme il l'a fait lui-même.

Parmi les auteurs des poèmes en latin se trouvent, au XVIIe siècle, George Herbert (1593-1633) (qui a aussi écrit des poèmes en grec), et John Milton (1608-1674).

Les Elementa Philosophica de Cive du philosophe Thomas Hobbes (1642-1658) étaient encore en latin. Cependant, les mœurs évoluent et à partir du XVIIIe siècle, le mouvement va nettement vers l'utilisation des langues nationales (comme déjà auparavant dans la littérature et le mouvement religieux protestants) et finit par atteindre le milieu universitaire : un exemple de cette transition est celui d'Isaac Newton qui commence à écrire ses ouvrages en latin avec ses Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (1687) et les achève en anglais, avec Opticks (1704).

Littérature celtique primitive

Verso du feuillet 29 du Livre de Deer (Bibliothèque de l'université de Cambridge, MS. II.6.32), représentant un portrait de Saint Luc.

La langue et la littérature gaéliques d'Irlande s'installent dans l'Ouest de l’Écosse entre le IVe et le VIe siècle. Jusqu'au développement d'une littérature gaélique d’Écosse à l'identité propre, l'Irlande et l’Écosse partagent une culture littéraire commune. La langue littéraire gaélique utilisée en Écosse et héritée de l'Irlande est parfois nommé gaélique classique. La mission hiberno-écossaise du VIe siècle propage le christianisme et installe des monastères et des centres d'écriture. La littérature gaélique d’Écosse inclut une célébration, attribuée au moine irlandais Adomnán, de la victoire du roi Brude III des Pictes (671-93) sur les Northumbriens à la bataille de Nechtansmere en 685. On n'a pas retrouvé de trace de poésie écrite en picte, la langue brittonique alors parlée en Écosse et aujourd’hui disparue. Cependant, on a retrouvé de la poésie composée en gaélique pour des rois pictes. Au IXe siècle, les galéophones contrôlent le territoire picte et le gaélique est parlé et employé comme langue littéraire à travers toute l’Écosse. Néanmoins, les échanges culturels entre l’Écosse et l'Irlande sont importants : des poètes irlandais composent pour des patrons écossais et inversement. Le Livre de Deer, un évangéliaire écrit en latin du Xe siècle et porteur d'annotations en latin, en vieil irlandais et en gaélique écossais datant du début du XIIe siècle, est connu pour contenir les plus anciennes traces attestées d'écriture gaélique d’Écosse.

En littérature celtique galloise, la période avant 1100 est connue sous le nom de période Y Cynfeirdd (« les premiers poètes ») ou Yr Hengerdd (« la vieille poésie »). Elle s’étend approximativement de la naissance du gallois jusqu'à l'arrivée des Normands au Pays de Galles vers la fin du XIe siècle. Y Gododdin est un poème médiéval gallois constitués d'une série d'élégies aux hommes du royaume brittonique de Gododdin et ses alliés qui, selon l'interprétation conventionnelle, sont morts en combattant les Angles de Deira et de Bernicia à Catraeth aux alentours de 600 av. J.-C. Il est traditionnellement attribué au barde Aneirin et n'existe plus que dans un seul manuscrit, connu sous le nom de Livre d'Aneirin. Le poème est écrit dans un manuscrit de la seconde moitié du XIIIe siècle et on situe sa composition quelque part entre le VIIe siècle et le début du XIe siècle. Le texte est écrit pour partie en moyen gallois, pour partie en vieux gallois. L'estimation la plus ancienne situe sa composition orale peu après la bataille, probablement dans le Hen Ogglend (« le vieux Nord »), en cambrien, une variété de langue brittonique. D'autres travaux considèrent le poème comme l’œuvre d'un poète du pays de Galles, composé au IXème, Xème ou XIe siècle. Même une date d'écriture située au IXe siècle en ferait l'un des plus vieux textes de poésie galloise encore conservés.

le Livre Rouge de Hergest (Llyfr Coch Hergest), rédigé en moyen gallois entre 1382 et 1410, est l'une des deux sources du Mabinogion.

Le nom Mabinogion est un terme commode pour désigner un ensemble de onze histoires en prose colligées à partir de deux manuscrits en gallois médiéval, le Livre Blanc de Rhydderch (Llyfr Gwyn Rhydderch) (1350 environ) et le Livre Rouge de Hergest (Llyfr Coch Hergest) (1382–1410). Ils sont écrits en moyen gallois, la langue littéraire commune entre la fin du XIe siècle et le XIVe siècle. Ils comprennent les quatre récits qui forment le Pedair Cainc y Mabinogi (« Les Quatre Branches du Mabinogi »). Ces récits s'appuient sur la mythologie celtique pré-chrétienne, des motifs de contes internationaux et d'anciennes traditions historiques médiévales. Bien que certains détails puissent remonter à des traditions plus anciennes que l'Âge du Fer, chacun de ces récits est le produit d'une tradition narrative galloise médiévale très élaborée, tant sur le plan oral que sur le plan écrit. Vers le milieu du XIe siècle, Charlotte Guest est la première à publier des traductions anglaises de ces textes et popularise le terme Mabinogion.

On n'a pas conservé de textes de la littérature de Cornouailles de la période cornique primitive (600-800 ap. J.-C. environ). La plus ancienne trace écrite en cornique retrouvée à ce jour date du IXe siècle. Il s'agit d'une glose dans un manuscrit latin de la Consolation de Philosophie, qui emploie les mots ud rocashaas (« Il [l'esprit] détestait les endroits lugubres »).

Ancienne littérature norroise

Article détaillé : Ancienne littérature norroise.

Entre le VIIIe et le XVe siècle, les colons vikings et norrois, ainsi que leur descendants, colonisent une partie de ce qui est aujourd'hui l’Écosse. On a conservé d'anciens poèmes norrois de cette période. La Saga des Orcadiens ou Saga des comtes des Orcades (Orkneyinga saga) est un récit de l'histoire des Orcades, de leur capture par le roi de Norvège au IXe siècle jusqu'à environ 1200. Le poète George Mackay Brown (1921-1996) a été influencé par cette saga, notamment dans son roman de 1973, Magnus. La saga islandaise de Njáll le Brûlé prend place entre autres dans les Orcades et au Pays de Galles. En dehors de ces sagas islandaises, on a conservé quelques exemples, parfois fragmentaires, de vieille poésie norroise composée en Écosse. Parmi les inscriptions runiques de Maeshowe, on a identifié un texte en vers libre. Les contacts culturels avec la Scandinavie dans le Danelaw ont aussi laissé leur empreinte dans la littérature. Höfuðlausn ou « le sauvetage de la tête » est un poème scaldique en l'honneur du roi Éric Ier de Norvège, attribué à Egill Skalla-Grímsson.

Littérature vieil-anglaise : 449-1100

Article détaillé : Littérature vieil-anglaise.
Copie de l'Hymne de Caedmon inclus dans le Moore Bede (vers 737) conservé à la bibliothèque universitaire de Cambridge.

La littérature vieil-anglaise ou littérature anglo-saxonne est la littérature écrite en vieil anglais en Angleterre anglo-saxonne, durant la période allant de l'installation des Saxons et d'autres tribus germaniques comme les Jutes et les Angles en Angleterre après le retrait des Romains, autour de 450, jusqu'à peu après la conquête normande de 1066, autour de 1100-1150. Elle comprend entre autres des poèmes épiques, des hagiographies, des sermons, des traductions de la Bible, des documents légaux, des chroniques, des énigmes. On a retrouvé environ 400 manuscrits de cette période. Le plus vieil ouvrage de littérature vieil-anglaise encore conservé est l'Hymne de Cædmon, qui a probablement été composé entre 658 et 680.

Presque tous les écrivains anglo-saxons sont anonymes : on connaît le nom de douze d'entre eux par des sources médiévales, mais seules quatre personnalités sont connues par les travaux vernaculaires qui leur sont attribués avec certitude : Cædmon, Bède, Alfred le Grand et Cynewulf. Cædmon est le plus ancien poète anglais dont le nom soit connu. Sa seule œuvre encore conservée est l'Hymne de Cædmon, qui date probablement de la fin du VIIe siècle. Il s'agit d'un des plus vieux exemples attestés de vieil-anglais et constitue, avec les inscriptions de la croix de Ruthwell et du coffret d'Auzon, l'un des candidats au titre de plus vieil exemple attesté de poésie vieil-anglaise. C'est aussi l'un des exemples les plus anciens de poésie dans une langue germanique qu'on ait conservé.

La première page du poème Beowulf, dans le Codex Nowell.

Le poème épique Beowulf est l'une des œuvres en vieil anglais les plus connues, à tel point qu'il est parvenu au statut d'épopée nationale en Angleterre, bien que son action se situe hors de son territoire. Beowulf, un héros goth, combat successivement trois adversaires : Grendel, la mère de Grendel et un dragon. Le seul manuscrit du poème ayant subsisté est le Codex Nowell : son âge précis est débattu, mais sa rédaction se situe probablement autour de l'an mille.

Les chroniques contiennent une variété de témoignages historiques et littéraires, dont l'un des exemples les plus notables est la Chronique anglo-saxonne. C'est une collection d'annales en vieil anglais qui raconte l'histoire des Anglo-Saxons. Neuf manuscrits sont encore conservées, intégralement ou en partie, bien qu'ils ne soient pas d'égale valeur historique et qu'aucun d'entre eux ne soit une version originale. Le plus vieux semble avoir été commencé vers la fin du règne d'Alfred au IXe siècle, alors que le plus récent a été écrit à la cathédrale de Peterborough en 1116. La quasi-intégralité du texte des Chroniques se présente sous la forme d'annales, par années. Les plus anciennes sont datées à - 60 av. J.-C. (la date des annales pour l'expédition de Jules César en Bretagne) et les plus récentes sont contemporaines de l'écriture de l’œuvre.

La Bataille de Maldon est le nom donné à un poème en vieil anglais dont la date de composition est inconnue et qui célèbre la véritable bataille de Maldon, en 991, où les Anglo-Saxons ont échoué à empêcher une invasion viking. Seuls 325 vers du poème sont encore conservés, le début et la fin en ont été perdus.

Les Anglo-Saxons sont convertis au christianisme après leur arrivée en Angleterre. Un poème populaire, Le Rêve de la Croix, est inscrit sur la croix de Ruthwell. Judith est une version du récit biblique du Livre de Judith, dans lequel l'héroïne Judith décapite le général assyrien Holopherne pour sauver le peuple juif d'une invasion. La Old English Martyrology est une collection mercienne d'hagiographies. Ælfric d'Eynsham est un auteur prolifique d'hagiographies et d'homélies au Xe siècle.

La poésie vieil-anglaise se partage essentiellement en deux styles principaux, le style héroïque germanique et le style chrétien. On analyse généralement la poésie vieil-anglaise comme une forme de poésie allitérative. Son système de versification est fondé sur les accents, l'allitération, le nombre de voyelles et l'accentuation syllabique. Chaque vers utilise l'une des cinq permutations possibles de la structure d'un vers de base. Ce système est hérité des langues germaniques plus anciennes, où il existe toujours sous une forme ou une autre.

Plusieurs poèmes en vieil anglais sont des adaptations de textes philosophiques de l'Antiquité Tardive. Le plus long est une traduction du Xe siècle de la Consolation de Philosophie de Boèce, contenue dans le manuscrit Cotton Otho A. vi. Peu après cette traduction en prose, la Consolation de Philosophie est adaptée sous forme de poèmes allitératifs sous le nom de Mètres de Boèce.

Littérature médiévale tardive

Articles détaillés : Littérature anglo-normande, Littérature en moyen anglais, Littérature écossaise au Moyen Âge et Littérature celtique galloise.

La diversité linguistique des îles britanniques à la période médiévale contribue à l'originalité et au renouvellement de la littérature britannique, chacune des différentes langues produisant sa propre littérature.

La littérature en latin circule parmi les classes éduquées. Les travaux les plus importants de Giraud de Barri sont écrits dans cette langue et traitent du Pays de Galles et de l'Irlande. En particulier, Itinerarium Cambriae et Descriptio Cambriae sont écrits en latin vers la fin du XIIe siècle et fournissent de précieux renseignements sur l'histoire et la géographie du Pays de Galles.

Après la conquête normande de l'Angleterre en 1066, la littérature anglo-normande se développe en incorporant des genres littéraires d'Europe continentale, comme la chanson de geste. Ce développement indigène est plus rapide que la littérature d'oïl continentale : Geoffroy Gaimar a écrit la première chronique en vers; Benedeit le premier récit d'aventures inspiré de sources celtiques; Jourdain Fantosme la première historiographie basée sur des témoignages visuels ; Philippe de Thaon le premier document scientifique.

La littérature religieuse conserve sa popularité. On continue d'écrire, d'adapter et de traduire des hagiographies, comme la Vie Seinte Audree, la biographie contemporaine d'Anselme de Cantorbéry par Eadmer et le South English Legendary. Le Roman de Fergus est la plus ancienne pièce de littérature vernaculaire non-celtique à être écrite en Écosse. À mesure que les nobles normands assimilent la culture indigène, ils commandent des versions écossaises de romances continentales populaires, comme Lancelot du Lac ou The Buik o Alexander.

Alors que des chroniqueurs comme Guillaume de Malmesbury et Henri de Huntingdon tentent de rassembler les informations historiques auxquelles ils ont accès dans des récits cohérents, d'autres auteurs prennent beaucoup de libertés avec leur matériau.

Enluminure d'un manuscrit du XVe siècle de l'Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth, montrant Vortigern et Ambroise Aurélien assistant au combat entre deux dragons.

Geoffroy de Monmouth est l'une des figures majeures du développement de l'histoire de Grande-Bretagne et de la popularisation de la légende du roi Arthur. Il est connu pour sa chronique Historia Regum Britanniae (Histoire des Rois de Bretagne) de 1136, qui fait connaître à un public large les sujets celtiques, comme le père d'Arthur Uther Pendagron, l'enchanteur Merlin et l'épée Caliburnus (nommée Excalibur dans certains manuscrits de Wace).

Culhwch ac Olwen est un conte gallois qui raconte l'histoire d'un jeune héros aidé par Arthur et ses chevaliers. Cest l'un des plus longs textes en prose gallois qu'on ait conservé. C'est peut-être le plus ancien récit arthurien encore conservé et l'un des plus vieux textes en prose du Pays de Galles encore en existence.

Le poète du XIIe siècle Wace (environ 1110 – après 1174), né à Jersey et élevé en Normandie, est considéré comme le fondateur de la littérature de Jersey et a contribué au développement de la légende arthurienne dans la littérature britannique. Son Roman de Brut, une adaptation de l'Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth, fait entrer Arthur et sa Table Ronde dans la littérature et montre l'intérêt des patrons normands pour la mythification de la conquête anglo-normande de l'Angleterre. Son Roman de Rou place les ducs de Normandie dans un contexte épique.

La Prophétie de Merlin est un poème du XIIe siècle écrit en hexamètres latins par Jean de Cornouailles, qui prétend s'être basé sur un vieux manuscrit en cornique. Les notes dans les marges figurent parmi les traces de cornique les plus anciennes qu'on ait retrouvées.

Vers la fin du siècle, Layamon adapte en anglais le Roman de Brut de Wace. C'est la première œuvre en langue anglaise à mentionner la légende d'Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. C'est aussi la première historiographie écrite en anglais depuis la Chronique anglo-saxonne.

La Chronique des Rois d'Alba ou Chronique Écossaise est une brève chronique relatant les règnes des rois d'Alba. Elle a été écrite en hiberno-latin, mais le texte révèle une certaine connaissance de l'auteur de l'orthographe moyen-irlandaise et a probablement été assemblé au début du XIIIe siècle par l'auteur de De Situ Albanie. Le texte original a été écrit en Écosse, probablement au début du XIe siècle, peu après le règne de Kenneth II, le dernier règne auquel le texte fait référence. Il est possible que beaucoup plus de textes littéraires moyen-irlandais qu'on ne le pense généralement aient été écrits en Écosse médiévale, mais n'aient pas été conservés en raison de la disparition de l'institution littéraire gaélique dans l'est de l’Écosse avant le XIVe siècle. Thomas Owen Clancy a avancé l'hypothèse que le Lebor Bretnach, aussi appelé le « Nennius irlandais », a été écrit en Écosse, probablement dans un monastère à Abernethy, mais le texte n'existe encore que quand des manuscrits irlandais. Parmi les autres travaux littéraires encore conservés, on trouve l’œuvre prolifique du poète Gille Brighde Albanach. Vers 1218, Gille Brighde écrit le poème Heading for Damietta sur son expérience de la cinquième croisade. Le corpus le plus important de poésie médiévale gaélique écossaise, le Livre du Doyen de Lismore, a été assemblé par les frères James et Donald MacGregor dans les premières décennies du XVIe siècle. Il contient de la poésie gaélique écossaise, mais aussi un grand nombre de poèmes composés en Irlande et de la prose écrite en scots et en latin. Les sujets incluent de la poésie d'amour, des ballades héroïques et de la philosophie. Le corpus est aussi remarquable par la présence de poésie écrite par au moins quatre femmes.

La Renaissance : 1500-1660

Ères élisabéthaine et jacobite : 1558-1625

Renaissance tardive ou période caroline : 1625-1660

Période néoclassique : 1660-1798

La Restauration :1660-1700

L'époque georgienne : 1700-1750

L’invention de la littérature britannique

L'unification des parlements d'Écosse et d'Angleterre en 1707 pour former un seul Royaume de Grande-Bretagne et la création d'un état commun par les Actes d'Union ont très peu d'impact sur la littérature anglaise. La situation en Écosse est différente : le désir de maintenir une identité culturelle tout en jouissant des avantages du marché littéraires anglais et de son langage littéraire ont conduit à ce qui a été décrit par les auteurs écossais comme "l'invention de la littérature britannique".

La prose et le roman

Le théâtre georgien

La poésie georgienne

Le plus célèbre poète de cette période est Alexander Pope (1688-1744), avec pour œuvres principales La boucle de cheveux enlevée (1712, rallongée en 1714), une traduction de l' Iliade (1715-1720), une traduction de l' Odyssée (1725-1726) et La Dunciade (1728-1743). Depuis sa mort, l'œuvre de Pope a constamment été réévalué. Ses artifices, sa rythmique stricte ou même la cruauté de sa satire étaient un objet de dérision pour les poètes romantiques. Il fut à nouveau reconnu à partir des années 1930. Aujourd'hui, Pope est considéré comme le poète majeur de son siècle, un modèle pour l'élégance de sa prose, son esprit piquant et sa force morale[12]. La boucle de cheveux enlevée et La Dunciade sont des œuvres maîtresses du genre mock-epic[13].

C'est aussi à cette période que le poète James Thomson (1700-1748) compose ses mélancoliques Saisons (1728-1730) et Edward Young (1681-1765) ses Night-Thoughts (1742).

Les racines du romantisme : 1750-1798

La seconde moitié du 18e siècle est parfois appelé l' "Âge de Johnson". Samuel Johnson (1709-1784), surnommé aussi Dr Johnson était un auteur anglais. Il contribua grandement à la littérature anglaise à la fois en tant que poète, essayiste, moraliste, critique littéraire, biographe, éditeur et lexicographe. Il fut décrit comme : "probablement le plus distingué des hommes de lettres de l'histoire de l'Angleterre."[14] Après neuf années de travail, il publia Dictionary of the English Language en 1755. cet ouvrage eut un considérable effet sur l'anglais moderne et fut décrit comme "l'un des plus grands exploits individuels de l'érudition"[15] A travers ses travaux ( le Dictionnaire, son édition de The plays of William Shakespeare (1765), et en particulier Lives of the poets (1779-81), il contribua à inventer ce qu'on appelle aujourd'hui la littérature britannique[16].

Le 18e siècle vit l'apparition de trois grands auteurs irlandais : Oliver Goldsmith (1728-1774), Richard Brinsley Sheridan (1751-1816), et Laurence Sterne (1713-1768). Goldsmith s'installe à Londres en 1756, où il publie Le curé de Wakefield (1766), le poème Le village abandonné ainsi que deux pièces The Good Natur'd Man (1768) et She Stoops to Conquer (1773). Sheridan est né à Dublin, mais sa famille émigre en Angleterre dans les années 1750. Sa première pièce de théâtre, The Rivals (1775) est joué à Covent Garden et est un succès immédiat. Il devint l'un des plus grands auteurs de théâtre de la fin du 18e avec L'école de la Médisance et The Critic. Sterne publie son célèbre roman Tristam Shandy en plusieurs parties entre 1759 et 1767[17].

Littérature du XIXe siècle

Le Romantisme : 1798-1837

La littérature victorienne : 1837-1901

Article détaillé : Littérature victorienne.

La fiction victorienne

Le roman
La nouvelle
Le genre fiction

La poésie victorienne

Le théâtre victorien

Le XXe siècle

Modernisme et renaissance culturelle : 1901-1945

La première guerre mondiale

La poésie de 1901 à 1945

le défi du roman moderniste

Le théâtre britannique de 1901 à 1945

La littérature de genre au début du XXe siècle

La Seconde Guerre mondiale

Modernisme tardif : 1946-2000

Le théâtre après la Seconde Guerre mondiale

La poésie après la Seconde Guerre mondiale

La littérature de genre à la fin du XXe siècle

La science-fiction
La littérature enfantine et de jeunesse
La fantasy et la littérature d’horreur

Littérature du XXIe siècle

Traductions

Institutions littéraires en Grande-Bretagne

Prix littéraires britanniques

Notes et références

  1. Seamus Deane, A Short History of Irish Literature, London, Hutchinson, (ISBN 0091613612)
  2. (en) Raymond Garlick. An Introduction to Anglo-Welsh Literature. University of Wales Press, 1970.
  3. Silke Stroh, Uneasy Subjects: Postcolonialism and Scottish Gaelic Poetry, Amsterdam, Rodopi, (ISBN 9042033584)
  4. Douglas Hill, « A report on stories from the outposts of Commonwealth literature », The Globe and Mail,‎ , p. 21
  5. Robert McCrum, « English Is a World Language – and That's to Be Prized », Los Angeles Times,‎ , B15
  6. Joseph Mawman, An excursion to the highlands of Scotland and the English lakes, Oxford University, , p. 101
  7. David Allan, Scotland in the Eighteenth Century: Union and Enlightenment, Routledge, , p. 153
  8. Percival Stockdale, The Memoirs of the Life, and Writings of Percival Stockdale: Containing Many Interesting Anecdotes of the Illustrious Men with Whom He was Connected, Volume 2, Longman, Hurst, Rees, and Orme, , p.470
  9. Love, "Hagiography", p. 226
  10. (en) Robert Crawford, Scotland's Books, London, Penguin, (ISBN 9780140299403)
  11. Roderick Watson, The Literature of Scotland, Houndmills, Palgrave Macmillan, (ISBN 9780333666647).
  12. (en) Alexander Pope, « Alexander Pope », sur Alexander Pope, (consulté le 21 juin 2017)
  13. (en) J. A. Cuddon, A Dictionary of Literary Terms, London, Penguin, , p. 514
  14. « Oxford Dictionary of National Biography », sur www.oxforddnb.com (consulté le 20 juin 2017)
  15. (en) Bate 1977, p.240
  16. (en) « "Samuel Johnson" Encyclopædia Britannica », sur britannica.com, (consulté le 15 novembre 2012)
  17. (en) The Oxford Companion to English Literature, p. 947

Annexes

Articles connexes

Lien externe

  • Philippe Rouyer, « Les grands auteurs », Littérature britannique, sur UK-US, (consulté le 26 janvier 2014), avec liens sur des éditions de leurs œuvres librement consultables en ligne