Lise Payette

Lise Payette
Illustration.
Fonctions
Députée de Dorion
Prédécesseur Alfred Bossé
Successeur Huguette Lachapelle
Biographie
Nom de naissance Marie Monique Lise Ouimet
Date de naissance
Lieu de naissance Verdun (Canada)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Montréal (Canada)
Parti politique Parti québécois
Enfants Daniel Payette,
Dominique Payette,
Sylvie Payette

Lise Payette, née Ouimet le à Verdun (Montréal) et morte le dans la même ville[1], est une femme politique, écrivaine, animatrice de télévision et animatrice de radio canadienne.

Elle est élue députée du Parti québécois dans la circonscription électorale provinciale de Dorion en 1976. Elle est ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières dans le Gouvernement René Lévesque du 26 novembre 1976 au 21 septembre 1979, ministre d'État à la Condition féminine du 21 septembre 1979 au 30 avril 1981 et enfin ministre d'État au Développement social du 6 novembre 1980 au 30 avril 1981 et quitte ensuite la vie politique[2].

Biographie

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Née Marie Monique Lise Ouimet, elle est la fille de Fernand Ouimet et de Cécile Chartier.

Scolarisée à Montréal, elle entreprend une carrière à la radio à Rouyn-Noranda, Trois-Rivières, Québec et Montréal. Elle devient aussi relationniste pour le syndicat des Métallurgistes unis d'Amérique. Séjournant à Paris de 1958 à 1964, elle collabore à plusieurs journaux et revues, dont Châtelaine, le Nouveau Journal et le Petit Journal et elle anime l'émission Interdit aux hommes, avec Martine De Barsy. Elle y effectue de nombreuses entrevues avec des personnalités européennes. Elle se lie d'amitié avec d'autres féministes québécoises, comme Pauline Julien et Lise Gauvin, et étrangères, comme Mélina Mercouri[3],[4].

Au Québec les années soixante[5] sont des années d’indépendance, de révolte et de rejet de l’église, le début d’un temps nouveau, une révolution tranquille s’installe. Le retour de Lise Payette au Québec la surprend elle voit que les femmes on prit plus de place. Dans son émission « Place aux femmes » Lise Payette commencée à traiter de sujets très tabou, tel que la pilule contraceptive, dans le but d’en parler plus ouvertement et d’informer les femmes, elle se fait rapidement interpeller par le directeur. De 1972 à 1975, elle coanime l'émission télévisée Appelez-moi Lise en compagnie de Jacques Fauteux. L'émission lui apporte la célébrité et fait d'elle la porte-parole du mouvement féministe québécois. Par la suite, elle animera le « Gala du plus bel homme du Canada »[6] durant neuf ans, une émission qui semblait représenter la libération de la femme et de placer l’homme comme objet. En 1975, elle est présidente de l’organisation de la fête de la Saint-Jean-Baptiste, qui eu lieu au Mont-Royal[7]. Elle gagne en popularité puisque des milliers de Québécois seront au rendez-vous, cette soirée sera commémorée par des chansons interprétées par des artistes tels que Gilles Vigneault qui chante pour la première fois « Gens du pays » et de Ginette Reno qui chante une chanson créée spécialement pour cette Saint-Jean <« un peu plus haut un peu plus loin »>, des chants qui rallument le nationalisme et communiquent au québécois une liberté, une égalité et une joie de vivre. Une fête remplie de messages, de plusieurs figures politiques et d’artiste[8],[9].

De 1967 à 1975, le jour de la Saint-Valentin, elle couronne en ondes le plus bel homme du Canada, accordant alors ce mérite à des hommes comme Jacques Boulanger, Jean-Guy Cardinal, Bernard Derome, Léo Ilial et Pierre Lalonde. Elle préside l'organisation de la Fête nationale du Québec, sur le Mont Royal, en juin 1975. Elle adhère au mouvement souverainiste québécois et offre ses services à René Lévesque, chef du Parti québécois (réf: 2.1).

Carrière politique

En 1976, elle intègre le gouvernement Lévesque, élu gouvernement majoritaire. C'est elle-même qui fait les premiers pas pour entrer en contact avec René Lévesque. Elle sera élue dans la circonscription de Dorion, Lise Payette est ministre à la condition féminine, à la consommation, aux coopératives et institutions financières, puis au développement social sous le gouvernement de René Lévesque. Son projet de loi déposé et approuvé en 1978, donne naissance à la SAAQ. L'assurance automobile est l'un des accomplissements politiques de Lise Payette, qui vise à assurer les accidents et d'indemniser les victimes. En 1979, étant ministre, elle exige de se faire appeler madame « la » ministre au lieu de «le» ministre, lançant dès lors la féminisation des titres. Elle fait ce combat pour laisser la place aux femmes, pour que les générations suivantes héritent d'une égalité sociale. Dans sa politique, elle joue un grand rôle dans les droits de la femme, elle sera la première ministre d'État de la condition féminine de 1979 à 1981 et ensuite ministre d'État du développement social en 1981[10]. On lui doit la réforme du droit de la famille et celle de l'assurance automobile (création de la SAAQ). Cette dernière réforme a d'ailleurs porté son nom dans le langage populaire[11],[12].

Le choix de faire de la politique la pousse à quitter sa carrière de journaliste. Dans sa carrière de politicienne, madame Payette est connue pour sa perception sur l'égalité sociale. Elle s'investit et s'engage dans le milieu politique, le gouvernement Lévesque lui attribuera des objectifs tels que la réforme de l'assurance automobile du Québec. On doit aussi à Lise Payette l'apparition de la devise « Je me souviens » sur les plaques d'immatriculation, à partir de février 1978, remplaçant l'ancien slogan « La belle province ». Elle s'implique dans la réforme des lois du travail, notamment en ajoutant des congés de maternité et un droit de retrait préventif des femmes enceintes. Son positionnement au sein du gouvernement ne l'empêche pas de militer pour plusieurs causes féminines, comme les services de garde, les centres d'aide pour femmes et celle des femmes monoparentales[8].

Discours des Yvettes

Pendant la campagne du référendum québécois de 1980 (8 mars 1980[13]), en plein référendum elle fait une déclaration controversée sur les femmes qui appuient le fédéralisme canadien, attitude qui, selon elle, est sans vergogne. Elle désigne les femmes du Québec étant des Yvettes, des femmes au foyer soumises, une image qui fait allusion à un livre scolaire discriminatoire et, indirectement, aux allégeances politiques de Madeleine Guay, l'épouse du chef fédéraliste Claude Ryan. Cet événement est appelé l'affaire des Yvettes[14]. La presse québécoise réagit mal à ces propos et cette déclaration est sévèrement critiquée par les journalistes féministes Lise Bissonnette et Lysiane Gagnon. Lise Payette incite ainsi les femmes à devenir libres et émancipées à sortir de leur prison et de voter. Bientôt, une « assemblée des Yvettes » est organisée au Forum de Montréal plus de 14 000 femmes, pour appuyer le camp du NON, qui remporte la victoire sur la question de la souveraineté-association.

Lise Payette est aux côtés du premier ministre Lévesque lors de son célèbre discours, « À la prochaine fois », de 1980, qui préparait le terrain pour le référendum québécois de 1995. Le site indépendantiste Vigile.net conserve certains de ses essais militants sur les besoins de réforme du Parti québécois.

En 1980, Lise Payette travaille aussi pour que le nouveau Code civil du Québec permette aux parents de donner le ou les noms de famille de leur choix à leurs enfants. À partir de ce moment-là, beaucoup d'enfants ont été nommés avec deux noms de famille[15].

Fin de carrière politique

En 1981, Lise Payette décide de quitter la politique. Elle poursuit comme communicatrice de téléroman. Lise Payette se lance dans une carrière d'auteure, elle se consacre à des séries télévisées populaires au Québec et à des émissions animées, elle continue de contribuer aux journaux québécois. Elle écrit une série de livres autobiographiques, « Des femmes d'honneurs » et elle participe à la rédaction du livre « Manifeste des femmes ». Elle passe ses opinions féministes, dans ce livre, en passant par les droits des femmes, et l'inégalité des sexes. Elle tente d'évoquer la voix des femmes du Québec dans son œuvre. Depuis son combat les femmes gardent leur identité, elles peuvent donner leur nom à leurs enfants[8].

Auteure de téléromans

Lise Payette ne se représente pas à l'élection québécoise de 1981, et entreprend une carrière prolifique d'auteure pour la télévision avec une succession de téléromans comme La Bonne Aventure, Des dames de cœur, Un signe de feu et Les Machos. Elle signe le premier feuilleton quotidien, Marilyn.

Elle fonde ensuite la société de production télévisuelle Point de mire, avec qui elle concevra d'abord la série documentaire Les Quatre Chevaliers de l'apocalypse puis Femmes, puis d'autres séries de fiction, à titre de productrice ou d'auteure.

Elle a rédigé une chronique dans le Journal de Montréal du à 2007, puis dans le journal Le Devoir du au 6 mai 2016.

En 2007, elle écrit une chanson pour Céline Dion intitulée « Je cherche l'ombre » qui se retrouve sur l'album D'Elles de la chanteuse québécoise. En juin 2009, elle a reçu un doctorat honoris causa de la Faculté des sciences humaines de l'Université du Québec à Montréal[16].

Famille

Lise Payette épouse le journaliste et animateur André Payette en 1951, avec qui elle aura trois enfants : Daniel, avocat, Dominique, journaliste et Sylvie, scénariste. Le couple divorce en 1972. Elle a entretenu une longue relation avec Laurent Bourguignon, mort en 2002[8].

Scénarios pour la télévision

Filmographie

Ouvrages

  • 1971 : Recettes pour un homme libre, Éditions du Jour
  • 1971 : Témoins de notre temps, Éditions du Jour
  • 1975 : On l'appelle toujours... Lise, Éditions La Presse
  • 1981 : Le Pouvoir ? Connais pas!, Québec Amérique (réédité en 2010, Athéna Éditions)
  • 1986 : La Bonne Aventure, Québec Amérique
  • 1996 : Le Chemin de l'égalité, Éditions Fides.
  • Préface de L'enjeu, Ken Dryden, Éditions du Trécarré.
  • 1997 : Des femmes d'honneur : une vie privée 1931-1968, Éditions Libre Expression.
  • 1997 : Des femmes d'honneur : une vie publique 1968-1976, Éditions Libre Expression.
  • 1999 : Des femmes d'honneur : Une vie engagée, 1976-2000, Éditions Libre Expression.
  • 2012 : Le Mal du pays, Lux Éditeur.

Honneurs

Références

  1. « Figure du féminisme et de la politique, Lise Payette meurt à 87 ans », sur www.ici.radio-canada.ca, (consulté le 10 septembre 2018).
  2. Assemblée nationale du Québec, ssnat.qc.ca
  3. « Lise Payette | l'Encyclopédie Canadienne », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le 19 décembre 2018)
  4. « Lise Payette - Assemblée nationale du Québec », sur www.assnat.qc.ca (consulté le 19 décembre 2018)
  5. « bulletin d'histoire politique », sur https://www.bulletinhistoirepolitique.org,
  6. « Le Gala du plus bel homme du Canada - Les Archives de Radio-Canada », sur archives.radio-canada.ca (consulté le 19 décembre 2018)
  7. « Fête nationale du Québec (Fête de la Saint-Jean) | l'Encyclopédie Canadienne », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le 19 décembre 2018)
  8. a b c et d Productions J, « LISE PAYETTE: Un peu plus haut, un peu plus loin - 2014 » (consulté le 19 décembre 2018)
  9. Zone Société- ICI.Radio-Canada.ca, « Figure du féminisme et de la politique, Lise Payette meurt à 87 ans », sur Radio-Canada.ca (consulté le 19 décembre 2018)
  10. Payette, Lise, 1931-, Des femmes d'honneur : une vie publique, 1968-1976, Libre Expression, (ISBN 2891117956 et 9782891117951, OCLC 319837074, lire en ligne)
  11. « Vingt ans déjà! La réforme de l'assurance automobile », sur Barreau du Québec, (consulté le 22 janvier 2013)
  12. « Tout le monde en parlait », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 22 janvier 2013)
  13. Stéphanie Godin, « Les Yvettes comme l’expression d’un féminisme fédéraliste au Québec », Mens : revue d'histoire intellectuelle de l’Amérique française, vol. 5, no 1,‎ , p. 73–117 (ISSN 1927-9299 et 1492-8647, DOI https://doi.org/10.7202/1024389ar, lire en ligne)
  14. « Les Yvettes comme l'expression d'un féminisme fédéraliste au Québec », mens 5,‎ (DOI 10.7202/1024389ar)
  15. http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/12/17/documentaire-lise-payette-tele-quebec_n_4459015.html
  16. « L'UQAM décerne cinq doctorats honoris causa dans le cadre des cérémonies de collations des grades », sur UQAM, (consulté le 19 novembre 2010)

Annexes

Documentaire

  • 2.1 Documentaire audio-visuel : Lise Payette : Un peu plus haut, un peu plus loin ou Le parcours d'une Combattante de Jean-Claude Lord diffusé à Télé-Québec le 12 janvier 2014

Archives

Le fonds d'archives de Lise Payette est conservé au centre d'archives de Montréal des Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1].

  1. Fonds Lise Payette (P693) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Liens externes

  • Notices d'autorité :
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    • Bibliothèque nationale de France (données)
    • Bibliothèque du Congrès
    • Bibliothèque royale des Pays-Bas
    • WorldCat
  • Lise Payette — site de l'Assemblée nationale du Québec
  • Notice de l'Université de Sherbrooke
  • Notice de L'Île
  • Notice de Radio-Canada
  • Dossier sur l'affaire des Yvettes