Ligue communiste révolutionnaire

Ligue communiste révolutionnaire
Image illustrative de l'article Ligue communiste révolutionnaire
Logotype officiel.
Présentation
Porte-paroles Olivier Besancenot
Alain Krivine
Roseline Vachetta
Fondation 1930 (LCF)
1944 (PCI)
1969 (LC)
1974 (LCR)
Disparition
(dissoute dans le NPA)
Siège 2 rue Richard-Lenoir
93100 Montreuil
France
Positionnement Extrême gauche
Idéologie Trotskisme
Affiliation européenne Gauche anticapitaliste européenne
Affiliation internationale IVe Internationale (secrétariat unifié)
Couleurs Rouge
Site web lcr-rouge.org

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) est un parti politique français d'extrême gauche, section française de la IVe Internationale - Secrétariat unifié. Elle a d'abord été connue sous le nom de Ligue communiste de 1969 à 1973, puis de Front communiste révolutionnaire en 1973, avant de devenir la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en 1974. Le parti disparait en 2009, année où il se dissout dans le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).

Activités

La LCR participe à toutes les élections depuis 1997[réf. nécessaire] et s'investit dans le mouvement social ; ses membres militent activement dans les organisations syndicales (en particulier les syndicats CGT, FSU et SUD), dans diverses associations du mouvement ouvrier, dans le mouvement altermondialiste et sont actifs dans maintes autres activités considérées comme liées à la lutte des classes (mouvement des sans-papiers, grèves, comités Palestine, mouvement féministe, luttes LGBT).

Histoire

Origines de la LCR

Jusqu'en mai 1968 : le PCI et la JCR

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) est issue du mouvement communiste trotskiste, anti-stalinien. Elle a succédé en 1974 à la Ligue communiste qui a rassemblé en 1969 des militants de deux entités déjà existantes : le Parti communiste internationaliste (PCI), créé en 1944, dirigé par Pierre Frank, et la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), également "frankiste", créée en 1966 à partir d'une scission, en 1965, de l'Union des étudiants communistes (UEC), à la suite du ralliement au PCI d'un certain nombre de ses militants de l'« opposition de gauche », en particulier Alain Krivine, Henri Weber, Charles Michaloux, Janette Habel. Elle est rattachée à la famille "frankiste" du trotskisme français, opposée à ce titre au lambertisme et au pablisme, tour à tour exclus de la IVe Internationale, et à Lutte ouvrière (LO), qui s'était constituée, après la Seconde Guerre mondiale, en marge de la IVe Internationale.

Section française de la IVe Internationale, le Parti communiste internationaliste (PCI) s'était distingué par son soutien aux luttes de libération nationale en Indochine et en Algérie (soutien au Front de libération nationale organisé par Michel Pablo) ainsi que par son soutien critique à Tito lors de la rupture de la Yougoslavie avec l'URSS[1].

La Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), créée à l'instigation de Pierre Frank par Alain Krivine, Charles Michaloux, Daniel Bensaïd et Henri Weber, était une organisation de jeunesse trotskiste, qui agissait dans les "trois secteurs de la révolution mondiale" : révolutions anti-coloniale au Viêt Nam et en Amérique latine, mouvements étudiants et luttes ouvrières en Europe, luttes antibureaucratiques à l’Est (Tchécoslovaquie)[2].

La JCR a abordé Mai 68 dopée par ses activités dans la lutte contre la guerre du Viêt Nam, - ayant fondé le Comité Vietnam National (auquel les maoïstes de l'UJC(ml) opposent les Comités Viêtnam de base) - et son soutien aux mouvements anti-coloniaux[2].

L'activité de la JCR et celle du PCI pendant mai 68 est arrêtée par le leur dissolution par décret gouvernemental, le , dont sont également victimes d'autres organisations d'extrême gauche. C'est cette dissolution qui donnera indirectement naissance à la Ligue communiste en 1969.

1968-1973 : la ligne guévariste de la Quatrième Internationale

Livre de la ligue communiste, paru en 1972 aux éditions François Maspero / poche rouge.
Article détaillé : Ligue communiste (1969).

Mai 1968 a modifié les données de l'ensemble de l'échiquier politique. Charles de Gaulle se retire après le référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation et la gauche définit une nouvelle politique : pendant les évènements elle est disloquée (Parti socialiste) ou débordée (Parti communiste français). Elle se reconstruit. Au congrès d'Épinay en 1971, François Mitterrand s'allie au CERES de Jean-Pierre Chevènement pour proposer ce qu'ils appellent un « Front de classe » à savoir une alliance entre le Parti communiste français, le Parti socialiste et le Mouvement des radicaux de gauche à travers un Programme commun qui inclus la rupture avec le capitalisme, les nationalisations de certains secteurs industriels et le droit de veto des comités d'entreprise.

La Ligue communiste considère que ce programme est « vidé de sa substance », le jugeant comme un programme radical, anticapitaliste mais pas sur la question centrale : l'État. Elle considère également qu'il s'agit d'un programme de « collaboration de classe ». Elle soutient cependant l'initiative sans soutenir le programme, dans le cadre d'une stratégie dite « unité, action, débordement ».

Une minorité se constitue progressivement autour de Gérard Filoche alias Matti et Daniel Gluckstein alias Michael puis de Dominique Losay alias Letourneau, pour aller vers un « Front unique ouvrier ».

À l'élection présidentielle de 1969, la Ligue communiste décide de présenter Alain Krivine, qui, après avoir été libéré de prison après l'été 1969 est en train de terminer son service militaire[3]. Soutenu par certains mouvements d'extrême gauche dont Lutte ouvrière et les maoïstes de Vive le communisme, il obtient près de 240 000 voix (1,06 %), Jacques Duclos (PCF) étant à plus de 21 % et Pompidou élu président de la République.

Après sa fondation par fusion des militants du Parti communiste internationaliste et de ceux de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) (toutes deux organisations dissoutes) en , la Ligue communiste, devient la section française de la IVe Internationale.

Le groupe « spontanéiste et mouvementiste » d'André Glucksmann et Guy Hocquenghem, qui soutient la constitution d'un « front révolutionnaire large » et s'oppose à l'adhésion à la IVe Internationale quitte la Ligue[4].

Deux ans plus tard (1971), c'est le groupe Révolution ! (Isaac Johsua, Henri Maler et Christian Picquet) qui fait scission[4].

Considérant que Mai 1968 avait été une « répétition générale »[5] par analogie avec la révolution russe (1905/1917), la Ligue communiste cherche à intervenir sur tous les fronts de la lutte et à multiplier les secteurs d'intervention (« dialectique des secteurs d'intervention ») pour que s'en dégage le parti d'avant-garde qui mènera la révolution. Daniel Bensaïd soutient alors la « violence révolutionnaire » et critique l'« électoralisme stalinien »[4], tandis que Gérard Filoche préconise le « travail syndical » et l'entrisme dans les partis ouvriers[4]. Janette Habel et Pierre Rousset proposent quant à eux une position intermédiaire, entre activisme de rue et action syndicale et politique[4]. La Ligue communiste signe par ailleurs un protocole d'union avec Lutte ouvrière en 1970, mais le groupe de Hardy annule celui-ci deux ans plus tard[4].

La ligne est finalement arrêtée dans Le Manifeste de la Ligue communiste[4], qui considère que la France est entrée dans la phase de « préparation à un affrontement généralisé pour la conquête du pouvoir »[4], et qu'il faut donc créer une « organisation centralisée de la violence » pour guider le prolétariat[4]. Alors que la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié, au sein duquel siègent Alain Krivine et Pierre Frank, a adopté depuis 1969 une ligne guévariste de soutien aux focos révolutionnaires[6], la Ligue communiste est alors sur une position proche de thèses insurrectionnelles, n'hésitant pas à défendre, malgré quelques tergiversations, la légitimité de la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich de 1972[7], s'opposant sur ce point à la Gauche prolétarienne (maoïste).

La Ligue communiste soutient alors certaines actions de guérillas, notamment celles de l'ERP en Argentine (Jean-Pierre Beauvais et Hubert Krivine alias Sandor se rendent sur place et participent à sa fondation[6]), du FPLP-CG au Proche Orient, de l'ETA en Espagne. Contrairement au groupuscule pabliste de l'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR), qui a officialisé sa rupture avec la IVe Internationale en 1972[4], la Ligue communiste est alors relativement hermétique aux nouveaux mouvements sociaux, bien que Françoise Filoche monte dès le début des années 1970 une tendance révolutionnaire, « les pétroleuses », au sein du Mouvement de libération des femmes (MLF) qui sera très active au sein du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC): elle critique en particulier le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) considérant qu'ils font le jeu de la bourgeoisie[8]. En juin 1972, la LCR publie dans son périodique Rouge : « Nous n'avons aucune hostilité de principe contre la lutte que mènent les homosexuels contre l'ostracisme dont les entoure la société bourgeoisie, nous n'en trouvons que plus lamentables les grotesques exhibitions du FHAR, lors des dernières manifestations [...]. En se comportant comme des "grandes folles", les homosexuels du FHAR révèlent à quel point ils sont victimes de l'oppression sexuelle bourgeoise »[9].

Par ailleurs, après la signature du Programme commun en juin 1972 entre le Parti socialiste (PS), le Mouvement des radicaux de gauche (MRG) et le PCF, la Ligue communiste se divise à nouveau en tendances:

La Ligue communiste joue un rôle central lors des mobilisations du printemps 1973 contre la loi Debré réformant le sursis militaire pour les étudiants[4], mais bien moindre à Lip ou au Larzac[4], ou le PSU est au contraire très actif.

Manifestation du 21 juin 1973 et dissolution de la Ligue communiste

Dans un climat politique tendu, la Ligue communiste juge la situation favorable pour affronter l'extrême droite (et « l'État qui la protège »), ce qui la conduit à attaquer un meeting d'Ordre nouveau à la Mutualité, sur le thème de « l'immigration sauvage », le , attaque au cours de laquelle 76 policiers sont blessés[10] ; plusieurs cafés fréquentés par des immigrés sont attaqués au cocktail molotov, par l'extrême droite, dans la nuit du 23 au 24 juin 1973, à Ivry, Vitry et dans le 15e arrondissement[11]. Organisée par la Commission technique (CT) de la Ligue communiste, dirigée par Michel Recanati et Romain Goupil, et chargée des « opérations spéciales », l'attaque aurait été décidée par Alain Krivine, Daniel Bensaïd et Michel Recanati, sans que Gérard Filoche, qui siégeait pourtant au bureau national, n'en soit informé[12].

Après ces incidents, le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin, décide de procéder à la dissolution de la Ligue communiste et d'Ordre nouveau le , ce qui pousse ses militants à rentrer dans la clandestinité sous le nom de « Front communiste révolutionnaire » (FCR) à partir d'avril 1974[13]. La Ligue communiste se reformera officiellement sous le nom de « Ligue communiste révolutionnaire » en décembre 1974. Alain Krivine, qui était dans le sud lors de la manifestation afin d'éviter de se faire incriminer en vertu de la loi "anti-casseurs" de 1970 est arrêté, après avoir posé devant les photographes en compagnie de François Mitterrand, Edmond Maire, Claude Estier et Charles Hernu[14], tandis que Michel Recanati s'enfuit en Belgique sur ordre de la Ligue communiste[11]. Même Jacques Duclos, secrétaire général du PCF, accepte de se rendre à un meeting de soutien au Palais d'Hiver[14].

De nombreux débats parcourent la Ligue communiste/FCR après cet événement, portant notamment sur la stratégie révolutionnaire, le rôle de la violence ou la notion d'« avant-garde ouvrière large », sévèrement critiquée par Gérard Filoche, Henri Weber et Janette Habel, qui prône un retour à l'usine[15]. Ces débats entraînent un changement de stratégie politique de la Ligue communiste/FCR et la fin de la période dite « gauchiste », d'autant plus qu'en 1974 le droit de tendance est accordé, à la demande de Gérard Filoche, chaque mouvance de la Ligue communiste/FCR ayant alors le droit de se réunir à part[4]. Après le coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili contre Salvador Allende, Alain Krivine avait signé un article critiquant le réformisme et prônant l'armement du prolétariat (¡El pueblo armado jamás será vencido!)[16],[17]. Mais la même année, sous l'influence du Socialist Workers Party américain, la IVe Internationale abandonne la ligne de soutien aux guérillas, constatant leur échec (mis à part en Argentine, qui sort d'une dictature en 1973 avec le retour de Perón, tous les pays du Cône Sud ont basculé sous des régimes dictatoriaux qui s'allient au sein de l'opération Condor)[18]. Par ailleurs, réfléchissant sur la situation française, la Ligue communiste/FCR conclut que le temps de l'horizon insurrectionnel est mythique ; elle se réoriente alors vers le travail dans les usines, opérant un tournant « ouvriériste ». Tout comme pour la Gauche prolétarienne, la Ligue communiste/FCR recule juste avant de basculer dans la lutte armée[19].

1974-1981 : les années Giscard

Progressivement la LCR s'éloigne du gauchisme prôné par les anciens de la JCR Alain Krivine, Henri Weber, Daniel Bensaïd, etc. Pierre Rousset alias Sterne, Gérard de Verbizier la Treille alias Vergeat, Yves Salesse alias Boris, Charles Michaloux alias Garcin, Janette Habel alias Habel, François Sabado et d'autres recentrent la Ligue communiste vers des positions plus centrées sur le mouvement social (gauche de la CFDT notamment) qui laissent envisager à certains un éventuel rapprochement avec l'OCI lambertiste (voir par exemple les écrits d'Edwy Plenel, alias Krasny). Les anciens dirigeants de la JCR (Alain Krivine, Henri Weber, Daniel Bensaïd) sont progressivement affaiblis[Quand ?] depuis qu'un groupe du PSU, mené par Jacques Kergoat et Jean-Marie Vincent (auteur de La théorie critique et l'école de Francfort, 1976) a rejoint la Ligue communiste en 1972.

Lors de la campagne électorale de 1974, Alain Krivine se dit prêt à soutenir la candidature, dès le premier tour, du syndicaliste Charles Piaget[20], militant de la CFDT célèbre pour son activité à Lip, qui est membre du PSU et poussé par une partie des militants autogestionnaires du PSU. Mais le , un mois avant le premier tour, Michel Rocard convainc le PSU de soutenir Mitterrand. Alain Krivine se présente donc pour le « Front communiste révolutionnaire», obtenant 0,36 % des suffrages, trois fois moins qu'en 1969 et six fois moins qu'Arlette Laguiller (LO). Les années Giscard commencent.

Diverses tendances officielles voient le jour en 1974[4]:

L'année suivante, des négociations sont menées avec le Parti socialiste unifié (PSU) afin d'opérer une fusion, les rocardiens ayant quitté ce dernier après les Assises du socialisme[4]. La fusion échoue cependant (en revanche, l'AMR, pabliste, fusionne dans le PSU[4]. La même année 1975, la "tendance bolchevik-léniniste" de la Ligue rejette l'« électoralisme » de l'organisation, ainsi que son analyse de l'URSS, et scissionne pour créer l'Union ouvrière, qui évoluera vers l'ultragauche. D'autres rejoignent au contraire le Parti socialiste (Martine Lignières-Cassou, qui sera élue maire de Pau dans les années 2000, etc.).

Des négociations sont ensuite menées, en 1977, avec l'Organisation communiste libertaire (OCL)[4] en vue d'une fusion[4]: nouvel échec. La Ligue compte alors 3 800 militants[4] (l'OCI lambertiste 8 000), et 10 000 sympathisants dans les Cercles rouges[4]. Afin de concurrencer les maos de Libération, Rouge devient quotidien[4].

De 1975 à 1978, la majorité de la LCR perd tout contrôle sur son secteur étudiant, pourtant formellement dirigé par François Sabado. ( expérience qui se répète en 1996-98...) Fort de son poids dans le mouvement étudiant de 1976, Dominique Losay alias Letourneau prend le contrôle du secteur étudiant et commence à imposer un tournant vers le syndicalisme. Lui et François Cortes alias Ulysse, ont avec eux la majorité absolue des étudiants de la Ligue. Derrière, avec Gilles Casanova alias Swanee, Robi Morder et Didier Leschi, une minorité plus polarisée sur les mouvements sociétaux échappe aussi au contrôle de la direction, rejoignant en 1977 les Comités communistes pour l'autogestion (CCA) où sont présents des pablistes[21]. Dominique Losay alias Letourneau ainsi que Gluckstein mettent Gérard Filoche en minorité et prennent la tête de la T1 qu'ils font fusionner avec la T4 de Christian Leucate alias Némo et François Cortes alias Ulysse, prônant l'union PS-PC et l'alliance avec les lambertistes[4]. La T2 de Alain Krivine s'oriente aussi vers l'idée du front unique PS-PC[4].

De 1977 à 1981, la LCR dénonce la « politique de division » du PCF qui voit l'union se faire à son détriment. La LCR défend le maintien de « l'unité des organisations ouvrières ». Aux législatives de mars 1978, la LCR constitue des listes communes avec les CCA et l'OCT, intitulées « Pour le Socialisme, le Pouvoir aux travailleurs »[22].

Celles-ci sont cependant un échec, et peu après, Rouge est confronté à d'importantes difficultés financières: 110 journalistes doivent être licenciés, Gérard Filoche étant chargé du plan social[4]. Alors que Lambert propose à la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié d'organiser des négociations en vue de l'union des trotskistes, Alain Krivine, réticent mais contesté en interne, accepte, en tentant de convaincre LO de s'y associer afin de ne pas se retrouver seul face à Pierre Lambert[23]. LO est réticent. la LCR l'y pousse en acceptant l'union lors des élections européennes de juin 1979[23]. La liste commune ne fait que 3,08 % (aucun élu)[23].

En novembre 1979, la direction de la LCR est mise en minorité concernant sa volonté d'appuyer l'intervention soviétique en Afghanistan (Jean-Marie Vincent, qui devient philosophe à Nanterre, fait partie de ceux qui s'y opposent). Dans le même temps, exclusion de la "tendance léniniste-trotskyste" (TLT), produit du regroupement de partisans français du Socialist Workers Party américain (SWP) (Dominique Losay alias Letourneau, et Daniel Gluckstein alias Seldjouk), de pro-lambertistes (Christian Leucate alias Némo, François Cortes alias Ulysse) ainsi que de la "tendance bolchévique", pro-Nahuel Moreno (PST Argentin) lors du congrès de L'Haÿ-les-Roses. Dans son intervention de réponse à Daniel Bensaïd porte-parole de la majorité, Dominique Losay alias Letourneau, au nom de la TLT, appelle au regroupement avec l'OCI dans le cadre d'une « conférence mondiale ouverte ».

Les dissidents exclus en novembre 1979 au congrès de L'Haÿ-les-Roses, qui représentent 20 % de l'organisation[4] fondent la Ligue communiste internationaliste (LCI), qui refuse notamment l'appui au Front sandiniste de libération nationale en raison de la présence d'éléments « bourgeois ». La LCI fusionne en octobre 1980 avec l'Organisation communiste internationaliste (OCI) « lambertiste ». Dominique Losay alias Letourneau et Christian Leucate alias Némo ne font qu'un très bref passage à l'OCI alors que Daniel Gluckstein en devient le principal dirigeant. L'OCI profite de ce coup pour marginaliser Julien Dray et Sylvia Zappi (LCR, 15 % des voix) lors du Congrès UNEF-ID de Nanterre de 1980 : les lambertistes mettent la main sur le syndicat étudiant, alors que la LCR avait réussi à être présente, les années précédentes, aussi bien au sein de l'UNEF-US que du Mouvement d'action syndicale, contrôlé par la LCR depuis 1977.

Le départ de Daniel Gluckstein permet à Alain Krivine et Daniel Bensaïd de reprendre la majorité, n'ayant plus besoin d'une alliance avec Gérard Filoche[4]. L'Union de la gauche est dénoncée et la LCR appuie le « virage à gauche » de Georges Marchais et soutient la guerre en Afghanistan[4]. C'est lors du même congrès que deux des courants de l'O.C.T (organisation résultant de la fusion entre Révolution ! et la GOP), entrent dans la LCR suite à un processus de fusion qui dure depuis une année. Pour certains des dirigeants de ces deux courants comme Isaac Johsua ou Christian Picquet, il s'agit d'un retour après la scission de 1971, mais d'autres comme son frère Samuel Johsua ou Hélène Adam (Maroussia) n'ont jamais appartenu à la LCR [4]. Alors que Gérard Filoche est à 20 % et que la T3 de Michel Lequenne, Jean-René Chauvin, Samuel Johsua est à 27 %, Alain Krivine obtient alors 40 % des votes des militants[4]: la LCR s'engage dans l'ouvriérisme, les militants devant aller s'établir à l'usine (« ligne de prolétarisation industrielle »)[4].

En 1977, la LCR créé une commission nationale sur l'homosexualité (CNH). La question des mœurs demeure cependant rigide : en 1979, trois membre de la commission quittent le parti , critiquant sa négligence sur l'homosexualité. Ils écrivent dans Rouge, notant qu'aucun texte concernant l'homosexualité n'ait été porté lors du IIIe congrès : « Ce n'est pas là un problème conjoncturel, lié au conditions du congrès. Jamais le mouvement ouvrier, à l'exception de la social-démocratie de Karl Liebknecht, n'a accepté de lutter aux côtés des homosexuels. Au sein même du mouvement trotskiste, notre situation n'est pas nouvelle ». En 2011, dans le magazine Manière de voir, Benoît Bréville note que cela se lit dans un contexte où « l'intégration politique des militants homosexuels se heurte aux traditions de l'extrême gauche, qui valorise une identité ouvrière à la fois masculine, productiviste et hétérosexuelle »[9].

1981-1988

Forte de 3 800 militants vers 1977, la LCR ne compte plus en 1981 que 570 militants (457 titulaires et 113 stagiaires) selon Jean-René Chauvin ; (cependant ce chiffre n'est pas celui avancé par Pierre Turquin dans son ouvrage Les révolutionnaires dans la France Social-Démocrate 1981 1995 Éditions l'Harmattan*), alors au bureau politique[4], soit à peu près autant qu'en 1966[4]. Affaiblie, elle n'obtient pas le nombre de 500 signatures d'élus pour pouvoir présenter un candidat à l'élection présidentielle de mai 1981. Elle appelle à voter pour Arlette Laguiller (LO) ou Georges Marchais (PCF) au premier tour et pour François Mitterrand au second, tandis que l'OCI appelle à voter Mitterrand dès le premier tour.

  • chiffres 1980 des principales organisations « trotskystes » (Pierre Turquin ouvrage cité, voir ci-dessus page 47 ) :
  • LO : 650
  • LCR : 1 800
  • LCI : 430
  • OCI : 4 500
  • LTF : 150
  • LOR : 80

En décembre 1981, plusieurs personnalités s'en vont, dont :

La LCR considère que la victoire de François Mitterrand en 1981 est un effet différé de Mai 1968. Elle compare cette élection à celle du Front populaire de 1936 et considère que la dynamique de l'élection doit déboucher sur un nouveau « juin 1936 » (grève générale). Cette analyse de la situation l'amène à une stratégie politique qu'elle nomme « tournant ouvrier »[24]. En effet, prévoyant la possibilité de la grève générale, elle veut être « là où ça se passe », c'est-à-dire dans les usines. La LCR veut « changer sa composition sociale par effet mécanique d'implantation ».

400 militants sont impliqués dans ce « Tournant ouvrier ». Mais, selon le bilan fait plus tard par la LCR, « le tournant ouvrier fut une mauvaise réponse à un vrai problème : sa faiblesse d'implantation dans les concentrations ouvrières, mais une mauvaise réponse car on ne peut se fabriquer une implantation ouvrière en transformant intellectuels, étudiants et employés en ouvriers »[réf. souhaitée]. Les maoïstes expérimentent cette politique dès les années 1960-1970 et font les mêmes constats. Plus tard, à la suite de la grève de 1995, un groupe d'étudiants appartenant à la Tendance minoritaire « R! » décide à nouveau d'abandonner ses études pour se consacrer au militantisme ouvrier, dont Olivier Besancenot.

En 1983, la situation politique change brusquement avec la « tournant de la rigueur » du gouvernement Fabius pour maintenir la France dans le système monétaire européen : suppression de l’indexation des salaires, report des 35 heures, blocage des salaires des fonctionnaires. La LCR juge que le gouvernement adhère aux thèses capitalistes et considère que cela accélère le « déclin du PCF » et la transformation « social-libérale » du Parti socialiste.

Puis vient la défaite électorale de la gauche en 1986, et l'arrivée de Jacques Chirac comme premier ministre. La LCR amorce alors un déclin, ayant surestimé les possibilités révolutionnaires de 1981. De plus, le virage brusque de la politique de François Mitterrand ne leur profite pas. Au contraire, tous les mouvements d'extrême gauche décroissent durant cette période (beaucoup d'électeurs se tournant vers le Front national). La LCR perd beaucoup de militants et donc de visibilité. Elle s'est cependant investie dans des conflits sociaux de l'époque, notamment dans les mouvements des ouvriers de l'automobile (Peugeot, Talbot) ou de la sidérurgie. Elle s'implique aussi dans la création et le développement de SOS Racisme[réf. nécessaire], dans les mouvements de grèves étudiantes de 1986 contre la loi Devaquet ou le mouvement de grève à la SNCF la même année. Selon Christophe Nick, elle n'a au contraire aucune « prise ni le plus petit début d'influence » sur SOS Racisme et les grèves étudiantes de 1986[25], qui ont comme porte-parole David Assouline, alors militant à la Ligue ouvrière révolutionnaire (LOR), suggéré par Cambadélis dirigeant de l'UNEF-ID et passé au PS. Au niveau international, elle soutient le Front sandiniste de libération nationale au Nicaragua et le Front de libération nationale kanak et socialiste en Nouvelle-Calédonie.

La LCR commence à se remettre en cause à partir de 1984, élaborant un aggiornamento à l'initiative de Christian Picquet[25]. Elle se rapproche alors du Parti pour une alternative communiste (PAC "est le nouveau nom donné en 1985 au Parti Communiste Marxiste-Léniniste (PCML) afin d'officialiser sa rupture avec le maoïsme"), de la Fédération pour une gauche alternative (FGA) - , où s'activent des pablistes - et du PSU[25].

En 1988, pour l'élection présidentielle, la LCR décide de soutenir et de s'investir dans la campagne de Pierre Juquin, candidat dissident du Parti communiste. Sa candidature suscite le soutien du Parti socialiste unifié, de la LCR et de groupes pablistes (Maurice Najman et Gilbert Marquis jouent un rôle important dans la campagne). Jean-Paul Deléage (LCR) devient directeur de campagne de Pierre Juquin, assisté de Christophe Aguiton[25]. Des comités de soutien se mettent en place dans toute la France, mélangeant des militants communistes, des militants du PSU, de la LCR. Le résultat est décevant : Pierre Juquin n'obtient que 2,08 % des voix, tandis que Les Verts recueillent 3,8 %, Lutte ouvrière 1,9 % et le Parti des travailleurs 0,4 %.

La même année, après la grève des infirmières, dans laquelle Françoise Filoche et Pascal Dias se sont impliqués, Edmond Maire expulse les trotskistes de la LCR de la CFDT, Pierre Héritier étant exclu de la direction[25]: Christophe Aguiton fonde alors Sud-PTT[25].

Chute du mur de Berlin

En 1989, le mur de Berlin s'effondre, puis en 1991 l'URSS. L'économie de marché s'installe dans tous les pays de l'Est. Cela provoque un profond changement politique à l'échelle internationale. Les partis communistes s'effondrent, les partis socialistes de toute l'Europe abandonnent l'anticapitalisme et acceptent l'économie de marché. Une vague d'optimisme souffle sur les pays occidentaux durant les années 1990 (croissance économique, révolution numérique).

La LCR s'oriente alors vers la création d'un nouveau parti. Elle fait une analyse de la situation : « Nouvelle époque, nouveau programme, nouveau parti ».

  • Nouvelle époque car elle considère que le socialisme a perdu le siècle mais que le capitalisme n'a pas résolu ses problèmes, que ce n'est pas la fin de l'histoire et que la lutte des classes continue, et qu'il y aura donc de nouvelles crises, de nouvelles contradictions affichées par le capitalisme, de nouvelles guerres et donc de nouvelles révolutions.
  • Nouveau programme qui puisse prendre en compte le bilan du stalinisme et de la social-démocratie, pour une nouvelle stratégie de transition du capitalisme vers le socialisme, les effets de la mondialisation, l'aspect central de la démocratie socialiste ainsi qu'une première étape « à gauche du possible ».
  • Tout ceci doit donc entraîner la création d'un nouveau parti, un « parti anticapitaliste large » appelé de ses vœux. Ce projet a pour originalité de s'ouvrir également à ceux qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans le « marxisme révolutionnaire » de la LCR. Il est défini comme étant « stratégiquement non délimité ».

Juin 1994 : scission des militants de Démocratie et Révolution (Gérard Filoche). Démocratie et Révolution rejoint le Parti socialiste (PS) en octobre 1994 et devient sous le nom de Démocratie et Socialisme le mensuel de la Gauche socialiste, courant du PS où se retrouvent notamment les anciens de Questions Socialistes.

Scission de militants du Mouvement d'action syndicale (MAS) qui fondent Questions Socialistes. En mai 1992 Questions Socialistes rejoint le Parti socialiste (PS).

1995-2006

En 1995, la LCR ne présente pas de candidat à l'élection présidentielle, et appelle à voter pour Robert Hue, Arlette Laguiller ou Dominique Voynet.

La LCR se revigore à partir du mouvement de novembre-décembre 1995 contre le plan Juppé. La LCR considère que ce fut la « première révolte anti-libérale ». Par la suite, la LCR s'immerge dans le mouvement altermondialiste, né à la suite des manifestations de Seattle en 1999 ou Gênes en 2001.

En même temps, se met en place la « gauche plurielle » rassemblant le Parti socialiste, le Parti communiste, le PRG, le MRC ou encore les Verts, cette fois-ci sans programme commun. La LCR ne participe pas à cette nouvelle union de la gauche, qui ne s'inscrit pas dans une lutte contre le capitalisme (Clermont-Ferrand est la ville la plus importante qui, après un accord électoral ayant pour clause prérequise l'autonomie des élus trotskistes, eut sur ses listes des militants de la LCR. Ces militants constituaient l'opposition de gauche de la majorité et n'ont pas voté le budget de la municipalité, jugé contraire à leurs idées)[pas clair].

En 1999, lors des élections européennes, la LCR se présente derrière une candidature commune avec Lutte ouvrière. Pour la première fois lors de cette élection, l'extrême-gauche obtient cinq députés dont deux sont de la LCR (Alain Krivine et Roseline Vachetta). Le 20 janvier 2000, les eurodéputés de la LCR s'abstiennent sur une initiative du parlement européen sur la taxe Tobin, ce qui est critiqué par des députés français comme Alain Lipietz{[26]. La LCR confirme cette abstention car il s'agissait d'établir une commission sur la question dirigée par Charles Pasqua.

Manifestation en faveur des services publics à Paris, France, .

Lors de l’élection présidentielle de 2002, après le refus de Lutte Ouvrière de continuer l'aventure des listes communes de 1999, la LCR décide de présenter un candidat LCR pour la première fois depuis 1974 et la candidature d'Alain Krivine. Il s'agit d'Olivier Besancenot un jeune facteur de 27 ans inconnu dans le monde politique qui a été un an assistant parlementaire d'Alain Krivine au Parlement européen (1999-2000) Sa personnalité connaît un réel succès médiatique et il remporte 4,25 % des voix soit plus que le PCF qui obtient 3,37 % des voix. Entre les deux tours, la LCR appelle à « battre Le Pen dans la rue et dans les urnes », ce qui est interprété par presque tout le monde comme un appel à voter Chirac, au contraire de Lutte Ouvrière et du Parti des Travailleurs. À la suite de cette élection, la LCR connaît une inflation du nombre de ses militants (environ 3 000 membres) et de sa popularité.

Pour les élections régionales et européennes de 2003 et 2004, Lutte ouvrière ayant proposé de faire liste commune, la LCR accepte pour créer un pôle « à gauche de la gauche plurielle » mais malgré un résultat supérieur à celui des élections régionales de 1998, elle n'arrive pas à profiter de sa popularité avec l'effet « vote utile » en faveur du PS. En 2005, la LCR s'engage dans la campagne pour le « non » à la Constitution européenne à travers les collectifs unitaires de la Fondation Copernic auxquels participent certains militants du « non » de gauche (PC, PS, Verts, etc.). Grâce à cette campagne, la LCR et son porte parole, Olivier Besancenot connaissent un regain de popularité. Alain Krivine n'a pas souhaité se représenter pour être élu au bureau politique en janvier 2006.

La suite de la campagne pour le Non à la Constitution européenne amène d'importants remous au sein de la LCR. De nombreux débats animent l'organisation quant à l'attitude à adopter à propos du projet de candidatures unitaires de la gauche antilibérale. Lors d'une conférence nationale en juillet 2006 la LCR déclare la candidature d'Olivier Besancenot. Les tendances partisanes du processus unitaire antilibéral maintiennent leur participation aux collectifs antilibéraux. Une minorité de la LCR avec Christian Picquet et Léonce Aguirre cherche à poursuivre l'objectif d'une candidature unitaire antilibérale. La conférence nationale ayant déclaré la possibilité d'un retrait de la candidature d'Olivier Besancenot en cas d'accord avec les autres composantes et les collectifs. La majorité, avec François Sabado, Alain Krivine, Daniel Bensaïd, Ivan Lemaitre, appuie essentiellement la nécessité de refuser tout accord avec le Parti socialiste. Le Parti communiste français ne semble pas répondre aux critères d'indépendance vis-à-vis du Parti socialiste. Toutes les tendances de la LCR estiment indispensable l'affirmation de l'indépendance vis-à-vis du PS. Le désaccord à l'origine de cette forte polémique dans la LCR est de nature stratégique : la minorité pensant qu'il est possible de mener une bataille politique dans les collectifs pour obtenir une amélioration du programme et affirmer l'indépendance face au PS et la majorité pensant qu'il n'est plus possible de gagner des avancées positives dans les collectifs antilibéraux.

2007 : pointe de popularité

Olivier Besancenot en meeting à Toulouse.

Le 22 avril, la LCR, par la candidature d'Olivier Besancenot, recueille 1 498 581 voix, soit 4,08 %, à l'élection présidentielle, ce qui représente une baisse en pourcentage (4,24 % des suffrages en 2002) mais une augmentation numérique de 287 019 voix par rapport à l'élection de 2002. La LCR se hisse alors à la 5e position[27] et devient la deuxième force de gauche après le PS. À la suite du 2e tour qui oppose Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, Olivier Besancenot appelle ses électeurs à manifester le 1er mai pour les « mesures d’urgence sociales » qu'il a défendues durant la campagne, avant d'appeler à « voter contre Nicolas Sarkozy, sans pour autant soutenir Ségolène Royal » dans ce qui lui semble un « référendum anti-Sarkozy »[28].

Au premier tour des élections législatives, la LCR décide de présenter pour la première fois 492 candidats sur tout le territoire français. Avec un total d'un peu moins de 529 000 voix, la LCR progresse de 209 000 suffrages par rapport à 2002 (elle avait alors totalisé 320 000 voix dans 441 circonscriptions)[29].

La LCR échappe donc au recul qui touche l'ensemble des autres composantes de la gauche en dehors du PS. La majorité des militants estiment qu'il s'agit d'une « victoire » qui cautionne la ligne politique de critique ferme de la social-démocratie et du social-libéralisme (PS, PCF, Verts, etc.) ; d'autres, très minoritaires[30], pensent que la présence de la LCR lors de ce cycle électoral a pu participer à l'échec des autres partis de la gauche du « non ».

Vers le Nouveau Parti anticapitaliste

Article détaillé : Nouveau Parti anticapitaliste.

À l'issue des élections de 2007, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) annonce la volonté de créer un nouveau parti anticapitaliste implanté dans la jeunesse, les entreprises, les services publics, les quartiers populaires. Elle propose ainsi à tous les anticapitalistes de se rassembler pour construire les mobilisations qui, pour elle, doivent préparer un changement radical, révolutionnaire, de la société.

Cette voie la conduit à s'auto-dissoudre dans le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) lors de son congrès de dissolution le .

Dans la même période, le chef de file de la tendance minoritaire avec Christian Surmonne et Michelle Ernis, Christian Picquet perd son statut de permanent en , puis décide en de lancer son propre mouvement, Gauche unitaire afin de participer au Front de gauche avec le PCF et le PG pour les élections européennes de 2009.

Résultats électoraux

À l'élection présidentielle de 2002, la LCR était représentée par Olivier Besancenot, le plus jeune candidat à ce poste (4,25 % des voix).

Aux élections régionales de 2004, l'alliance Lutte ouvrière (LO)-LCR a obtenu un score national de 4,97 % alors que les scores additionnés des candidats de Lutte ouvrière et de la LCR à l'élection présidentielle de 2002 approchaient les 10 %.

Elle n'enregistre cependant qu'un léger recul par rapport aux élections européennes, où la candidate de l'alliance, Arlette Laguiller avait totalisé 5,18 % des voix, et améliore même les scores globaux de l'extrême gauche aux élections régionales de 1998.

Élections présidentielles

Année Candidat 1er tour 2d tour
% Rang % Rang
1969 Alain Krivine 1,06 7e
1974 Alain Krivine 0,37 9e
1981 appel à voter Arlette Laguiller (LO) ou Georges Marchais (PCF) au 1er tour
1988 implication dans la campagne de Pierre Juquin (dissident de gauche du PCF)
1995 appel à voter indifféremment pour Dominique Voynet (Les Verts), Robert Hue (PCF) ou Arlette Laguiller (LO)
2002 Olivier Besancenot 4,25 8e
2007 Olivier Besancenot 4,08 5e

Élections européennes

Année  % Sièges Rang Tête de liste Groupe
1979a  3,08
0 / 81
6e Arlette Laguiller -
1984
1989
1994
1999a  5,18
2 / 87
9e Arlette Laguiller GUE/NGL
2004a  2,60
0 / 74
8e - -

a Liste commune avec la LO, qui en 1999 remporte quant à elle, trois sièges.

Idées

La Ligue communiste révolutionnaire lutte pour une démocratie ouvrière, le « pouvoir des travailleurs » sur l'économie. Cette société serait mise en place par la révolution socialiste ainsi que l'abolition du capitalisme. Elle soutient activement et participe à tous les mouvements sociaux et défend au niveau électoral la mise en place d'un « plan d'urgence sociale », qui compte parmi lui des mesures telles que la hausse du SMIC à 1 500 euros net par mois, l'interdiction des licenciements, l'abrogation de tous les contrats dits précaires, l'élection d'une Assemblée constituante pour une nouvelle République. Cette démarche s'inscrit dans l'optique d'un « programme de transition » défendu par Trotski dans son ouvrage du même nom. Elle se bat aussi -entre autres- pour l'écologie, la liberté de circulation, l'internationalisme, féminisme et une démocratie autogestionnaire.

La Ligue communiste révolutionnaire se réclame du « marxisme révolutionnaire » (aussi appelé trotskisme). Elle défend donc l'idée de lutte des classes et analyse la société et ses mouvements en utilisant les outils d'analyses marxistes que sont le matérialisme dialectique et le matérialisme historique.

Vie interne

La LCR est caractérisée par le droit de tendance offrant aux minorités en son sein, en désaccord ou non avec les stratégies de la majorité de l'organisation, d'exprimer leurs idées. Lors d'un congrès, les différents courants de pensée se cristallisent en plateformes (on utilise de façon alternée des lettres et des chiffres pour désigner les plateformes — ainsi les plateformes du congrès de janvier 2008 s'appellent A, B et C, là où lors du congrès précédent elles s'appelaient 1, 2, 3, 4 et 5). Chaque plateforme a le droit à un financement de ses activités de préparation du congrès, à la publication de tribunes dans le journal hebdomadaire etc. La Direction nationale, élue par le congrès, d'une centaine de membres, comprend des représentants de chaque plateforme au prorata des votes lors du congrès.

Entre les congrès également, différents courants ont le droit de produire des publications. Ainsi, par exemple, les courants Avanti, Unir, Démocratie révolutionnaire, Que faire ? (Socialisme par en bas) et Socialisme international, produisent des bulletins électroniques ou des revues.

Autre élément important, la Direction nationale est paritaire — moitié hommes, moitié femmes. L'ordre du jour d'une réunion de la direction nationale peut également comprendre un temps réservé pour des réunions non-mixte, permettant aux membres femmes de discuter des questions concernant l'oppression des femmes et pour s'assurer que ces problématiques sont suffisamment prises en compte par la Direction nationale.

Jeunes

La LCR est dotée d'un mouvement de jeunes : les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR). Ils sont essentiellement présents dans les lycées et les universités, mais aussi dans plusieurs centres de formations d'apprentis (CFA). Ils disposent de plusieurs sections « Jeunes travailleurs ». Les JCR sont autonomes de leur organisation mère, leur permettant entre autres une plus ample liberté d'action et de décisions tout en restant étroitement liées à la LCR. Les JCR éditent un journal mensuel nommé Red. Le débat continue au sein de la LCR sur la meilleure façon de coordonner les deux organisations.

Les JCR ont décidé de participer à la construction du Nouveau Parti Anticapitaliste. Leur approche souligne leur avis qu'il faudrait qu'il s'agisse d'un parti révolutionnaire en plus d'être anticapitaliste (ainsi les affiches « Pour construire un parti anticapitaliste et révolutionnaire. »)

Les JCR viennent de se dissoudre, à l'occasion de leur dernier congrès, et préparent leur entrée dans le NPA d'ici un mois

Il existe aussi des sections jeunes de la LCR. Ce sont des sections à part entière qui ont des activités globalement similaires à celles des JCR. Les sections jeunes sont généralement implantées dans les villes où les JCR n'existent pas, soit par manque d'implantation, soit par volonté des jeunes concernés d'être partie prenante du Parti, posant alors le problème de l'autonomie politique avec les militants « adultes ». La plupart de ces sections jeunes ont été fondées à la suite d'un désaccord avec la ligne politique majoritaire des JCR.

Publications

La LCR éditait un journal hebdomadaire, Rouge, et une revue théorique trimestrielle, Critique communiste.

Rouge a publié son dernier numéro le 12 février 2009, et Critique Communiste a cessé sa parution en février également, fusionnant avec la revue Contretemps. Les deux journaux laissant la place au système de presse du Nouveau Parti Anticapitaliste

Notes et références

  1. Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 221
  2. a et b Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 173
  3. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 68 sq.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag, ah, ai, aj, ak, al, am et an Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 494-498
  5. Daniel Bensaïd et Henri Weber, Mai 1968 : une répétition générale ?, Maspero, 1968.
  6. a et b Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 129
  7. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 121 et 128
  8. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 492, qui cite Rouge no 156, 6 mai 1972
  9. a et b Benoît Bréville, « Homosexuels et subversifs », Manière de voir no 118, août-septembre 2011, pages 14-17.
  10. Nicolas Lebourg, Les violences de l'ultra-gauche et de l'extrême-droite radicale ont un point commun: notre société sans projet, slate.fr, 22 février 2014.
  11. a et b Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 499 sq.
  12. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 109
  13. « Parti communiste internationaliste PCI », sur france-politique.fr (consulté le 5 août 2017).
  14. a et b Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 122 sq.
  15. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 498.
  16. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 540.
  17. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 126
  18. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 131
  19. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 128-132
  20. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération, t. II, 1988, p. 576-577.
  21. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 241
  22. Histoire du pablisme, Institut international d'histoire sociale, 6 p.
  23. a, b et c Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 537
  24. Serge Cosseron, Dictionnaire de l'extrême gauche, p. 189.
  25. a, b, c, d, e et f Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 557 sq.
  26. Sur ce vote au parlement européen, lire les explications de l'Hebdomadaire Lutte Ouvrière et celles parues dans Rouge ainsi que la position de l'eurodéputé Alain Lipietz ainsi que du bureau d'ATTAC, tous deux partisans de cette initiative.
  27. Site officiel du ministère de l'Intérieur de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales
  28. La gauche unie contre Sarkozy - JDD, 23 avril 2007
  29. Les résultats de la LCR : en progrès, doit poursuivre ses efforts… - Europe Solidaire Sans Frontières, 14 juin 2007
  30. La minorité de l'organisation autour de Christian Picquet et de son courant Unir, représentant 13 % de l'organisation début 2008.

Bibliographie

  • Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981). Instrument du Grand Soir ou lieu d'apprentissage ?, éditions Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2005. (ISBN 978-2-7535-0194-2)
  • Raymond Marcellin, L'importune vérité - Dix ans après mai 68, un ministre de l'Intérieur parle, éditions Plon, Paris, 1978 ; voir plus particulièrement le chapitre XIV, « Ne pas se tromper d'époque : les forces révolutionnaires mondiales ».
  • André Fichaut, Sur le pont - Souvenirs d'un ouvrier trotskiste breton, éditions Syllepse, Paris, 2003.
  • Gérard Filoche, 68.98 Histoire sans fin, Flammarion, avril 1998.

Films

  • L'épreuve des urnes, une organisation dans la campagne présidentielle 2007 de Fred Hilgemann (2008)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes