Ligue antisémitique de France

Ligue antisémitique de France
Cadre
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1889
Fondateur Édouard Drumont, Marquis de Morès
Identité
Édouard Drumont, fondateur et président

La Ligue antisémitique de France d'abord connue sous le nom de Ligue nationale antisémitique de France (dite aussi Ligue antisémite française) était une ligue antisémite et antimaçonnique française fondée et présidée par le journaliste Édouard Drumont en 1889. Le Marquis de Morès fut également l'un des fondateurs.

Elle eut pour délégué général Jacques de Biez. Jules Guérin en fut l'un des membres les plus actifs. Son siège était situé à Paris, rue Lepic.

Historique

La fondation de la Ligue antisémitique succède au succès de La France juive de Drumont, elle est également issue de la crise boulangiste. Les principaux organes qui soutiendront les activités de la ligue sont : La Libre Parole (Édouard Drumont), L'Antijuif (Jules Guérin), La Cocarde (Maurice Barrès), L'Intransigeant (Henri Rochefort) et le journal catholique La Croix.

Parallèlement à son activité de propagande, la ligue organise des manifestations antisémites, elle distribue des tracts, pose des affiches en période électorale et provoque quelques émeutes. Elle fut très impliquée dans la campagne boulangiste, la dénonciation du scandale de Panama, le combat antidreyfusard et la lutte contre la franc-maçonnerie dont elle a dénoncé les implications et les complots supposés dans la politique de la Troisième République. Daniel Kimon en fut exclu à la suite d'un différend avec Guérin.

Malgré son nationalisme, la ligue se considère comme rattachée à une « Alliance anti-israélite universelle » qui aurait été fondée lors d'un congrès à Bucarest entre août et septembre 1886[1]. Il s'agit d'une réplique à l'Alliance israélite universelle (AIU), dont elle détourne le symbole.

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Le symbole de l'Alliance anti-israélite universelle (à gauche), détournant celui de l'Alliance israélite universelle (à droite).

L'affiliation à cette organisation internationale est affichée sur les publications de la ligue de Drumont au moins jusqu'en 1890.

Avant même la création de celle-ci, les membres parisiens de l'Alliance anti-israélite universelle avaient mené une campagne antisémite contre le conseiller municipal Narcisse Leven, cofondateur de l'AIU, à l'occasion des élections municipales de 1887[2].

En 1899, après une brouille entre Édouard Drumont et Jules Guérin, la Ligue antisémitique devient — sous l'initiative de ce dernier — le Grand Occident de France (toujours antisémite, mais plus explicitement antimaçonnique puisque ce nouveau nom est choisi en réaction contre le Grand Orient de France). Elle est alors liée essentiellement à L'Antijuif, le journal de Guérin.

La ligue disparaît progressivement à la suite de l'épisode du Fort Chabrol et de l'arrestation de Guérin.

En 1903, Drumont fonde la Fédération nationale antijuive, une association qui reprend l'objet et les statuts de la ligue de 1889.

Bibliographie

  • « La Ligue antisémitique. Audience du 25 avril 1899 », dans Gaston Lèbre (dir.), Revue des grands procès contemporains. Tome XVIII. - Année 1900, Paris, Chevalier-Marescq, 1900, p. 478-486, disponible sur Gallica. – Procès.

Articles connexes

Notes et références

  1. Ligue nationale anti-sémitique de France, Statuts, Paris, 1889, p. 4.
  2. La Lanterne, 19 mai 1887, p. 2.