Les Gracques (politique)

Les Gracques (politique)

Les Gracques est « un groupe de réflexion et de pression » qui souhaite une rénovation de la gauche française autour de valeurs sociales-libérales.

Historique

Pendant la campagne présidentielle française de 2007, un groupe informel d'anciens hauts fonctionnaires socialistes signent sous le pseudonyme Gracques[1] un appel à une alliance PS-UDF. L'usage de ce pseudonyme souligne leur souhait de réforme.

À la suite de la défaite des socialistes à l'élection présidentielle française de 2007, ce groupe a formalisé son existence en tant que groupe de réflexion et de pression afin de participer à la rénovation de la gauche française. Ceci s'est traduit par la création d'une association loi de 1901 et la publication d'un manifeste[2]. Il est dès lors possible d'adhérer à l'association.

L'alliance entre François Bayrou et Emmanuel Macron à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017 est perçue comme un aboutissement de la démarche des Gracques[3].

Origine du nom

Tibérius Sempronius Gracchus et son frère Caius Sempronius Gracchus surnommés les Gracques sont deux hommes d'État romains. Issus de la nobilitas plébéienne, ils sont renommés pour leur tentative infructueuse de réformer le système social romain.

Sous le pseudonyme « Les Gracques », Marie-Noëlle Lienemann, Alain Richard et Jean-Pierre Worms avaient publié en 1983 un livre programmatique Pour réussir à gauche (éditions Syros), à l’époque considéré comme manifeste « néo-rocardien ».

Valeurs et prises de position

L'option politique défendue par les Gracques provient largement d'un constat (réel ou supposé) d'inadéquation entre le projet d'État-providence d'inspiration keynésienne défendu traditionnellement par le parti socialiste et la société actuelle marquée par la mondialisation et la construction européenne.

Le projet des Gracques est donc une tentative de synthèse entre les valeurs d'équité et de défense des plus pauvres de la gauche, et une acceptation assumée de l'économie de marché, de l'ouverture économique. On peut rapprocher ce projet de la troisième voie britannique.

Les Gracques se définissent dans leur manifeste comme : démocrates, libéraux, intégrateurs (par opposition au communautarisme), travaillistes, favorables à la régulation étatique, favorables à la redistribution des richesses, progressistes, défenseurs de l'éducation, favorables au droit à la sûreté, écologistes, pro-européens, internationalistes, moraux, réalistes, favorables à une transformation de la société.

En décembre 2012, ils publient dans le journal Le Point une analyse des premiers mois de la présidence de François Hollande. Ils notent une gravité et une urgence de la situation économique à laquelle ils trouvent différentes causes : « parce que le pays pâtit toujours du laxisme passé : celui des déficits permanents, de l’excessive fiscalité des entreprises – réduisant leurs marges, donc leur capacité à investir – et du surendettement ». Ils condamnent une « inertie des administrations (qui) a conduit à la paralysie » et recommandent une « réforme du secteur public » « plus nécessaire que jamais »[4].

Membres supposés

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Parmi la vingtaine de membres, on trouve, d'après la presse : Jean-Pierre Jouyet[5] jusqu'à la date de son entrée au gouvernement de François Fillon en 2007[6], Denis Olivennes[7], Matthieu Pigasse[8], Bernard Spitz présenté comme un des responsables[9], François Villeroy de Galhau[réf. nécessaire].

Ils se sont depuis progressivement élargis à des chefs d'entreprise, universitaires, chercheurs, artistes et représentants du secteur associatif[réf. nécessaire]. On compte ainsi Mathilde Lemoine[10], économiste et directrice des études économiques et de la stratégie marchés d’HSBC France, et ancienne conseillère aux cabinets de François Loos, Thierry Breton, et Dominique de Villepin[11].

Université d'été

Les Gracques ont organisé leur première université d'été à Paris le 26 août 2007 avec de nombreux intervenants prestigieux comme Michel Rocard, Anthony Giddens, Walter Veltroni, Peter Mandelson et François Chérèque. Ils souhaitent engager le travail de rénovation de la gauche française en mobilisant la société civile et en utilisant leur site internet. En octobre 2007, le Parti socialiste prend une certaine distance vis-à-vis des Gracques en proclamant: « Les Gracques ne représentent rien. »[5].

Le 21 novembre 2015, l'université des Gracques prévue à Sciences Po est déplacée au CESE du fait des attentats de Paris survenus une semaine plus tôt. La conclusion de l'université est faite par Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, futur président de la République. L'ancien président du conseil italien Enrico Letta prend également part aux échanges de la journée, aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, du fondateur du Club XXIe Siècle Hakim El Karoui, de l'ancienne ministre des Affaires étrangères espagnole Ana Palacio ou encore de la secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats Sharan Burrow.

Voir aussi

Liens externes

  • Site officiel du groupe des Gracques


Références

  1. Le Point, 22 mars 2007
  2. Manifeste pour une gauche moderne
  3. Zineb Dryef, « L’alliance Bayrou-Macron : la revanche des Gracques », sur lemonde.fr, (consulté le 3 mars 2017).
  4. Le redressement, c'est maintenant, lesgracques.fr, décembre 2012
  5. a et b Les socialistes minimisent l'initiative des Gracques, Le Figaro.fr, 14 octobre 2007
  6. "Entretien de M. Jean-Pierre Jouyet avec Paris Match", sur le site de l'ambassade de France au Royaume-Uni.
  7. « Denis Olivennes » , Franceculture.fr , 21 mai 2007
  8. Grégoire Biseau, « Argent double », Libération,‎ (lire en ligne).
  9. Les "Gracques" veulent remettre la gauche sur le chemin des idées, Le Monde.fr, 26 août 2007
  10. Fondation pour l'innovation politique, « Mathilde Lemoine (Les Gracques) – 1er Forum des Think Tanks », (consulté le 9 novembre 2011)
  11. Conseil d'analyse économique, « Fiche Lemoine », (consulté le 9 novembre 2011)