Leopoldo Marechal

Leopoldo Marechal
Description de l'image LeopoldoMarechal.jpg.
Naissance
Buenos Aires, Drapeau de l'Argentine Argentine
Décès (à 70 ans)
Buenos Aires, Drapeau de l'Argentine Argentine
Nationalité Drapeau de l'Argentine Argentine
Activité principale
poète, romancier, dramaturge
Auteur
Langue d’écriture espagnol
Mouvement Martinfierristes

Œuvres principales

  • Adan Buenosayres (1948)

Leopoldo Marechal (Buenos Aires, Buenos Aires, ) est un écrivain argentin, à la fois poète, romancier, dramaturge, essayiste. Son roman Adan Buenosayres est considéré comme un sommet de la littérature argentine.

Biographie

Né à Buenos Aires dans le quartier populaire d'Almagro, élevé ensuite dans le quartier de Villa Crespo qu'il utilisera tout au long de son œuvre future, il passe les étés de son enfance à Maipu, dans la pampa argentine, où les enfants de la région lui donne le surnom de Buenosaires[1].

Sa jeunesse de poète au sein des revues d'avant-garde, aux côtés de Jorge Luis Borges, Oliverio Girondo et Roberto Arlt, a continué d'influencer ses œuvres suivantes, préoccupées par le décryptage mystique du monde moderne. Son théâtre, à travers mythes ou tableaux de mœurs, ses romans, fresques baroques, sa poésie, se caractérisent par une expérimentation formelle et une recherche à travers le "comique angélique" du monde des symboles éternels de l'Absolu.

C'est au cours des années 20 qu'il publie, tout en collaborant à la revue Martin Fierro, son recueil Jours comme des flèches (Dias como flechas), caractéristique de l'avant-garde, où les images baroques et inattendues, l'irrégularité du vers, reflètent toute l'activité révolutionnaire de l'époque[1]. Puis Odes pour l'Homme et la Femme, recueil qui présente un nouvel équilibre entre classicisme et modernité.

Jeune poète primé, reconnu internationalement, invité en Europe, il est ensuite marqué littérairement par le scandale déclenché par son roman démesuré, épique et comique: Adan Buenosayres, en 1948. Cette épopée en prose, retraçant trois journées d'un jeune poète de Buenos Aires avant sa mort décrit également la jeunesse artiste de l'Argentine des années 20, visite toutes les couches sociales de la ville, des salons bourgeois aux rues populaires, et suit un groupe d'amis (où l'on peut reconnaître Borges, Scalabrini Ortiz, le peintre Xul Solar) dans des aventures satiriques au bordel, ivres et érudits aux champs, dans une veillée funèbre, etc. Reprenant comme Joyce la trame symbolique de l'Odyssée d'Homère, cette aventure est complétée d'une visite à la cité de Cacodelphie, enfers imaginés par le personnage de Schultze, ami du héros, qui reprend étape par étape les situations et les personnages du roman, mais transposés.

Marginalisé longtemps au sein du milieu littéraire argentin à cause de ses engagements (proche du régime de Péron, et plus tard saluant dans la révolution cubaine les valeurs originelles défendues par le Christ), il ne retrouve l'aura de sa jeunesse qu'à la publication de ses œuvres longuement mûries, et grâce à l'admiration d'auteurs comme Julio Cortázar.

En 1965, il publie un second roman: Le banquet de Severo Arcangelo. De nouveau, c'est un récit riche, foisonnant, se tenant sur un plan réaliste et métaphysique. Véritable initiation spirituelle, le lecteur découvre comment, alors qu'il allait tenter de se suicider, Lisandro Farias a été détourné de son geste irréparable pour servir à la préparation d'un étrange banquet. Tout dans ces préparatifs est mystérieux, depuis l'identité des invités jusqu'au lieu du festin, et à ces énigmes s'ajoute une galerie de personnages extraordinaires, ridicules ou terrifiants. Cette fois, c'est le succès. Le livre est réimprimé, commenté, salué, et Marechal jouit tardivement d'une reconnaissance et d'un intérêt pour ses publications passées. De jeunes écrivains lui rendent visite comme à un maître, des entretiens sur son art et ses conceptions paraissent en librairie.

Son dernier roman, très attendu, Mégaphon, ou la guerre, est en cours d'impression lorsqu'il s'éteint, en 1970. Le héros du livre, un autre habitant de Villa Crespo comme tous les principaux protagonistes de ses romans, ancien arbitre du Club de boxe, tente de sortir une femme, Lucia Febrero, d'un bordel au bord du Tigre. Il doit lutter contre le ténébreux propriétaire de l'établissement. Mais comme dans chaque roman de Marechal, la lutte est surtout intérieure, et toute action terrestre n'est que le signe d'un combat plus élévé, spirituel et métaphysique.

Œuvres

Roman

  • Adan Buenosayres,1948.
  • Le banquet de Severo Arcangelo, 1965.
  • Mégaphon, ou la guerre, 1970.

Théâtre

  • Antigona Velez, créé en 1951. Il s'agit d'une réécriture du mythe d'Antigone transposée dans la pampa argentine, sur fond de guerres indiennes.
  • Les trois visages de Vénus, créé en 1952. Une comédie sur les ambitions de contrôle des hommes sur les femmes.
  • La bataille de José Luna, 1967.
  • Don Juan, publication posthume en 1978. Drame en trois actes.
  • Des saynètes: Le Surhomme, Athanor, publication posthume en 1998.
  • Alijerandro, publication posthume en 2012.
  • Polyphème, publication posthume en 2016.

Poésie

  • Jours comme des flèches, 1926.
  • Odes pour l'Homme et la Femme, 1929.
  • Labyrinthe d'amour, 1936.
  • Cinq poèmes australs, 1937.
  • Le centaure, 1940.
  • Sonnets à Sophie, 1940.
  • Heptaméron, 1966.
  • Le poème de Robot, 1966.

Œuvres traduites en français

  • Poèmes, introduction, sélection et traduction de Bernard Sesé, Paris, Centre culturel argentin, coll. Nadir, 1985.
  • Le Banquet de Severo Arcángelo [« El banquete de Severo Arcángelo »], Paris, Éditions Gallimard, coll. « La Nouvelle Croix du Sud », 1993, 368 p. (ISBN 978-2-07-072938-8). Roman.
  • Adan Buenosayres [« Adan Buenosayres »], Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 1995, 605 p. (ISBN 978-2-246-47661-0) - Rééd. 2014. Roman.

Bibliographie

Jean-François Podeur:

  • Le mythe de Pygmalion dans l'œuvre de Leopoldo Marechal, éd. de l'Université d'Avignon et des pays du Vaucluse, 2001, 97p.
  • La femme et l'enfance dans l'œuvre de Leopoldo Marechal, thèse, 1986.

Julio Cortázar: "Préface au roman Adan Buenosayres", texte publié à l'origine dans la revue Realidad n°14 en 1949.

Reférences

  1. a et b (es) Leopoldo Marechal, Les points fondamentaux de ma vie (dans "El beatle final y otras páginas"), Buenos Aires, CEAL, (lire en ligne)

Liens externes