Le Maître et Marguerite

Le Maître et Marguerite
Image illustrative de l’article Le Maître et Marguerite
Timbre soviétique de quatre kopecks commémorant le centenaire de la naissance de Mikhaïl Boulgakov, et reprenant plusieurs personnages et scènes du roman, 1991.

Auteur Mikhaïl Boulgakov
Pays Drapeau de l'URSS Union soviétique
Genre roman fantastique
Version originale
Langue russe
Titre Мастер и Маргарита
Éditeur Posev
Lieu de parution Francfort
Date de parution 1967
Version française
Traducteur Claude Ligny
Éditeur éditions Robert Laffont
Lieu de parution Paris
Date de parution 1968

Le Maître et Marguerite (en russe : Мастер и Маргарита) est un roman de l'écrivain soviétique Mikhaïl Boulgakov écrit entre 1927 et 1939. À la fois histoire d'amour, critique politique et sociale, comédie burlesque et conte fantastique, il est considéré comme l'une des œuvres majeures de la littérature russe du XXe siècle[1].

Rédaction

Boulgakov entreprend la rédaction de son roman dès 1928. Il détruit une première version de l'ouvrage (en le brûlant dans un poêle) en après avoir été averti que les autorités avaient interdit sa pièce La Cabale des dévots. Il revient à ce roman en 1931 et termine un second manuscrit en 1936, qui contient d'ores et déjà tous les principaux épisodes de l'œuvre finale. La troisième version est achevée en 1937. Boulgakov ne cesse de peaufiner une quatrième version avec l'aide de sa femme, jusqu'à ce qu'il soit contraint de s'arrêter quatre semaines avant sa mort en 1940. C'est sa femme qui achève son œuvre en 1940 et 1941.

Une version censurée du livre (12 % du texte y est omis et une part plus grande encore altérée) est d'abord publiée dans le magazine Moscou (no 11, 1966, et no 1, 1967). Le texte des parties mises à l'écart ou modifiées paraît clandestinement (publication dite en samizdat), accompagné des indications nécessaires pour le resituer. En 1967, la maison d'édition Posev (sise à Francfort) édite une version complétée grâce à ces extraits. En Union soviétique, la première édition complète, préparée par les soins d'Anna Saakyants et fondée sur la version datant de début 1940, paraît dans Khoudojestvennaïa Literatoura en 1973[2]. Cette édition est demeurée celle de référence jusqu'en 1989, date de la dernière édition établie par la littératrice Lidiya Yanovskaïa sur la base de tous les manuscrits existants.

Intrigue

L'intrigue du roman se divise en trois actions entremêlées :

Première action

L'action principale du livre a lieu dans le Moscou des années 1930, où Satan se manifeste sous l'identité d'un mystérieux magicien nommé Woland, accompagné d'une troupe hétéroclite composée du fantaisiste cabotin Fagotto (ou Fahoth, selon les traductions), alias Koroviev, du chafouin et bavard chat noir Béhémoth, du tueur Azazello (référence probable au démon Azazel) et de l'impudique sorcière rousse Hella. Ce groupe prend pour cible l'élite littéraire avec son syndicat officiel, le MASSOLIT, son restaurant-QG pour les privilégiés de la nomenklatura (la maison Griboïedov), ses bureaucrates et ses profiteurs, ainsi que les sceptiques et les mécréants.

Le livre débute par une discussion sur l'existence de Dieu entre le chef de la scène littéraire officielle, Berlioz, athée notoire, et un étranger très distingué (Woland) rencontré dans le parc de l'Étang du Patriarche. Woland prédit à Berlioz qu'il ne se rendra pas à la réunion du MASSOLIT où il est attendu le soir même, et qu'il mourra la tête coupée. De fait, peu après, Berlioz glisse sous un tramway et est décapité. Témoin de toute la scène, le jeune poète Ivan Biezdomny (dont le nom signifie « sans-logis ») tente vainement de poursuivre et capturer Woland, qu'ont rejoint Fagotto et un chat noir géant, puis d'avertir les autorités de la nature diabolique du trio, mais ne parvient qu'à se faire jeter dans un asile de fous.

À ce point apparaît le personnage du Maître, un auteur aigri, désespéré du rejet dont a fait l'objet son roman sur Ponce Pilate et le Christ, au point d'en avoir jeté au feu le manuscrit avant de se détourner du monde, y compris de son aimée Marguerite. Après une période de vagabondage, il se fait interner dans l'hôpital psychiatrique où échouera plus tard Biezdomny. Ladite maison de fous joue un rôle d'importance puisque, tout au long du roman, des victimes des farces de la troupe de Satan s'y trouveront enfermées.

Deuxième action

La deuxième action se situe à Jérusalem, sous le gouvernement du procurateur Ponce Pilate. Il s'agit du récit que Woland fait à Berlioz et qui reproduit des pages du roman du Maître. La narration est donc fragmentée mais peut être reconstituée ainsi : Ponce Pilate rencontre Yeshoua Ha-Nozri et se découvre une affinité avec cet homme et même un besoin spirituel de lui, mais ne s'en résigne pas moins à le livrer à ceux qui veulent sa mort. Le roman du Maître traite ensuite de la nuit vernale de pleine lune où le Christ, après sa condamnation par Pilate, est crucifié à Jérusalem. La fin du roman du Maître traite de Matthieu Lévi, le collecteur d'impôts et disciple unique de Jésus, de sa rencontre avec Ponce Pilate, et de l'assassinat de Yehuda de Carioth — qui avait livré Jésus-Yeshoua — par le conseiller de Pilate, homme encapuchonné que l'on peut soupçonner au fil de la lecture d'être Woland lui-même.

Troisième action

La troisième action voit le personnage de Marguerite prendre une grande importance. Satan donne un bal de minuit, qui coïncide avec la nuit du Vendredi saint. Il fait une offre à Marguerite, qu'elle accepte : devenir une sorcière douée de pouvoirs surnaturels le temps du bal, et servir à Satan de « maîtresse de maison » pour recevoir ses invités.

Alors qu'elle apprend à voler et à contrôler ses passions débridées — non sans se venger avec violence des bureaucrates qui ont condamné son amant au désespoir — en entraînant avec elle sa servante Natacha, Marguerite pénètre nue dans le monde de la nuit, survole les forêts noires et les fleuves de la Mère Russie, se baigne et, purifiée, revient à Moscou pour être la reine du grand bal de Satan. Debout au côté de ce dernier, elle accueille les criminels les plus tristement fameux de l'histoire de l'humanité alors qu'ils se déversent en foule des portes de l'enfer.

sur une colline herbue surplombant une rivière et, au fond, une grande ville, un homme debout enveloppé de noir, devant un groupe de quatre personnes également en noir sur des chevaux, comme fondus les uns dans les autres.
« Adieu à Moscou », scène du chapitre 31.

Elle surmonte l'épreuve — laisser les pires brigands lui embrasser le genou et témoigner à chacun son amour de reine du bal. Pour la récompenser, Satan lui offre d'exaucer son vœu le plus cher : elle choisit de retrouver son amant le Maître et de vivre avec lui dans la misère et l'amour. Grâce au travail de Fagotto, le Maître sort de l'asile et retrouve une nouvelle vie grâce à la possession de documents administratifs conformes. Néanmoins, ni Satan ni Dieu ne jugent ce genre d'existence digne d'eux, et le couple est empoisonné par Azazello. Étant morts, les deux protagonistes sont libres de suivre Woland et quittent Moscou avec lui, alors que ses fenêtres et ses coupoles se consument dans le soleil couchant du dimanche de Pâques. L'avant-dernière scène est celle de la libération de Ponce Pilate, qui attendait depuis 2 000 ans de pouvoir rejoindre Yeshoua.

C'est vers la fin du texte que les trois actions du livre se rencontrent, puisque l'on retrouve les personnages initiaux, la fin du récit par le Maître de l'histoire de Ponce Pilate, et l'événement majeur qu'est le bal.

Analyse

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Cette imbrication des intrigues est d'autant plus poussée que le texte contient son propre commentaire sur le déroulement de l'action, et que la « mise en abyme » du roman écrit par le Maître joue un rôle essentiel dans la structure de l'ensemble[3]. Le Maître recrée dans son roman l'histoire du jugement de Yeshoua, tandis que Satan fait le lien entre les deux époques. Dans la dernière partie du livre, Matthieu Lévi vient annoncer à Satan que Yeshoua a lu le roman du Maître, et qu'il lui demande d'accorder le repos éternel à ce dernier (Chap. 29, « Où le sort du Maître et de Marguerite est décidé »).

On peut faire différentes lectures de l'œuvre : roman d'humour, allégorie philosophique ou socio-politique, satire du système soviétique, ou encore de la vanité de la vie moderne en général... Le roman est aussi un roman d'initiation dont Ivan est le personnage principal. Ce roman est, enfin, dans le contexte de la Russie soviétique, un manifeste pour la liberté des artistes et contre le conformisme[4].

Le roman a fortement subi l'influence du Faust de Goethe et les thèmes de la lâcheté, de la trahison, de l'ouverture d'esprit et de la curiosité, ainsi que de la rédemption tiennent une place prépondérante. L'influence de Gogol est également sensible « depuis des emprunts de détail surtout illustratifs jusqu’à la composition générale »[5]. Par exemple, les éléments fantastiques rappellent certaines nouvelles des Soirées du hameau ou Le Nez, tandis que l'alternance de séquences narratives au style fortement contrasté rappelle la structure des Âmes mortes.

L'interaction des éléments et des forces naturelles, tels que le feu, l'eau et la destruction, est un élément essentiel du roman, auquel il convient d'ajouter les puissants contrastes entre la clarté et les ténèbres, le bruit et le silence, le soleil et la lune, les orages et la tranquillité.

Boulgakov recourt à des tons très variés suivant les parties. Les chapitres situés à Moscou ont un rythme allègre, presque farcesque, tandis que ceux où l'action se tient à Jérusalem sont écrits dans un style de réalisme sévère. De plus, il faut remarquer le parallèle complexe entre Jérusalem et Moscou tout au long du roman. Jean Bonamour identifie Staline à Tibère[4]: bien qu'ils ne participent pas directement à l'intrigue, l'empreinte de ces deux autocrates est omniprésente. À la différence de Tibère, Staline n'est jamais nommé dans le texte pour des raisons évidentes d'autocensure, mais son « empreinte en creux » n'en est pas moins fortement perçue à travers la parodie. Même si 1900 ans séparent les deux époques, les moyens de survivre à la tyrannie n'ont guère changé, en particulier le recours à la dénonciation et au reniement[6]. Selon Georges Nivat, le dialogue de Matthieu Lévi avec Ponce Pilate (Chap. 26, « L'enterrement ») correspond au dialogue du Maître avec ses contemporains[3].

Le Maître et Marguerite est un roman qui interroge en premier lieu le sens de la morale. Le choix d'aborder ce sujet en dissertant sur les preuves de l'existence de Dieu et en romançant la fin de la vie de Jésus était doublement provocateur alors que le régime stalinien imposait l'athéisme dans un pays où la tradition orthodoxe était particulièrement réfractaire « à toute tentative de désacralisation »[7]. Tandis que la tradition chrétienne délimite sans peine les domaines du bien et du mal, Boulgakov met en question la pertinence d'une telle distinction à travers les deux personnages « miroirs » du Maître et de Pilate. La mort du Christ est la base de cette réflexion : Jésus est condamné à mort par le Sanhédrin alors qu'il n'est pas un criminel. Dieu accepte la mort injuste de son fils dans le but de laver les péchés humains : on trouve ici le cœur du problème posé par Boulgakov. Dieu est dès lors indirectement responsable d'une injustice, la mort d'un innocent. C'est tout le problème qui se pose à Pilate : quel est le sens moral de la mort du Christ puisqu'il y a inversion des critères moraux traditionnels ? Cette question du bien et du mal hante dans Le Maître et Marguerite un Pilate séduit par la personnalité de Jésus et horrifié par sa mort[8]. Dès lors, la morale perd de son évidence et tourmente à la fois Pilate et le Maître qui fait à son tour cette découverte lors de la rédaction de son ouvrage sur le procurateur de Judée. Le Maître perd la raison, de ne plus pouvoir distinguer aussi facilement que le reste des hommes le bien et le mal.

Parallèlement, l'arrivée de Satan à Moscou tend à confirmer ce brouillage du sens moral[9] : « Je suis celui qui veut éternellement le mal mais toujours fait le bien » (épigraphe tirée du Faust de Goethe). Ce personnage, ainsi que ses acolytes burlesques, n'est pas réellement doté des attributs moraux du Diable. Il sème certes dans son sillage folie et destruction mais le tableau qu'en fait Boulgakov est beaucoup plus nuancé. Il y a déjà la sympathie évidente que ce personnage inspire à certains lecteurs, loin des clichés habituellement attribués au Diable ; mais, surtout, Satan agit dans un contexte bien particulier, celui de l'URSS des années 1930. Il distille l'humour et la fantaisie dans un monde austère et triste, il introduit l'irrationnel et le mystique dans une société rongée par un rationalisme absurde et un athéisme forcé, il lutte contre l'abêtissement général, le nivellement culturel et la stagnation intellectuelle. En un sens, Satan est un opposant au régime totalitaire stalinien et à ses conséquences sur la société soviétique. On retrouve alors ici la première problématique de la confusion de la morale : Satan est-il réellement l'incarnation du mal dans l'URSS stalinienne ? Le Malin rime dans Le Maître et Marguerite avec humour, créativité, fantaisie, vie débridée, amour et lutte contre les méfaits de la censure, de la méfiance et du contrôle. Il amène le chaos à la manière de Nietzsche : avec la passion de la vie et de la création.

Satan se fait passer pour le professeur Woland, expert en magie noire, qui promet de révéler ses secrets lors d'un spectacle donné au théâtre des Variétés (Chap. 12, « La magie noire et ses secrets révélés »). Cette représentation théâtrale est le moyen de dénoncer le caractère factice de la société moscovite muselée par le stalinisme. La métaphore théâtrale est poursuivie dans « Le songe de Nicanor Ivanovitch » (Chap. 15), où ce dernier, interné en asile psychiatrique après avoir été accusé de détention de devises étrangères, rêve qu'il doit monter sur la scène d'un théâtre pour une parodie de procès[10].

Les victimes des facéties de Satan « ont le trait commun de n'être pas pitoyables »[4], et Nicanor Ivanovitch, décrit comme un être cupide et concupiscent, ne fait pas exception à la règle. En tant que président de l’association des locataires d’un immeuble, il se situe au bas de l'échelle des détenteurs de l'autorité bureaucratique que fustige Boulgakov. Ce n'est pas seulement le système soviétique que conteste l'auteur, mais toute forme de pouvoir autoritaire, y compris le pouvoir religieux[11].

Influence

Le Maître et Marguerite a inspiré de nombreux auteurs et musiciens.

  • Le roman Les Versets sataniques de Salman Rushdie en est une illustration[12].
  • The Rolling Stones ont également affirmé que ce roman était la clef de leur chanson Sympathy for the Devil ainsi que de Gimme shelter[réf. nécessaire].
  • Pour la chanson Pilate de leur album Yield, le groupe grunge Pearl Jam a été influencé par la confrontation entre Jésus et Ponce Pilate que met en scène le roman[réf. nécessaire].
  • La chanson de Franz Ferdinand Love and Destroy est tirée de la scène où Marguerite survole Moscou en chemin vers le bal de Satan[réf. nécessaire].
  • Le groupe canadien The Tea Party fut inspiré par le roman pour leur chanson The Master and Margarita.
  • Le compositeur allemand York Höller composa l'opéra Der Meister und Margarita qui fut créé en 1989 à l'Opéra de Paris.
  • On retrouve également dans la bande dessinée Zéro absolu de Christophe Bec et Richard Marazano l'influence du roman Le Maître et Marguerite, où les protagonistes se font posséder par une Bête dans une histoire très complexe, à l'image du livre pourrait-on dire[réf. nécessaire].
  • Certains morceaux du groupe de heavy metal Aria font implicitement référence au roman, comme Diavolskii Bal (Le bal du Diable)[réf. nécessaire].
  • Le groupe de rock expérimental français Yolk fait directement référence à l'ouvrage dans le morceau Le Bal de Marguerite. Cette musique évoque à la fois l'aspect processionnel du bal et la folle chevauchée aérienne de Marguerite.
  • Le groupe de metal progressif russe Azazello a choisi ce nom en référence à un personnage du roman[réf. nécessaire].
  • C'est le roman favori des membres du groupe de rock/new wave écossais Simple Minds[réf. nécessaire].
  • Le groupe français ECHO s'en est inspiré pour la chanson Entre les Lignes, où on trouve quelques citations de ce roman.
  • Le poète russe Nikolaï Prorokov qui a habité - dans les années 1960 - dans le sous-sol du Maître.

Adaptations

Cinéma

  • 1970 : Le metteur en scène finlandais Seppo Nyyrö Wallin a réalisé le film Pilatus pour la chaîne de télévision finlandaise, basé sur la partie publique du roman[13].
  • 1971 : Le metteur en scène polonais Andrzej Wajda a réalisé le film Pilatus und Andere pour la chaîne de télévision allemande ZDF, basé sur la partie publique du roman,[15].
  • 1972 : Le metteur en scène serbe Aleksandar Petrović a réalisé la production italo-yougoslave Il Maestro e Margherita. Inspiré du roman, la différence principale est que le maître dans le film a un nom réel (Nikolaï Afanasijevitch Maksoudov), tandis que dans le livre original il reste intentionnellement anonyme,[17].
  • 1992 : Le metteur en scène britannique Paul Bryers a réalisé le film Incident in Judaea pour la chaîne de télévision britannique Channel 4, basé sur la partie biblique du roman, avec des acteurs comme John Woodvine, Mark Rylance, Lee Montague and Jim Carter,[19].
  • 1994 : Le metteur en scène russe Iouri Kara a réalisé le film Master i Margarita. Bien que beaucoup d’acteurs russes connus fussent présents (dont Mikhaïl Oulianov), et que la bande sonore ait été composée par le célèbre compositeur russe Alfred Schnittke, le film n’a pu être distribué pendant 17 ans. C'est seulement en mars 2011 que le film a été présenté pour la première fois dans les cinémas russes,[21].
  • 1996 : Le metteur en scène russe Sergueï Desnitski et son épouse, l'actrice Vera Desnitskaïa ont réalisé le film Master i Margarita. Ils ont été déçus par les réactions des médias russes, et ont décidé que le film ne serait jamais montré[22].
  • 2005 : Le metteur en scène hongrois Ibolya Fekete a réalisé un film de 26 minutes, intitulé A Mester és Margarita. Ce film, avec quelques célèbres acteurs russes et hongrois comme Sergueï Grekov, Grigori Lifanov et Regina Miannik, a été diffusé par MTV Premier le 5 octobre 2005,[24].
  • 2008 : Le metteur en scène italien Giovanni Brancali a réalisé le film Il Maestro e Margherita. L’histoire n’était pas située dans la ville de Moscou dans les années 1930, mais à Florence à l'époque contemporaine[25].
  • 2013 : Le producteur américain Scott Steindorff avait préparé le film The Master and Margarita. Beaucoup de noms de réalisateurs et d'acteurs possibles ont été évoqués, en particulier dans la presse russe. Caroline Thompson (La Famille Addams, Edward aux mains d'argent, Black Beauty), avait écrit le scénario. En 2017, Steindorff a annoncé qu'il avait arrêté le projet. Peu après, l'agence de presse russe TASS annonça que les droits d’auteur pour fimer Le maître et Marguerite ont été attribués à Svetlana Migunova-Dali, co-propriétaire de la maison de production Logos Film Company à Moscou, et Grace Loh, qui est le chef de la société de production New Crime Productions à Hollywood[26].
  • 2017: La réalisatrice française Charlotte Waligòra a réalisé le film Le maître et Marguerite. Elle joue le rôle de Marguerite elle-même. Les autres personnages sont interprétés par Michel Baibabaeff (Woland), Vadim Essaïan (Béhémoth), Hatem Taïeb (Jésus) et Giovanni Marino Luna (le maître)[27].

Séries télévisées

  • 1989 : Le metteur en scène polonais Maciej Wojtyszko a réalisé Mistrz i Małgorzata, une série télévisée de 4 épisodes,[29].
  • 1989 : Le metteur en scène russe Aleksandre Dzekoune a adapté sa pièce de théâtre Master i Margarita pour la télévision. Comme le suggère le sous-titre - Chapitres du roman - le film ne couvre pas l'ensemble du roman. Seuls 21 chapitres ont été adaptés dans une mini-série[30].
  • 2005 : Le metteur en scène russe Vladimir Bortko a réalisé Master i Margarita, une série télévisée en dix épisodes incluant les acteurs Vladislav Galkin, Kirill Lavrov et Aleksandr Abdulov. Elle est devenue la série TV la plus réussie à la télévision russe. La bande sonore a été composée par Igor Korneliouk,[32].

Dessins animés

  • 2002 : Les animateurs français Clément Charmet et Elisabeth Klimoff ont réalisé une animation des premier et troisième chapitres du ‘’Maître et Marguerite’’ tirée du roman graphique de Jean-François Desserre[33].
  • 2010 : Le réalisateur israélien Terentij Oslyabya a réalisé un dessin animé The master and Margarita, chapter 1. Son film suit littéralement chaque mot du roman,[35].
  • 2012 : Le réalisateur de dessins animés Rinat Timerkaev avait préparé le long métrage d'animation Master i Margarita. Sur son blog[36], Timerkaev tenait ses suiveurs régulièrement informés de l'avancement de ses plans, mais en décembre 2015, le cinéaste a informé ses lecteurs qu'il a décidé d'arrêter d'essayer: « Бизнес по-российски, блин!» ou «Les affaires à la russe, merde!» a-t-il écrit[37].
  • 2015: La réalisatrice de dessins animés Katariina Lillqvist prépare le long métrage d'animation Mistr a Markétka, une coproduction finno-tchèque. Une bande-annonce de 5 minutes a été diffusée le 2 juin 2015 au Festival de cinéma de Zlín en République tchèque[38].
  • 2017: Le réalisateur de dessins animés Alexander Golberg Jero prépare le long métrage d'animation Master i Margarita. L'entrepreneur des médias et coproducteur du film Matthew Helderman, PDG de BondIt Media Capital, est responsable du financement[39].

Beaucoup d'étudiants d'écoles d'art ont été inspirés par Le Maître et Marguerite pour faire des courts métrages d'animation. Une liste complète est disponible sur le site-web Master & Margarita[40].

Bandes dessinées et romans graphiques

  • 1998: Le roman a été adapté pour un roman graphique par le dessinateur russe Rodion Tanaïev[41].
  • 2002: Le roman a été adapté pour un roman graphique par le dessinateur français Jean-François Desserre[42].
  • 2005: Le roman a été adapté pour un roman graphique par les dessinateurs russes Askold Akishine et Misha Zaslavsky[43].
  • 2008: Le roman a été adapté pour un roman graphique par les dessinateurs Andrzej Klimowski et Danusia Schejbal[44].
  • 2013: L'auteur autrichien/français de bandes dessinées Bettina Egger a raconté l'histoire de Mikhaïl Boulgakov et Le Maître et Marguerite en dans le roman graphique Moscou endiablé, sur les traces de Maître et Marguerite . Elle entremêle l'histoire du Maître et Marguerite avec l'histoire de la vie de Mikhaïl Boulgakov et avec sa propre exploration des sources du roman à Moscou[45].
  • La bande dessinée Zero Absolu par Bec et Marazano illustre plusieurs scènes du roman, insérées dans un récit de science fiction.

Théâtre

De 1971 à 1977, les adaptations théâtrales du Maître et Marguerite furent toutes réalisées en Pologne. Comme elles ne pouvaient pas être intitulées Le Maître et Marguerite, elles ont été mises en scène comme La magie noire et ses secrets révélés (Cracovie, 1971), La magie noire (Katowice, 1973), Avez-vous vu Ponce Pilate? (Wrocław, 1974), et Patients (Wroclaw, 1976) [46].

trois hommes sur un banc
Scène initiale du roman dans une adaptation théâtrale de 2010.

Le roman a été adapté sur scène par plus de 500 compagnies de théâtre dans le monde entier. Une liste complète de toutes les adaptations de théâtre est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[47].

En juillet 2012, le metteur en scène britannique Simon McBurney a présenté en ouverture du Festival d'Avignon, dans la cour d'honneur du palais des papes, une adaptation théâtrale de 3h30. Dans le journal Libération, le metteur en scène explique son choix : « À la fin du bal, Marguerite fait un vœu : libérer Frida l’infanticide de son cauchemar. Et son acte de compassion mène à la libération du Maître, même si cela passe par sa mort. Et cela permet aussi de libérer Ponce Pilate de sa culpabilité. Et par la même occasion, cela nous libère de notre façon de penser, nous qui croyons que rien n’existe en dehors de l'économie et ne voyons pas que c’est du totalitarisme[48]. » Pour représenter la séance où Marguerite vole nue dans les rues de Moscou, il utilise la rétroprojection et projette sur les murs du palais des papes des images de la ville de Moscou[49].

Musique

Une centaine de compositeurs, chanteurs et auteurs-compositeurs ont été inspirés par Le Maître et Marguerite dans leurs œuvres. Tous ensemble, ils ont produit quelque 250 chansons ou pièces de musique à ce sujet.

Rock 'n Roll

Quelque 25 groupes et artistes rock, parmi lesquels The Rolling Stones, Patti Smith, Franz Ferdinand et Pearl Jam ont été inspirés par le roman pour écrire des chansons à ce sujet. Une liste complète est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[50].

Musique populaire

Quelque 25 groupes et artistes de musique populaire, parmi lesquels Igor Nikolayev, Valery Leontiev, Zsuzsa Koncz, Larisa Dolina et Linda ont été inspirés par le roman pour écrire des chansons à ce sujet. La chanson Margarita de Valery Leontiev a été utilisée pour réaliser le tout premier clip vidéo russe en 1989. Une liste complète est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[51].

Les bardes russes

Beaucoup de bardes russes, parmi lesquels Alexander Rosenbaum, ont été inspirés par le roman pour écrire des chansons à ce sujet. Tous ensemble, ils ont fait quelque 200 chansons sur des thèmes et des personnages du Maître et Marguerite. Une liste complète est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[52].

Musique classique

Une dizaine de compositeurs de musique classique, parmi lesquels Dmitri Smirnov  et Andreï Petrov ont été inspirés par le roman pour écrire des symphonies et des fantaisies musicales à ce sujet. Une liste complète de leurs œuvres est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[53].

Opéra et comédies musicales

Une quinzaine de compositeurs, parmi lesquels York Höller[54], Alexandre Gradski et Sergueï Slonimski ont écrit des opéras et des comédies musicales sur le thème du Maître et Marguerite. Une liste complète des compositeurs est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[55].

Bandes sonores

Trois compositeurs, Ennio Morricone, Alfred Schnittke et Igor Korneliouk ont écrit des bandes sonores pour des films sur Le Maître et Marguerite[56].

Autres genres musicaux

Cinq compositeurs et artistes alternatifs, parmi lesquels Simon Nabatov, ont été inspirés par le roman pour présenter diverses adaptations. Une liste complète des artistes est disponible sur le site-web Le Maître et Marguerite[57].

Roman photo

Une adaptation singulière fut la réalisation d'un roman-photo, par Jean-Daniel Lorieux (2008), à partir d´une idée et du financement d'Evgueny Yakovlev. Isabelle Adjani y incarne Marguerite.

Traduction française

  • Édition originale en français : 1968 chez Robert Laffont, collection Pavillons, traduit du russe par Claude Ligny (avec une introduction de Sergueï Ermolinsky)
  • Claude Ligny, révisé par Marianne Gourg, dans Mikhaïl Boulgakov, éd. Robert Laffont, collection « Bouquins », 1993. Édition préfacée par Marianne Gourg et Laure Troubetzkoy (ISBN 2-221-07398-3).
  • Le Maître et Marguerite, texte intégral précédé d'une introduction de Sergueï Ermolinski, traduit du russe par Claude Ligny, éd. Le Grand Livre du mois, 2002 (ISBN 2-7028-6933-5)
  • Mikhaïl Boulgakov (trad. du russe par Françoise Flamant, préf. Françoise Flamant), Œuvres, vol. 2 : Le Maître et Marguerite. Théâtre, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 505), , 2017 p. (ISBN 2070113892)

Notes et références

  1. La Bibliothèque idéale le classe parmi les dix œuvres majeures de la littérature russe.
  2. Françoise Flamant 2004, p. 1744.
  3. a et b Georges Nivat, « Deux romans « spéculaires » des années trente : le Don et le Maître et Marguerite », Revue des Études Slaves, vol. 61 « M. Bulgakov : Le maître et Marguerite », no 3,‎ , p. 269-275 (lire en ligne)
  4. a, b et c Jean Bonamour, « Le Maître et Marguerite et le monde totalitaire », Revue des Études Slaves, vol. 61 « M. Bulgakov : Le maître et Marguerite », no 3,‎ , p. 255-259 (lire en ligne)
  5. Marianne Gourg, « Gogol et Le Maître et Marguerite », Revue de littérature comparée, no 331,‎ , p. 359-370 (lire en ligne)
  6. Polina Meltseva, La difficulté de traduire l'ironie: Analyse de traductions de trois ouvrages de Mikhaïl Boulgakov (Le Maître et Marguerite, Coeur de chien, La Garde blanche) (Mémoire de Maîtrise universitaire en traduction, dirigé par Françoise Monat), Université de Genève, , 118 p. (lire en ligne [PDF])
  7. Françoise Flamant, « La question religieuse dans le Maître et Marguerite », Revue des Études Slaves, vol. 61 « M. Bulgakov : Le maître et Marguerite », no 3,‎ , p. 261-268 (lire en ligne)
  8. Bertrand Westphal, « Quatre versions d'un drame. Ponce Pilate chez Boulgakov, Dürrenmatt, Caillois et Grosjean », Littératures, no 30,‎ , p. 149-161 (lire en ligne)
  9. Galina Subbotina, « L’image du diable dans Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos et Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov », Roman 20-50, no 46,‎ , p. 115-122 (lire en ligne)
  10. Marianne Gourg-Antuszewicz, « Les représentations théâtrales dans le Maître et Marguerite », Revue des Études Slaves, vol. 61 « M. Bulgakov : Le maître et Marguerite », no 3,‎ , p. 277-283 (lire en ligne)
  11. Tatiana Sokolnikova, « Quelques réflexions sur le concept de pouvoir chez Mikhaïl Boulgakov », Acta Iassyensia Comparationis, vol. 4,‎ , p. 257-263 (lire en ligne [PDF])
  12. Salman Rushdie et Lila Azam Zanganeh (intervieweuse), « La littérature ? "Voir comme l'autre voit" », sur lemonde.fr, (consulté le 27 septembre 2018) : « Saviez-vous que Les Versets sataniques s'inspirent du Maître et Marguerite ? Ce personnage qui écrit une version révisionniste d'un texte religieux... Et il est si curieux que ces livres aient eu des destins similaires, aient été attaqués quasiment de la même manière... »
  13. Jan Vanhellemont, « Seppo Wallin - Pilatus », Site web Le maître et Marguerite
  14. Jan Vanhellemont, « Andrzej Wajda - Pilatus und andere – Ein Film für Karfreitag », Site web Le maître et Marguerite
  15. Jan Vanhellemont, « Aleksandar Petrović - Il Maestro e Margherita », Site web Le maître et Marguerite
  16. Jan Vanhellemont, « Paul Bryers - Incident in Judea », Site web Le maître et Marguerite
  17. Jan Vanhellemont, « Iouri Kara - Master i Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  18. Ibid., « Sergey Desnitsky - Master i Margarita »
  19. Jan Vanhellemont, « Ibolya Fekete - A Mester és Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  20. Ibid., « Giovanni Brancale - Il Maestro e Margherita »
  21. Ibid., « Stone Village Productions - The Master and Margarita »
  22. Ibid., « Le maître et Marguerite - Charlotte Waligòra »
  23. Jan Vanhellemont, « Maciej Wojtyszko - Mistrz i Malgorzata », Site web Le maître et Marguerite
  24. Ibid., « Aleksandr Dzekun - Master i Margarita »
  25. Jan Vanhellemont, « Vladimir Bortko - Master i Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  26. Ibid., « Jean-François Desserre - Le maître et Marguerite »
  27. Jan Vanhellemont, « Terentij Oslyabya - Master i Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  28. (ru) Rinat Timerkaïev, « Подробности о новом анимационном проекте "Мастер и Маргарита" », Live Journal
  29. Jan Vanhellemont, « Rinat Timerkaïev - Master i Margarita », Site web Le maître et Marguerite
  30. Jan Vanhellemont, « Mistr a Markétka - Katariina Lillqvist », Site web Le maître et Marguerite
  31. Jan Vanhellemont, « Master and Margarita - Alexander Golberg Jero », Site web Le maître et Marguerite
  32. Ibid., « Le Maître et Marguerite dans les dessins animés »
  33. Ibid., « Rodion Tanaïev - Master i Margarita »
  34. Ibid., « Jean-François Desserre - Le maître et Marguerite »
  35. Ibid., « Askold Akishine and Misha Zaslavsky - Le maître et Marguerite »
  36. Neel Mukherjee, « The Master and Margarita: A graphic novel by Mikhail Bulakov », The Times Online,
  37. Jan Vanhellemont, « Bettina Egger - Moscou endiablé, sur les traces de Maître et Marguerite », Site web Le maître et Marguerite
  38. Ibid., « Le Maître et Marguerite - Arts de la scène »
  39. Ibid., « Adaptations théâtrales du Maître et Marguerite »
  40. René Solis, « Goethe n'était pas assez délirant », Libération,‎ (lire en ligne)
  41. Jean-Marie Wynants, « Simon McBurney enflamme Avignon », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  42. Jan Vanhellemont, « The Master and Margarita dans le rock & roll », Site web Le maître et Marguerite
  43. Ibid., « Le Maître et Marguerite dans la musique populaire »
  44. Jan Vanhellemont, « Le Maître et Marguerite et les bardes russes », Site web Le maître et Marguerite
  45. Ibid, « Le Maître et Marguerite dans la musique classique »
  46. Laure Spindler-Troubetzkoy, « Un Maître et Marguerite allemand à l'Opéra de Paris », Revue des Études Slaves, vol. 61 « M. Bulgakov : Le maître et Marguerite », no 3,‎ , p. 307-309 (lire en ligne)
  47. Jan Vanhellemont, « Le Maître et Marguerite dans les opéras et comédies musicales », Site web Le maître et Marguerite
  48. Ibid., « Le Maître et Marguerite dans les bandes sonores »
  49. Ibid., « Le Maître et Marguerite dans les autres genres de musique »

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes