Le Cri du peuple (roman)

Le Cri du peuple est un roman de Jean Vautrin paru en 1998, par la suite adapté en bande dessinée par Tardi.

Le Cri du Peuple est une fiction dont l'action se situe durant la Commune de Paris, entre le 17 mars 1871 et les dernières heures de la Semaine Sanglante.
Le récit se déroule essentiellement du point de vue des communards, et, plus particulièrement, du « petit peuple de Paris ».

Personnages principaux

  • Antoine Tarpagnan, officier contraint à la désertion, car ayant refusé de tirer sur le peuple le 18 mars
  • Gabriella Pucci, alias Caf'Conc', chanteuse de cabaret et cocotte
  • Horace Grondin, ancien bagnard devenu policier ivre de vengeance

Personnages secondaires

  • Ziquet, ex arpète de chiftire devenu soldat prolétarien
  • Isidore Mespluchet, commissaire de police.
  • Edmond Trocard dit La Joncaille, bandit, chef de la bande de l'Ourcq.
  • Émile Roussel dit Fil de Fer, serrurier, communard.
  • Hippolyte Barthélémy, détective subordonné de Grondin.

Commentaires

À certains égards, en particulier du fait du fourmillement de personnages secondaires (voyous, misérables de tout poil, prostituées, souteneurs, forts de halles, monstres de cirque, ouvriers, bistrottiers, croque-morts, hommes d' Église...), le style n'est pas sans rappeler celui des romans feuilletons d'Eugène Sue. Un grand nombre de personnages historiques se glissent dans la fiction, comme Gustave Courbet, Jules Vallès, Jarosław Dombrowski, etc. D'autres personnages historiques y sont évoqués: notamment Louise Michel et Georges Clemenceau, maire de Montmartre en 1871, ainsi qu'Adolphe Thiers, premier président de la Troisième République, Napoléon III et Mac-Mahon, général des Versaillais, ennemi des Communards, successeur de Thiers à la présidence de la République.

Si l'intrigue personnelle qui lie les personnages constitue une part importante du roman, le propos principal de l'auteur reste le récit des évènements liés à la Commune de Paris, notamment la chute de la colonne Vendôme, symbole du bonapartisme, l'incendie de l'Hôtel de ville, ou encore les massacres commis de part et d'autre.

Citation

Ce n'est pas à coups de bâton, ni à force d'indifférence, qu'on chasse les indigents de toute société humaine. Au contraire, à force de se servir du balai pour les humilier davantage ou de la trique pour les expédier plus loin, nos préfets de police les ont voués à une épouvantable misère... à une effrayante nudité. Ils ont fabriqué aux portes de la ville des ateliers de rancune. Sommes-nous donc aveugles ? Faut-il attendre que les pauvres soient si pauvres qu'il ne leur reste plus que la révolte ? Un jour, les hardes qui pendent au clou deviennent immanquablement l'étendard de la haine !