Le Bal des célibataires (téléfilm)

Le Bal des célibataires est un téléfilm français en deux parties réalisé par Jean-Louis Lorenzi et diffusé pour la première fois en 2005 sur France 2. Il fait suite à L'Orange de Noël (1996) et La Tranchée des espoirs (2003), et précède Chat bleu, chat noir (2007) et Épuration (2007). Il est adapté du roman éponyme de Michel Peyramaure

Synopsis

En 1919, en Corrèze, dans le village de Saint-Roch, le combat des femmes contre la désertification rurale de la Corrèze et le manque d'hommes durant et après la Première Guerre mondiale.

Première partie

1919. Le village de Saint-Roch et son jeune curé (Xavier de Guillebon) enterre nombre de ses enfants morts durant la guerre 1914-1918. Certains soldats rescapés ne sont pas encore revenus des zones de combat dont Pierre Delpeuch (Jean-Yves Berteloot), mari de Cécile Brunie (Sophie Aubry), institutrice au village, et l’abbé Brisseau, ex-abbé de Saint-Roch (Paul Le Person).

Sylvaine Morillon (Christiana Reali), paysanne ayant perdu son mari Anselme dans le conflit, a quitté sa ferme du nord de la France, et, ayant connu Pierre Delpeuch, en garnison de campagne proche de sa ferme, apparaît à Saint-Roch devant Cécile. Sylvaine veut témoigner à Cécile du comportement de son mari Pierre lors de son épisode près de chez elle. Sylvaine s’installe chez Cécile et son fils Pierre (Hélios Mérat). Cécile est prise de doutes quant à la rencontre passée entre Pierre, son mari, et Sylvaine, mais accepte néanmoins de partager sa maison avec elle. À elles deux elles sauvent La Jacotte (Françoise Pinkwasser), une voisine enceinte de son sixième enfant, prise de désespoir et voulant se noyer.

Sylvaine décrit la vie au front à proximité de Pierre, reconnaissant être la dernière à l’avoir vu. Elle remet à Cécile quelques photos prises lors de ces moments. Cécile avoue à Sylvaine ne pas savoir s’occuper de la terre depuis le départ de son mari à la guerre et demande à celle-ci de l’aider, ce qu’elle accepte. Les deux femmes se rendent compte du manque de vie et des inconvénients du manque d’hommes à Saint-Roch. Elles réussissent à louer pour la communauté le tracteur du maire (Gérard Victor). La liaison amicale entre Cécile et Sylvaine ne convient pas aux « Ménettes », femmes de mœurs traditionnelles et catholiques de Saint-Roch, et celles-ci cherchent à les rendre coupables d’une future débauche des habitants du village. Le maire du village cède son phonographe à Sylvaine et Cécile. Alors qu’elles l’essayent et dansent sur un morceau de tango, elles sont observées à leur insu par Mathilde (Nathalie Kanoui), qui déforme à l’excès les faits et raconte avoir été témoin d’une scène obscène. Cécile et Sylvaine cultive pourtant la ferme Delpeuch de leur mieux.

Cécile confie à Sylvaine dans quelles conditions elle a rencontré Pierre (voir L'Orange de Noël), sans l’avoir vraiment connu avant sa rapide mobilisation. Sylvaine confie à son tour ses moments passés aux côtés de Pierre sans être allée trop loin dans son attirance. Elle lui raconte que Pierre, avant de partir combattre, lui a confié un jeune soldat, Auxence (Julien Baumgartner), qui l’a demandée en mariage, ce qu’elle a refusé en prétextant son jeune âge. Sylvaine avoue à Cécile ne pas savoir lire, et cette dernière décide de l’accepter dans la classe d’adultes-femmes qu’elle monte au village. Un jour, à l’église, l’ensemble des femmes se rendent à l’évidence du manque d’hommes à Saint-Roch et se fédèrent pour tenter d’en trouver à Brive et dans les environs. Elles décident de rédiger une annonce dans la presse locale et d’auditionner les candidats pour juger de leurs aptitudes à la vie rurale et à ses habitantes.

Malvina Delpeuch (Lys Caro), dans le passé aidée par Cécile pour obtenir son certificat d’études (voir L'Orange de Noël) apparaît alors, elle est devenue photographe à Brive et participera aux « sélections ». Une vingtaine d’hommes de tous âges sont sélectionnés et il est décidé de les accueillir avec un bal des célibataires. Sylvaine demande alors au maire un local pour organiser les festivités. Celui-ci en profite pour essayer de séduire Sylvaine.

Robert Le Floch (Frédéric Pierrot), géomètre à la Compagnie électrique, arrive au village. Cécile et Sylvaine décident de le loger à la ferme. L’abbé Brisseau revient fatigué de la guerre. Les préparatifs du bal battent leur plein et toutes les femmes et jeunes filles seules du village s’apprêtent pour le grand jour. Les hommes arrivent en chantant et se trouvent confrontés aux « ménettes » du village et à leurs pancartes condamnant la débauche. Les couples se forment et le bal se déroule. Cécile et Sylvaine semblent toutes deux secrètement attirées par Robert le géomètre.

Seconde partie

Cécile continue à enseigner aux adultes tout en soupçonnant des sentiments de Sylvaine à l’égard de Robert. Un jour, n’y tenant plus, elle quitte précipitamment la classe et tombe sur Robert et Sylvaine allongés ensemble sous son toit, sans que ceux-ci semblent s’en apercevoir. Plus tard, attendrie par son fils Pierre, elle se sent honteuse de son geste. Emma Berthier (Geneviève Rey-Penchenat) lui donne les bons conseils. Cécile lui avoue alors qu’elle souffre de l’absence de son mari et qu’elle ne pourrait l’oublier. Emma, compréhensive, apporte son soutien à Cécile dans sa solitude.

Robert part momentanément pour Brive. La relation amicale entre Cécile et Sylvaine devient tendue par le comportement précédent de Sylvaine. Cécile lui reproche ses écarts et lui demande fermement de quitter la maison pour un autre logement mais qu’elle pourra néanmoins toujours l’aider à entretenir la ferme. Peu après, Cécile accueille Robert de retour à la ferme et cherche malgré elle à le reconquérir. Elle lui annonce l’éloignement nécessaire de Sylvaine. Robert comprend la situation sans avouer son sentiment, ce qui vexe Cécile qui se blesse volontairement pour l’apitoyer sur son sort. Celui-ci intervient et la soigne, ce qui suffit à la réconforter.

Les couples formés depuis le bal semblent prendre leurs habitudes. Les relations entre Cécile et Sylvaine s’améliorent ; l’institutrice ayant retrouvé pour un temps un homme à la ferme. Sylvaine ne peut malgré tout s’empêcher d’approcher Robert, ce qui réanime la jalousie de Cécile, qui le lui fait comprendre lors d’une séance de lecture. Sylvaine, vexée, quitte la salle et en parle à Robert qui oblige alors Cécile à demander pardon à Sylvaine. Cécile avoue sa honte d’avoir fait du mal à Sylvaine et cherche à s’excuser de ses comportements. Sylvaine affirme sa reconnaissance à son amie de lui apprendre à lire, ce qui l’aide à évoluer. Les deux femmes se réconcilient.

Armand le menuisier (Eric Savin), logé chez Thérèse (Marie Matheron), semble commencer à prendre un rôle de père avec le fils de celle-ci. Les relations entre Sylvaine et Robert deviennent ambigües, Robert refusant de choisir. L’abbé Brisseau, logé par Emma, croit reconnaître en Robert un assassin qui aurait tué un officier alors qu’ils étaient au front. Il dicte à Emma une lettre de dénonciation adressée au préfet. Au dernier moment, Emma refuse d’expédier cette lettre qui arrive dans les mains de Cécile. Cette dernière demande à Robert de quitter le pays. Il reconnaît avoir tué un officier, mais en ayant voulu protéger un jeune soldat menacé de mort par cet officier, ceci sous les yeux de l’abbé Brisseau, alors aumônier des armées. Cécile pensant que son mari aurait agit pareillement, confirme pourtant à Robert qu’elle souhaite qu’il quitte le pays. Celui-ci refuse et décide d’aller se confronter à l’abbé. Robert sort déculpabilisé de cette confrontation.

Convaincu de l’ignorance des femmes de Saint-Roch, Sylvaine décide d’organiser des cours d’éducation sexuelle au village avec l’aide du docteur Amiot (Jean-Claude Penchenat). Le maire convoque Sylvaine et essaye à nouveau de la séduire en lui promettant de l’installer à la ville. Elle prend cette proposition à la légère et finit par le gifler devant ses avances. Le maire la renvoie fermement en lui promettant sa vengeance. Elle décide de créer une guinguette pour animer le village. La guinguette prend forme avec l’aide de tous les habitants et artisans du village non sans quelques difficultés.

Des cohabitations deviennent des couples en formation. Le mari (Thierry Gilbault) de Thérèse rentre tardivement de la guerre, psychologiquement diminué, alors qu’elle commençait une nouvelle vie avec Armand le menuisier. Armand finit par quitter le foyer au grand regret de Thérèse, mais la vie reprend le dessus. Angélique (Célia Catalifo), le jour de son entrée au couvent, fuit le village et sa mère en compagnie de Gaspard (William Mesguich). La quiétude s’installe à la ferme entre Cécile et Robert, ainsi que dans le village de Saint-Roch.

Le maire trouble la situation en voulant interdire la construction de la guinguette pourtant déjà bien avancée. Décidée à réussir son projet par tous les moyens, Sylvaine rejoint le bureau du maire pour accepter sa précédente offre, ce que Cécile lui interdit en lui présentant les nouvelles lois gouvernementales en faveur des femmes. Les travaux reprennent. Sylvaine reçoit le notaire (Jean-Claude Berliocchi) qui, mandaté par un mystérieux mécène, répond à sa demande de fonds réclamée par annonce. Un jour, annoncé par une suite de carte postale, arrive une automobile ; c’est Auxence (Julien Baumgartner), ancien protégé de Pierre Delpeuch et ancien prétendant de Sylvaine, devenu journaliste, fervent partisan de la cause des femmes et qui a retrouvé Sylvaine grâce à sa demande de fonds. Le jeune homme décrit ses derniers instants au front aux côtés de Pierre. Cécile réalise qu’elle ne reverra jamais son mari Pierre, disparu au combat. Auxence lui remet la dernière lettre que celui-ci lui a écrite et que par dépit il n’a pas envoyée. Sa lecture emplit d’émotion Cécile, Sylvaine et Robert. Cécile se ressaisit et semble réconfortée par une présence durable de Robert à ses côtés.

Fiche technique

  • Réalisation : Jean-Louis Lorenzi
  • Scénario : Béatrice Rubinstein et Jean-Louis Lorenzi, d'après le roman de Michel Peyramaure
  • Musique : Marc Mader
  • Image : Olivier Gueneau
  • Montage : Claude Ronzeau
  • Décors : Claude Lenoir
  • Sociétés de production : France 2, Native, SFP
  • Pays : Drapeau de la France France
  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 120 minutes
  • Date de diffusion : 2005 sur France 2

Distribution

Autour du téléfilm

Le téléfilm a été tourné à Veyrac, Branceilles, Theuville, Bréançon, Fleury-en-Bière, Gély-en-Bière.

Lien externe