La Sentinelle (journal)

La Sentinelle (journal)

La Sentinelle est un journal d'inspiration girondine paru sous la Révolution française en 1792 et 1793, puis de 1795 à 1798. Feuille de Jean-Baptiste Louvet de Couvray, il disparaît un an après sa mort en 1797.

En , La Sentinelle voit le jour sous la forme d'un journal-affiche. Tous les deux jours, de grandes affiches rosées et imprimées en gros caractère sont placardées sur les murs de Paris et des principales villes de province. Financé par le ministère de l’Intérieur, dirigé par Jean-Marie Roland de La Platière, Jean-Baptiste Louvet en est le principal rédacteur, même si Manon Roland affirme y avoir participé dans ses Mémoires. Parmi les rédacteurs, on signale également Pierre-Jean-Baptiste Chaussard. Selon Louvet, le tirage de certains numéros s'élève jusqu'à 20 000 exemplaires.

Les premiers numéros s'attachent à dénoncer les menées royalistes, notamment celles des Feuillants. À partir de l’automne 1792, son contenu s'infléchit pour rendre compte du combat de Louvet contre la Commune de Paris et les députés montagnards, en particulier Marat, Danton et Robespierre, « triumvirat » accusé d’aspirer à la dictature. Il semble que la parution cesse ensuite durant les mois de novembre et de décembre 1792.

On n'a conservé que huit numéros parus entre le 3 janvier et le . Il s'agit alors d'écrits de quatre pages in-8°. Puis la parution cesse. Compris dans la chute des Girondins lors des journées du 31 mai et du 2 juin 1793, Louvet prend alors la fuite.

De retour à la Convention nationale en 1795, il en reprend la publication le 6 messidor an III (), sous la forme d'un quotidien, de format grand in-4° à deux colonnes. Elle dispose d'assez de place pour rendre compte des séances de la Convention (rédigées par Pierre-Charles-Louis Baudin[1]), des nouvelles des armées et de l'intérieur et de ses propres impressions. De fait, il s'agit pour Louvet d'un instrument de combat contre les derniers « terroristes » et la réaction royaliste. François Daunou y publie des articles non signés[2].

À la mort de Jean-Baptiste Louvet, son collaborateur, Jean-Jacques Leuliette, devient rédacteur. La Sentinelle disparaît définitivement le 14 floréal an VI (), après 1038 numéros.

Sources

  • « Louvet, rédacteur en chef de La Sentinelle », in Léonard Gallois, Histoire des journaux et des journalistes de la révolution française (1789-1796): Barère. Camille Desmoulins. Fauchet et Bonneville. Condorcet. Robespierre. Tallien. Cérutti, Grouvelle et Ginguené. Prudhomme, Tournon et Loustalot. Fréron et Labenetta. Royou et Montjoye. Mirabeau. Babeuf. Cloots, vol. 2, Bureau de la Société de l'industrie fraternelle, 1846, p. 475-488
  • Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition]

Notes et références

  1. « Baudin (Pierre-Charles-Louis) », in Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne: ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, vol. 3 (Bam-Bere), Desplaces, 1854, p. 278.
  2. Alphonse-Honoré Taillandier, Documents biographiques sur P. C. F. Daunou, Firmin Didot frères, 1847, p. 376.