La Redoute (entreprise)

La Redoute
logo de La Redoute (entreprise)

Création 1837
Forme juridique Société anonyme
Slogan « On a tous une raison d'aimer La Redoute »
Siège social Roubaix
Drapeau de France France
Direction Nathalie Balla[1] et Éric Courteille[2]
Actionnaires Nathalie Balla ; Éric Courteille ; Groupe Galeries Lafayette (51 %)
Activité Commerce électronique
Produits Mode et décoration
Société mère Groupe Galeries Lafayette
Filiales Relais Colis
Effectif 1700 (2018)
SIREN 477180186
Site web laredoute.fr

Fonds propres 5 100 800 € (négatifs fin 2013)
Dette 101 123 500 € (fin 2013)
Chiffre d'affaires 846 033 300 € en 2013
- 17,50 % par rapport à 2012
Résultat net 88 813 800 € (perte 2013)

La Redoute est une entreprise française de vente à distance qui a commencé cette activité en 1928 par une filature de coton. Elle est fondée en 1837 par Joseph Pollet en tant que filature de laine.

Elle est spécialisée dans le prêt-à-porter et la décoration maison.

Histoire

La Redoute est fondée en 1837, lorsque Joseph Pollet, issu d'une famille rurale, agriculteurs dans le Mélantois[3], s'installe à Roubaix. Il y ouvre la première filature de laine peignée et invente de nouveaux procédés. Son fils, Charles, lui succède, monte une filature en 1873 et construit une usine sur un terrain situé rue de Blanchemaille et rue de la Redoute[note 1],[4],[5],[6]. Pour désigner l'entreprise, il choisit l'appellation « Filatures de la Redoute », en référence à la rue de Roubaix où est implantée l'enseigne.

L'entreprise développée par Charles Pollet marche très bien au point que Charles peut se faire construire un « château » à Mouvaux. L'entreprise peut présenter ses productions lors de l'exposition internationale du Nord de la France de 1911. L'entreprise y obtient un diplôme d'honneur pour la qualité des fils simples ou fantaisie fabriqués (l'usine compte alors 1360 ouvriers-ouvrières)[3].

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, en raison des annulations de marchés et pour faire face à la crise du textile, la famille Pollet cherche un moyen d'écouler ses stocks. Elle fait paraître, sous forme publicitaire, une petite annonce dans le quotidien Le Journal de Roubaix du . Intitulée « Pour tricoter », elle propose des laines filées en solde, des écheveaux et des pelotes et préfigure ainsi les futurs magasins d'usine[3]. Les dirigeants, toujours de la famille Pollet, créent un journal mensuel en 1925 intitulé Pénélope où les clientes peuvent trouver conseils pratiques, échantillons, tarifs, organisation de concours de tricoteuses. Le lancement de nouveaux produits (bas,chaussettes,...) pour toute la famille (non plus seulement la femme mais aussi l'homme, l'enfant), la création d'une bonneterie, l'extension du nombre de clientes amènera à adopter une autre orientation ː le catalogue (voir ci-dessous)[7].

Le développement hors normes de la société est lié aux évolutions sociales ː mise en place de la société de consommation et du prêt-à-porter, progrès du marketing, usage et développement des moyens de communication (téléphone, minitel, internet), développement des services à la clientèle, investissements réguliers et massifs[7].

En 1968, La Redoute signe un partenariat avec Finaref pour lancer sa carte de crédit appelée carte Kangourou[8].

La Redoute est devenue en 1994 une filiale du groupe Redcats (anciennement « groupe La Redoute »), lui-même faisant partie du groupe Kering (anciennement Pinault-Printemps-Redoute ou PPR), après que le Printemps soit devenu le principal actionnaire en 1988-1991[7]. En 1998, l'entreprise rachète le vépéciste américain Brylane[7].

En octobre 2013, Kering annonce chercher un repreneur pour La Redoute. Le groupe Kering prévoit de vendre La Redoute au second semestre de 2013[9]. Le , le groupe Kering cède La Redoute à ses dirigeants, Nathalie Balla et Eric Courteille pour un euro symbolique [10],[11]. Le groupe Kering a investi 315 millions d'euros pour la transformation et 180 pour le volet social[12], avec notamment la suppression de 1 220 emplois sur 3 400. En 2015, la perte correspond à 40 millions d'euros sur un chiffre d'affaires de 750 millions[13].

Le 9 janvier 2014, les futurs repreneurs annoncent qu'ils prévoient la suppression de 1 178 postes sur 3 437 sur quatre ans[14], alors que les ventes baissent de 10 % par an depuis 2010 et que La Redoute perd plusieurs dizaines de millions d'euros par an [15].

Le 2 juin 2014, Kering et la direction de La Redoute ont signé la cession de l'entreprise à ses dirigeants ainsi que l'ouverture du capital à ses salariés[16].

Le 31 août 2017, le groupe Galeries Lafayette annonce le rachat de La Redoute avec une prise de participation majoritaire de 51 % et l’objectif d’en réaliser l’acquisition à 100 % à terme[17].

Informations économiques

La Redoute opère dans dix pays : le Royaume-Uni, la Russie, la Suisse, la Belgique, le Portugal, l’Espagne, la Suède, l'Italie, la Pologne, la Norvège. La Redoute développe également des partenariats avec des distributeurs bien positionnés sur des marchés tels que la Chine ou le Maroc. La Redoute a aussi conclu de nouveaux accords de partenariat dans des zones comme l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Inde[réf. souhaitée].

La Redoute a englobé au cours de son histoire de nombreuses marques dont Vert Baudet, Cyrillus, Daxon-Movitex, Empire Stores, qu'elle n'a pas toujours gardées (ex Vert Baudet et Cyrillus vendus en 2013 à l'époque du groupe Kering)[7].

Activités

Article détaillé : Catalogue La Redoute.

En 1928, le fichier des clientes compte 600 000 noms, ce qui incite les Pollet à concevoir un « support spécifique de diffusion et promotion de leurs articles ». Ainsi nait le catalogue de vente par correspondance, avec toute la logistique que ce type de vente suppose pour par exemple enregistrer les commandes, préparer les colis, y inscrire les adresses de livraison[3]. Le premier catalogue de La Redoute est publié en 1928 : sous un petit format de seize pages, une quarantaine d'articles, uniquement centrés sur le tricot. En 1956, le catalogue commercialise des produits pour la maison. Les premiers catalogues sont entièrement dessinés, les premières photographies en noir et blanc arrivent en 1933. De 1935 à 1939, la couverture du catalogue montre les salariés sortant de l'usine pour souligner la puissance de l'entreprise[7]. Le catalogue ne cesse de grossir au fil des ans à mesure que les articles proposés concernent de nouveaux domaines d'équipement de la maison, en allant bien au-delà des articles textiles. A la veille du XXIe siècle, on trouve quasiment de tout dans le catalogue, ː 1218 pages dans le catalogue printemps-été et 66 000 références en 1999[7], date à laquelle la société est leader français de la vente par correspondance[3].

En 1961, l'entreprise cesse les activités industrielles pour ne réaliser que de la distribution[7]. En 1964, la société entre en Bourse[18]. En 1970, ouvre le site de colisage de la Martinoire. En 1975, création du premier Rendez-Vous Catalogue (boutiques), en 1984 , l'entreprise s'engage sur la livraison en « 48 h chrono »[7].

Le site internet de La Redoute, et le commerce électronique en général, représentent aujourd'hui[Quand ?] 78 % du CA de la société. Selon emarketerz.fr, La Redoute est dixième au classement en 2015 des sites de commerce électronique en France[19].

La Redoute revendique un chiffre d'affaires de 750 M€ en 2016, mais les comptes ne sont plus publiés[20].

Le nouvel actionnaire privilégie le développement des produits pour la maison avec 10 magasins Ampm, 5 magasins Redoute Intérieurs, 300 M € de chiffre d’affaires,15 % du CA à l’international, 60 % du CA réalisé dans le meuble et 40 % dans la déco[21].

Les préparateurs de commande alignés sur une chaîne de production réalisent 600 gestes à l'heure selon la CGT[22].

Le buzz de « L'homme nu »

En janvier 2012, le site internet publie une photo d'enfant courant sur la plage avec, en arrière-plan, un homme nu. L'image fait rapidement le tour du web, ce qui contraint l'entreprise à s'excuser[23].

Le mois suivant, Anne-Véronique Baylac — la directrice commerce électronique de l'entreprise — organise un jeu concours afin de permettre aux internautes de trouver des fails volontairement insérés par La Redoute sur son site web[24]. Julien Hatton, le directeur de l'agence de communication Buzznative, qualifie cette stratégie de « très bonne manière de rebondir après un bad (mauvais) buzz » et qu'elle permettra « de recruter de nouveaux clients et notamment parmi les jeunes générations »[25].

Controverses

En juin 2019, La Redoute est condamnée par le conseil des prud'hommes pour avoir retenu sur salaires le temps de déplacement jusqu'au lieu de pause, distant de 4 à 5 minutes des espaces de production[22].

Notes et références

Notes

  1. Les quatre sources qui suivent donnent quatre années différentes : « dans les années 1820 » ; « 1831 » ; « 1837 » et « 1873 ».

Références

  1. (en) « Nathalie Balla élue personnalité e-commerce de l'année 2011 », sur ecommercemag.fr, (consulté le 25 mars 2013)
  2. Co-présidence
  3. a b c d et e François Lecocq, cité dans la bibliographie, p. 30
  4. « La Redoute : historique N°1 de la VPC », Blue (consulté le 4 décembre 2010)
  5. « Au service de ces dames », Stratégies, (consulté le 4 décembre 2010)
  6. Sophie Bourgeois, « La saga des marques : l'histoire de La Redoute », Plurielles, (consulté le 4 décembre 2010)
  7. a b c d e f g h et i François Lecocq, option citée, p. 31
  8. (en) Isabelle Condou-Sallard, « La carte Kangourou change de look pour ses 40 ans »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), sur e-marketing.fr, (consulté le 25 mars 2013)
  9. Lemonde.fr
  10. Kering accepte de céder La Redoute à ses dirigeants, Challenges, 4 décembre 2013
  11. La Redoute reprise par ses propres dirigeants, Le Journal du Dimanche, 4 décembre 2013
  12. « Kering officialise la cession de La Redoute à ses deux dirigeants », sur Challenges (consulté le 24 février 2016)
  13. Prisma Media, « L’incroyable résurrection de La Redoute », sur Capital.fr (consulté le 1er juin 2016)
  14. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/01/09/97002-20140109FILWWW00440-la-redoute-suppression-de-1178-postes.php
  15. http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/01/09/09005-20140109ARTFIG00468-la-redoute-va-supprimer-pres-de-la-moitie-de-son-effectif.php
  16. Kering officialise la cession de La Redoute à ses deux dirigeants, Challenges, 3 juin 2014
  17. Les Galeries Lafayette rachètent La Redoute, Le Monde, 31 août 2017.
  18. 1960-1964 - LSA
  19. http://www.emarketerz.fr/classement-audience-top-15-e-commerce-3eme-trimestre-2015/
  20. « La Redoute », sur www.societe.com (consulté le 17 août 2019)
  21. Magali Picard, « les ambitions... », lsa conso,‎
  22. a et b « Un employé de La Redoute mis à pied pour avoir mangé une clémentine », sur leparisien.fr,
  23. Bérénice Dubuc, « La Redoute: Un homme nu s'invite sur une photo des pages enfant », sur 20 minutes,
  24. Après l'homme nu, La Redoute lance une chasse à l'erreur - Géraldine Dormoy, L'Express Styles, 1er février 2012
  25. Gabriel Vedrenne, « La Redoute ou l'art de rebondir en ligne », sur Europe 1,

Annexes

Bibliographie

  • Marc Grosclaude, « La Redoute : une histoire de mode qui dure plus que 48 heures chrono », La Saga des marques, t. 2,‎ , p. 58-61.
  • François Lecocq, « La Redoute ou la saga des Pollet », dans Cent ans de vie dans la région, Tome II ː 1914-1939, La Voix du Nord éditions, n° hors série du 17 février 1999, pp. 30-31.

Articles connexes

Liens externes

  • Site officiel