La Grande Vadrouille

La Grande Vadrouille
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Casque allemand et clap de tournage du film.
Exposé au musée Louis de Funès.

Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Marcel Jullian
Georges et André Tabet
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Corona
Lowndes Productions
The Rank Organisation
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre comédie
film d'aventure
film de guerre
Durée 132 minutes
Sortie 1966

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Grande Vadrouille est un film franco-britannique réalisé par Gérard Oury, sorti en 1966.

Deuxième comédie de Gérard Oury après Le Corniaud, le film se déroule durant la Seconde Guerre mondiale dans la France occupée et raconte les déboires de deux Français — totalement opposés par leurs caractères et leurs origines sociales — se retrouvant obligés d'aider un petit groupe d'aviateurs britanniques à se rendre en zone libre, tout en étant poursuivis par les Allemands. Ces deux Français sont interprétés par Bourvil et Louis de Funès, duo vedette du Corniaud, qui jouent respectivement un peintre en bâtiment un peu naïf et un chef d'orchestre de l'Opéra de Paris très acariâtre et imbu de sa personne.

Avec plus de 17 millions de spectateurs lors de sa 1re exploitation en salles (de 1966 à 1975), le film demeure pendant plus de trente ans le meilleur score du box-office français toutes nationalités confondues (avant d'être dépassé par Titanic en 1998) et durant plus de quarante ans le plus grand succès d'un film français sur le territoire français, avant d'être dépassé par Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en avril 2008. Cependant, proportionnellement à la population française des deux époques, La Grande Vadrouille reste au premier rang. Il est à ce jour troisième au palmarès des films français les plus vus en France, précédé par Bienvenue chez les Ch'tis et Intouchables.

Synopsis

En 1942, pendant l'Occupation, un bombardier britannique embarquant cinq hommes d'équipage est abattu au-dessus de Paris par la Flak, lors d'un retour de raid aérien. Ses occupants sautent en parachute. Deux sont faits prisonniers, les trois autres parviennent à échapper aux Allemands. Le premier, sir Reginald Brook (alias « Big Moustache »), atterrit dans le zoo de Vincennes, le second, Peter Cunningham, sur la nacelle d'un peintre en bâtiment, Augustin Bouvet, et le dernier, Alan MacIntosh, sur le toit de l'opéra Garnier avant de se réfugier dans la loge d'un chef d'orchestre acariâtre, Stanislas Lefort.

Bouvet et Lefort doivent alors, malgré eux, cacher les aviateurs avant de les aider à rejoindre la zone libre, et de là l'Angleterre. Pourchassés par les Allemands et notamment le major Achbach, les fugitifs traversent de nombreuses péripéties lors de leur voyage vers la Bourgogne. Ils franchiront enfin la fameuse « ligne de démarcation », avec l'aide de Germaine, la patronne de l'« hôtel du Globe » à Meursault, et atteindront la zone libre en planeur.

Fiche technique

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution

Non crédités 
  • Georges Atlas : le policier de la Gestapo à l'atelier d'Augustin
  • Anne Berger : Marguerite
  • Christian Brocard : un employé de la gare
  • Alice Field : la prostituée
  • Gabriel Gobin : un machiniste résistant de l'opéra
  • Rémy Julienne : le motard qui reçoit la citrouille
  • Gérard Martin : le harpiste
  • Clément Michu : le postier à la gare
  • Jean Minisini : un soldat allemand
  • Raymond Pierson : un soldat allemand
  • Édouard Pignon : figurant à l'Opéra[réf. nécessaire]
  • Danièle Thompson : figurante
  • Lionel Vitrant : Barbot
  • Nicolas Bang : John, le bombardier
  • George Birt : Harry, le mitrailleur
  • Guy Bonnafoux : l'employé du bain turc
  • Jerry Brouer : un soldat allemand
  • Charly Constant : Ludwig
  • Georges Dehneli : le commandant allemand
  • Fred Fischer : un colonel allemand
  • Guy Fox : le gros bonhomme
  • Raoul Gola : le pianiste
  • Peter Jacob : un général allemand
  • Catherine Prou-Marshall : une nonne aux hospices de Beaune
  • Horst Miessner : le premier Allemand au hammam
  • Jean-François Masson : le second Allemand au hammam
  • Bernard Mermod : le sous-officier greffier
  • Jean-Pierre Posier : Patrick, le mécanicien
  • Gary Ramm : le pilote allemand
  • Tony Roedel : un sous-officier allemand
  • Claude Rouillard : le second pêcheur
  • Pierre Roussel : le voisin de Peter au wagon-restaurant
  • Georges Ruseckis : le chef SS à Paris
  • Percival Russel : le soldat allemand assommé
  • Claude Salez : un officier allemand
  • Rolph Spath : l'aide de camp
  • Sacha Tarride : le premier garçon
  • Conrad Von Bork : un autre colonel allemand
  • Joachim Weshoff : Faust
  • Jean Landret : le guide à Chaillot (scène coupée)
  • Reinhard Kolldehoff : un caporal allemand

Réalisation

Genèse

Un ancien projet abandonné

Photo en noir et blanc d'une femme âgé d'une trentaine d'années.
Zizi Jeanmaire devait jouer le double rôle des jumelles Lili et Lulu dans le projet qui donnera plus tard La Grande Vadrouille.

Au début des années 1960, le producteur Henry Deutschmeister de la Franco-London Films tient sous contrat Zizi Jeanmaire, célèbre meneuse de revue et actrice de l'époque[1]. À la même période, Deutschmeister vient de produire La Main chaude, premier film réalisé par Gérard Oury[1]. Il demande à Oury et son co-scénariste Jean-Charles Tacchella d'écrire un film dans lequel Zizi Jeanmaire pourrait jouer deux rôles à la fois[1],[2]. Ceux-ci écrivent alors le synopsis d'un film sur deux sœurs jumelles nommées Lili et Lulu qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l'Occupation, sauvent des aviateurs anglais dont l'appareil a été abattu au-dessus de Paris et les conduisent en zone libre[1],[2],[3]. Lili est très pieuse et l'épouse d'un marchand de « bondieuseries » de la place Saint-Sulpice et ne fréquente que des curés, tandis que Lulu est une prostituée[1],[4]. Lulu prend en charge trois aviateurs et les conduit jusqu'à Marseille, en les faisant « transiter de claques en lupanars et de bordels en boxons[cit. 1] », à leur plus grande joie[1],[4], même si ces lieux sont dangereux, car fréquentés par de nombreux officiers allemands[3],[2]. Les trois autres aviateurs, eux, voyagent avec Lili de monastères en couvents, aidés par de courageuses nonnes, et vivent moins agréablement leur périple jusqu'en zone libre[1],[4] : « Tirés de leur sommeil à l'aube, repas frugaux, froides cellules, les trois autres en fait de robe n'aperçoivent que la bure des moines ou les blanches cornettes des nonnes[cit. 1] ». Un véritable fait divers a inspiré Oury et Tacchella : en 1942, un avion allié canadien a été abattu au-dessus de Paris et les membres de l’équipage ont dû sauter en parachute, l'un atterrissant sur les toits des Grands Magasins du Louvre et un autre place Clichy[6].

Henry Deutschmeister adhère au projet et achète le scénario, d'abord intitulé Au petit Jésus puis Lili et Lulu ou les Bonnes Sœurs[1]. Trouvant que Tacchella et Oury sont de trop jeunes scénaristes, il fait appel à un « vrai constructeur de film », Léo Joannon, mais les scénaristes ne s'entendent pas avec ce réalisateur expérimenté[1], qui fut d'ailleurs collaborateur pendant la guerre. Les rôles de Lili et Lulu sont par la suite prévus pour deux célèbres actrices jumelles italiennes, Pier Angeli et Marisa Pavan[1],[4], qui n'ont jamais eu l'occasion de jouer ensemble[3]. Finalement, Deutschmeister n'arrive à convaincre aucun distributeur et ne trouve donc aucun financement pour le projet, qui est abandonné[4].

Gérard Oury avait déjà écrit une comédie se déroulant sous l'Occupation : Babette s'en va-t-en guerre, premier film français à traiter de la Seconde Guerre mondiale sur le mode de la comédie, qu'il a co-écrit en 1958 avec Raoul Lévy, également producteur du film[7]. Brigitte Bardot, Jacques Charrier et Francis Blanche tenaient les rôles principaux et Christian-Jaque en était le réalisateur.

Développement

Tournage

Le tournage a débuté le 16 mai 1966 et s'est déroulé sur dix-sept semaines[8]. Le budget du film est de 14 millions de francs[8],[9], soit l'équivalent à l'époque de 1,3 milliard d'anciens francs, ce qui en fait alors le film français le plus cher à l'époque[10],[11].

Lieux de tournage

Plaque apposée sur le portail de la mairie de Meursault.

Source : La Grande Vadrouille sur L2TC.com

La scène dans laquelle Bourvil intercepte Louis de Funès descendant une rue en vélo pour qu'il ne rencontre pas une patrouille allemande se passe rue de l'Hôtel de Ville

    • Noyers-sur-Serein
      La scène de l'hôtel du Globe (qui n'existe plus aujourd'hui). On peut y reconnaitre les arcades de la place de l'Hôtel de Ville et également l'agence du Crédit Agricole, dont l'enseigne, bien qu'éteinte, apparaît dans le film.
    • Asquins
      Le transfert des Anglais dans des tonneaux a été tourné sur la « route des Chaumots » en direction des Hauts d'Asquins.
    • Pierre-Perthuis ; la scène dans laquelle de Funès et Bourvil, déguisés en soldats allemands sont emmenés prisonniers.
    • Lichères-sur-Yonne
      La scène du vol du camion par les deux aviateurs anglais a été filmée à l'entrée du château de Faulin.
  • dans l'Aveyron :
  • dans le Cantal :
    • Vallée de la Truyère
      La scène du barrage (début de la poursuite) a été tournée sur le barrage de Grandval. Cette scène est montée de toutes pièces car le barrage a été construit entre 1955 et 1959 et l'action se passe en 1942. D'autre part, le barrage est situé à 450 km de la Bourgogne au cœur du Massif Central et de la Zone libre.
    • Saint-Flour
      La fuite vers l'aérodrome a été tournée sur le plateau de la Chomette.
    • Alleuze
      Les routes de la course poursuite sont aussi des routes auvergnates puisqu'il s'agit des routes entourant le château d'Alleuze et aux environs de la Barge d'Alleuze et de Saint-Flour que l'on aperçoit d'ailleurs dans le film.
  • en Lozère :
  • en Haute-Savoie :
    • Taninges
    • Essert-Romand
      Le pilote de l'avion de reconnaissance indique une route départementale 328 qui est en fait située en Haute-Savoie et qui relie Fry à Essert-Romand.

Sortie et accueil

Bourvil et Andréa Parisy à l'aéroport d'Amsterdam le , lors de la promotion du film aux Pays-Bas.

Box-office

  • Recette totale Drapeau de la France France : ~ 17 267 607 entrées en salle[12]
Box-office Paris
Semaines Rang Entrées
1re semaine 1 105 752
2e semaine 1 104 604
3e semaine 1 136 192
4e semaine 1 136 714
5e semaine 1 84 730
6e semaine 1 79 580
7e semaine 1 73 033
8e semaine 1 65 530
9e semaine 1 60 726
10e semaine 1 71 010
11e semaine 2 47 570
12e semaine 3 42 850
13e semaine 1 41 860
14e semaine 2 39 050
15e semaine 3 33 789
16e semaine 3 53 080
17e semaine 3 48 040
18e semaine 5 28 510
19e semaine 6 18 488
20e semaine 5 24 300
21e semaine 2 53 140
22e semaine 1 46 847
23e semaine 2 30 506

Sorti en décembre 1966, le film a totalisé pendant longtemps le plus grand nombre d'entrées en France avec plus de 17 millions de tickets vendus. Il est finalement dépassé par Titanic de James Cameron en 1997 mais également par Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon[13] en 2008 puis Intouchables en 2011. Cependant, en proportion de la population française de l'époque, La Grande Vadrouille reste devant tous les autres films français avec 34 % des Français qui sont allés voir ce film, contre 31 % pour Bienvenue chez les Ch'tis.

Le film connut un succès international, y compris en Allemagne où il fut la première comédie présentée à l'écran consacrée à la Seconde Guerre mondiale, et réalisa 3 300 000 entrées lors de sa ressortie en 1974 (pas de données pour ses entrées en 1967)[14]. En Espagne, il fit 1 369 370 entrées[15] ainsi que 777 000 en Suède. En URSS, il fit 37,8 millions d'entrées[17] !

Pour sa ressortie en salles dans une version restaurée en , le film se hisse à la dix-neuvième place du box-office français lors de son première week-end avec 13 178 entrées sur les 59 salles le diffusant ; il totalise finalement 35 633 entrées à la fin de cette nouvelle exploitation en salles[18].

Distinctions

De plus, le , La Grande Vadrouille bénéficie de l'honneur d'être projeté par le Service cinématographique des Armées dans la grande salle des fêtes du palais de l'Élysée, en présence du général de Gaulle qui, devant le film, « rit de bon cœur, mais moins toutefois que ses petits-enfants »[19].

Exploitations ultérieures

Diffusion à la télévision française

La première télédiffusion eut lieu le 1er janvier 1976 sur la deuxième chaîne française. Au total, le film a été diffusé seize fois sur la première chaîne et onze fois sur la deuxième chaîne. Il a aussi été diffusé sur d'autres chaînes.

Sur la première chaîne, la huitième diffusion eut lieu en 1988 et rassembla 46,7 % des téléspectateurs, la onzième en 2002, rassembla 9 millions de téléspectateurs, et la douzième 9,3 millions.

Le , pour sa 15e diffusion sur TF1, le film a rassemblé plus de 9 millions de téléspectateurs pour 33 % de part de marché, ce qui fait de lui le film le plus vu à la télévision en France pour l'année 2009[20].

La 16e diffusion à la télévision a eu lieu le 1er janvier 2012, sur TF1 et a réuni 8,7 millions de spectateurs.

Le , la diffusion sur la chaîne TF1 de La Grande Vadrouille a été suivie par 7 239 000 téléspectateurs, soit 28,5 % de part d'audience[21].

Le 16 avril 2017, pour le dimanche de Pâques, le film a rassemblé 6 256 000 personnes, soit 28,9 % du public sur France 2.

Analyse

Références et inspirations

Dans la scène du wagon-restaurant, sous le regard de Juliette assise à une autre table, Peter dine face à un officier allemand francophile (Helmuth Schneider) qui récite les extraits d'un poème de Charles Péguy (« Étoile de la mer voici la lourde nappe Et la profonde houle et l’océan des blés »). Il s'agit des deux premiers vers de Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres tiré de La Tapisserie de Notre-Dame, œuvre parue en 1913.

Erreurs

Au commencement du film, le bombardier anglais est présenté comme un Avro Lancaster. Mais plus tard, on voit qu'il s'agit d'un avion Boeing B-17. Il était l'un des quadrimoteurs américains utilisés par l'Institut géographique national jusqu'à la fin des années 1980, qui ont participé aussi au tournage du film Memphis Belle. Jean Salis finance l’achat du B-17 «Pink Lady» et à son initiative l’Association Forteresse Toujours Volante est créée en 1985, avec pour but l’acquisition d’une Forteresse, la présentation en vol de celle-ci et sa conservation sur l’aérodrome de la Ferté Alais. En 1987, le B-17 «Pink Lady» reçoit un « CDN avion de collection » et devient le F-AZDX [22].

Liens avec d'autres œuvres

Le thème du récit présente de nombreuses analogies avec le film Jeanne de Paris (1942) où un équipage de bombardier américain trouvait refuge à Paris et le soutien d'une courageuse petite Française (Michèle Morgan dont le fils, Mike Marshall, a tourné dans La Grande Vadrouille). Le film américain est dramatique, même si le surréalisme de sa description de Paris est riche de comique involontaire. Et là aussi, on trouve une fuite par les égouts.

Le film Gonflés à bloc (toujours avec Bourvil, Marie Dubois et Terry-Thomas) reprend - en l'amplifiant entre de nombreux personnages, dont Mireille Darc et Tony Curtis - la scène des lits intervertis dans un hôtel, l'un des protagonistes étant volontairement (« par erreur ») appelé « colonel » (dans la version française).

En 1970, dans Le Mur de l'Atlantique, le dernier film qu'il tourne, Bourvil joue à nouveau aux côtés de Terry-Thomas. Comme La Grande Vadrouille, le film est une comédie se déroulant sous l'Occupation et Marcel Jullian figure parmi les scénaristes.

Ressortie en HD 4K

Pour fêter ses 50 ans, La Grande Vadrouille ressort en salle dans une version remastérisée le 13 juillet 2016[5].

Autour du film

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Les sections « Anecdotes », « Autres détails », « Le saviez-vous ? », « Citations », « Autour de... » , etc., peuvent être inopportunes dans les articles (juillet 2012).
Pour améliorer cet article il convient, si ces faits présentent un intérêt encyclopédique et sont correctement sourcés, de les intégrer dans d’autres sections.
  • Bourvil et de Funès avaient déjà été réunis deux ans plus tôt par Gérard Oury dans Le Corniaud. Mais ils avaient également travaillé ensemble dans Poisson d'avril (1954), Les Hussards (1955) et La Traversée de Paris (1956).
  • Louis de Funès déclare en se moquant du major Achbach être né en 14 pendant la grande guerre donc d’après cette affirmation il aurait 28 ans dans le film puisque l'action se déroule en 1942.
  • Lors du tournage, Bourvil et Louis de Funès ont dit en riant que c'était leur dernier film ensemble. Ce fut la vérité. Après Le Cerveau (1968) avec Bourvil et Jean-Paul Belmondo, Gérard Oury écrit le scénario de La Folie des grandeurs mais Bourvil, atteint d'un cancer, meurt avant le début du tournage, le 23 septembre 1970. Il est remplacé par Yves Montand. Le film finira quatrième au box-office français de 1971 avec 5,5 millions d'entrées.
  • Il est encore possible de voir les carcasses des voitures ayant servi à la cascade finale avec les planeurs en bas de la falaise du truc de Balduc situé au nord-est de l'aérodrome de Mende - Brenoux.
  • La scène finale devait se conclure par une poursuite à ski. Pour des raisons météorologiques, elle ne put se faire et fut remplacée par une fuite en planeur.
  • Louis de Funès/Stanislas Lefort dirige la Marche Hongroise de la Damnation de Faust d'Hector Berlioz avec les mouvements réels que devrait avoir un chef d'orchestre (de Funès était réellement musicien puisqu'il apprit le piano dès l'âge de 5 ans et fut pianiste de bar). Pour cela, il a répété trois mois devant la glace de son salon et a pris quelques leçons avec le directeur de l'Orchestre national. À la fin de la première répétition, l'orchestre de l'Opéra se lève et l'acclame en « tapant archets contre violons, flûtes contre pupitres[23] ». En fait, ces applaudissements étaient totalement improvisés.
  • Dans la scène des bains turcs, c'est l'air de la chanson Tea for Two, extraite de la comédie musicale américaine No, no, Nanette, qui sert de signal de reconnaissance aux personnages ayant rendez-vous. Pour figurer la montée de la vapeur, on a utilisé du gaz carbonique, ce qui fait s'évanouir un des figurants[24].
  • Gérard Oury avait vendu au producteur Henry Deutschmeister un scénario où deux jumelles font traverser la France à l'équipage d'un bombardier britannique abattu par la Flak. Le réalisateur récupéra les droits du projet et substitua Bourvil et De Funès aux deux sœurs. « Les rôles principaux : deux filles ? Et alors ? Je les transformerai en hommes[23]! » De ce scénario originel ne subsiste que la séquence des Hospices de Beaune.
  • La scène durant laquelle Louis de Funès se retrouve sur les épaules de Bourvil[25] et est baladé par celui-ci n'était pas prévue à l'origine dans le scénario et était de la pure improvisation des deux acteurs. En effet, au départ, Louis de Funès devait escalader le mur et devait ensuite tomber sur Bourvil jusqu'au sol. Pour cela il était prévu une doublure pour De Funès. La scène eut tant de succès qu'elle servit pour la réalisation de l'affiche du film, et est aujourd'hui considérée comme une des plus grandes scènes du cinéma comique français. L'ensemble de cette séquence a été tournée dans le Chaos de Montpellier-le-Vieux.
  • Lors de la poursuite entre les Allemands et les héros, le motard qui reçoit la citrouille et chute n'est autre que Rémy Julienne, l'un des cascadeurs du film. À la suite de la disparition de Gil Delamare, le responsable des cascades du film, Rémy fut par la suite chargé de toutes les actions voitures et motos du film.
  • Beaucoup d'acteurs avaient déjà tourné ou tourneront plus tard avec Bourvil ou Louis de Funès. Reinhard Kolldehoff et Terry-Thomas avait tourné dans Le Mur de l'Atlantique. Guy Grosso et Michel Modo avaient tourné avec Louis de Funès dans la série des Gendarmes. Jean Droze a partagé l'affiche avec De Funès dans de nombreux films dont Le Corniaud.

Notes et références

Notes

  1. Le Goldene Leinwand, ou « Golden Screen » (littéralement « Écran d'or »), est une récompense allemande décernée aux films ayant réalisé un box-office exceptionnel, c'est-à-dire de plus de 3 000 000 de spectateurs.

Références

  1. a b c d e f g h i et j Chapeau 2004, p. 15
  2. a b et c Loubier 2014, p. 229
  3. a b et c Dicale 2009, p. 303
  4. a b c d et e Lancry 2012, p. 34
  5. a et b Hélène Combis-Schlumberger, « Aujourd'hui, on ne pourrait plus faire La Grande Vadrouille », sur France Culture, (consulté le 12 août 2016).
  6. Interview de Gérard Oury sur France Inter le 6 décembre 1966[5].
  7. Chapeau 2004, p. 10
  8. a et b http://users.skynet.be/bourvil/Films/Vadrouille.htm
  9. http://www.telestar.fr/2014/photos/la-grande-vadrouille-3-secrets-du-film-de-gerard-oury-64903
  10. http://www.boxofficestory.com/la-grande-vadrouille-louis-de-funes-et-bourvil-box-office-1966-a126333008
  11. https://books.google.fr/books?id=hmgXDAAAQBAJ&pg=PT674&lpg=PT674&dq=la+grande+vadrouille+1+milliard+300+millions+de+francs&source=bl&ots=nzUh1AGTYo&sig=wvfnbNPtSwboOQCNOBkplLJZWJc&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjO576ZocjPAhXF7BQKHdNbCrcQ6AEIKjAB#v=onepage&q=la%20grande%20vadrouille%201%20milliard%20300%20millions%20de%20francs&f=false
  12. « La Grande Vadrouille », sur JP's Box-Office (consulté le 18 octobre 2014)
  13. « Les Ch'tis plus forts que La Grande Vadrouille », Ciné News, 2008.
  14. insidekino.de
  15. mundocine.net
  16. kinopoisk.ru
  17. http://www.jpbox-office.com/fichfilm.php?id=16012&affich=france
  18. « De Gaulle, Belmondo et les artistes », sur Actualités Fondation Charles de Gaulle, Fondation Charles de Gaulle, (consulté le 26 janvier 2018).
  19. « Plus de 9 millions de téléspectateurs pour La Grande Vadrouille », Le Monde (supplément TéléVisions),‎ 27-28 décembre 2009, p. 6
  20. Audiences TV : La Grande Vadrouille fait toujours rire
  21. http://www.aerobuzz.fr/aviation-generale/article/l-heure-de-la-retraite-a-sonne
  22. a et b Gérard Oury, Mémoire d'éléphant, op. cit.
  23. Télé 7 Jours n°815 du 27 décembre 1975, page 89, article intitulé : "La Grande Vadrouille : déjà dix-sept millions de spectateurs", publié à l'occasion de la diffusion du film le jeudi 1er janvier 1976.
  24. IMDb

Citations

  1. a et b Oury 1988, p. 228-229 :

    « [Lulu] prend en charge trois des aviateurs et de Paris à Marseille, du Chabanais au Panier fleuri (célèbres maisons closes à Paris et en province, jadis hauts lieux de la civilisation française), les fait transiter de claques en lupanars et de bordels en boxons. Bouffes au marché noir, lits douillets, tendres tétons, les British effectuent « the most wonderful trip of their lives ». Pas comme leurs copains : « Sonnez les matines ding, deng, dong ! » Tirés de leur sommeil à l'aube, repas frugaux, froides cellules, les trois autres « Rosbif » en fait de robe n'aperçoit que la bure des moines ou les blanches cornettes des nonnes, lesquelles, au risque de leurs vies, les font passer de monastères en couvents. »

    — Gérard Oury

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Sur La Grande Vadrouille

  • Georges Tabet et André Tabet, La Grande Vadrouille, d'après le film de Gérard Oury, Fleuve noir, , 378 p. (ASIN B005E8OCC0) (novélisation)
  • Gérard Oury, La Grande vadrouille : un film de Gérard Oury, Paris, L'Avant-scène Cinéma, coll. « L'Avant-scène Cinéma » (no 515), , 134 p. (ISBN 2-84725-011-5).
  • Vincent Chapeau, Sur la route de la Grande Vadrouille : Les Coulisses du tournage, Paris, Hors collection, , 105 p. (ISBN 2-258-06383-3).
  • Pierre-Jean Lancry, Pleins feux sur... La Grande Vadrouille, Paris, Horizon illimité, coll. « Pleins feux sur... », , 136 p. (ISBN 2847870938).
  • Pierre-Jean Lancry (préf. Danièle Thompson), La Grande vadrouille : l'album culte, Toulouse, Milan, coll. « Beaux livres », , 92 p. (ISBN 978-2-7459-5943-0).
  • François Kahn, « 1966 via 1942 : l’année de La Grande Vadrouille », 1966, annus mirabilis, sur Acta Fabula, Fabula, .
  • Gérard Oury, Danièle Thompson et Marcel Jullian, La Grande Vadrouille : Scénario du film, L'Avant-scène Cinéma, , 140 p. (ISBN 9791022000765, lire en ligne)
  • Philippe Chanoinat et Charles Da Costa, De Funès et Bourvil : Deux corniauds en vadrouille, Éditions Jungle, , 48 p. (ISBN 2822207577, lire en ligne)

Ouvrages de membres de l'équipe

Sur Louis de Funès et Bourvil

  • Jean-Jacques Jelot-Blanc, Bourvil, De Funès : leur grande vadrouille, éditions Alphée, coll. « Couples mythiques », , 333 p. (ISBN 2753803226)
  • Bertrand Dicale, Louis de Funès, de A à Z, Paris, Tana (Editis), , 456 p. (ISBN 2845677855).

Bibliographie complémentaire

  • Michel Jacquet, Travelling sur les années noires : L'occupation vue par le cinéma français depuis 1945, Alvik Editions, coll. « Cinéma », , 141 p. (ISBN 2914833202)
  • Pascal Bauchard, La mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français depuis 1945, Académie de Strasbourg (lire en ligne)
  • Sophie Grassin et Robert Sender, Comédies françaises : portrait de la France qui rit, de La Grande Vadrouille aux Ch'tis, édition du Moment, , 184 p. (ISBN 2354170912)

Documentaire

Liens externes