La Folie des grandeurs

La Folie des grandeurs
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Le chapeau à pompons verts de Don Salluste.

Réalisation Gérard Oury
Scénario Gérard Oury
Danièle Thompson
Marcel Jullian
d'après Ruy Blas de Victor Hugo
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont
Mars Films
Coral Films
Paramount-Orion Filmproduktion
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Comédie historique
Durée 110 minutes
Sortie 1971

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Folie des grandeurs est un film franco-hispano-italo-allemand réalisé par Gérard Oury, sorti en 1971.

Très librement adapté de Ruy Blas de Victor Hugo, le film raconte, dans l'Espagne du XVIIe siècle, les mésaventures de l'ignoble don Salluste, cupide et hypocrite ministre des Finances du roi d'Espagne, qui, après avoir été déchu, tente à tout prix de retrouver ses fonctions et sa richesse, en manipulant son ancien valet Blaze.

L'idée d'adapter ce drame romantique en film comique vient à Gérard Oury en 1960, lorsqu'il joue la pièce de théâtre à la Comédie-Française. L'immense succès de ses films Le Corniaud en 1965 et La Grande Vadrouille en 1966 permet à son idée de voir le jour. Bourvil et Louis de Funès, têtes d'affiche des deux films, sont prévus dans les rôles de Blaze et de don Salluste. Après la mort de Bourvil d'un cancer en , et sur suggestion de Simone Signoret, Oury distribue le rôle de Blaze à Yves Montand.

Cette « superproduction » européenne bénéficie d'un budget de 18 millions de francs et de moyens spectaculaires. Le tournage se déroule en Espagne et en France, notamment dans le somptueux palais de l'Alhambra de Grenade. La musique du film est composée par le chanteur pop Michel Polnareff, qui parodie les bandes originales des « westerns spaghettis » de l'époque. Conçus par Georges Wakhévitch et Jacques Fonteray, les décors et costumes s'inspirent de l'œuvre du peintre Diego Vélasquez.

Sorti en , La Folie des grandeurs attire plus de 5 millions de spectateurs, un résultat très honorable mais bien inférieur à ceux du Corniaud et de La Grande Vadrouille, décevant pour les producteurs. Il se classe ainsi à la 4e place du box-office français de l'année, loin derrière Les Aristochats.

Devenu un « film culte » avec les années, La Folie des grandeurs demeure célèbre pour ses répliques et des scènes comme le réveil de don Salluste par Blaze avec les rimes en « or » ou le strip-tease d'Alice Sapritch.

Synopsis

Accroche

Espagne, XVIIe siècle, Siglo de Oro.

Don Salluste (Louis de Funès) profite de ses fonctions de ministre des Finances du roi d'Espagne pour s'enrichir. Mais la reine Marie-Anne de Neubourg, qui le déteste, réussit à le chasser de la cour. Ivre de vengeance, il décide de la compromettre. Son neveu Don César ayant refusé de se mêler au complot, il choisit son valet Blaze (Yves Montand), transi d'amour pour la souveraine, pour tenir le rôle du prince charmant. À force de quiproquos, il ne parvient qu'à attirer sur Blaze les faveurs de la peu avenante Doña Juana (Alice Sapritch).

Résumé

Le carrosse du film, exposé aux abords du circuit de Charade, lors de l'édition 1972 du Grand Prix automobile de France de Formule 1.

Don Salluste de Bazan est ministre du roi d'Espagne Charles II. C'est un être fourbe, hypocrite et cupide qui collecte lui-même les impôts, qu'il détourne en partie à son profit. Il est détesté par la population qu'il opprime.

Accusé par la reine Marie-Anne de Neubourg, une belle princesse bavaroise, d'avoir fait un enfant illégitime à une de ses dames d'honneur, il est déchu de ses fonctions et condamné à se retirer dans un monastère. Décidé à se venger, il entre en contact avec son séduisant neveu, César, devenu brigand, mais ce dernier refusant d'entrer dans sa machination, il le fait capturer par ses sbires et l'envoie comme esclave aux Barbaresques. Il décide alors d'utiliser pour sa vengeance Blaze, son valet récemment congédié et dont il a découvert les sentiments pour la reine : il le fera passer pour César et l'aidera à séduire la reine.

Le jour même de sa présentation à la cour, Blaze déjoue un attentat ourdi contre le roi par les Grands d'Espagne. Il s'attire ainsi les faveurs du couple royal et devient rapidement ministre. Suivant de loin l'évolution de la situation, Salluste découvre que les Grands ont décidé de se venger de Blaze après qu'il a décidé avec le roi de taxer les nobles et non plus les pauvres. Ce qui risque de faire capoter la machination de Salluste.

De son côté, Blaze s'apprête à déclarer sa flamme à la reine, mais cette dernière fuit pour éviter la duègne qui prend sa place et croit recevoir les compliments de Blaze pour elle, alors que lui ne s'est pas rendu compte de ce transfert. L'appétence sexuelle de Doña Juana est ainsi attisée. Blaze, forcé de partir après l'arrivée d'un baron qui le cherchait, la laisse seule exprimer ses sentiments réciproques, non pas à lui, mais simplement au chien du roi qui a remplacé Blaze un court instant après son départ.

Blaze est sauvé de justesse du complot qui le visait par Salluste, qui découvrira que son gâteau d'anniversaire est empoisonné. Mais, prenant son sauvetage pour une simple faveur de son ancien maître, Blaze est fait prisonnier par Salluste, sans comprendre qu'il vise à travers lui un complot d'une envergure encore plus grande.

Salluste va commettre lui aussi une énorme bourde quand, au lieu de prévenir la reine par l’intermédiaire d'un perroquet que Blaze l'aime et souhaite la voir, il envoie l'animal accidentellement dans la chambre de Doña Juana. Une fois encore elle aura droit à diverses confidences qui ne lui étaient pas destinées. Heureusement Salluste réussira tout de même à prévenir la reine de l'invitation de Blaze dans une petite auberge.

La situation se complique encore avec le retour du vrai César, échappé des Barbaresques, qui délivre Blaze. Ainsi que l'arrivée de Doña Juana dans l'auberge qui se livrera à un mémorable strip-tease à l'attention de Blaze, qu'elle croit toujours fou amoureux d'elle. Bien qu'elle ne demande rien de mieux que de lui faire l'amour, ce dernier repoussera ses avances grâce à la boisson dans laquelle Salluste a versé un puissant somnifère. Et, avec César, il déjouera tous les plans de Salluste sous les yeux du roi, qui croira que Blaze a définitivement conquis les faveurs de la duègne. Au dernier moment, c'est le vrai César qui part avec la Reine, cachés sur le toit d'un carrosse, sous les yeux émus de Blaze qui voit ainsi un autre profiter de son amour.

Finalement le roi enverra Salluste et Blaze aux Barbaresques, le premier à cause de son complot, le second pour ne pas avoir voulu épouser Doña Juana. Mais cette dernière poursuivra Blaze jusque dans le désert...

Fiche technique

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Distribution

Liste des membres de la distribution du film, sur le planning de tournage.
Non crédités

Genèse

Gérard Oury dans Ruy Blas à la Comédie-Française

Se déroulant à Madrid en 1696, le drame romantique de Victor Hugo a pour héros Ruy Blas, valet du grand d'Espagne don Salluste de Bazan, Ministre de la Police du Royaume[5]. Disgracié par la reine pour une affaire de mœurs et condamné à l'exil, don Salluste veut se venger. Il fait appel à son cousin don César de Bazan, noble dévoyé, devenu brigand, mais qui refuse de séduire la reine pour la compromettre. Après avoir enlevé don César, vendu comme esclave, Salluste se tourne vers son valet Ruy Blas, « ver de terre amoureux d'une étoile », épris de la reine, qui ne peut qu'accepter, sans savoir qu'il est au centre d'une cruelle machination[5]. Introduit à la cour sous l'identité de don César de Bazan, Ruy Blas parvient à séduire la reine, délaissée par le roi. Don Salluste revient alors que Ruy Blas a été haussé au premier rang du pouvoir par la reine[5]. Il piège la reine dans les appartements de Ruy Blas afin de la contraindre à renoncer à son mariage et à la couronne[5]. Après plusieurs péripéties, Ruy Blas assassine Salluste puis se suicide[5].

Gérard Oury, acteur dans La Fille du fleuve (1955).

En 1960, Gérard Oury débute son activité de réalisateur (en tournant La Main chaude et La Menace) et termine sa carrière de comédien de théâtre sur un rôle prestigieux puisque le metteur en scène Raymond Rouleau fait appel à lui pour interpréter don Salluste dans Ruy Blas à la Comédie-Française[6],[a],[note 3]. Il devient ainsi pensionnaire du « Français » pour la seconde et dernière fois, après l'avoir été en 1939, pour une représentation de Britannicus[a], en remplacement d'un comédien mobilisé.

En coulisses, l'ambiance est tendue[6],[a]. Les sociétaires de la Comédie-Française n'apprécient pas que Raymond Rouleau ait imposé un acteur venu de l'extérieur, « de surcroît metteur en scène de cinéma », pour tenir ce rôle que pourraient jouer avec brio des acteurs du « Français »[a],[note 4]. La troupe s'oppose également à la dérogation dans son contrat d'engagement qui l'autorise à quitter la pièce au bout de seulement six mois, pour partir réaliser son troisième film, car cela leur est interdit par le décret dit « de Moscou », sauf autorisation expresse de l'administrateur[b]. Enfin, l'interprète de don César de Bazan, Robert Hirsch, quitter avec fracas les répétitions près d'une semaine avant la présentation au public de la pièce, à la suite de tensions avec le metteur en scène[6],[b],[c]. Par voie de presse, Robert Hirsch rend Gérard Oury responsable de son départ[6], alors que les deux acteurs ne se côtoient que lors de deux scènes très courtes[d]. Se sentant « à la fois bouc émissaire et dindon de la farce », Oury se rend dans le bureau de l'administrateur Maurice Escande pour déposer sa démission mais celui-ci le convainc de rester[d]. À la sortie du bureau, Oury rencontre Hirsch et tous deux en viennent aux mains[6],[d],[c]. Finalement, la première de Ruy Blas a lieu sans problèmes, en présence du président de Gaulle et du ministre de la Culture Malraux[e]. Raymond Rouleau a remplacé Robert Hirsch par Jean Piat[6],[7],[c], qui se révèle très bon dans le rôle de Don César[b],[f].

Gérard Oury interprète un don Salluste « un peu triste, hiératique, très digne » mais l'idée de détourner en comédie ce drame de Victor Hugo lui vient[c],[6]. La trame de la pièce apparaît à l'acteur-réalisateur comme un parfait argument de comédie[c] :

« À chaque représentation, pendant l'acte II dont je ne suis pas, ou tandis que mort j'attends de me relever, je pense qu'on pourrait faire de ce drame une irrésistible comédie : quiproquos valet-maître, maître déguisé en laquais, duègne foldingue, Barbaresques chez lesquels Salluste expédie son cousin César, maison truquée, reine d'Espagne somme toute complètement idiote. Et ce Salluste, pourquoi toujours le faire jouer en troisième couteau ? Moi, je le distribuerais à un acteur comique, Louis de Funès par exemple. Je sais, il est inconnu mais il a du génie, on s'en apercevra bientôt. Je m'amuse au jeu des titres. (…) Ruy Blaze avec un Z ? Les Sombres Héros ? (Sombréros !) Ou tiens, pourquoi pas : La Folie des grandeurs ? »

— Gérard Oury, 1988[6],[g].

Succès comiques avec Bourvil et Louis de Funès

Production

Scénario

Les auteurs du film paient avec humour leur tribut à Victor Hugo en précisant dans le générique que même si « Toute ressemblance avec les personnages d'un célèbre drame ne serait que l'effet d'une fâcheuse coïncidence », ils le remercient pour sa « précieuse collaboration ».

Choix des acteurs

Bourvil est initialement prévu pour le personnage de Blaze, mais sa mort contraint la production à lui trouver un remplaçant. Gérard Oury et Danièle Thompson rapportent, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, que l'idée de donner le rôle de Blaze à Yves Montand leur fut suggérée, lors d'une soirée mondaine, par Simone Signoret, épouse de l'acteur. Les scénaristes (Oury, Thompson et Jullian), d'abord circonspects, ré-écrivent complètement l'adaptation en fonction de la différence de personnalité des deux acteurs successivement prévus pour incarner le personnage de Blaze.

Un acteur jouant l'un des grands d'Espagne est lui-même noble : don Jaime de Mora y Aragón, qui incarne Priego, est l'authentique marquis de Casa Riera et, par ailleurs, frère de la reine des Belges, Fabiola.

Tournage

La Folie des grandeurs a été tournée en Espagne (Barcelone, Grenade, Madrid, Pedraza, Séville, Tolède) et aux studios Franstudio, à Saint-Maurice dans le Val-de-Marne (France).

Almería et désert de Tabernas

Les scènes dans le désert ont été tournées dans le désert de Tabernas, dans la province d'Almérie.

Les scènes du bagne des barbaresques sont également tournées à Almería, dans une partie du désert de quelques hectares dépourvue de végétation, aride et ensablée, semblable au Sahara[h]. David Lean y avait tourné Lawrence d'Arabie dix ans plus tôt, notamment la scène de l'attaque du train[i]. De grandes dunes cachent l'horizon[i] mais les points de vue sans mer et sans habitations sont peu nombreux[h]. Le décorateur Georges Wakhévitch doit construire une énorme noria, en plein désert : la « grande roue de bois tourne sur son axe, puise l'eau avec ses multiples cruches de terre et irrigue » une pousse de palmier[i]. Une citerne est construite pour stocker l'eau que la noria doit puiser : des pelles excavatrices sont acheminées sur les lieux puis des maçons cimentent les bords de la citerne[i]. Environ 35 m3 d'eau doivent être contenus dans la citerne mais le problème est que le transport d'eau dans la zone, par camion-citernes, est très coûteux[i]. Les décorateurs constatent le lendemain du travail des maçons que, par chance, la citerne s'est remplie toute seule, grâce à l'infiltration de l'eau de mer, évitant ainsi d'importantes dépenses. Sans aucune intervention, le niveau de la citerne reste constant tout le long du tournage, à la grande joie de Georges Wakhévitch[i].

Le tournage est fortement perturbé par le climat de la région puisqu'une pluie torrentielle s'abat durant plusieurs jours, immobilisant longuement l'équipe, les acteurs, les trois cents figurants ainsi que la ménagerie de chevaux et de chameaux, en attente d'une éclaircie[6],[j],[k]. Un nouveau problème survient quand la pluie s'arrête : de l'herbe se met à pousser dans le sable du désert, à la grande stupéfaction des locaux eux-mêmes[l]. L'endroit perd alors son côté aride et désertique, ce qui très dérangeant pour le film, surtout pour les scènes du camp des barbaresques[l]. La production engage donc des équipes spéciales composées d'habitants des alentours pour désherber le désert, lui redonnant ses airs de Sahara[6],[l],[8].

Grenade et le palais de l'Alhambra

Lors de la partie de colin-maillard, Blaze pousse la duègne dans ce bassin des jardins du Partal de l'Alhambra, pour se débarrasser d'elle.

Avec ces intempéries, le tournage prend un grand retard et le départ pour Grenade se fait plus tard que prévu[l]. À Grenade, le tournage se déroule principalement dans l'Alhambra, somptueux ensemble de plusieurs palais datant de la présence musulmane en Espagne, du VIIIe au XVe siècle. Un très grand froid règne alors à Grenade, surprenant même les grenadins qui disent « n'avoir pas vu un temps pareil depuis cinquante ans »[l]. Le froid rend morne les célèbres jardins de l'Alhambra et l'équipe est contrainte de planter des fleurs artificielles pour leur redonner des couleurs, en plein mois de mai[l]. La plupart des figurants sont des étudiants de l'Université alors en vacances et le retard causé par le mauvais temps fait craindre à l'équipe de perdre ces nombreux figurants, la reprise des cours s'approchant[l]. Dans la cour circulaire intérieure du palais de Charles Quint est tournée la scène dans laquelle le roi et « don César » perçoivent l'impôt, auprès des Grands d'Espagne. La partie de colin-maillard entre la reine et ses courtisanes, interrompue par l'arrivée de « don César », a lieu dans la cour des Lions, dans les palais nasrides de l'Alhambra. Le régisseur Jean Pieuchot rapporte que le tournage de cette scène fut dur pour Karin Schubert : « Gérard Oury a rapidement eu des intentions à son égard mais elle est restée indifférente. Gérard lui a fait un peu payer cette histoire en étant parfois assez méchant avec elle. Par exemple, Oury avait fait venir un grand chapelier [Jean Barthet] qui avait déposé de petites fleurs dans les cheveux de la comédienne pour le tournage [de la scène]. Dès que Karin Schubert bougeait, les fleurs tombaient. Ce n'était pas de sa faute bien sûr mais Gérard l'engueulait. J'ai vu avec des accessoiristes qui ont réglé ce problème de fleurs et la scène a pu être tournée ».

Pour se débarrasser de la duègne, Blaze la pousse dans un bassin réfléchissant la tour des Dames, dans les jardins du Partal. Le tournage de la scène est très éprouvant pour Alice Sapritch, qui supporte un poids de 20 à 30 kg selon les prises, avec sa robe et son apparat de jupons, sa coiffe pyramidale, ses bijoux et, quand elle s'assied pour écouter « don César », des réservoirs d'eau et 60 m de tuyaux percés de centaines de trous sous sa robe, pour que l'eau gicle en plein de petits jets[m],[n]. Pierre Durin, spécialiste des truquages, met en scène un système pour réchauffer l'eau dans lequel chute Alice Sapritch pour faciliter le tournage à l'actrice : sous une cloche sont versés des centaines de litres d'eau chaude et la cloche doit être retirée peu avant que ne soit lancé le « Action ! », rendant l'eau plus chaude durant quelques dizaines de secondes[m],[note 5]. Le stratagème s'avère inefficace et Sapritch est condamnée à tomber dans de l'eau glacée[m]. En revanche, lorsqu'elle tourne la discussion avec Blaze derrière la haie, elle est arrosée durant toute une journée avec des arrosoirs d'eau tiède[m]. Après avoir été précipité la duègne dans le bassin, Blaze retrouve la reine dans le patio du Canal (patio de la Acequia), dans les jardins du Généralife, palais d'été des princes Nasrides.

Isla Mínima del Guadalquivir, près de Séville

L'équipe se déplace dans la province de Séville pour tourner les scènes de l'anniversaire piégé de Blaze dans une propriété proche du village de La Puebla del Río. Le lieu, aux décorations riches et typiques, sert de décors pour la propriété du marquis de Priego, où les conspirateurs ont organisé une fête d'anniversaire piégée pour « don César », qu'ils veulent tuer. Appartenant à José Maria Escobar, la propriété, nommée « Isla Mínima del Guadalquivir », est encerclée par les marais du Guadalquivir et a pour vocation l'élevage de toros de « tienta »,[13]. Le tournage a notamment lieu dans la cour et dans la petite arène de la propriété. Les scènes nécessitent notamment un taureau de 500 kg, que Priego lance aux trousses de Salluste et Blaze dans l'arène.

Yves Montand réalise des combats à l'épée, lorsque Blaze déjoue la tentative d'empoisonnement par la pièce montée. Ensuite, Montand et Louis de Funès lancent des assiettes en étain sur les Grands d'Espagne. Le coordinateur des combats et cascades Claude Carliez reconnaît que les deux acteurs étaient très habiles car il s'agissait de « marier vitesse et précision : de tels projectiles ont un poids certain et peuvent faire mal à ceux qui les recoivent et puis, il faut trouver le tour de main pour qu'ils filent parallèlement au sol »[o].

Studios Roma, Madrid et ses environs

L'équipe rejoint ensuite Madrid, où se situe la base de production[p],[note 7]. Le tournage a lieu dans les villes proches ainsi que dans les studios Roma[p],[note 8]. Le tournage dans de vieilles rues de Madrid, prévues comme décors extérieurs, s'avère finalement impossible à cause des antennes de télévision, fils électriques et autres équipements contemporains difficiles à cacher et sources d'anachronismes[p]. Les décorateurs se voient donc obligés d'« édifier tout un complexe de places, de ruelles et de patios » sur les plateaux des studios Roma[p].

Arrivée à San Lorenzo de El Escorial, l'équipe se voit refuser l’autorisation de tourner à l’intérieur de l'Escurial, malgré les promesses qui leur avaient été faite auparavant[6],[p],[15]. Le décorateur Georges Wakhévitch est donc contraint de construire des répliques à échelle plus réduite des salles du palais, sur les plateaux des studios Roma et, plus tard, des studios Franstudio en France[6],[p]. Il reproduit notamment la salle du trône (à Franstudio) et la bibliothèque de l'Escurial.

« (…) les producteurs ont manqué de bonne foi. On nous a dit : « l'Escurial, vous allez l'avoir, on va y tourner. Pas de problèmes, je connais tout le monde ». Nous commençons donc à faire notre plan de travail, dans lequel il y avait un grand trou : « Tournage à l'Escurial ». Le studio n'est pas prévu. La main-d'œuvre non plus. Le jour où nous arrivons là-bas pour organiser le tournage, le directeur nous répond : « Moi, vous laisser tourner ici ? Pour que je perde 300 000 touristes par jour ? Il n'en est absolument pas question ! Tourner dans les jardins ? Impossible, et d'abord ils sont abîmés… ». Le producteur revient penaud : « Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Georges, tu peux nous sauver ? Tu sais, on tourne dans huit jours et je n'ai pas de décors… » Alors on construit. Comme des dingues. Jour et nuit. On se jette sur les planches à dessin. On étudie. On construit comme des fous. Il faut quand même que nous arrivions à un beau résultat, non ? On ne peut pas faire l'Escurial n'importe comment. Et on s'est débrouillé. »

— Georges Wakhévitch, 1982, pour Positif[15].

L’une des rares scènes tournée à l'Escurial est l'arrivée du roi de retour de la chasse en son château, filmée sur la place faisant face à l'édifice. La scène d'ouverture — montrant la récolte des impôts par don Salluste — et quelques autres scènes sont tournées sur la Plaza Mayor de Pedraza, dans la province de Ségovie, un bourg médiéval très apprécié par les réalisateurs, dont Orson Welles, qui y a filmé Falstaff et Une histoire immortelle. Des scènes sont tournées à Tolède, au musée Santa Cruz, dont notamment quelques plans d'Yves Montand descendant un escalier de pierre en courant pour empêcher l'attentat contre le roi[17], et dans la cour intérieure de l'hôpital de Tavera [18], pour les plans de l'arrivée du roi, montés avec ceux tournés devant l'Escurial[note 9].

Le est tournée la scène de l'effeuillage de doña Juana devant Blaze dans le décor de l'auberge de la Cabeza Negra[q], sur le plateau A des studios Roma. Alice Sapritch réalise elle-même le strip-tease, grâce aux leçons dispensées par Sophia Palladium au Crazy Horse ; malgré ces cours, Sapritch n'arrive pas à exécuter un des mouvements, un « petit coup de cul donné vers l'arrière »[q]. Elle n'arrive à trouver « la bonne expression du fessier, à la fois bravache, aguichante et décidée »[m]. Après plusieurs essais infructueux, Sophia Palladium est finalement appelée à Paris : arrivée par le premier avion à Madrid, elle tourne en gros plan les moments du strip-tease que Sapritch n'arrivait pas à réaliser. Grâce au montage, les plans où Alice Sapritch est doublée par Sophia Palladium, sont très difficiles à discerner : pour Gérard Oury, « il y a certes une différence de gabarit entre le menu fessier de la jeune Sophia et l'arrière-train plus conséquent de notre chère Alice, mais une fois le plan monté, une chatte n'y reconnaîtrait pas ses petits ! »[q]. Il signale d'ailleurs, dans le film documentaire La Folle Heure des grandis, le moment précis où l'on peut remarquer l'amincissement subit de la taille de la duègne, dont on n'aperçoit plus le visage, mais seulement la « croupe » (selon ses propres termes).

« Beaucoup se souviennent de l'« inénarrable » strip-tease de Sapritch. Pour la déshabiller, il fallait d'abord l'habiller et que son « effeuillage » ne soit pas indécent. Elle se sent belle et follement amoureuse de Montand. Elle se rend à l'auberge où elle croit au rendez-vous galant qu'il lui a fixé, alors qu'il s'agit d'un piège diabolique. Et le quiproquo s'ensuit. J'ai pris beaucoup de plaisir à tourner ces scènes. »

— Gérard Oury, 1999[r]

Des années plus tard, Alice Sapritch dément avoir été doublée[19] et même entraînée par Sophia Palladium. Elle dit avoir fait croire à la production qu'elle suivait bien les cours de la strip-teaseuse professionnelle mais qu'en réalité elle les séchait et que, le jour du tournage, elle était tout simplement « très inspirée pour tortiller son cul » [sic][20]. Elle traite notamment de cet épisode, de son point de vue, dans Mémoires inachevées, ses mémoires parues en 1990[s].

Retour en France

L'équipe et les acteurs rentrent ensuite en France, principalement pour tourner dans les studios Franstudio, à Saint-Maurice.

Scènes « physiques »

Le coordinateur des combats et cascades Claude Carliez reconnaît qu'Yves Montand avait « un sens inné des déplacements, de l'équilibre, de la volte » et qu'il était « performant pour toutes les scènes d'action voulues par Gérard Oury : il avait la bonne résistance respiratoire et la souplesse nécessaire »[t]. Ce n'est pas l'avis de l'acteur qui, à propos d'une séquence assez physique tournée à Pedraza, où il court après le carrosse de don Salluste et saute sur l'essieu arrière, a écrit :

« Physiquement, tu peux être vraisemblable en tant que valet, avoir une certaine justesse de corps, comme j'ai la prétention de l'avoir encore aujourd'hui, mais tu te rends compte que tu ne bouges plus comme tu crois. Tu ne bouges plus à cinquante ans comme à trente-cinq, je m'en suis rendu compte tout de suite. Quand on a tourné la scène du début du film où je dis : « Vous savez, c'est un carrosse qui est un peu bancal, il risque de perdre beaucoup de choses », pour faire comprendre que j'ai scié le fond du carrosse et que l'argent va tomber. Le carrosse part et je le rattrape en courant, et c'est là qu'on s'aperçoit que le personnage ne court pas, que je ne cours pas en fonction de la silhouette, qui est relativement jeune. Le personnage devait, aurait du « voler » et là je suis lourdaud. Tu t'en aperçois en regardant le film que tu ne donnes pas du tout l'impression que tu voulais. »

— Yves Montand, Montand raconte Montand[t].

Relations entre Louis de Funès et Yves Montand

Bande-originale

Gérard Oury a confié la bande originale du film à Michel Polnareff. Le style musical est donc en décalage total avec l'époque à laquelle se situe l'intrigue et se rapproche plutôt, par certaines sonorités, des westerns spaghetti de l'époque.

Accueil

Sortie et promotion

Le cinéma Gaumont Ambassade[21], où se déroula la première de La Folie des grandeurs en décembre 1971.

La première de La Folie des grandeurs a lieu le au Gaumont Ambassade, cinq ans jour pour jour après celle de La Grande Vadrouille dans ce même cinéma, qu'Oury appelle dorénavant son « cinéma fétiche »[u].

Accueil critique

Les critiques positives saluent principalement la richesse comique du scénario ainsi que l'aspect esthétique et l'étendue des moyens dont a disposé le film, Robert Chazal, dans France-Soir, résumant La Folie des grandeurs comme du « Feydeau chez Vélasquez »[v]. Pour Claude Garson, dans L'Aurore, « dans le genre farces et attrapes on a fait rarement mieux »[v]. Michel Duran, dans Le Canard enchaîné, qualifie le long-métrage de « cinéma de divertissement, de la bonne grosse blague, avec tous les trucs, les farces et attrapes imaginables et réalisable à coups de millions »[v]. Pour L'Humanité Dimanche, La Folie des grandeurs est un « film riche dans un cinéma pauvre qui doit, coûte que coûte, arracher le spectateur à son fauteuil-télé ». De plus, le journal se réjouit que le film soit distribué dans « 120 salles en même temps (expérience sans précédent), et bénéficie d'une publicité adéquate. C'est un façon comme une autre de « violer » le public en lui redonnant le goût de retourner dans les salles obscures »[v]. En effet, la télévision commence à cette époque à détourner sérieusement les spectateurs potentiels des salles de cinéma.

Dans L'Express, François Nourissier livre une lecture du personnage incarné par Louis de Funès : « À son habitude, il éructe, vibrionne, trépigne, gargouille, couine, raille, grince, rampe, courtise, terrorise et même, et surtout : il rêve… Ministre tout-puissant ou concussionnaire ruiné, Salluste ne fait que rêver. Selon les moments : d'or, de vengeance, de complots ou de nouvelles grandeurs »[v]. Il note à propos du réalisateur et de son acteur : « Permettre à un monstre bientôt sacré de gravir un nouveau degré dans son escalade de lui-même et de la bouffonnerie, c'est une ambition honorable »[v]. Mais la plupart des critiques ne s'attardent guère sur Louis de Funès pour plutôt développer sur la finesse et l'efficacité de jeu d'Yves Montand, acteur beaucoup mieux vu par la critique, grâce à ses films dits « sérieux »[v]. Ainsi, pour Georges Charensol dans Les Nouvelles littéraires, Yves Montand « n'est pas du tout écrasé par son partenaire Louis de Funès ; ce qui vous le devinez, constitue une sorte d'exploit »[v],[w].

La prestation comique et insolite d'Alice Sapritch est également remarquée[w], notamment par son ami Jean-Louis Bory, qui écrit dans Le Nouvel Observateur du  : « Elle se ravage elle-même, offrant de son amour fou une caricature tragiquement désopilante dont Alice Sapritch réussit à donner la double tonalité tragique et bouffonne. Son extravagant strip-tease (…) pousse au premier plan un burlesque dévastateur »[x].

Dans Combat, Henry Chapier salue la satire de nombreux aspects de la société contemporaine que l'on retrouve à travers le film :

« La surprise est de taille. On nous parlait d'une comédie inspirée de Victor Hugo, d'une Espagne sortie des tableaux de Vélasquez, d'un délire à la Cecil B. DeMille. De quoi imaginer à la fois le meilleur et le pire. Ce que l'on découvre dans cette Folie des grandeurs. est beaucoup plus personnel et inattendu : un conte voltairien issu de l'imagination d'un homme bien né, c'est-à-dire d'un être libre, au zénith de son pouvoir d'expression. Pour une fois Gérard Oury, veut bien se raconter lui-même et non seulement faire rire. (…) Le scénario (…) est habité par l'esprit de notre temps. Les contradictions, les injustices, les cocasseries de notre société, on les retrouve illustrées avec espièglerie dans ce film frondeur qui sait pratiquer la satire sans hargne ni méchanceté. (…) Il restait, entre les slogans contestataires ou une amertume à la Jean Anouilh une voie à trouver : non pas celle du rire farceur, mais celle du sourire malicieux et railleur. »

— Henry Chapier, Combat, [v].

Pour la plupart des critiques négatives, la richesse scénaristique et esthétique du film, très travaillé en amont, étouffe quelque peu le rire. Louis Chauvet, dans Le Figaro, trouve la prestation de Louis de Funès décevante, car manquant d'improvisations : « un peu gêné aux entournures, [il] ne présente pas ici des morceaux de bravoure délirants mais (…) fait à point nommé ce qu'on attend de lui »[y]. D'après lui, « les inconditionnels de Louis de Funès riront à tout coup, au delà des inconditionnels, mystère »[v]. Jean de Baroncelli, dans Le Monde, craint que la richesse esthétique du film soit un frein au comique : « Le cadre n'est-il pas trop lourd pour ce qu'il renferme ? (…) Le plus beau feu d'artifice du monde a besoin, pour exploser, d'une petite étincelle. Cette petite étincelle dont la lueur n'est pas toujours perceptible dans cette Folie des grandeurs qui, pour le reste, a tout pour plaire »[y],[note 10].

Dans le Télérama du , la critique négative de La Folie de grandeurs reproche notamment à Gérard Oury de « faire dans le commercial et le populaire »[note 11]. Dans le même numéro, le réalisateur répond dans un interview qui lui est consacré : « Commercial ? Cet adjectif stupide me fait bondir ! Il ne signifie rien sinon que le public va voir ces spectacles. Quelle est l'ambition d'un auteur depuis Euripide jusqu'à Anouilh ou Pinter ? Qui rêve de jouer ses œuvres devant des chaises vides ? (…) Faire des films à messages est une mode. Moi, je n'ai qu'un message, celui du rire. Quand les hommes rient, ils ne sont pas méchants »[y],[w].

Box-office

Pays Box-office Nbre de semaines Classement TLT[22] Source
Box-office Drapeau de la France France 5 563 160 entrées - - [1]
Box-office Paris 917 949 entrées - 16 sem. [2]

Autour du film

Notes et références

Notes

  1. Joaquín Solís est crédité « Joachim Solis » au générique.
  2. Doublure d'Alice Sapritch sur certains plans du strip-tease
  3. Toutefois, même si Ruy Blas demeure la dernière pièce de théâtre jouée par Gérard Oury, celui-ci a fait une dernière incursion dans le genre dramatique en 1977 en écrivant et mettant en scène une pièce intitulée Arrête ton cinéma, après l'abandon de son projet de film Le Crocodile.
  4. Gérard Oury lui-même juge que des pensionnaires comme François Chaumette ou Bernard Dhéran aurait très bien pu interpréter Don Salluste « différemment mais aussi bien que [lui] ». (Oury 1988, p. 204).
  5. Pierre Durin avait notamment réglé la séquence de l'accident de la 2CV de Bourvil dans Le Corniaud en 1964.
  6. Dans le film, Salluste et Blaze escaladent cette porte puis la grille pour s'enfuir de l'arène.
  7. Gérard Oury profite du tournage pour inviter Marcelle Houry, sa mère, à Madrid. Passionnée de peinture (et grande ami de Dufy et Foujita), elle visite ainsi le Musée du Prado. Il avait fait de même lors de ses précédents tournages, en l'invitant une quinzaine de jours à Rome pendant celui du Corniaud et en Bourgogne pendant celui de La Grande Vadrouille. (Oury 1988, p. 249)
  8. Les studios Roma étaient situés dans le quartier de Fuencarral, route d'Irun ((es) « Estudios Roma SA », sur eInforma.com). En 1985, ils étaient considérés comme les plus grands studios de cinéma et de télévision d'Espagne. Rachetés par l'homme d'affaires italien Silvio Berlusconi dans les années 1980, les anciens studios Roma sont aujourd'hui le siège de sa chaîne de télévision Telecinco ((es) EFE, « El grupo de Berlusconi adquiere los Estudios Roma de televisión », El País, ).
  9. Gérard Oury désigne par erreur le musée Santa Cruz de Tolède comme la « bibliothèque royale de Tolède » dans son autobiographie Mémoires d'éléphant
  10. En 2011, dans son autobiographie, l'assistant-réalisateur Jean-Claude Sussfeld rejoint cet avis : « La splendeur, la richesse et la beauté ne risquaient-elles pas du tuer le rire ? (…) Malgré la merveille des décors, la somptuosité des costumes, la richesse du spectacle, le rire manquait parfois à l'appel »[h]
  11. Pour chaque sortie de film, Télérama propose dans la même édition deux critiques du même film diamétralement opposées.

Références

  1. La Folie des grandeurs comme vous ne l'avez jamais vu, L'Express, 13 février 2009
  2. (fr) gaumont.fr
  3. a et b « La Folie des grandeurs » sur le site du CNC
  4. a, b, c, d et e Hervé Dumont, « Ruy Blas de Victor Hugo », Carlos II « El Hechizado » (1665 à 1700) — L'Espagne, le Portugal et leurs colonies d'Amérique — Cinéma & Histoire / Histoire & Cinéma, sur www.hervedumont.ch (consulté le 25 mai 2018).
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Philippe Lombard, « La Folie des grandeurs (1971) », Histoires de tournages, sur devildead.com, .
  6. Bibliothèque nationale de France, « Ruy Blas, drame en 5 actes, Paris : Théâtre-Français - 02-11-1960 », sur www.data.bnf.fr (consulté le 29 novembre 2015).
  7. Jean-Michel Dussol, « Vic. Escobar, La Quinta, Cebada : des toros andalous », sur www.ladepeche.fr, La Dépêche du Midi, (consulté le 5 août 2017).
  8. a et b Emmanuel Carrère, François Ramasse et Yann Tobin, « Entretien avec Georges Wakhévitch », Positif, nos 254–255,‎ , p. 138–150 (présentation en ligne).
  9. Guillaume Kientz, « Interview de Danièle Thompson à propos de La Folie Des Grandeurs », SoundCloud Rmngrandpalais, 27 mai 2015.
  10. « Hôpital San Juan Bautista — au cinéma », sur fr.fundacionmedinaceli.org, Fundación Casa Ducal de Medinaceli, (consulté le 26 janvier 2018).
  11. [vidéo] La Folie des grandeurs sur YouTube, Entrée libre, 2016, 2 minutes.
  12. « Interview d'Alice Sapritch » [vidéo], sur ina.fr, TF1, émission Scoop à la une,
  13. La photographie a été prise en décembre 2013, le cinéma ayant désormais pour nom « Gaumont Champs-Élysées ». Les films à l'affiche sont 100% cachemire, Albator, corsaire de l'espace, All Is Lost, Amazonia, Casse-tête chinois, Last Vegas, La Vénus à la fourrure, Les Garçons et Guillaume, à table !, Quai d'Orsay et Zulu.
  14. Tous les temps - All Time
  15. Source partielle, outre le film documentaire : page de chronologie relative aux représentations et adaptations de Ruy Blas, sur le site chronologievictor-hugo.com.
  16. Tweet d'Alexandre Astier (@sgtpembry), Twitter, 3 janvier 2016.

Références bibliographiques

  1. a, b, c et d Oury 1988, p. 204.
  2. a, b et c Oury 1988, p. 205
  3. a, b, c, d et e Dicale 2009, p. 410–411.
  4. a, b et c Oury 1988, p. 206
  5. Oury 1988, p. 207
  6. Ledda 2016, p. 187
  7. Oury 1988, p. 209 et 210
  8. a, b et c Sussfeld 2011, p. 138.
  9. a, b, c, d, e et f Wakhévitch 1977, p. 246.
  10. Poiré 1988, p. 348.
  11. Durant 2012, p. 59.
  12. a, b, c, d, e, f et g Poiré 1988, p. 349.
  13. a, b, c, d et e Dicale 2009, p. 414.
  14. Dicale 2012, p. 129-132, entrée « La folie des grandeurs ».
  15. a, b, c, d, e et f Wakhévitch 1977, p. 245.
  16. a, b et c Oury 1988, p. 260.
  17. Alice Sapritch, Mémoires inachevées : entretien avec Raoul Mille, Paris, Ramsay, , 271 p. (ISBN 978-2-85956-827-6)
  18. a et b Carliez 2016, p. 174–175.
  19. Vincent Chapeau, Sur la route de La Grande Vadrouille : Les coulisses du tournage, Paris, Hors collection, , 105 p. (ISBN 2-258-06383-3), p. 117.
  20. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Dicale 2009, p. 416.
  21. a, b et c Loubier 2014, p. 383.
  22. Oury 1988, p. 259.
  23. a, b et c Dicale 2009, p. 417.
  24. Loubier 1991, p. 19

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

À propos de Ruy Blas

  • Édition sur WikisourceRuy Blas, Bruxelles, Société Belge de librairie,  Fac-similé disponible sur Wikisource : texte intégral de la pièce
  • Sylvie Dauvin, Jacques Dauvin et Georges Decote, Hernani (1830) et Ruy Blas (1838) de Victor Hugo : Analyse littéraire de l'œuvre, Hatier, coll. « Profil d'une œuvre », , 160 p. (ISBN 2218948257, lire en ligne)

Ouvrages de membres de l'équipe

  • Alain Poiré, 200 films au soleil, Paris, Ramsay, (ISBN 2859567291).
  • Albert Jurgenson et Sophie Brunet, Pratique du montage, La Fémis, , 183 p. (ISBN 2-907114-08-5, ISSN 0991-6296)
  • Alice Sapritch, Mémoires inachevées : entretien avec Raoul Mille, Paris, Ramsay, , 271 p. (ISBN 978-2-85956-827-6)
  • Jean Pieuchot (préf. Gérard Oury), Régisseur de cinéma, Dualpha editions, coll. « Patrimoine du spectacle », , 438 p. (ISBN 2912476763)
  • Jean-Claude Sussfeld, De clap en clap : une vie de cinéma, L'Harmattan, coll. « Graveurs de Mémoire », , 240 p. (ISBN 978-2-296-54315-7)

À propos de Louis de Funès

  • Jean-Marc Loubier, Louis de Funès, le berger des roses, Paris, Ramsay, coll. « Ramsay Cinéma », (réimpr. Ramsay, 1993 (ISBN 2-841140-03-2)), 273 p. (ISBN 2-85956-922-7). 
  • Olivier et Patrick de Funès, Louis de Funès : Ne parlez pas trop de moi, les enfants !, Paris, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 304 p. (ISBN 2-7491-0372-X).
  • Stéphane Guezennec et Gérard Gargouil, Le dico fou de Louis de Funès, Paris, Hugo BD, , 96 p. (ISBN 2755611219).

À propos d'Yves Montand

À propos de Bourvil

  • Solène Haddad, André Bourvil, inoubliable, City Edition, , 240 p. (ISBN 2824643161, lire en ligne).

À propos de Michel Polnareff

  • Christian Eudeline, Derrière les lunettes: La biographie de Michel Polnareff, Fayard, , 368 p. (ISBN 2213667888).
  • Michel Polnareff, Spèrme : autobiographie, Plon, , 250 p. (ISBN 2259230202).

Bibliographie complémentaire

  • Jean-Luc Marret, Pornification : vie de Karin Schubert, Paris, éditions Intervalles, (ISBN 2369560223, lire en ligne).

Documentaire vidéo

Liens externes