La Belle et la Bête (film, 1991)

La Belle et la Bête
Description de l'image Logo beauty-and-the-beast.png.
Titre original Beauty and the Beast
Réalisation Gary Trousdale et Kirk Wise
Scénario Linda Woolverton
Sociétés de production Walt Disney Pictures
Silver Screen Partners IV
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Animation
Comédie musicale
Fantastique
Durée Version originale :
84 minutes (États-Unis)
87 minutes (France)
Version longue :
91 minutes
Sortie 1991

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Belle et la Bête (Beauty and the Beast), est le 39e long-métrage d'animation et le 30e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 1991, il s'inspire du conte éponyme de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, publié en 1757.

Deux « suites » lui seront données : La Belle et la Bête 2 (1997) et Le Monde magique de la Belle et la Bête (1998), sorties directement en vidéo. Un remake avec acteurs La Belle et la Bête avec Emma Watson et Dan Stevens est également sorti en 2017.

Prologue

« Il était une fois, dans un pays lointain, un jeune prince qui vivait dans un somptueux château. Bien que la vie l’ait comblé de tous ses bienfaits, le prince était un homme capricieux, égoïste et insensible.

Un soir d’hiver, une vieille mendiante se présenta au château et lui offrit une rose en échange d’un abri contre le froid qui faisait rage. Saisi de répulsion devant sa misérable apparence, le prince ricana de son modeste présent et chassa la vieille femme. Elle tenta de lui faire entendre qu’il ne fallait jamais se fier aux apparences, et que la vraie beauté venait du cœur. Lorsqu’il la repoussa pour la seconde fois, la hideuse apparition se métamorphosa sous ses yeux en une créature enchanteresse. Le prince essaya de se faire pardonner, mais il était trop tard car elle avait compris la sécheresse de ce cœur déserté par l’amour. En punition, elle le transforma en une bête monstrueuse et jeta un sort sur le château ainsi que sur tous ses occupants.

Horrifiée par son aspect effroyable, la Bête se terra au fond de son château, avec pour seule fenêtre sur le monde extérieur un miroir magique. La rose qui lui avait été offerte était une rose enchantée qui ne se flétrirait qu’au jour de son vingt-et-unième anniversaire. Avant la chute du dernier pétale de la fleur magique, le prince devrait aimer une femme et s’en faire aimer en retour pour briser le charme. Dans le cas contraire, il se verrait condamné à garder l’apparence d’un monstre pour l’éternité. Plus les années passaient et plus le prince perdait tout espoir d’échapper à cette malédiction ; car en réalité, qui pourrait un jour aimer une bête ? »

— Prologue du film. Texte français de Claude Rigal-Ansous[1].

Synopsis

Après le prologue, l'histoire se déroule dans un petit village provincial français de montagne proche dudit château. Une jeune et belle fille rêveuse et romantique prénommée Belle vit avec son père Maurice. Les habitants du village vantent sa beauté mais la trouvent étrange en raison de sa passion pour les livres. Tandis que les villageois chantent, Belle se rend chez le libraire[NB 1].

Gaston, chasseur et propriétaire de la taverne locale, tente de séduire Belle. Mais elle le considère comme « grossier et vaniteux » et repousse ses avances. Maurice ayant des problèmes pour élaborer sa nouvelle invention servant à couper du bois, une explosion se fait entendre dans sa maison. Belle profite de la diversion pour se sauver de Gaston et rentre chez elle.

À la maison, Maurice tente de faire fonctionner son invention apparemment « folle », lorsque Belle lui demande s'il la trouve étrange. Il lui répond que non et lui dit qu'elle devrait se mêler plus à la vie du village. Maurice parvient alors à faire fonctionner sa machine. Il décide de partir la présenter dans une foire d'une ville voisine.

Sur le chemin de la ville, Maurice doit traverser des bois. Malheureusement il emprunte un mauvais chemin puis se perd, brise une roue de sa charrette. De plus, des loups approchent et sont affamés. Philibert, le cheval de Maurice, est apeuré, il rue et fait tomber son maître par terre avant de s'enfuir dans la nuit. Poursuivi par les loups, Maurice court à l'aveuglette dans les bois.

Il arrive devant la grille d'un château délabré, celui de la Bête. Une fois le portail passé, il pousse la porte et entre dans la demeure. Un chandelier, Lumière, le laisse entrer dans le château malgré les protestations de Big Ben, l'intendant du château en forme d'une horloge à pendule. D'autres serviteurs, sous la forme d'objets d'intérieur, regardent Maurice de manière à la fois surprise et inquiète. Lumière, contre le gré de Big Ben, installe Maurice devant une cheminée pour qu'il se réchauffe. L'accueil se poursuit par la préparation d'une tasse de thé par Mme Samovar, une cuisinière en forme de théière, qu'elle fait porter par son fils Zip, une tasse ébréchée. C'est alors que la Bête arrive, découvrant le vieil homme assis sur son fauteuil, elle devient furieuse à cause de la présence d'un intrus. Elle condamne le vieil homme au cachot, invoquant l'interdiction d'entrer dans sa propriété.

Au village, Gaston se prépare à épouser Belle. Se présentant chez elle, il lui propose d'être son mari et de lui donner plusieurs enfants à nourrir. Dégoûtée, Belle rejette son offre. Après avoir chanté qu'elle voudrait changer de vie, elle est surprise par le retour du cheval Philibert, seul. Grâce à celui-ci, elle retrouve la trace du château de la Bête.

Dans une salle du château, Big Ben et Lumière discourent et argumentent au sujet du sort jeté sur les serviteurs. Belle entre alors dans le château. Les serviteurs voient en elle une possibilité de briser ce sort. Belle parvient à trouver son père dans les cachots, mais la Bête arrive et découvre la jeune fille et son père. Le monstre refuse de libérer le vieil homme. Belle propose alors de prendre la place de son père comme prisonnière à vie. La Bête empoigne le vieil homme et l'emmène en dehors du château sans lui laisser le temps de dire au revoir à Belle. En retournant au cachot, Lumière parvient à convaincre son maître de laisser Belle occuper une chambre au lieu d'une cellule glacée. La Bête l'emmène dans une aile du château mais lui interdit l'accès à l'aile ouest qu'il occupe. Il lui propose toutefois sur les conseils de son serviteur d'inviter la jeune femme à dîner avec lui. Mme Samovar entre dans la chambre avec Zip et tente, avec une armoire parlante restant dans la chambre, de réconforter Belle afin qu'elle prenne part au dîner.

À la taverne du village, Gaston se lamente, furieux après que Belle l'ait repoussé. Les habitants tentent de lui remonter le moral. Maurice entre alors affolé dans la taverne, essaie de raconter ses mésaventures et le terrible sort de sa fille. Les villageois menés par Gaston le déclarent fou et le jettent dehors. Le vieil homme décide alors de retourner seul au château. Une idée survient dans l'esprit de Gaston. Il la confie à Lefou.

Au château, Big Ben et les autres objets-serviteurs réalisent que le sort risque de ne jamais être brisé car Belle refuse toujours de dîner avec la Bête. Cette dernière attend impatiemment Belle dans la salle à manger. Apprenant que celle-ci n'a pas l'intention de manger avec le maître des lieux, la Bête court de colère vers la chambre et intime à Belle de venir manger. Elle refuse à nouveau bien qu'il lui demande d'un ton contraint « S'il vous plaît ». Furieux, il décide que si elle ne veut pas manger avec lui, elle ne mangera pas du tout. La Bête utilise son miroir magique pour regarder Belle et la voit parler avec l'armoire de son désespoir. La rose enchantée perd un nouveau pétale. Lorsque Belle se sent affamée, elle s'aventure dans le château et rencontre les objets parlants dans la cuisine. Elle leur demande à manger mais se voit refuser à manger par Big Ben. Les autres serviteurs, menés par Lumière le convainquent de la laisser manger un peu. Lumière se lance alors dans la salle à manger dans un dîner spectaculaire, digne de la haute tradition française.

Après le dîner, Belle est emmenée dans une visite du château sous la direction de Big Ben. Elle s'échappe de la visite guidée pour pénétrer dans l'aile ouest, la seule que la Bête lui a interdite. Elle atteint la chambre de la Bête et découvre un tableau déchiré représentant un charmant jeune homme ainsi qu'une rose enfermée sous une cloche en verre, la rose enchantée. Alors qu'elle tente de toucher la fleur, la Bête arrive folle de rage et lui hurle de s'en aller. Apeurée, Belle s'enfuit du château.

Belle galope dans la forêt mais elle vient à être attaquée par les loups. Elle est entourée par la meute et risque d'être blessée lorsque la Bête arrive et la sauve. Belle tente de profiter de l'arrivée de la Bête pour s'échapper mais ce dernier étant blessé, elle l'aide à revenir au château.

De retour au château, Belle soigne la Bête devant le feu de cheminée et pour la remercier, la Bête lui offre l'accès à l'immense bibliothèque. Les serviteurs prennent conscience de la nouvelle amitié naissante entre les deux personnages. Alors que Belle lit un livre à la Bête, elle s'aperçoit qu'il ne sait pas lire et commence à lui enseigner la lecture.

Pendant ce temps, Gaston et Lefou rencontrent le directeur de l'asile local, Monsieur D'Arque. Gaston lui demande de déclarer Maurice fou et de l'enfermer afin de forcer Belle à se marier avec lui. L'accord étant trouvé, le trio lève un verre à la réussite de ce plan.

Pendant ce temps, la Bête s'habille pour un dîner en compagnie de Belle avec l'aide de Lumière et Big Ben, il leur avoue son angoisse que la jeune fille soit effrayée s'il lui annonce qu'il l'aime. Ils l'encouragent et lui montrent qu'il est bien habillé et bien toiletté. Ils lui rappellent que seuls quelques pétales restent sur la rose. Les deux comparses se retrouvent ensemble et passent un agréable dîner.

Après avoir dîné et avoir dansé, alors que la Bête essaie de déclarer son amour à Belle, elle se plaint de ne pas pouvoir voir son père, à cause de sa détention. La Bête l'autorise alors à utiliser le Miroir Magique. Elle voit alors son père perdu dans la forêt et décide de partir le sauver. La Bête laisse partir à regrets Belle tout en lui laissant le miroir. Big Ben arrive pour féliciter son maître de la magnifique soirée, mais est abasourdi d'apprendre qu'il a laissé partir Belle. Miss Samovar fait remarquer que ce geste prouve qu'il l'aime mais que le sort ne sera levé que si elle l'aime en retour… L'avant-dernier pétale de la rose enchantée tombe alors.

Peu après, Belle retrouve Maurice et tous deux rentrent chez eux. Couché dans son lit, Maurice questionne sa fille sur son évasion du château. Elle lui répond que la Bête l'a laissé partir et que sa vision de la vie a changé. Au pied de la maison, une foule de villageois arrive pour emmener Maurice, déclaré fou à cause de ses histoires sur la Bête. Gaston en profite alors pour proposer à Belle de sauver son père si elle l'épouse, ce qu'elle refuse une nouvelle fois. Belle se sert du miroir pour montrer à la foule la Bête et les faire changer d'avis sur la prétendue folie de son père. Cela fait libérer Maurice mais effraie les villageois, qui pensent que la Bête est dangereuse et qu'elle viendra la nuit dévorer leurs enfants. Gaston, qui a compris que Belle a des sentiments pour la Bête, convainc un petit groupe de villageois de le suivre au château pour tuer la Bête.

La foule parvient à entrer dans la demeure de la Bête, mais ses occupants se sont préparés à l'assaut et livrent bataille. Gaston parvient à rejoindre les appartements de la Bête et tente de se battre contre elle mais la seule pensée de la Bête est le départ de Belle. Il est attristé qu'elle ne puisse pas revenir et ne veut pas se battre. Il réagit toutefois lorsque Belle arrive au château pour essayer de le sauver. Après un combat acharné sur les toits du château, la Bête se refuse à tuer Gaston après que celui-ci soit rendu sans défenses.

C'est à ce moment qu'arrive Belle, rallumant l'étincelle de vie de la Bête. Gaston profite de cette diversion pour planter une dague dans le dos de la Bête mais il perd pied et meurt d'une chute vertigineuse. Belle prend sur ses genoux la tête de la Bête, agonisant et alors que la vie quitte le monstre, le dernier pétale de rose tombe… Belle pleine de désespoir déclare son amour pour la Bête… Des étincelles éclairent alors le ciel, enveloppant et faisant léviter le corps de la Bête. Le sort se brise alors et transforme le monstre en un prince, humain. Le château et ses occupants reprennent alors leur aspect initial. Une fête est ensuite organisée en l'honneur du mariage de Belle et du prince.

Fiche technique

Édition spéciale (2002)

  • Scénario : Roger Allers, Kevin Harvey et Brian Pimental
  • Conception graphique :
    • Direction artistique : Edward Ghertner
    • Cadrage (Layout) : Mitchell Guintu Bernal (supervision)
    • Décors: Lisa Keene, Dean Gordon (supervision)
    • Mise au propre (Clean-up) : Alex Topete, Marshall Toomey (supervision)
    • Effets spéciaux : Steve Moore (supervision)
  • Montage : Hellen Keneshea
  • Coordinateur artistique : David Bossert
  • Directrice de production : Angelique Yen
  • Productrice déléguée : Dorothy McKim
  • Format : Couleurs - 1,50:1 (IMAX) - Sonics-DDP
  • Durée : 91 minutes
  • Dates de sortie : Drapeau des États-Unis États-Unis :  ; Drapeau de la France France :

Note : La liste des « crédités » au générique étant trop longue pour être citée in extenso ici, nous n'avons repris que les principaux contributeurs.

Distribution

Voix originales

Voix françaises

Version originale (1991)

Version longue et version originale retravaillée (2002)

Même distribution sauf :

Chansons du film

  • Belle - Belle, Gaston, LeFou, Chœurs
  • Belle (reprise) - Belle
  • Gaston - Gaston, Lefou, Chœurs
  • Gaston (reprise) - Gaston, Lefou, Chœurs
  • C'est la fête (Be Our Guest) - Lumière, Mme Samovar, Chœurs
  • Je ne savais pas (Something There) - Belle, la Bête, Lumière, Mme Samovar, Big Ben
  • Humain à nouveau (Human Again) - Tous les objets (version longue 2002 uniquement)
  • Histoire éternelle - La Belle et la Bête (Beauty and the Beast) - Mme Samovar
  • Tuons la bête (The Mob Song) - Gaston, Chœurs
  • La Belle et la Bête (générique de fin) - Solistes

La chanson du générique de fin, La Belle et la Bête, est interprétée par Peabo Bryson et Céline Dion dans la version originale, par Charles Aznavour et Liane Foly dans la première version française et par Patrick Fiori et Julie Zenatti dans la seconde version française.

Distinctions

Récompenses

C'est d'ailleurs la première fois qu'un film d'animation était nominé aux Oscars dans la catégorie "Meilleur Film", finalement remporté cette année par le Silence des Agneaux.

Nominations

  • Oscars 1992 : Meilleure chanson (Be Our Guest), Meilleure chanson (Belle), Meilleur film (Don Hahn) et Meilleur son (Terry Porter, Mel Metcalfe, David J. Hudson & Doc Kane)
  • Nomination au Golden Globe de la meilleure chanson (Be Our Guest)

Sorties cinéma

Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database.

Premières nationales

Ressorties principales

Version IMAX

Sorties vidéo

  • 30 octobre 1992 : VHS (Québec) avec format 4/3.
  • 26 octobre 1993 (France) : VHS ave format 4/3 (Plein écran) et Laserdisc avec format 1,66:1.
  • 23 octobre 2002 : VHS avec format 4/3, DVD et Double DVD Collector avec format 1,85:1, deux versions, version originale et version longue, restauration numérique, effets sonores et doublage français retravaillés (et ce dans les deux versions).
  • 27 novembre 2002 : Bipack 2 DVD (VHS) avec format 1,85:1 et restauration numérique et doublage français retravaillé.
  • 6 octobre 2010 : Blu-ray Disc avec format 1,85:1, restauration intégrale numérique du master d'origine en 4K et encodage MPEG-4 AVC. Restauration sonore également étendue à 8 canaux (7.1) en DTS haute résolution. Fourni avec un Blu-ray Disc de Bonus.
  • 2013 : Blu-ray Disc en relief 3D, sans le disque blu-ray de Bonus.

Origine et production

Premières tentatives

À la fin des années 1930 suite au succès de Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) puis dans les années 1950, Walt Disney avait essayé d'adapter la Belle et la Bête[8],[9]. Mais il n'arrivait pas à trouver avec son équipe de traitement approprié, aussi le projet fut mis de côté[8]. Peter M. Nichols considère que l'adaptation de Jean Cocteau, La Belle et la Bête sortie en 1946 a découragé Disney de tenter une nouvelle adaptation[10].

Durant la production de Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988), l'animation est réalisée sous la direction de Richard Williams à Londres[11]. Michael Eisner, PDG de Disney, avait demandé au directeur des studios Jeffrey Katzenberg de produire un film d'animation par an afin de rentabiliser le studio[12],[13]. Afin d'occuper l'antenne londonienne, le studio Disney relance le projet d'une adaptation de La Belle et la Bête[12]. Richard Williams refuse le poste de réalisateur afin de poursuivre son travail sur Le Voleur et le Cordonnier mais propose son collègue Richard Purdum[12],[14].

L'animateur anglais Richard Purdum commence à travailler sous la houlette du producteur Don Hahn à une version non musicale de la Belle et la Bête qui se déroulerait au XIXe siècle en France[15]. À la demande de Michael Eisner, La Belle et la Bête est le premier long-métrage d'animation Disney dont le scénario a été complètement développé par un scénariste avant l'animation. Dans les films précédents, l'utilisation de storyboards permettait l'évolution de l'histoire en fonction des propositions des animateurs. La raison invoquée pour ce changement est que plusieurs films avaient dépassé leur budget en raison du temps passé à développer des séquences finalement abandonnées, les producteurs réalisèrent qu'ils pouvaient économiser du temps et de l'argent en ayant un scénario finalisé avant de commencer l'animation. Linda Woolverton écrit la première version du scénario avant que les animateurs ne travaillent sur les storyboard mais elle continue de travailler avec l'équipe scénaristique pour revoir et développer certaines séquences[13].

Mise en musique et réécriture du scénario

En 1989, les storyboards sont présentés à Jeffrey Katzenberg qui ordonne alors de les jeter et de recommencer à zéro. Quelques mois plus tard, Purdum démissionne du poste de réalisateur. Le studio Disney propose le poste à Ron Clements et John Musker mais le duo refusent en raison de la fatigue suite à la réalisation récente du film à succès La Petite Sirène (1989). Le studio confie alors le poste à Kirk Wise et Gary Trousdale pour leur premier long métrage d'animation. Le duo avait déjà réalisé le court métrage pour l'attraction Cranium Command ouverte en 1989 au parc EPCOT Center. Katzenberg demande aussi aux auteurs-compositeurs de La Petite Sirène, Howard Ashman et Alan Menken, de travailler sur La Belle et la Bête afin d'en faire aussi une comédie musicale dans le style Broadway. Ashman qui travaillait déjà sur Aladdin(1992), un projet qui lui tenait à cœur, apprend qu'il va mourir des complications du sida et accepte à contre cœur de rejoindre l'équipe de production alors en difficulté. Pour s'accommoder à la santé défaillante d'Ashman, l'équipe de préproduction déménage de Londres pour un hôtel Residence Inn à Fishkill près de New York où réside Ashman[15]. Ashman et Menken rejoignent Wise, Trousdale, Hahn et Woolverton afin de reprendre le script[13],[14].

L'histoire originale de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont ne comporte que deux principaux personnages et l'équipe Disney a développé ce couple, ajouté de nouveaux personnages sous la forme d'objets enchantés qui permettent « d'ajouter de la chaleur et de la comédie à une histoire sombre » et de guider le public durant le film[14]. L'équipe ajoute aussi un « vrai méchant » avec le personnage de Gaston[14]. L'utilisation de personnages transformés en objets animés dotés d'une personnalité propre est créditée par Dave Smith à Howard Ashman[7],[8].

Ces idées se rapprochent des choix de Cocteau qui met en scène le personnage d'Avenant, un prétendant lourdaud semblable à Gaston par certains côtés[16] et aussi des objets inanimés dans le château de la Bête prenant vie[17]. Dans la version de Disney, les objets obtiennent des personnalités différentes.

Début 1990, Katzenberg approuve le scénario révisé et le storyboarding débute[13],[14]. L'équipe de pré-production (devenue équipe histoire) entame alors de nombreux allers-retours entre le studio de Burbank en Californie et New York pour avoir la validation d'Ashman sans savoir pourquoi[14], la maladie d'Ashman n'ayant pas été dévoilée.

Musique

Le film est dédié au librettiste Howard Ashman, mort durant la préparation du film. Sa collaboration avec Alan Menken, de la Petite Sirène (1989) à Aladdin (1992), avait permis à Disney de renouer avec la tradition des numéros musicaux dignes de Broadway. À la fin du film, on peut donc lire[7] :

To our friend, Howard, who gave a mermaid her voice and a beast his soul, we will be forever grateful.
À notre ami, Howard, qui a donné sa voix à une sirène et son âme à une bête, nous serons pour toujours reconnaissants.

Howard Ashman et Alan Menken ont composé la bande sonore du film durant la période de pré-production à Fishkill[14]. La première composition est la scène d'ouverture intitulée Belle dans un style Opérette[14]. L'animation du film a débuté à Burbank en Californie tandis que les enregistrements débutaient à New York[14]. La chanson Belle a été enregistrée principalement en live avec un orchestre avec les acteurs afin de donner une sensation d'albums de troupe[18] ou de captation.

Le duo de compositeurs avaient pour but que les chansons servent d'éléments scénaristiques et supportent l'histoire. Selon Menken, les chansons du film sont nées du fait qu'il ai été écrit pour « presque ... exister en tant que comédie musicale »[19]. Au niveau du style, Ashman et Menken ont été influencé par plusieurs genres et styles musicaux comme la musique classique française et Broadway[20]. Menken a également révélé que les chansons et la bande sonore du film cherchent à transmettre une grande variété d'émotions, allant du poignant à l'humour et à la joie[21].

Alors qu'il composé la partie instrumentale qui accompagne le prologue du film, Menken s'est inspiré du Carnaval des animaux (1886) de Camille Saint-Saëns, qu'il qualifie comme sa propre version de la composition de Saint-Saëns[20]. Le mouvement de Saint-Saëns s'approchant le plus du prologue de Menken joué au piano est L'Aquarium. Menken considérait que toute comédie musicale correctement structurée doit contenir une chanson de type « Je veux » car elle se focalise sur « un personnage ayant de grands rêves et qui rencontre des obstacles dans cette quête[22]. » La chanson d'ouverture Belle est une chanson orchestrée[23] et rythmée, accompagnée d'un orchestre complet[24] que l'on peut considérer comme la « Je veux » du film[25]. Musicalement, Menken a conçu Belle dans le style narratif de l'opérette traditionnelle, qu'il définit comme « quelque chose pour dépeindre Belle dans un monde qui est très protecteur et sanas danger[20]. » La chanson suivante, Gaston est une « chanson à boire chantée par en gros un groupe de gars de niveau Néandertalien en hommage à un parfait imbécile » si l'on se réfère au choix d'Ashman pour les paroles humoristiques et ironiques[20]. Durant la production, plusieurs modifications de la structure du film ont nécessité le remplacement ou la ré-attribution de chansons.

Lorsqu'ils ont dû composer le morceau de comédie musical à grande échelle et "scintillant"[26] C'est la fête (Be Our Guest), Menken habituellement compose une mélodie simple mais provisoire qu'il fournit à Ashman pour que ce dernier entame l'écriture des paroles, mélodie que Menken surnomme le "dummy"[20]. Mais pour C'est la fête, Menken a finalement renoncé à améliorer la mélodie simple de la chanson qui est devenue la version finale sur laquelle Ashman à écrit les paroles[20]. Menken décrit C'est la fête comme une chanson à la fois simple mais harmonieuse qui laisse les paroles brillaient[27]. Lors d'un visionnage d'une version presque totalement animée de C'est la fête, le scénariste Bruce Woodside suggère que les objets doivent chanter pour Belle et non pour son père; les réalisateurs Wise et Trousdale acceptent que la séquence et la chanson soient modifiées pour remplacé Maurice par Belle[14].

Au début, Ashman et Menken avaient composer un morceau assez long de comédie musicale à grande échelle qui s'intitulait Humain à nouveau (Human Again) mais il a été considéré comme trop ambitieux et le duo l'a rapidement écrit et remplacé par un numéro musical de moindre envergure intitulé Je ne savais pas (Something There)[20]. Le morceau Humain à nouveau et ses paroles posait des problèmes scénaristiques principalement sur la chronologie de l'histoire et a été retiré avant sa mis en animation[14], toutefois Menken a conservé la chanson et elle fut utilisée plus tard après la sortie du film (Cf. Exploitation et Accueil). La chanson Je ne savais pas a été écrite tardivement vers la fin de la production et insérée dans le script[18]. Dans cette chanson, Belle et la Bête se répondent par voix intérieures sur leur amour naissant l'un pour l'autre[18].

Selon Menken, le thème principal et titre du film Histoire éternelle - La Belle et la Bête était « une chanson très dure à venir malgré sa relative simplicité[26],[27]. » Menken révèle que le processus d'écriture de La Belle et la Bête est la plus longue période qu'il a consacré à une seule chanson[20]. La chanson titre du film a traversé un peu d'incertitude au cours de la production. Originellement conçue comme une chanson orientée rock, elle a changé pour une ballade lente et romantique[14]. Menken et Ashman ont conçu la chanson La Belle et la Bête, qui ressemble à une berceuse, pour avoir une vie en dehors du film[20]. Ils ont demandé à Angela Lansbury d’interpréter la chanson mais elle pense que sa voix n'est pas adaptée à la mélodie[14]. Elle fait part de ses doutes et le duo lui demande juste une prise qu'elle peut faire comme elle l'entend[14]. Durant son interprétation, Angela Lansbury aurait fait fondre en larme tout le monde dans le studio, scellant la chanson dans la seule prise qui lui a été demandée[14]. Cette chanson a été proposée pour l'Oscar de la meilleure Chanson.

Le dernier morceau, avant la reprise de La Belle et la Bête comme générique, est Tuons la bête (The Mob Song) écrit comme « la mise en évidence d'une aventure macho[20]. »

Choix des acteurs et enregistrement

Jodi Benson, l'actrice ayant prêtée sa voix à Ariel dans La Petite Sirène (1989), était initialement envisagée pour le rôle de Belle mais elle a été écarté en raison de son timbre trop américain[28]. La production s'est tournée vers l'actrice et chanteuse de Broadway Paige O'Hara car sa voix semblait proche d'une femme que d'une fille[28],[29]. Le coréalisateur Kirk Wise indique que l’attribution du rôle à O'Hara est liée à « une qualité unique, une tonalité que frappait qui la rendait spéciale »[30] rappelant en cela l'actrice et chanteuse américaine Judy Garland[31]. Après avoir pris connaissance du film dans le The New York Times[32], O'Hara a été en compétition avec 500 personnes[33] mais elle est persuadée que le parolier Howard Ashman admirait son interprétation sur l'enregistrement de la comédie musicale Show Boat et que cela a comptait dans son choix[34].

Originellement, la séquence C'est la fête s'adressait à Maurice et non à Belle, mais les créateurs estimèrent que c'était une trop belle chanson pour qu'un personnage secondaire en soit le centre. Angela Lansbury, la voix originale de madame Samovar, pensait qu'un autre personnage était mieux placé pour chanter la ballade Histoire éternelle, mais le réalisateur lui demanda de faire au moins une prise au cas où rien d'autre ne marcherait. C'est cette prise unique qui est dans le film. Julie Andrews avait été pressentie pour incarner la voix de Madame Samovar.

Animation et aspect artistique

Façade de l'attraction Magic of Disney Animation, partie publique des studios Walt Disney Animation Florida

La Belle et la Bête est le second long-métrage Disney à utiliser intégralement le système Computer Animation Production System (CAPS), un procédé permettant d'encrer et de peindre des séquences d'animation numérisées par caméra numérique, Bernard et Bianca au pays des kangourous (1990) étant le premier[14],[7],[15]. La mise en animation du film avait un délai de production de 2 ans au lieu des 4 ans habituellement définis pour Walt Disney Feature Animation principalement à cause de le version préliminaire de Richard Purdum[18]. La production du film a requis près de 600 animateurs artistes et techniciens[7] dont la majeure partie est basée en Californie dans l'Air Way Facility de Glendale[14]. Une petite équipe est elle basée en Floride au Walt Disney Animation Florida au sein du parc Disney-MGM Studios et a fourni son aide sur plusieurs scènes dont C'est la fête[14],[7].

L'usage de la technologie CAPS a permit une plus grande gamme de couleurs ainsi que des ombres plus douces, des effets de lignes colorées sur les personnages, techniques d'animation à la main qui avaient été abandonnée avec l'usage de l'électrophotographie (xérographie) à la fin des années 1950[18]. CAPS a aussi permit à l'équipe de production de simuler les effets de Caméra multiplane en plaçant les personnages et/ou les décors sur des couches différentes et en les déplaçant selon plusieurs axes, donnant l'illusion de la profondeur mais aussi en modifiant le focus sur chaque couche[18]. CAPS offre une meilleure combinaison du dessin à la main et des images générées par ordinateur[14],[18]. La scène de danse, sur la chanson Histoire Éternelle, est celle utilisant le plus l'animation de synthèse avec la reconstitution en trois dimensions de la salle de bal[7]. Cet usage a permis des mouvements de caméra impressionnant sur les personnages qui dansent[7]. Initialement les producteurs avaient prévu de réaliser cette scène en animation traditionnelle mais avec l'amélioration de la technologie CAPS, ils l'utilisèrent sur la scène de bal[10]. Le temps n'a pas permis de l'appliquer sur les scènes du combat sur le toit du château et de la chasse dans la forêt. Le succès de la séquence de la salle de bal a convaincu les responsables du studio Disney d'investir encore plus dans l'animation de synthèse[35].

Bibliothèque monastique de l'Abbaye d'Admont en Autriche.

Les directeurs artistiques de Disney ont effectué un voyage de travail dans le val de Loire en France afin d'y puiser l'inspiration, d'y étudier les peintres rococo tels que Jean-Honoré Fragonard et François Boucher et d'avoir un décor plus européen[7],[8]. Plusieurs des peintures du château sont des versions grossières d'œuvres de peintres célèbres tels que Johannes Vermeer, Rembrandt et Francisco de Goya. La grande bibliothèque du château de la Bête, que Belle découvre avec émerveillement, est inspirée des grandes bibliothèques rocailles du XVIIIe siècle[réf. souhaitée]. On peut citer à titre d'exemple la bibliothèque du Palais national de Mafra au Portugal ou de celle de l'Abbaye d'Admont en Autriche.

Le directeur artistique Brian McEntee, assisté de Lisa Keene, a développé une mise en abîme des couleurs et a fait en sorte par exemple que Belle soit la seule personne du village qui porte du bleu, afin de symboliser sa « marginalité » vis-à-vis des autres villageois. Le seul autre « marginal » à porter du bleu est la Bête[36].

La fumée visible durant la transformation de la Bête en prince est une véritable fumée non animée. Elle fut originellement utilisée dans Taram et le Chaudron magique (1985). [réf. souhaitée]

Développement des personnages

Le créateur et animateur de La Bête, Glen Keane, a déclaré dans un entretien s'être inspiré de la statue "Les Bourgeois de Calais" par Auguste Rodin pour animer la transformation finale de La Bête en prince.

Le personnage de la Bête, dessiné par six animateurs supervisés par Glen Keane, a été créé par hybridation en prenant les éléments suivants[7],[38] :

Quand la Bête se fait coiffer pour plaire à Belle, la coupe que le portemanteau lui fait est celle du lion peureux dans Le Magicien d'Oz (1939).

Bien que non mentionné dans le film, le nom du Prince est Adam[7]. Lors de la toute première apparition du Prince, on peut lire sur les vitraux du palais sa devise en latin entourant son blason : Vincit qui se vincit (« Vainc qui se vainc »). Elle est inspirée de la locution du poète latin Publilius Syrus Bis vincit, qui se vincit in victoria (« Celui qui sait se vaincre dans la victoire est deux fois vainqueur »). On peut y voir une allusion au fait que la Bête doit surmonter son caractère bestial pour gagner l'amour de Belle.

Le personnage « mignon » du film devait être une boîte à musique, sorte de version musicale du nain Simplet. Mais quand le rôle de Zip fut développé, l'idée de la boîte à musique fut jetée aux oubliettes. Cependant, on peut encore l'apercevoir un bref instant sur une table à côté de Lumière, juste avant le combat entre les objets enchantés et les villageois dans le château de la Bête. Le personnage de Zip n'avait à l'origine qu'une ligne de texte, mais la voix de Bradley Pierce fut tellement appréciée que les scénaristes inventèrent de nouvelles scènes avec la petite tasse, il est aussi le seul objet du château qui appelle Belle par son nom, tous les autres l'appellent « mademoiselle », « elle », « la dame ».

Dans un plan rapproché de Gaston, quand il tombe du toit du château, à la fin du film, on peut voir des crânes dans ses yeux. Toutefois, cela ne concerne que la version remastérisée du film.

Exploitation et accueil

Pour la première fois de son histoire, la Walt Disney Company présente une version incomplète du film La Belle et la Bête au Festival du film de New York le [39]. Le film est considéré comme un "en cours" parce que seulement 70% de l'animation avait été achevée et des storyboards et des tests au crayon ont été utilisés en remplacement des 30% restants[40]. En outre, certains segments du film qui avaient déjà été finis ont été renvoyés aux étapes précédentes[40]. Toutefois, à la fin de présentation le film au festival reçoit une ovation de 10 minutes[15],[41]. Le film complet est présenté hors compétition au Festival de Cannes 1992[42].

La première mondiale du film a lieu le à Hollywood au El Capitan Theatre puis un nombre limité de salles avant une sortie nationale, le 22 novembre[41]. Le El Capitan Theatre était sortie quelques mois plus tôt d'une importante rénovation menée par Disney[43]. L'exploitation en salle du film aux États-Unis a permis un bénéfice, après soustraction des coûts de production, de plus de 140 millions de dollars[7], auxquels doivent s'ajouter les revenus à l'international et autres bénéfices de produits dérivés.

Si la société Disney est habituée aux Oscars (catégories Meilleure musique de film et Meilleur court-métrage d'animation), ce film est l'unique dessin animé des studios à avoir concouru dans la catégorie Meilleur film en 1992. Mais c'est le Silence des agneaux qui remportera finalement la statuette.

Histoire éternelle, "Single" commercial

À sa sortie, le film récolte trois sélections différentes dans la catégorie Oscar de la meilleure chanson originale de la 64e cérémonie des Oscars pour Belle, C'est la fête et Histoire éternelle - La Belle et la Bête[44]. Le producteur Don Hahn craint que cela porte confusion chez le public et les membres votant de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences ce qui aurait un effet défavorable sur l'image du film[44]. Pour éviter cela, le studio se bat pour mettre en avant une version populaire du thème du film La Belle et la Bête qui est vendu sous la forme d'un single[44]. Comme Menken le confirme, la chanson avait été conçue pour pouvoir être indépendant du film[20], Il considère toutefois que c'est la première fois que l'une de ses compositions est réarrangée pour être "transformé en douceur pour l'oreille"[45]. La version populaire anglophone du thème La Belle et la Bête est chantée par Céline Dion et Peabo Bryson durant le générique de fin du film. La version française est chantée par Charles Aznavour et Liane Foly dans la première version française de 1991 et par Patrick Fiori et Julie Zenatti pour la version intégrale de 2002.

Le single La Belle et la Bête permet à Céline Dion d'atteindre une seconde fois une place dans le top 10 du Billboard Hot 100, à la neuvième place, amis aussi à la troisième place du Hot Adult Contemporary Tracks et à la seconde place du classement canadien[46],[47]. La chanson atteint aussi le top 10 en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, le top 20 en Australie, aux Pays-Bas et en Irlande, parvenant à dépasser le million de single au niveau mondial[48]. Le duo Dion-Bryson a gagné le Grammy Award de la meilleure prestation vocale pop d'un duo ou groupe et été sélectionné pour les Grammy Award de l'enregistrement de l'année et de Grammy Award de la chanson de l'année en 1993.

"Humain à nouveau", Broadway et version intégrale

La chanson Humain à nouveau a été intégrée dès 1994 dans l'adaptation en comédie musicale du film La Belle et la Bête présentée à Broadway[18],[14].

En 2002, le studio Disney a décidé de sortie dans une édition DVD intégrale, le film avec la séquence Humain à nouveau[18],[14] qui passe de 84 à 91 minutes. Dans la version longue française sortie en 2002, tout comme dans les ressorties du Livre de la jungle en 2000 et de Blanche-Neige et les Sept Nains en 2001, Lucie Dolène a été remplacée par une autre comédienne pour cause de procès avec la Walt Disney Company, concernant les droits d'interprète.

Analyse du film

Selon David Whitley, Belle correspond en tout point à l'archétype de la jeune princesse de conte de fées, réinterprété par Disney : elle se fait une place dans le monde à un âge charnière, entre l'enfance et l'univers des adultes[50]. Pour s'accomplir, l'héroïne doit subir une série d'épreuves et s'appuie, pour en triompher, sur les forces de la nature et ses représentants, les animaux[50]. Cependant, à l'exception du cheval Philibert, Belle interagit moins avec les animaux qui ne font que partie de son monde que ses prédécesseurs Blanche-Neige, Cendrillon, Aurore et Ariel[51]. Par son caractère et son parcours, elle rejoint toutefois la galerie des grandes princesses Disney : Blanche-Neige, définition première de cet archétype et de ses variations, Cendrillon, Aurore, Jasmine, Pocahontas, Mulan ou encore Ariel, une déclinaison sous-marine[50].

Adaptations et produits dérivés

La société Disney a créé plusieurs produits dérivés de ce long métrage d'animation.

Films d'animation et remake avec acteurs

À la fin des années 1990, une période qui voit la plupart des films Disney faire l'objet d'une suite, le studio Disney réalise deux suites pour dans La Belle et la Bête, toutes deux sorties directement en vidéo :

Le , l'actrice Emma Watson est engagée pour le rôle de Belle et Dan Stevens est engagé pour le rôle de la Bête dans le remake avec acteurs de La Belle et la Bête (1991) dont le tournage est prévu en 2015 et dont la sortie au cinéma est prévue pour 2017[52],[53],[54].

Les Spectacles et comédies musicales

La Belle et la Bête est une comédie musicale, montée pour les parcs à thèmes Disney par Walt Disney Entertainment avec la première le au Disney-MGM Studios[55]. Ce spectacle a été mis en scène par Robert Jess Roth et chorégraphié Matt West, qui rejoignent par la suite la production à Broadway en 1994[56].

La Belle et la Bête est une comédie musicale, montée pour la première fois à Broadway en 1994 par Walt Disney Theatrical Productions. Cette adaptation donne lieu à plusieurs déclinaisons locales. Le , en plus du remake cinématographique avec acteurs prévu pour 2017, Disney India annonce une nouvelle adaptation de La Belle et la Bête (1991) sous la forme d'une déclinaison locale de la comédie musicale La Belle et la Bête avec une troupe indienne[57].

Article détaillé : La Belle et la Bête (spectacle).

Autour du film

  • Un épisode du dessin animé Animaniacs fait intervenir une parodie du film intitulée Choupie et la Bête.
  • Le film est parodié dans la série animée American Dad!, dans l'épisode 8 de la saison 9.

Titre en différentes langues

  • Albanais : Bukura dhe bisha
  • Allemand : Die Schöne und das Biest
  • Anglais : Beauty and the Beast
  • Français : La Belle et la Bête
  • Arabe : الجميلة والوحش ()
  • Chinois : 美女与野兽 (Měinǚ yǔ Yěshòu)
  • Coréen : 미녀와 야수 (Minyeo wa yasou)
  • Danois : Skønheden og udyret
  • Espagnol : La bella y la bestia
  • Espéranto : Belulino kaj la Besto
  • Finnois : Kaunotar ja hirviö
  • Grec : Η Πεντάμορφη και το Τέρας (I Pendámorfi ke to Téras : «  »)
  • Hébreu : היפה והחיה ()
  • Hindi : सौंदर्य और दैत्य ()
  • Hongrois : Szépség és a szörnyeteg
  • Islandais : Fríða Og Dýrið
  • Italien : La Bella e la Bestia
  • Japonais : 美女と野獣 (Bijo to Yajū : « La Belle Femme et le Fauve »)
  • Néerlandais : Belle en het Beest
  • Polonais : Piękna i bestia
  • Portugais : A Bela e o Monstro
  • Portugais brésilien : A Bela e a Fera
  • Russe : Красавица и чудовище (Krasavitsa i Tchoudovichtche)
  • Suédois : Skönheten och odjuret
  • Swahili : Uzuri na kuna
  • Tchèque : Kráska a zvíře
  • Thaï : โฉมงามกับเจ้าชายอสูร ()
  • Turc : Güzel ve Çirkin

Notes et références

Notes
  1. Le libraire offre à Belle Le Songe d'une femme. Roman familier (1899) de Remy de Gourmont dont un extrait est audible dans la scène où Belle, entourée de moutons, lit à haute voix assise à la fontaine.
Références
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  2. Budget Sur Box Office Mojo.
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Voir aussi

Bibliographie

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Liens externes