LGBT en France

La première 'Marche nationale pour les droits et les libertés des homosexuels et des lesbiennes organisée le 4 avril 1981 à Paris par le Comité d'urgence anti-répression homosexuelle (CUARH)

Si le mouvement LGBT en France ne se forme en tant que tel qu'au début des années 1970, l'histoire des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans, ainsi que des pratiques de changement de genre, de relations entre femmes et de relations entre hommes en France est aussi longue que celle du pays.

La communauté LGBT française est diverse, les vécus lesbiens, gays, bisexuels et trans ne se supposant pas ; ils sont aussi marqués par d'autres facteurs, en particulier le racisme et la classe sociale. Cette diversité se retrouve dans les productions artistiques et revendications politiques.

Classée 13e pays européen sur 49 en termes de libertés et de droits des personnes LGBT par l'ILGA-Europe en 2020, la situation légale et sociale en France est hétérogène ː si le mariage pour tous y est reconnu en 2013 et que les associations LGBT sont libres de s'exprimer, le pays ne permet pas la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes, promeut les opérations chirurgicales sur les enfants intersexes sans nécessité médicale, conserve un parcours de changement de genre basé sur la pathologisation plutôt que l'autodétermination et prévoit peu de protection pour les demandeurs d'asile LGBT. Malgré une acceptation sociale en hausse, les personnes LGBT continuent d'être la cible de discriminations et de violences.

Histoire

Du Moyen Âge à 1890

Moyen Âge

Enluminure de la bible moralisée de Vienne 2554 réalisée au début du XIIIe siècle pour un membre de la famille royale de France.

La première partie du Moyen Âge est marquée par une conception chrétienne de l'amour et de la sexualité ː celle-ci place l'amour comme valeur et la sexualité comme péché, où l'idéal est d'être vierge ou chaste et où la continence, c'est-à-dire une pratique restreinte de la sexualité au sein du mariage hétérosexuel, un moindre mal[1]. L'affection entre femmes ou entre hommes est valorisée, et les poètes qui en parlent, tels que Baudri de Bourgueil et Marbode, où la rhétorique érotique vient souligner la vertu des personnages[1]. Mais un double tournant s'effectue aux XIIe et XIIIe siècle.

C'est à cette époque que l'accusation de « sodomie », au sens large de pratique sexuelle non-reproductive incluant les rapports entre deux hommes, émerge comme arme de déligitimisation politique[1]. L'exemple le plus ancien est la campagne de dénigrement réalisée contre Jean, évêque d'Orléans, et accusé de relations avec Philippe Ier : Yves de Chartres affirmera par exemple une lettre à Urbain II : « certains de ses amants qui l’appellent Flora ont composé des chansons rythmées à son sujet que de jeunes dépravés, qui sont, vous le savez, la plaie de cette région, chantent dans les villes de France, sur les places et les carrefours »[1]. Ces accusations prennent de la force car la société médiévale délaisse de plus en plus la célébration de l'affection entre hommes : si ce lien était valorisé entre seigneur et vassal dans un contexte de pouvoir peu centralisé, car permettant une fluidification des rapports sociaux, il est au contraire critiqué dans un contexte de monarchie renforcée, l’aristocratie voyant dans des relations trop intimes entre le souverain et un autre homme une marque de favoritisme politique, tandis qu'à l'inverse le monarque peut se sentir menacé par des relations trop fortes entre ses sujets[1].

Il s'agit aussi de la période où l'amour vrai et la sexualité convergent, d'abord dans la littérature des troubadours, puis au sein de l'église, qui fixe le mariage hétérosexuel parmi la liste des sacrements au concile de Latran IV en 1215[1]. Cela aboutit à ce que l'affection et la sexualité se retrouvent bornées au mariage, excluant par contrecoup l'affectivité homosexuelle[1]. Dès lors, l'homosexualité n'est plus perçue dans sa dimension affective ou sociale, mais uniquement sous le prisme sexuel[1]. C'est entre autres ce renversement qui rend le catharisme si hérétique aux yeux de la papauté, qui invoque d'ailleurs des accusations d'homosexualité, aussi appelé bougrerie, face au mouvement albigeois[2]. La condamnation de l'hérésie par une homosexualité hypersexualisée connaît son apogée dans le procès de l'ordre du Temple, au début du XIVe siècle, où les accusations envers les Templiers listent notamment la fellation et l'annulingus[3].

L'Époque moderne

La répression légale des comportement homosexuels diminue progressivement. Au début du XVIIIe siècle, ceux-ci ne sont punis que de quelques heures à quelques jours de prison[4]. En 1725, éclate l'affaire Deschauffours, un réseau d'enlèvement de jeunes garçons destinés à être vendus à des aristocrates et membres hauts-placés du clergés[5]. Celle-ci rabaissera l'homosexualité dans l'opinion publique, au point que, pour une banale affaire de rapport sexuel dans la rue, Jean Diot et Bruno Lenoir furent exécutés en 1750, devenant les derniers condamnés à mort pour homosexualité en France[4].


De la période révolutionnaire à 1890

1890 à 1939

Avant 1920

Henri de Toulouse-Lautrec, la clown Cha-U-Kao au moulin rouge, 1895

À la fin du XIXe siècle, Oscar Wilde incarne un exemple pour les personnes homosexuelles en France, en particulier André Gide[6]. C'est une période où sont produites de nombreuses photographies homoérotiques, féminines comme masculines[6].

Lors des années 1890 sont produites de nombreuses œuvres ayant pour thème l'homosexualité féminine, réelle ou fantasmée : Georges Barbier publie les chansons de Bilitis, recueille de poèmes prétendument traduit du grec, tandis qu'Henri de Toulouse-Lautrec réalise de nombreuses peintures en prenant pour modèle Cha-U-Kao, artiste clown ouvertement lesbienne.

La première revue homosexuelle française, Akademos, est créée en 1909 par l'écrivain Jacques d'Adelswärd-Fersen ; elle s'arrête au bout de 11 numéros en raison de difficultés financières[6].

La Première Guerre mondiale, qui éloigne de nombreux hommes de leurs foyers, constitue un moment particulier dans l'acceptation et l'expression des couples lesbiens[6]. Si la France d'alors ne condamne pas explicitement l'homosexualité, ce n'est pas le cas de l'Empire allemand, qui contrôle le territoire de l'Alsace-Moselle de 1871 jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale et réprime les « actes sexuels contre-nature » masculins[note 1],[7]. 144 inculpations et 114 condamnations sont ainsi proclamées entre 1902 et 1913[7].

Années 1920 et 1930

Colette en compagnie de son amante Mathilde de Morny

Les années folles sont l'occasion d'une grande visibilité et liberté des modes de vie homosexuels, en particulier à Paris, structurée autour de nombreuses boîtes et bars à Montparnasse, Pigalle ou Montmartre, tels que le bar lesbien Le Fétiche ou le bar masculin le Magic City, ainsi qu'autres lieux de rencontres ː maisons de passe, bains de vapeur et vespasiennes[6]. L'.évènement majeur d'alors est le bal travesti de la mi-carême organisé par le Magic City[6].

Cette période est aussi effervescente quant à la production littéraire associée à l'homosexualité, avec la publication en 1911 des Fréquentations de Maurice par Xavier Boulestin, qui raconte les aventures d'un dandy androgyne, en 1922 du roman La Garçonne de Victor Margueritte, portrait violent des lesbiennes, de Corydon d'André Gide en 1924, du Troisième Sexe en 1927 de Willy, guide des établissements gays et lesbiens du Paris d'alors ou encore, en 1931, de Le Pur et l'Impur de Colette, portrait sans jugement du lesbianisme et Le Taciturne de Roger Martin du Gard, pièce où le héros se suicide lorsqu'il prend conscience de son homosexualité[6]. La revue Marges consacre d'ailleurs un dossier à la « préoccupation homosexuelle » en 1926[6]. C'est aussi à cette époque que l'écrivaine Natalie Clifford Barney, publiquement lesbienne, ouvre à la redécouverte de la poétesse Sappho, d'abord aux États-Unis puis dans le reste du monde occidental et notamment en France[6].

Publicité pour le bal de la mi-carême 1920 du Magic City

Cette visibilité n'empêche pas les violentes irruptions d'homophobie ː l'assassinat d'Oscar Dufrenne, en 1933, aussi appelé « crime du Palace », est l'occasion d'un déferlement de propos homophobes ; deux hommes homosexuels sont accusés, le premier uniquement dans la presse, le second jusqu'au procès, où il est acquitté[8],[6].

Si le terme homosexuel est connu dès son invention en 1869, il n'est que peu utilisé ; lui sont préférés les termes « uranien », « inverti », « pédérastre », « éphèbe », « homme dévoyé » pour les gays et l'expression « femmes damnées » pour les lesbiennes[8],[6]. Cette multiplicité des termes s'accompagne d'une absence d'unité des personnes LGBT d'alors, qui, même si elles fréquentes les lieux de rencontre, n'ont pas forcément le sentiment de partager une même culture et n'ont pas alors constitué de mouvement homosexuel accompagné d'une parole politique propre[6]. La revue Inversions, qui publie 4 numéros en 1924 et un seul en 1925, est ce qui s'en rapproche le plus, avec une focalisation sur l'histoire et la culture homosexuelle et la lutte contre les stéréotypes, mais elle fait l'objet de critiques internes (sous-représentation des lesbiennes, profession de foi peu clair et réciproquement titre trop explicite) et surtout d'une répression étatique, étant ainsi accusée d'être sous influence allemande car inspirée de la revue Die Freundschaft mais surtout d'« outrage aux bonnes mœurs et propagation de méthodes anticonceptionnelles », accusations pour lesquelles ses créateurs Gustave Beyria et Gaston Lestrade sont condamnés à 200 francs d'amende et 6 mois de prison[6].

Seconde guerre mondiale

Alsace-Moselle

Le territoire de l'Alsace-Moselle est annexé de facto par le Troisième Reich en juin 1940. Le code pénal français cesse de s'y appliquer en 1942, progressivement remplacé par le code pénal allemand durant l'année 1941. Les habitants ont un statut particulier, puisqu'ils sont considérés comme « Allemands du sang » (Volksdeutsche) sans être citoyens (Reichsdeutsche). Une intense répression policière et administrative commence pourtant dès l'été 1940, les forces administratives et policières allemandes s'appuyant sur des dispositions extrajudiciaires pour agir[7]. Cette extrajudiciarité permet d'échapper aux contraintes du système légal et ainsi de réprimer plus brutalement l'homosexualité[7],[9]. Ainsi, un listage de tous les hommes homosexuels est effectué en novembre 1940 dans le Bas-Rhin, en juillet 1942 en Moselle[7],[10],[11]. S'il n'existait pas alors de listage des homosexuels effectué par la police française, elle a tout de même joué un rôle, soit par la participation active de certains de ses membres, soit par la constitution d'archives des condamnations pour « atteinte à la pudeur »[7].

En plus de ces listes, la condamnation des homosexuels se fait à partir de dénonciations, encouragées par le régime, des maires, ou celles, spontanées, des collègues de travail, voisins, parents[7].

Le statut particulier des alsaciens-mosellans, en particulier leur détention de la citoyenneté française fait que plusieurs centaines d'entre eux sont expulsés en France non occupée[7]. Ces expulsions s'inscrivent dans la politique nazie plus large de « purification » (Reinigung) des territoires annexés[7]. Elles concernent en particulier les homosexuels considérés comme « incurables » en raison de la récurrence de leurs pratiques ou de leur personnalité, les autres étant envoyés en camp de rééducation et/ou condamnés aux travaux forcés[7]. Le discours répressif s'appuie sur une représentation duale de l'homosexualité, qui peut être soit acquise (et donc jugée moins grave), soit innée, celle-ci étant associée à des traits et des manières effiminées et à la capacité de « corrompre la jeunesse »[7].

Plaques en mémoire des déportés du camp de Natzwiller-Struthof. L'une d'elle concerne spécifiquement les déportés pour motif d'homosexualité.

Cette répression touche tous les âges, le cadet des condamnés ayant 14 ans, le plus âge 74, et plus particulièrement les classes populaires, les classes supérieures ayant des socialités moins visibles[7]. Les condamnés expriment très peu de sentiment identitaire homosexuel ou bisexuel, contrairement à ceux de Bade, sans doute plus marqués par la littérature théorique homosexuelle allemande des années 1930[7],[12]. Après 1942, la répression s'incarne de moins en moins par des expulsions, celles-ci étant remplacées par les internements, en particulier dans le camp de sureté de Vorbruck-Schirmeck[7]. Ils y sont identifiés par un carré bleu ciel, comme les « asociaux », les prêtres ou les prostituées[7]. Certains meurent dans ce camp, d'autres sont ensuite expulsés en France, d'autres encore sont ensuite transférés dans les camps de concentration de Natzweiler-Struthof, Buchenwald ou Dachau[7]. Ces différences de parcours s'expliquent en partie par les dissensions internes du régime nazi, Heinrich Himmler étant partisan de l'envoi massif des Alsaciens en camp de concentration tandis que Robert Wagner s'y opposait[7]. Ainsi, la différence de politique d'administration entre l'Alsace et la Moselle fait que les homosexuels mosellans sont le plus souvent expulsés vers la France, tandis que les alsaciens sont envoyés en camp de concentration[7]. Ces répressions concernent plusieurs centaines d'hommes[7],[13].

Si certains homosexuels fuient la répression en France ou s'engagent dans la Résistance, la majorité reste sur place, prenant simplement plus de mesures de précautions comme la favorisation des relations anonymes ou l'échauffement d'une défense commune aux deux amants avant chaque rencontre[7]. Malgré la répression, de nombreux espaces homosexuels continuent d'être fréquentés, comme les toilettes publiques de la place du Corbeau de Strasbourg[7]. Les nouvelles structures apportées par la guerre et l'annexion, non-mixtes, comme les jeunesses hitlériennes, le service de protection aérienne, le service national du travail, l'armée allemande, la SS ou les usines, constituent des foyers de relations homosexuelles[7].

Reste du territoire français

Joséphine Baker, résistante pour la France libre, posant en 1948 pour le studio Harcourt dans son costume de l'armée de l'air

Les personnes homosexuelles se retrouvent dans toutes les franges de la société française, que ce soit celle qui a collaboré (Abel Bonnard, Marcel Bucard, Robert Brasillach, Violette Morris) comme celle qui a résisté (Pascal Copeau, Edith Thomas, Daniel Cordier, Roger Stéphane, Joséphine Baker)[13].

Les pratiques homosexuelles, bien que peu documentées, ne sont pas rares dans l'armée française ou chez les prisonniers de guerre en Allemagne[13],[14],[15],[16]. De nombreuses relations homosexuelles avaient ainsi ouvertement lieu dans la légion étrangère[17].

À Paris, la vie homosexuelle n'est pas perturbée par l'occupation, Henry de Montherlant témoignant qu'il y est encore plus facile d'y « ramasser » des adolescents qu'avant la guerre et les lieux homosexuels, tels que le Liberty's, le Select, Chez Narcisse, Le Bœuf sur le toit, ou plus simplement les bosquets du Champ-de-Mars, la station de métro Strasbourg-Saint-Denis, le bois de Vincennes ou les vespasiennes sont toujours aussi fréquentés ː au public habituel s'y ajoutant officiers allemands et prostitués[13],[18],[19],[20].

Malgré l'interdiction des autorités allemandes, de nombreux soldats allemands entretiennent des relations sexuelles avec des français[13]. Si certains comme Daniel Guérin condamnent moralement ces relations et s'en abstiennent pour eux-mêmes, mais d'autres, qu'ils soient de l'extrême droite comme Jacques de Ricaumont ou Juif résistant comme Robert Francès, n'ont pas ces scrupules[13]. Ces relations ont aussi lieu hors de Paris, et sont évoquées dans les romans plus ou moins autobiographiques d'après-guerre ː Pompes funèbres de Jean Genet, Le monde inversé d'André du Dognon ou Les amours dissidentes de Boris Arnold[13]. Craignant qu'une interdiction totale provoque une augmentation des viols, l'occupant allemand décide de réquisitionner des maisons closes, dont une quarantaine à Paris, à l'usage exclusif de la Wehrmacht tout en surveillant les autres lieux de prostitution masculine et en condamnant les soldats allemands qui s'y rendent[13],[21],[22].

La défaite française est notamment analysée comme un défaut de virilité, une preuve des failles de la Troisième République décadente et féminisée[13],[18],[20],[23],[24]. Dans ce contexte, le régime de Vichy condamne l'homosexualité masculine et féminine comme contre-nature, revenant en 1942 sur l'avancée du code pénal de 1791 qui abrogeait le délit de « sodomie »[13]. Cette initiative vient purement du gouvernement français et pas de l'occupant allemand, car si celui-ci condamne l'homosexualité, il ne voit aucun intérêt à la combattre chez les occupés, y voyant au contraire une profitable faiblesse[13]. Si cette décision s'inscrit dans la politique nataliste et familiariste de Vichy, elle est aussi une réponse aux pressions politiques venue en particulier de juristes, de militaires et de policiers qui cherchent des outils pour pouvoir condamner les homosexuels accusés de « pervertir la jeunesse » et qui avaient failli obtenir gain de cause en 1939[13],[25],[26],[27]. Cette loi condamne les relations homosexuelles, féminines comme masculines, lorsque des mineurs de moins de 21 ans sont impliqués[13]. Cette loi est pourtant peu appliquée pendant la guerre, la police, en particulier de Paris préférant utiliser les lois sur l'outrage public à la pudeur pour condamner des homosexuels[13]. La police française transmet d'ailleurs ces condamnations à la police allemande, qui les renvoie sans les traiter[13].

Si la déportation est présente en Alsace-Moselle et envers les ressortissants français présents en Allemagne, elle est faible mais réelle dans le reste de la France, concernant au moins 38 Français dont 23 sont déportés outre-Rhin, 12 vers des prisons et 11 vers des camps de concentration comme Politischer Franzose où 6 d'entre eux meurent[13],[28]. Le plus célèbre de ces déportés est Pierre Seel, qui publiera un témoignage de son expérience en 1994[13],[29]. Ces arrestations ne concernent pas l'ensemble des homosexuels, mais uniquement ceux qui entretiennent des relations ou tentent de séduire des soldats allemands[13],[28].

À la Libération, plusieurs milliers de femmes ayant eu des relations avec des soldats allemands sont tondues ; si des rumeurs parlent de cas similaires pour des hommes, il n'en existe pas de preuve[13]. Il s'agit d'une époque effervescence de l'homosexualité masculine, Le Bœuf sur le toit devenant un lieu de rassemblement de gays venus du monde entier ː Américains, Polonais, Écossais, Algériens, Français, Russes[13],[30]. Mais la politique viriliste de la Résistance, de la France libérée et du gaullisme, mettent un terme à cette courte période, en affirmant dès le 8 février 1945 ne pas revenir sur la pénalisation de l'homosexualité mise en place par Vichy[13].

1945 à 1965

Roger Peyrefitte en 1947, studio Harcourt

La période d'après-guerre est marquée par un durcissement de la répression de l'homosexualité au niveau de l'État ː plusieurs centaines de condamnations par an sont prononcées dans les années 1950 en vertu de la loi interdisant les relations homosexuelles avec les mineurs de moins de 21 ans[31]. En 1960, l'homosexualité est déclarée « fléau national », au même plan que l'alcoolisme et la prostitution et cette même année, le délit d'outrage à la pudeur est aggravé quand il concerne des relations homosexuelles[31].

Étouffée par la censure, qui oblige par exemple Violette Leduc de réécrire une partie de Ravages à la demande de Gallimard, la vie LGBT continue à exister, à travers les boîtes, lieux de dragues et rencontres, les publications, telles que Futur, Gioventù ou Juventus, ou la réappropriation de productions non pensées comme destinées à un public homosexuel, comme les revues de culturisme[31]. Le cœur de la vie LGBT, et surtout gay, de cette époque, est Arcadie, que ce soit la revue ou le club parisien[31]. En 1955, Daniel Guérin publie Kinsey et la sexualité, ouvrage où il détaille l'oppression spécifique subie en France par les homosexuels[32].

En 1959, le photographe Christer Strömholm réalise un reportage sur la communauté trans de la place Blanche, mettant en évidence la forte solidarité entre ces femmes et le harcèlement policier dont elles font l'objet[33].

En 1964, les critiques envers le tournage du film Les Amitiés particulières, adapté du roman du même nom de Roger Peyrefitte, fait l'objet de vives critiques, qui aboutissent en retour à la publication de Lettre ouverte à Monsieur François Mauriac, membre de l'Académie française, prix Nobel par Peyrefitte, pour qui l'homophobie de Mauriac s'explique par une homosexualité refoulée, en particulier sa relation avec Jean Cocteau[31].

À cette période est souvent employé le terme « homophilie », qui parfois se confond, parfois est distingué de l'homosexualité[31].

Histoire LGBT des colonies françaises

Dès sa conquête par la France, l'Algérie subit le regard orientalisant des Français ; en particulier, le pays subit le stéréotype de la prétendue hypersexualité des hommes arabes[34]. Pour contrer le risque du développement de relations homosexuelles parmi les colons français, que ce soit entre eux ou, pire selon l'administration coloniale, avec les Algériens, le général Tlemben met en place un grand marché du sexe alimenté par des françaises déplacées dans la colonie pour s'y prostituer[34].

Dans les années 1950, Casablanca est pour la communauté trans française le lieu rêvé où pratiquer une opération de réattribution sexuelle[33].

1965 à 1982

En 1965 Marie-Andrée Schwindenhammer fonde l'AMAHO, la première association transidentitaire française[33]. L'association, qui compte en 1981 1500 adhérentes, dont de nomb

reuses travailleuses du sexe, propose de l'aide à la transition, comme l'épilation définitive ou l'accès à une thérapie hormonale, du mentorat et des activités sociales[33].

En mai 1968 se forme à la Sorbonne le Comité d'action pédérastique révolutionnaire, organisation étudiante vantant la liberté sexuelle des « minorités érotiques » ː homosexuels, voyeurs, masochistes, partouzeurs[33]. Mais le véritable moment fondateur du mouvement homosexuel est l'interruption, le 10 mars 1971, d'une émission de radio par un groupe issu du mouvement de libération des femmes comportant notamment Maffra, Christine Delphy, Monique Wittig, Elisabeth Salvaresi, Antoinette Fouque et Anne de Bascher[33]. Celles-ci forment le soir-même le Front homosexuel d'action révolutionnaire[33]. Rejointes par des hommes, les fondatrices se retrouvent en minorité dans leur propre groupe[33]. Elles fondent alors les gouines rouges et théorisent le lesbianisme politique[33]. En 1975 est fondé Les Mirabelles, groupe de théâtre travesti qui accompagne les actions du FHAR[33].

En 1972 est fondée David et Jonathan, l'une des plus anciennes associations LGBT française, issue du mouvement chrétien[35].

En 1979 Yves Navarre remporte le Goncourt pour Le Jardin d'acclimatation, roman où un jeune homosexuel subit une lobotomie afin de se conformer à une vie familiale homosexuelle, conformément aux attentes de ses parents[33]. La même année, Jean Le Bitoux fonde le magazine Le Gai Pied, mensuel puis hebdomadaire qui atteindra les 50 000 exemplaires vendus[33].

Il s'agit d'une période d'effervescence politique, influencée par le Gay Liberation Front dont les productions circulent en France grâce au travail de diffusion et de traduction de François Lasquinː le FHAR multiplie les actions conjointes avec le mouvement féministe et la gauche révolutionnaire, telles que manifestations ou happenings[33]. Mais il s'agit aussi d'une période marquée par de nombreuses lignes de rupture ː entre lesbiennes et hommes homosexuels, entre féministes hétérosexuelles et féministes lesbiennes qui aboutit à la publication de La Pensée straight, œuvre majeur du lesbianisme politique et entre la gauche révolutionnaire hétérosexuelle et le mouvement homosexuel, entre les groupes homosexuels de gauche révolutionnaire et ceux de droite, entre les femmes trans et les hommes homosexuels, en particulier travestis[33]. C'est à cette époque que s'expriment publiquement des critiques du racisme du milieu homosexuel envers les hommes maghrébins, accusé de nourrir des clichés orientalistes et d'instrumentaliser l'image de l'« homme arabe » sans s'intéresser à leurs préoccupations réelles[33].

La fin des années 1970 voit l'arrivée de candidatures homosexuelles aux élections, telle que la liste Différence homosexuelle pour les législatives de 1978, qui recueille un très faible nombre de voix[33]. Il s'agit aussi d'une période où les urinoirs publics, lieux de drague, sont progressivement remplacés, rendant les rencontres plus difficiles[33].

Dans cette période, les termes « pédés » et « homosexuels » coexistent, bien que le terme « gay », venu des États-Unis, gagne en popularité[33].

Cette grande visibilité s'accompagne de violents mouvements de répression. Ainsi, lors du Festival du film homosexuel de 1978, une vingtaine de militants d'extrême-droite interrompent la projection du Droit du plus fort, blessent des spectateurs, saccagent les locaux et volent la caisse[33].

Le VIH

à partir de 1982 ː vers l'égalité des droits

La fin des années 1970 et le début des années 1980 est une période de forte augmentation de la visibilité lesbienne et homosexuelle, avec la multiplication de revues et publications ː Masques, Homophonies, Quand les femmes s'aiment, Madivine, Clit 007, Nouvelles questions féministes, Amazones d'hier, Lesbiennes d'aujourd'hui, Interlopes[33]... Ces revues parlent politique, culture, littérature, avec une large place laissée aux petites annonces[33]. L'association archives recherches et cultures lesbiennes est fondée en 1983, avec pour but de réunir en un seul lieu la production foisonnante et éparse de la mémoire lesbienne[33].

Mémoire et rapport à l'histoire

Cortège d'Act Up-Paris à l'Existrans 2017. Fondée en 1985, l'association reprend le triangle rose comme symbole des luttes LGBT

La représentation de l'histoire LGBT française est aussi sujette à évolution et est marquée par un mouvement d'interprétation homophobe de l'histoire mais aussi par une réappropriation d'époques passées pour servir les revendications politiques LGBT d'une autre.

Ainsi, les années 1970 amènent à une redécouverte de l'homosexualité du temps des années 1920, au point de devenir alors une sorte de mythe fondateur idéalisé[6]. C'est aussi à cette période que la discrimination et déportation des homosexuels sous l'Allemagne nazie commence à être étudiée, sous l'impulsion des militants gays et lesbiens américains repris par le Front homosexuel d'action révolutionnaire dès 1971, qui se réapproprient le triangle rose comme emblème communautaire et outil de sensibilisation de l'opinion publique[13],[36],[37]. La participation des associations LGBT à la journée nationale du souvenir de la déportation est une revendication qui émerge dès 1975 et n'est reconnue qu'en 2001 par le premier ministre Lionel Jospin[13]. Pierre Seel, déporté homosexuel, prendra publiquement la parole sur son vécu en 1982 et publiera en 1994 Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel[33]. Entre temps, l'opposition est forte, parfois violente, de la part des associations de déportés politiques ou juifs[13].

À l'inverse, il perdure jusqu'aux années 1980 au moins la vision d'une communauté homosexuelle masculine particulièrement collabo, sans que cel a ne corresponde à une réalité historique[13]. Selon cette vision, l'occupant nazi serait hyper-viril, attirant ainsi les lesbiennes elles-aussi virilisées telles que Violette Morris, ou les hommes homosexuels acceptant avec joie le rôle passif-occupé[13]. Une réaction opposée amène Marie-Josèphe Bonnet à remettre en cause toute accusation de collaboration envers la sportive dans Violette Morris, histoire d’une scandaleuse, paru en 2011, au point de troquer l'enquête historique pour un plaidoyer[38].

Communautés

Culture

Cultures LGBT

Représentations LGBT dans la culture générale

Mouvement

Droits

Historique

Manifestation pour le mariage des couples de même sexe, Strasbourg, 2013

La Révolution française décriminalise les relations homosexuelles dès 1791. Toutefois les homosexuels et les travestis sont soumis à un harcèlement policier en raison des lois sur l'exhibition sexuelle et l'atteinte sexuelle sur mineur (respectivement alors appelés outrage public à la pudeur et attentat à la pudeur). En 1942, le régime de Vichy introduit pour la première fois différentes majorités sexuelles pour les relations hétérosexuelles et homosexuelles. Cette législation discriminante reste en vigueur jusqu'en 1982.

Une protection contre les discriminations en raison de l'orientation sexuelle est introduite dans la loi en 1985 et les insultes homophobes sont pénalisées depuis 2004. Les couples de même sexe sont reconnus par le concubinage et l'adoption du Pacte civil de solidarité en 1999. Depuis 2010, la transidentité n'est plus considérée comme une maladie mentale[39].

Le mariage des couples de même sexe et l'adoption par ces couples sont définitivement adoptés par le parlement le et promulgués au Journal officiel de la République française le [40].

Situation en 2020

Le rapport de 2020 de l'ILGA-Europe classe la France 13e parmi 49 pays européens en termes de droits et libertés des personnes LGBT[41].

Concernant la protection légale de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre, la France reconnaît un principe de non-discrimination dans l'emploi, la vente de biens et services, l'éducation et la santé, mais ne l'inscrit pas dans la constitution, n'interdit pas les thérapies de conversion et n'a pas de plan d'action visant à aboutir à l'égalité[41]. Il n'y a d'ailleurs pas d'organisme gouvernemental dédié à la non-discrimination des personnes trans, alors qu'il existe pour les personnes LGB, et la réglementation concernant le don de sang continue d'être discriminatoire[41].

Pour la famille, si le mariage entre personnes du même sexe et l'adoption est reconnue, la reconnaissance de co-parentalité n'est pas automatique, la procréation médicalement assistée n'est ouverte ni aux couples de femmes, ni aux femmes seules, et la parentalité trans n'est pas reconnue[41].

Si la France interdit les discours de haine et la violence physique en raison de l'orientation et l'identité de genre, elle ne donne pas la même protection aux personnes intersexes[41]. S'il existe un parcours administratif de transition qui ne requiert pas de diagnostic médical, n'oblige pas à des interventions médicales, une stérilisation ou une un divorce préalable, celui-ci continue d'être pathologisé plutôt que d'être basé sur l'autodétermination et comporte, sauf pour la procédure de changement des noms, des restrictions basées sur l'âge[41].

Enfin, le droit d'asile prend en compte l'orientation sexuelle du demandeur comme justification de protection, mais ni l'intersexualisation, ni la transidentité[41],[42].

Discriminations

Associations

Oppositions

Dès 2013, La Manif pour tous s'oppose à la légalisation du mariage homosexuel en France.

En octobre 2017, CitizenGo lance en région parisienne une campagne utilisant un bus orange visant à alerter l'opinion publique sur l'enseignement de la théorie du genre[43]. Basée sur une campagne similaire lancée à Madrid, puis New York[44], l'opération entraîne des protestations de la part des associations LGBT[45] et des mairies de Paris et Saint-Denis[46].

Notes

  1. paragraphe 175 du code pénal allemand condamnant les « widernatürliche Unzucht »

Références

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Bibliographie

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