Lézard des Pyrénées

Iberolacerta bonnali, le Lézard des Pyrénées, est une espèce de sauriens de la famille des Lacertidae[1].

Répartition

Cette espèce est endémique des Pyrénées. Elle se rencontre dans les étages subalpin et alpin entre 1 580 et 3 060 m[2] du massif du pic du Midi d'Ossau au massif d'Aigüestortes[3] :

Il vit dans de la chaîne à une altitude comprise entre 1 700 et 2 700 m dans les chaos rocheux, éboulis, les rochers fissurés et bien exposés, les falaises, les lits de torrents et de ruisseaux asséchés.

Description

C'est un lézard de petite taille à l'écaillure dorée et lisse et sa queue lisse. Le corps mesure 60 mm et au total 180 mm avec la queue[4].

Il ressemble fortement au lézard des murailles. Le lézard montagnard pyrénéen peut être confondu avec deux autres espèces de lézards pouvant également se rencontrer en altitude dans des biotopes similaires : le Lézard des murailles (Podarcis muralis) et le Lézard vivipare (Zootoca vivipara).

Éthologie

La période d’hibernation dure d’octobre à mai, parfois moins, en fonction de la météorologie, de l’altitude et de l’exposition. C’est un reptile diurne. Chez les lézards en activité, la température corporelle varie selon le moment de la journée de 25,8 à 37,5°C. Les rigueurs climatiques survenant ponctuellement dans les zones de haute montagne au printemps et à l’été expliquent l’amplitude élevée de la température corporelle nécessaire à l’activité.

Actif le matin et en fin d’après-midi au printemps, en été, il semble n’être actif que le matin. Il recherche alors des endroits chauds tels des rochers ou fissures exposées. Après avoir effectué sa thermorégulation, il se met en chasse.

Ce sont des lézards assez farouches et de ce fait difficiles à approcher.

Nourriture

Il se nourrit exclusivement d’arthropodes : araignées, myriapodes et insectes.

Prédateurs

Il possède quelques prédateurs hypothétiques : la coronelle lisse, des corvidés (corneille noire, grand corbeau), le renard roux, l’hermine et la vipère aspic, serpent qui se nourrit presque exclusivement de petits rongeurs mais qui consomme quelquefois des lézards.

Reproduction

Ovipare, sa maturité sexuelle est atteinte au bout de deux ans et demi (trois hivers). Les mâles entament des combats territoriaux au moment de la période de reproduction. L’accouplement se déroule entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin selon l'arrivée de l'été. L’unique ponte annuelle a lieu vers juillet ; elle est constituée de 4 à 10 œufs de forme ovale, d’environ 1 cm de large sur 1,5 cm de long. L’éclosion se produira 2 mois après la ponte.

Protection

Espèce endémique des Pyrénées, ce petit lézard est protégée en France mais également au niveau européen par le programme Natura 2000 ainsi que par la Convention de Berne (protection de la vie sauvage). Depuis 2006 il est classé espèce "quasi menacée" sur la liste rouge de l'IUCN (International Union for Conservation of Nature)[5].

Systématique

Cette espèce a été décrite comme une sous-espèce de Lacerta monticola (Lacerta monticola bonnali) puis élevée au rang d'espèce et placée dans les genres Lacerta (Lacerta bonnali), Archaeolacerta (Archaeolacerta bonnali) puis Iberolacerta (Iberolacerta bonnali) et parfois dans le sous-genre Pyrenesaura (Iberolacerta (Pyrenesaura) bonnali).

Étymologie

Cette espèce est nommée en référence à Jean-Louis de Bonnal (1874-1954)[6] qui a découvert le premier spécimen de l'espèce près du Lac Bleu, dans les Hautes-Pyrénées.

Publication originale

  • Arribas, 1994 : Una nueva especie de Lagartija de los Pirineos Orientales: Lacerta (Archaeolacerta) aurelioi sp. nov. (Reptilia: Lacertidae). Museo Regionale di Scienze Naturali Bollettino (Turino) vol. 12, no 1, p. 327-351.

Liens externes

Notes et références

  1. Reptarium Reptile Database, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. UICN, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  3. Les Lézards pyrénéens (Iberolacerta Pyrenesaura) (texte intégral)
  4. (fr) Lézard montagnard des Pyrénées, Iberolacerta bonnali sur Reptiles & Amphibiens de France consulté le 23 janvier 2013
  5. http://www.iucnredlist.org/apps/redlist/details/61447/0
  6. Beolens, Watkins & Grayson, 2009 : The Eponym Dictionary of Reptiles. Johns Hopkins University Press, p. 1-296