Lætitia Toureaux

Lætitia Toureaux
Nom de naissance Lætitia Nourrissat
Naissance
Oyace (Val d'Aoste, Italie)
Décès (à 29 ans)
Paris
Nationalité italienne
Pays de résidence France (Paris, XXe arrondissement, 3 rue Pierre-Bayle)
Autres activités
Courtisane, probable agent double
Conjoint
Jules Toureaux (mort en 1935)

Compléments

Mystérieusement assassinée dans le métro

Lætitia Toureaux (née Nourrissat le à Oyace dans le Val d'Aoste et morte assassinée dans le métro de Paris le ) est une ouvrière et probable agent double au service de l'Italie.

Biographie

Lætitia-Marie-Joséphine, dite Yolande, est la fille d'un cultivateur italien, émigrée en France avec sa mère et ses trois frères et sœur. Elle se marie en 1930 avec Jules Toureaux, potier en étain repoussé, qui mourra de la tuberculose en 1935. En 1937, elle est ouvrière dans une firme industrielle de Saint-Ouen spécialisée dans la fabrication de cirage[1]. « Ouvrière modèle et serviable » pour ses camarades d'usine, elle se révèle être un mouchard chargé d'espionner ses collègues. « Elle est inscrite à la Ligue du bien public, mais son parrainage imposant, un inspecteur de la PJ et un directeur d'agence de détectives, soulève un certain soupçon sur son identité d'ouvrière »[2]... Elle sort dans les bals et les guinguettes, et tient le vestiaire de l'As de cœur. Ses deux amants du moment sont « militaires sur des sites sensibles, l'un sur la ligne Maginot, l'autre au port de Toulon ».

Lætitia Toureaux repose au cimetière parisien de Thiais où elle est inhumée près de sa mère et, probablement, de son frère[3].

Le crime et l'enquête

Un crime parfait

Lætitia Toureaux est retrouvée assassinée à Paris à la station de métro Porte Dorée le , un dimanche. Un des passagers du métro, un médecin militaire, la découvre écroulée sur son siège de première classe, un couteau à cran d'arrêt de type Laguiole planté dans le cou.

Ce crime « parfait » est largement commenté à l'époque : le rôle trouble de Lætitia Toureaux dans la France de l'entre-deux-guerres suscitera de multiples spéculations faisant intervenir pêle-mêle les services secrets et la Cagoule[4].

L'enquête menée par le commissaire Badin révèle rapidement que cette jeune veuve avait une vie tumultueuse, travaillant sous un faux nom dans une agence de détectives privés ou ayant pour amants des officiers du Deuxième Bureau[réf. nécessaire], visitant fréquemment et discrètement l'ambassade d'Italie (chargée d'infiltrer le milieu des immigrés italiens réfugiés à Paris et hostiles à Mussolini[réf. nécessaire], elle travaille peut-être pour l'OVRA, police politique de l'Italie fasciste, et remet ses rapports à l'ambassade), tout en tenant le vestiaire d'un dancing louche.

La guerre survient deux ans plus tard et l'affaire est classée, faute de progrès.

Rebondissement inattendu

En juin 1962, un anonyme se disant médecin, né en 1915 à Perpignan, adresse une lettre à la Police judiciaire dans laquelle il s'accuse de ce crime, a priori passionnel, le jeune homme amoureux ayant été éconduit par la trop distante Lætitia[5]. Il raconte que la police a commis l'erreur de ne pas suffisamment interroger tous les voyageurs restés à quai, et de le laisser partir. Le crime étant prescrit, le directeur de la PJ, Max Fernet, décide de ne pas rouvrir l'enquête[6]. Le nom de l'assassin ne sera jamais connu.

Bibliographie

Cette affaire, qui a suscité à l'époque maintes réactions, a inspiré plusieurs ouvrages, dont :

  • Le Crime du dernier métro, Pierre Siniac, 2001[7] ;
  • (en) Murder in the Metro : Laetitia Toureaux and the Cagoule in 1930s France, Gayle K. Brunelle et Annette Finley-Croswhite, LSU Press, 2012 ;
  • Fragments d'un fait d'hier, Luc-Michel Fouassier, roman, éditions Luce Wilquin, 2013.

Références

  1. Léon Treich, « Histoire d'un crime parfait [Lætitia Toureaux, 16 mai 1937] », Historia, no 130,‎ , p. 235240.
  2. « Le crime était vraiment parfait », sur lexpress.fr, 30 août 2004
  3. Voir le site sur les cimetières de Philippe Landru.
  4. Bruno Fuligni, Mémoires de la police : les dossiers secrets de la préfecture de police, 1610-1968 : grandes affaires criminelles et faits divers, Paris, Éd. France loisirs, (ISBN 978-2-298-01184-5).
  5. La lettre est reproduite : [1], sur paris-unplugged.fr
  6. Les grands complots de l'Histoire de France, Larousse, , p. 33.
  7. Parutions, Pierre Signac, Le Crime du dernier métro.

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe