L'Anglaise et le Duc

L'Anglaise et le Duc
Réalisation Éric Rohmer
Scénario Éric Rohmer
Acteurs principaux

Jean-Claude Dreyfus
Lucy Russell

Sociétés de production Compagnie Éric Rohmer
Pathé
KC Medien
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Film historique
Durée 129 minutes
Sortie 2001

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Anglaise et le Duc est un film franco-allemand d'Éric Rohmer sorti en 2001. C'est une adaptation des mémoires de Grace Elliott dans lesquelles l'auteur, une aristocrate anglaise vivant à Paris proche de Philippe Égalité, raconte la manière dont elle a vécu la Révolution française. Après La Marquise d'O… (1976) et Perceval le Gallois (1978), c'est le troisième film historique d'Éric Rohmer.

Pour la première fois, Éric Rohmer a recours au numérique. Il l'utilise de manière novatrice en demandant à un peintre de réaliser des toiles représentant fidèlement le Paris de la fin du XVIIIe siècle et en utilisant ces toiles comme décor pour les scènes extérieures filmées sur fond vert.

Synopsis

Le film présente le point de vue d'une aristocrate anglaise, Grace Elliott, pendant la Révolution française. C'est une amie proche du duc d'Orléans (Philippe Égalité).

Fiche technique

Distribution

Bande originale

Production

Portrait de Grace Dalrymple Elliott (1754–1823) par Thomas Gainsborough.

Genèse du projet

Après La Marquise d'O... (1976) et Perceval le Gallois (1978), c'est le troisième film historique d'Éric Rohmer[2].

Rohmer a l'habitude de travailler avec des moyens légers et de petits budgets. Pour ce film, il a besoin d'un budget plus important (40 millions de francs, soit 6 millions d'euros)[2].

Adaptation

Le scénario ne reprend qu'une partie des Mémoires de Grâce Elliott et s'arrête au moment de sa libération en 1793. Rohmer n'a pas repris le récit de sa vie en prison, et recentré l'intrigue sur la relation de Grâce Elliott et du duc d'Orléans. Par ailleurs, il a aussi ajouté des développements. Il a notamment imaginé les détails de la traversée de Paris pour aller à Meudon[2].

Décor et méthode de tournage

Pour reconstituer le Paris de l'époque de la Révolution, Rohmer a demandé au peintre Jean-Baptiste Marot de réaliser des toiles représentant les rues de Paris[2]

Analyse

Thématiques

Même s'il s'agit d'un film historique, on retrouve dans ce film des thèmes récurrents de Rohmer comme l'opposition entre Paris et la banlieue[2].

Réception critique

Le réalisateur Philippe Garrel a adoré ce film. Dans un entretien aux Inrockuptibles en 2011, il déclare avoir trouvé ce film bien meilleur que celui qu'il venait de faire à l'époque : « De Rohmer, j’adore L'Anglaise et le Duc. Je l’ai vu après le tournage de Sauvage innocence, et comme ça m'arrive toujours je tombe sur un film que je trouve bien meilleur que celui que je viens de faire. Cette année-là, c’était L'Anglaise et le Duc[3]. »

« On laissera à chacun la liberté de juger si le régicide et la Terreur qui s'ensuivit furent une libération, une horreur ou un passage nécessaire. L'Anglaise et le Duc a au moins le mérite de provoquer un débat jusque-là rarement entamé. Mais dans le fond, et l'intérêt principal du film vient de là, il s'intéresse moins à défendre tel ou tel camp qu'à montrer l'ambiguïté et les compromissions propres à chacun, dès lors que le sentiment s'en mêle. Il n'y a pas plus de sentiment pur que d'engagement irréprochable. Ce serait la thèse du film, si thèse il y avait.[...]
Avec cette Révolution française en "live", Rohmer donne carrément l'impression d'avoir inventé un film d'avant le cinéma, une émission d'avant la télévision, où les participants seraient à la fois les vrais acteurs et les commentateurs de l'Histoire. »

— Télérama, Jacques Morice, 5 septembre 2001[4]

« Mais là où les studios nippons partent du virtuel pour tendre vers un réalisme maximal, là où Spielberg rend ses dinosaures les plus vraisemblables possible, Rohmer ne cherche jamais à dissimuler l’artifice de ses incrustations, expose à vue le mélange d’éléments réels, picturaux et virtuels. D'où un aspect bidouillage qui renvoie aux premiers bricolages de Méliès, un côté merveilleux qui évoque les diverses expériences du précinéma, de la lanterne magique à Émile Reynaud. D'où aussi une honnêteté fondamentale, quasi enfantine par rapport aux subterfuges techniques du film, comme si Rohmer nous disait "Tout cela est truqué, le réalisme strict est ici impossible, mais allez, on dirait qu’on est en 1790, au milieu du peuple de Paris".[...] Cela dit, L’Anglaise et le Duc ne saurait être réduit à un simple prototype expérimental ou à un pur objet de colloque sur le réalisme et la vérité. Mettant en scène une héroïne prise dans les tourments de l’Histoire, le film est avant tout une affaire de survie et de suspens, peuplée par des personnages complexes, traversée par des liens d’amour, d’amitié et de trahison, bref, tout ce qui fait les grandes fictions romanesques, avec en sus un important arrière-plan historique. »

— Les Inrocks, Serge Kaganski[5]

Distinctions

Bibliographie

  • Éric Rohmer, « L’Anglaise et le Duc, note d’intention », Trafic, no 75,‎

Notes et références

  1. Philippe FAUVEL. Filmographie in "Rohmer et les Autres" [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2007 (consulté le 06 octobre 2013). Disponible sur Internet. (ISBN 9782753526891)
  2. a, b, c, d et e « Éric Rohmer revient sur L'Anglaise et le Duc », Télérama,‎ (lire en ligne)
  3. Philippe Azoury et Jean-Marc Lalanne, « Philippe Garrel : entretien avec un être brûlant », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  4. Cf. site de Télérame, consulté le 8 octobre 2013
  5. Cf. site des Inrocks, consulté le 8 octobre 2013

Liens externes