L'Écho du Centre

L'Écho
Image illustrative de l'article L'Écho du Centre

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Quotidien
Genre Presse régionale
Diffusion 40 000 ex.
Date de fondation 1943
Ville d’édition Limoges

Directeur de la rédaction Christian Audouin
Site web http://www.l-echo.info

L'Écho est un journal quotidien régional de la presse écrite française, qui paraît en Limousin, dans l'Indre (L'Écho - La Marseillaise) et la Dordogne (L'Écho Dordogne). Les cinq agences départementales se situent à Tulle en Corrèze, à Limoges en Haute-Vienne, à Guéret en Creuse, à Périgueux en Dordogne et à Châteauroux dans l'Indre[1]. Sa ligne éditoriale est clairement antilibérale.

Histoire

"l'Écho du centre" en 1944
Recto de L'Écho en 1944.

L'Écho, créé en 1943 pendant l'Occupation, a une histoire riche, parsemée d'embûches et de nombreuses épreuves.

Publication clandestine et résistante

Le 22 septembre 1943, le résistant Alphonse Denis fait paraître une « feuille de chou », VALMY ! (avec un point d'exclamation), qui allait devenir L'Écho du Centre[2]. Simple recto-verso, format discret feuille de bureau pour pouvoir être diffusé clandestinement, le premier numéro, tiré à 8 000 exemplaires, est un appel direct à la résistance de masse.

La Gestapo et la police vichyste ne parviennent pas à trouver l'imprimerie qui a pu réaliser ce travail. En effet, pour imprimer le journal, les caractères typographiques avaient été collectés dans différents ateliers et remis ensuite en place, avec la complicité des ouvriers du livre.

Le numéro 2 double son tirage, 16 000 exemplaires, et est diffusé dans toute la circonscription, la « Région 5 » de la zone dite libre, réunissant le Limousin, l'Indre et la Dordogne ; un territoire qui demeure, par la suite, la zone de diffusion de L'Écho.

Au moment du débarquement allié, le 6 juin 1944, la combativité en Limousin, Périgord et Berry est grande jusqu'à la libération de la région, fin août. VALMY !, dans sa lutte finale, tient son rôle ; lorsque l'étau maquisard du colonel Guingouin commence à se refermer sur la garnison allemande de Limoges, le journal a publié dix-neuf numéros.

Le mercredi 25 octobre 1944, le journal peut paraître au grand jour et devient L'Écho du Centre, quotidien d'information du Front national. Le nom de VALMY ! figure encore, en grisé, sous le titre principal.

Multiples difficultés

La période transitoire que représente la fin de la guerre dure près d'un an. En France, beaucoup de publications issues de la Résistance et de la clandestinité disparaissent très vite, faute de moyens et d'un lectorat suffisant. À Limoges, pour durer, L'Écho du Centre et La Marseillaise décident de fusionner. L'affaire se conclut le 13 juillet 1946. Le nom VALMY ! disparaît du titre.

Mais, rapidement, la paix dissout l'unanimisme né de la Résistance. S'ajoutant à cela le contexte international de conflit entre les alliés d'hier, États-Unis contre URSS, L'Écho du Centre subit cette rupture de l'intérieur. Né de la fusion d'une publication de sensibilité communiste - VALMY ! - et d'une publication de sensibilité gaulliste - La Marseillaise -, il voit peu à peu sa rédaction se diviser et le journal devient alors le strict porte-parole du parti communiste.

Le journal L'Écho du Centre en 1962
Le journal L'Écho du Centre en 1962.

Dans la dureté des années de guerre froide, tous les journaux sont en quelque sorte engagés, personne ne faisant dans la nuance. À Limoges, Le Populaire publie les diatribes anticommunistes de Jean Le Bail — le feuilleton Limousin terre d'épouvante, pour accabler le résistant Georges Guingouin (qui venait d'être exclu du Parti communiste) ; et le sénateur socialiste Georges Lamousse écrit des manifestes pour l'Algérie française qui cachent à peine sa « compréhension » pour les terroristes de l'OAS. L'Écho n'évite ni les excès ni les ridicules.

L'Écho ne concède rien sur les guerres d'Indochine et d'Algérie, ce qui lui vaut des saisies périodiques, la dernière au lendemain de le répression policière de la manifestation parisienne contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Au plan régional, il est le porte-parole des grands mouvements sociaux — les longues grèves de 1947 et de 1953, Mai 68, décembre 1995 — des luttes paysannes du comité de Guéret, des défenseurs de Mis et Thiennot.

La mort en face

Face à des difficultés de trésorerie, L'Écho doit chercher par lui-même les moyens de sa subsistance.

Au départ, la gestion du journal est rattachée directement au Comité central du Parti communiste. Les fins de mois difficiles sont assurées par la trésorerie nationale. Le Parti dispose alors de son propre groupe de presse. Au niveau national, L'Humanité et Libération (celui d'Emmanuel d'Astier), les hebdomadaires France Nouvelle, Les Lettres françaises, La Terre, des journaux sportifs spécialisés, plusieurs revues. À quoi s'ajoutent les neuf quotidiens régionaux répartis dans toute la France, dont fait partie L'Écho. La publicité boycotte systématiquement cette presse et le reversement par les élus communistes de leurs indemnités à la trésorerie peine progressivement à assurer l'équilibre. Pour sauver sa presse nationale, le Parti se résout à sacrifier sa presse régionale. Le 15 juin 1956, tous les titres disparaissent, sauf La Marseillaise et Liberté, les plus forts tirages des bastions électoraux de Provence et du Nord et, finalement, L'Écho du Centre sous la pression des fédérations de la région qui devront toutefois trouver par eux-mêmes les moyens de faire vivre le journal.

L'Écho entreprend alors une démarche systématique d'abonnements. Il créé sa propre agence, l'Office publicitaire du Centre, ouvre son imprimerie à des travaux commerciaux. Il se montre plus attentif aux problèmes quotidiens et à l'information locale. Ainsi se fortifie son enracinement dans son terroir.

Les années 1980-1990

Le journal L'Écho du Centre vers 1990
L'Écho du Centre vers 1990.

À la fin des années 1980, le journal fait face à une nouvelle épreuve. Pour des raisons politiques, de nombreux dirigeants et rédacteurs de journal démissionnent. Ces remous coupent en deux la rédaction. Plus grave : ils divisent les lecteurs dont certains résilient leur abonnement.

Par ailleurs, le 20 octobre 1988, un incendie se déclare dans l'imprimerie. Les locaux son détruits et la rotative est hors d'usage. Les jours suivants, la solidarité s'organise. Des milliers de dons affluent. Le journal peut continuer à sortir, sur la rotative du Populaire, concurrent mais solidaire, et les 25 millions de francs nécessaires à l'installation d'une nouvelle rotative sont trouvés.

Toutefois, L'Echo est réellement en état de faillite. Une réorganisation complète s'impose : la partie édition prend le nom de Société nouvelle L'Écho La Marseillaise (SNEM), la publicité sera gérée par un service spécialement créé et l'imprimerie du quotidien devient l'imprimerie Rivet, s'ouvrant à l'impression d'autres publications, tracts, magazines... Cela ne suffit pas : en 1994, la société éditrice doit déposer le bilan, le redressement judiciaire est accepté. Le journal doit alors trouver de nouveaux actionnaires et fait une nouvelle fois appel à la solidarité. L'indépendance est assurée par la création d'une association, « Pluralisme », qui possède 62 % du capital de la nouvelle organisation. Le complément étant assuré par le quotidien national Le Monde (10 %), les quotidiens régionaux Centre-France, Sud Ouest (5 % chacun), et par des investisseurs privés régionaux.

L'Écho a alors coupé ses liens officiels avec les fédérations locales du Parti communiste pour devenir un journal indépendant, ouvert aux autres sensibilités de gauche. Sur la forme, le passage du format A2 encombrant au format tabloïd (celui d'un quotidien classique plié en deux), et un intérêt plus marqué pour la photographie lui ont donné un coup de jeune.

Économie et direction de l'entreprise

SARL au capital de 252 000 , L'Écho, diffusé en moyenne à 36 000 exemplaires, a son siège à Limoges. Il est l'un des 3 principaux quotidiens de la région Limousin avec Le Populaire du Centre et La Montagne. Il bénéficie d'une large audience notamment dans les milieux associatifs, auprès des collectivités territoriales et de l'ensemble des acteurs économiques[3].

Économie

Toutefois, L'Écho est aujourd'hui dans une situation précaire. Pendant l'été 2009, le quotidien a lancé une souscription pour cause de difficulté financière. L'information a rapidement été relayée par les forces de gauche antilibérales comme le comité haut-viennois du Nouveau Parti anticapitaliste[4].

En 2012, le journal renouvelle cet appel, après des pertes de 230 000 [5]. En novembre 2012, le journal est placé en redressement judiciaire[6]. Il en sortira le 24 septembre 2013 avec l'homologation d'un plan de remboursement de la dette, principalement créée par le plan social, étalé sur 10 ans.

Organisation

L'Écho est actuellement dirigé par Christian Audouin (directeur de rédaction) et Olivier Mouveroux (gérant, directeur de la publication). L'entreprise compte environ soixante-dix salariés et bénéficie de l'apport de nombreux correspondants, assurant un large maillage du territoire.

Le 20000e numéro de L'Écho

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Claire Lefaure, L'Écho hors série, 60 ans de luttes sociales, Limoges, SNEM, 2003