Kandahar

Kandahar
کندهار (Pachtou قندهار (Dari)
Vue aérienne proche de Kandahar Vue aérienne de Kandahar
Aéroport international de Kandahar La vallée d'Arghandab
Mausolée de Baba Wali Mausolée de Mirwais Hotak
Mausolée d'Ahmad Shah Durrani Palais du Gouverneur
Administration
Pays Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
Province Kandahâr
Démographie
Population 557 118 hab. (est. 2015[1])
Densité 2 041 hab./km2
Géographie
Coordonnées 31° 37′ 01″ nord, 65° 43′ 01″ est
Superficie 27 300 ha = 273 km2
Localisation

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Kandahār ou Qandahār est une ville du sud de l'Afghanistan, ancienne capitale impériale, capitale de la province de Kandahar. La province compte 1 151 100 habitants et la ville 491 500 habitants (en 2012)[2]. Située à proximité de l'Arghandab qui lui fournit l'eau en abondance, c'est la seconde ville la plus importante d'Afghanistan en termes de population, après Kaboul.

Kandahar possède un aéroport international et est situé à la croisée de routes importantes. Avec Peshawar, Kandahar est la ville principale de l'ethnie des Pachtounes.

Histoire

Selon une hypothèse, Kandahar tirerait son nom de Gandhara, un royaume de l'Inde antique. Gandhara est mentionné dans le Mahābhārata. Selon une étymologie répandue, le nom pourrait aussi provenir de celui de son supposée fondateur, Alexandre le Grand, Eskandar en persan, mais cela est douteux.

Kandahar a été fondée près de l'emplacement de la ville antique de Mundigak (établie aux environs de 3000 av. J.-C.). Le Vieux Kandahar était occupé à l'époque de l'empire achéménide (v. Ve – IVe siècle av. J.-C.), des fragments de tablettes cunéiformes de cette période ayant été mise au jour sur place ; une ville appelée Kandarash apparaît dans des textes de la période, ce qui pourrait correspondre à une forme ancienne de Kandahar[3].

La ville a souvent été un objectif de conquête à cause de sa position stratégique en Asie centrale. Elle est souvent identifiée avec un fondation d'Alexandre le grand mentionnée dans plusieurs sources antiques, Ville d'Alexandre ou Alexandropolis, ou Alexandrie d'Arachosie[4], d'après le nom de la province antique, mais il n'y a aucune certitude à ce propos[5]. Par la suite elle a été contrôlée par l'empereur indien Ashoka, qui a laissé un de ses édits à proximité de la ville, et le roi kouchan Kanishka Ier.

Plus tard, Kandahar a été conquis par les envahisseurs islamiques et est resté sous leur contrôle. La ville a été conquise par les Arabes au VIIe siècle, les Turcs Ghaznévides au Xe siècle, par Gengis Khan au XIIIe siècle, et Timur en 1383.

Bâbur, le fondateur de l'Empire moghol, réintègre Kandahar à l'Inde au XVIe siècle. Son fils, Humayun, perdit Kandahar au profit du shah de Perse.

L'inscription bilingue de Kandahar, l'un des Édits d'Ashoka, en grec et en araméen, Kandahar.

XVIIIe siècle

Le fils de Humayun, Akbar, reprend le contrôle de Kandahar et Kaboul, mais les empereurs moghols suivants perdent le territoire. Il est tombé dans les mains afghanes en 1708 quand Mir Wais conquit la ville. Entre 1738 à 1747, la ville était aux mains du shâh de Perse Nâdir Shâh.

Ahmad Shâh, le fondateur de l'Afghanistan, a pris la ville en 1747 et en a fait la capitale (1748) de son nouveau royaume. La vieille ville a été créée par Ahmad Shah et est dominée par son mausolée. Pourtant dans les années 1780 la capitale a été transférée à Kaboul à cause de mésententes tribales.

XIXe siècle

Kandahar a toujours été un centre d'activité du Jihad et des moudjahiddin. En 1826, les armées de Syed Ahmad Shaheed ont atteint Qandahar à la conquête de Peshawar. Leur objectif était de faire le Jihad contre le régime oppressif Sikh de Ranjit Singh, et en quelques jours plus de 400 Kandaharis se sont présentés de leur propre initiative pour le Jihad, parmi lesquels 270 d'entre eux ont été choisis. Syed Deen Muhammad Qandahari a été nommé leur chef.

Les forces britanniques ont occupé la ville pendant la première guerre anglo-afghane (1839-1842) et de 1879 à 1881.

XXe siècle

Pendant l'invasion soviétique de 1979 à 1989, Kandahar était sous la tutelle soviétique. Mais la région était restée un bastion des moudjahidins malgré de nombreuses offensives lancées en vue de les chasser.

Après le retrait de l'Armée rouge, il a changé de mains plusieurs fois.

C'est vers la fin 1994 que les talibans sont apparus dans la ville et en ont fait un point de départ pour conquérir le sud, l'est et le centre du pays. La ville est toujours le site « spirituel » du mouvement. Au nord de la ville, à l'entrée de la vallée d'Arghandab, se trouvait la résidence du mollah Omar, non loin d'un célèbre rocher en forme d'éléphant.

XXIe siècle

Vue de l'aéroport de Kandahar.

La ville de Kandahar accueille depuis le début de l'année 2006 un contingent canadien de la Force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF) situé à l'aéroport de la ville. Depuis 2007, un contingent français de l'ISAF se trouve aussi sur le même site que leurs homologues canadiens.

Culture populaire

La ville est le lieu de la nouvelle Les amants de Kandahar de Joseph Arthur de Gobineau.

Le groupe Creature a chanté une chanson intitulée Kandahar sur son premier album No sleep at all, sortie en 2009.

La ville ou plutôt son marché a été adaptée pour le jeu Medal of Honor sorti en 2010.

Personnalités

Malina Suliman grafeuse et peintre née à Kandahar en 1990

Annexes

Références

  1. State of Afghan Cities 2015 : CSO et hypothèse haute selon recensement des habitations
  2. (en) [1], Afghanistan Statistical Yearbook 2012/2013, Central Statistics Office.
  3. (en) Matthew W. Stolper et Michael T. Fisher, «  Achaemenid Administrative Tablets 3: Fragments from Old Kandahar, Afghanistan  », ARTA: Achaemenid Research on Texts and Archaeology, no 001,‎ , p. 1–27 (lire en ligne)
  4. « L'empire et les expéditions d'Alexandre le Grand », sur World Digital Library, (consulté le 26 juillet 2013)
  5. (en) Xavier de Planhol, « Kandahar i. Historical Geography to 1979 », sur Encyclopaedia Iranica, (consulté le 22 février 2018)

Liens externes