Julie Charles

Julie Charles
Biographie
Naissance
Décès
(à 33 ans)
Paris
Sépulture
Ancien cimetière de Vaugirard ()
Nom de naissance
Julie Bouchaud des Hérettes
Activité
Conjoint
Le lac du Bourget en 2016, deux cents ans après le passage de Julie Charles.

Julie Charles, née Julie Bouchaud des Hérettes le à Paris où elle est morte le , est une muse de Lamartine.

Biographie

Née dans une famille de planteurs créoles de Saint-Domingue, Julie y passe les sept premières années de sa vie avant d’être amenée, en pleine Terreur, par son père à Nantes[1], les troubles qui agitaient la « perle des Antilles », depuis le début de la Révolution, ayant dévasté les domaines de sa famille[2]. Ruinée, elle écrit aux personnalités influentes et reçoit des aides du troisième Consul Charles-François Lebrun[3]. Lors des Cent-Jours, elle rejoint Lally-Tollendal à Gand[3].

Le , elle épouse le célèbre physicien, Jacques Charles, âgé de plus de 35 ans qu’elle, à Tavers, en Touraine, où il possédait une maison de campagne[2]. Un peu timide, un peu maladive, très mélancolique surtout — elle a lu tout Rousseau, surtout la Nouvelle Héloïse[2] —, souffrant de la tuberculose[4], elle fait, au mois d’, alors qu’elle se trouvait à Aix-les-Bains, la rencontre d’Alphonse de Lamartine, qui séjourne également sur les rives du lac du Bourget, « par désœuvrement et pour vaincre un certain spleen[4] ». Se plaisant à flâner ensemble sur les bords du lac, ils entretiendront une idylle jusqu'à la mort de celle-ci.

Revenu sur les bords du lac du Bourget, l’année suivante, Lamartine n’y retrouva pas la jeune femme, déjà trop malade pour voyager[4]. Le 29 août 1817[5], il commence à écrire le poème Le Lac en son honneur[6], puis compose, en septembre, L'Immortalité, qui appartiennent l'un et l'autre aux Méditations poétiques[5], faisant passer Julie Charles à la postérité sous le nom d'Elvire.

Ayant succombé à la tuberculose, le 18 décembre 1817[6], elle fut inhumée dans l'ancien cimetière de Vaugirard[7]. Lamartine a également raconté, dans Souvenirs et portraits, une partie de ce qu’il avait éprouvé au cimetière en visitant sa tombe[3].

Œuvres

Julie Charles n'écrivit aucune œuvre en particulier mais la correspondance qu'elle échangea avec Lamartine constitue, sinon une œuvre, du moins une inspiration au poète.

Les lettres confidentes du grand amour de sa vie ont été en partie conservées par leur destinataire dans un carnet de deuil, carnet de cuir noir doublé de satin blanc, retrouvé dans le château de Saint-Point où Lamartine séjournait, et confié par M. Charles de Montherot, petit-neveu de Lamartine et propriétaire du château, à l'éditeur Librairie Hachette et Cie pour leur publication.

L'auteur René Doumic publia en 1906 Les lettres d'Elvire à Lamartine pour lever le mystère sur l'inspiration des strophes imprécises du Lacou la prose concertée de Raphaël qui a fait de Lamartine le poète des Méditations[8].

Références

  1. Albéric Cahuet, Les Amants du lac, Paris, Grasset, , 256 p. (ISBN 978-2-24679-262-8, lire en ligne), p. 29.
  2. a, b et c Maurice Levaillant (dir.), Œuvres choisies : disposées d’après l’ordre chronologique, avec une biographie, des notes critiques, grammaticales, historiques, des notices et des illustrations documentaires, Paris, A. Hatier, , 1068 p. (lire en ligne), p. 80.
  3. a, b et c Maurice Souriau , Histoire du romantisme en France, t. 1 : Le romantisme sous l’Ancien Régime, la Révolution, le Consulat et l’Empire, Paris, Spes, (lire en ligne).
  4. a, b et c Philippe Schaller, « France : Rêveries romantiques sur le lac du Bourget », sur lemonde.fr, (consulté le 28 mars 2017)
  5. a et b « Alphonse de Lamartine », sur larousse.fr (consulté le 28 mars 2017).
  6. a et b « Biographie d'Alphonse de Lamartine », sur alalettre.com (consulté le 28 mars 2017)
  7. Tombes et sépultures dans les cimetières et autres lieux
  8. René Doumic, Lettres d'Elvire à Lamartine, Paris, Librairie Hachette et Cie, , commentaires de l'auteur

Bibliographie

  • Michel Domange, Le Petit Monde des Lamartine, Le Coudray-Macouard, Cheminements, (lire en ligne), p. 238-255.
  • Henri Guillemin, Le Jocelyn de Lamartine : étude historique et critique avec des documents inédits, Slatkine, (lire en ligne), p. 416 et suiv.