Julian Assange

Julian Assange
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Julian Assange en 2014.
Nom de naissance Julian Paul Assange
Naissance (46 ans)
Townsville, Australie
Nationalité Drapeau de l'Australie australienne
Drapeau de l'Équateur équatorienne (depuis 2017)[1]
Pays de résidence Ambassade d'Équateur à Londres (Royaume-Uni)
Profession
Activité principale
Formation
Distinctions
Récompense média d'Amnesty International Royaume-Uni (2009)
Sam Adams Award (2010)
Descendants
Daniel Assange

Julian Paul Assange, né le à Townsville, est un informaticien et cybermilitant australien, naturalisé équatorien le 12 décembre 2017[1]. Il est surtout connu en tant que fondateur, rédacteur en chef et porte-parole de WikiLeaks.

Devant la menace d'une extradition aux États-Unis, où il fait l'objet de poursuites judiciaires, il vit réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres depuis juin 2012.

Enfance et famille

Julian Assange affirme être né sur l'île Magnétique[2],[3], au large de Townsville en Australie, où il passe une grande partie de son enfance ; Interpol prétend qu'il est né à Townsville même[4]. Alors qu'il a un an, sa mère, Christine, se marie avec le directeur de théâtre ambulant Brett Assange[5],[6] qui, bien que n'étant pas son père biologique, le reconnaît légalement et lui donne son nom. Son père biologique serait « un jeune homme, rencontré à Sydney, lors d'une manifestation contre la guerre du Vietnam[7]. »

En 1979, sa mère se remarie avec un musicien, « fils présumé d'Anne Hamilton-Byrne[8] », fondatrice de la secte New Age Kia Lama[9],[10],[11]. Le , au cours de l’émission Mise au Point[12] diffusée par la Télévision suisse romande, Julian Assange évoque son enfance, ainsi que les constantes pérégrinations qui l’ont amené — lui, sa mère et son demi-frère — à devoir fuir ce qu’il appelle « la secte d’Anne Hamilton-Byrne (Association du parc Santiniketan)[13],[12],[8] ».

En 1982, le couple divorce après la naissance du demi-frère de Julian. Les parents se disputent sa garde. Sa mère s'enfuit avec ses enfants et les cache pendant cinq ans. Cette vie d'errance conduit Assange à fréquenter 37 écoles différentes[12],[14].

À l'âge de 18 ans, Julian Assange emménage avec sa compagne ; elle donne naissance à leur fils Daniel[3],[15].

Informatique et études universitaires

En 1993, Assange participe au lancement de l'un des premiers fournisseurs de services Internet grand public en Australie, Suburbia Public Access Network. À partir de 1994, Assange exerce des activités en tant que programmeur et développeur de logiciels libres. En 1995, il écrit le logiciel Strobe, un scanner de port. En 1996, il contribue à l’écriture de plusieurs correctifs pour le projet PostgreSQL[16]. Assange a participé à la rédaction du livre Underground: Tales of Hacking, Madness and Obsession on the Electronic Frontier  (« Dans la clandestinité : contes du piratage, de la folie et de l’obsession à la frontière électronique ») (1997), qui relate ce qu'il a vécu avec le groupe des International Subversives. Il co-invente, à partir de 1997, le système de chiffrement niable Rubberhose, un concept de cryptographie élaboré dans un progiciel pour GNU/Linux et conçu pour fournir un déni plausible contre la cryptanalyse du tuyau de caoutchouc . À l’origine, dans l’esprit d'Assange, ce système devait constituer « un outil au service des personnes œuvrant en faveur des droits de l’homme, et qui avaient besoin de protéger des données sensibles dans ce domaine ». Parmi les autres logiciels qu’il a écrits ou coécrits, on compte le logiciel de mise en cache NNTPCache pour Usenet et Surfraw , une interface en ligne de commande pour les moteurs de recherche Web. En 1999, Assange enregistre le nom de domaine leaks.org, « mais », dit-il, « ensuite, je n’en ai rien fait ».

Le , dans un entretien télévisé accordé à la Radio télévision suisse, il décrit ses premiers pas d'informaticien, grâce au Commodore 64 offert par sa mère[17].

Il utilise comme pseudo de hacker « Mendax » puis « Proff ». Ce dernier nom ferait allusion au roman Cryptonomicon de l'auteur de science-fiction américain Neal Stephenson[18].

Assange a fréquenté six universités. De 2003 à 2006, il étudie la physique et les mathématiques à l'université de Melbourne. Il a également suivi des études de philosophie et de neurosciences.

WikiLeaks

Assange est connu pour ses actions au sein de l'organisation WikiLeaks[19], il participe au conseil d'administration. Il est également l'un de ses porte-parole les plus connus. Il serait même le fondateur[20] (même s'il ne se présente pas ainsi) et responsable du site Web de WikiLeaks[22]. Il possède un droit de veto sur la publication de tout document soumis à WikiLeaks[23]. Comme n'importe quel participant à WikiLeaks, il ne perçoit aucun salaire.

Il a publié, sur le site WikiLeaks (« leaks » signifie « fuites » en anglais), plusieurs millions de documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l'armée américaine en Irak. Il a également dénoncé les circuits de corruption des dictateurs africains ou de certaines compagnies russes offshore.

Idées sous-tendant l’activité de Julian Assange

Julian Assange constate qu’il existe une asymétrie d'information entre les pouvoirs publics et les citoyens et que cette asymétrie profite essentiellement aux États. Cela signifie que les États sont, d’une part, en mesure de contrôler une grande partie des communications de leurs citoyens, et qu’ils tentent, d’autre part, de garder secrets de larges pans de l'information dont ils disposent.

Partant de ce constat, Assange estime que les innovations techniques proposées par Internet offrent désormais la possibilité d'inverser l'asymétrie observée en déployant une stratégie reposant sur deux axes essentiels. Le premier de ces axes vise à protéger les informations à caractère personnel des citoyens par des moyens cryptographiques, moyens cryptographiques au développement desquels Assange a d’ailleurs déjà contribué activement et qu’il s’est attaché à diffuser gratuitement (cf. ci-dessus). De tels moyens sont susceptibles de restreindre très fortement l'influence et le contrôle qu’exercent les États sur leurs citoyens.

Le second axe vise, lui, à organiser la publication-divulgation systématique des connaissances dont disposent les pouvoirs publics, de réduire les flux de communication de ces derniers et de parvenir ainsi à une minimisation de la fonction étatique conçue en tant qu’autorité. « L’organisation de fuites constitue une action intrinsèquement anti-autoritaire », revendique Julian Assange[24].

Il convient de noter que l'asymétrie d'information constatée entre les autorités publiques et les citoyens constitue une grille de lecture que Julian Assange entend, dans le sillage d'un nombre croissant d'économistes, appliquer également à la compréhension du mode de fonctionnement des entreprises ; l'objectif final restant néanmoins pour Assange de corriger les défauts d'une telle asymétrie et, ce faisant, de mettre éventuellement à nu le cynisme susceptible d'en découler.

Assange au New Media Days 09 à Copenhague.

Élection présidentielle américaine de 2016

Assange s'implique dans la campagne présidentielle américaine de 2016, d'une part par ses jugements sur Hillary Clinton, d'autre part avec des matériaux fuités par Wikileaks.

Sur Hillary Clinton, Assange écrit en février 2016 sur WikiLeaks : « J'ai des années d'expérience dans le suivi d'Hillary Clinton et j'ai lu des milliers de ses courriels. Hillary manque de jugement et poussera les États-Unis dans des guerres stupides et sans fin, qui propageront le terrorisme. ... elle ne devrait pas devenir président des États-unis.[25] ». Cependant il ne soutient pas son adversaire, disant qu'entre elle et lui, c'est comme choisir entre le choléra et la gonorrhée[26],[27],[28].

Quant aux fuites, WikiLeaks rend public le 4 juillet 2016, durant l'élection primaire du parti Démocrate, le contenu des courriels envoyés et reçus sur le serveur personnel de Clinton lorsqu'elle était Secrétaire d'État ; ces documents avaient été remis par le Secrétariat d'Etat en février 2016 suite à une demande basée sur le Freedom of Information Act[29]. Puis le 22 juillet 2016, WikiLeaks publie des courriels et des documents du Comité national démocrate qui, révélant des biais contre le candidat Bernie Sanders, conduisent à la démission du président du parti Debbie Wasserman Schultz[30],[31].

Le 26 août 2016, au micro de Fox News, Assange accuse Hillary Clinton d'être à l'origine de l'hystérie anti-Russes, après que le parti Démocrate et des experts en cybersécurité aient affirmé que les fuites de Wikileaks provenaient des services secrets russes[32] ; ce qu'il dément absolument[33],[34],[35].

Le 7 octobre 2016, sur WikiLeaks, Assange publie un communiqué de presse accompagnant plus de 2000 courriels de John Podesta, le président de la campagne démocrate soutenant Clinton[36] Ces courriels, datant de 2007 à 2016, révèlent des extraits d'une conférence, payée par Goldman Sachs, de Clinton en 2013[37], explicitant sa relation à Wall Street et la mettant en difficulté vis-à-vis de son électorat populaire[38],[39]. Cette publication avait été précédée trois jours plus tôt d'une vidéo conférence télévisée célébrant à Berlin le dixième anniversaire de Wikileaks, où depuis Londres Assange annonçait que ces informations contre Clinton, qu'il appelait "The October Surprise", couleraient sa candidature[40].

Enfin, à la veille de l'élection présidentielle, Assange publie un communiqué réfutant l'accusation de parti pris : « Nous n'avons pas reçu d'information critique sur Donald Trump[41] ».

Wikileaks compromis

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Le 18 avril 2016, John Jones, avocat d'Assange au Royaume-Uni, meurt percuté par un train[42].

Le 11 mai 2016, Michael Ratner , avocat d'Assange à New York, meurt d'un cancer[43],[44].

Le , Seth Rich , informateur d'Assange au sein du Comité national démocrate, est tué par balles dans le dos[45],[46]. D'autres personnalités liées au DNC meurent de façon inquiétante en moins d'un mois, dont John William Ashe, le , asphyxié par une barre de musculation dans sa maison[47].

Le 4 octobre 2016 a lieu la dernière apparition publique d'Assange, lors d'une téléconférence à l'occasion de l'anniversaire de WikiLeaks[48].

Le 16 octobre 2016, Julian Assange est désormais privé d'Internet pour qu'il n'interfère plus avec la candidate Hillary Clinton à l'élection présidentielle américaine du 8 novembre[49].

Les 14 et 15 novembre 2016, Julian Assange rencontre en privé Ingrid Isgren pour les faits présumés de viol qu'il aurait commis [50]. Il est défendu par son avocate Jennifer Robinson .

Le lendemain, , les signatures électroniques de Wikileaks seraient compromises[51]. Julian Assange réfute cela deux semaines plus tard à travers un entretien audio retransmis au Liban où il en profite pour faire allusion au lien entre son ex-avocate d'ascendance libanaise Amal Clooney et Hillary Clinton[52].

Réfugié à l'ambassade de l'Equateur à Londres

Assange parle sur les marches de la Cathédrale Saint-Paul de Londres le 16 octobre 2011
Ambassade de l'Équateur à Londres, 16 août 2012

Depuis le 19 juin 2012 jusqu'à ce jour, Julian Assange vit reclus dans une pièce exiguë dépourvue de lumière du jour aménagée en studio, au sein de l'ambassade de l'Équateur à Londres, qui lui accorde l'asile. Ne pouvant sortir et recevant peu de visiteurs, il y séjourne dans des conditions éprouvantes[53],[54].

Poursuivi par la justice britannique du fait d'un mandat suédois (voir ci-dessous), il est entré dans cette ambassade le 19 juin 2012 pour y déposer une demande d'asile politique. Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, confirme alors la demande, déclare que son gouvernement va l'étudier et qu'en attendant Julian Assange peut rester à l'intérieur de l'ambassade[55],[56],[57].

Le Metropolitan Police Service de Londres explique que Julian Assange a violé les obligations de sa liberté conditionnelle, et qu'il sera arrêté dès que possible[58]. L'Équateur analyse sa requête, mais doit démontrer qu'il a été persécuté dans son pays d'origine, à savoir l'Australie.

Le , le ministre des Affaires étrangères de l'Équateur, M. Ricardo Patiño, annonce que l’Équateur accorde l'asile politique à Julian Assange[59] malgré des pressions insistantes du Royaume-Uni[60].

S'exprimant au balcon de l'ambassade équatorienne à Londres le , Julien Assange déclare « WikiLeaks est sous le coup de menaces, tout comme la liberté d'expression et la santé de l'ensemble de nos sociétés. Les États-Unis doivent renoncer à la chasse aux sorcières lancée contre WikiLeaks »[61].

Le ministère des Affaires étrangères britannique fait savoir qu'il va faire arrêter M. Assange en vue de son extradition dès qu'il posera le pied dehors. L'ambassade équatorienne occupe seulement une partie de son immeuble, les escaliers, les ascenseurs et la porte d'entrée n'en font pas partie. Scotland Yard affirme dépenser 65 000  par jour pour surveiller le pâté de maisons à l'aide de deux camionnettes et 50 hommes, dont plusieurs à l'intérieur du bâtiment[62],[57].

En avril 2014, Scotland Yard affirme qu'en presque deux ans passés à l'ambassade, les coûts de surveillance policière se sont montés à 5,9 millions de livres[57] (plus de 7 millions d'euros). Ces charges sont le résultat d'une garde ininterrompue effectuée par trois agents, coûtant chacun 11 000 livres par jour (plus de 13 000 euros). Plusieurs députés, dont Jenny Jones, se sont insurgés contre ces dépenses[63].

Après un an et demi d’enquête, l'avis rendu par le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l'ONU conclut le 5 février 2016 que Julian Assange est victime d’une détention arbitraire, qu’il doit en conséquence retrouver immédiatement sa liberté de mouvement et recevoir des compensations[64].

L'asile politique que lui apporte l’Équateur pourrait être contesté après les élections générales du 19 février, où le candidat de l'alliance de droite a publiquement annoncé son intention de l'expulser dans les trente jours suivants son élection[65].

Le 11 janvier 2018, l'Équateur délivre à Julian Assange la nationalité équatorienne.[66]

Le 6 février 2018, la justice britannique refuse à Julian Assange la levée du mandat d’arrêt à son encontre[67] ; elle s'est prononcée à nouveau sur le maintien de ce mandat d’arrêt le 13 février et a décidé que son maintient n'allait "pas à l'encontre de l'intérêt public"[68].

Mandat d'arrêt suédois

Le , la justice suédoise révèle suspecter Julian Assange de délits sexuels (viol mineur)[69],[70] à l'encontre de deux femmes suédoises. Les deux femmes, amies, ont fait une déposition commune auprès du commissariat local quelques jours après avoir eu des relations sexuelles séparées et répétées avec Julian Assange [71]. Quelques heures après l'émission du communiqué de presse, le Parquet lève l'avis de recherche « estimant qu'en fait M. Assange "n'était pas suspect de viol". En revanche, l'enquête pour agression se poursuit[71]. » Julian Assange nie formellement les faits, et reconnaît avoir eu une relation sexuelle, consentie, avec les deux femmes. Ces dernières ne nient pas que la relation était initialement consentie, mais affirment qu'Assange aurait retiré son préservatif sans qu'elles l'y aient autorisé. De nombreux sites de presse rapportent que selon son avocat, Assange ne serait pas poursuivi pour un délit de « viol », mais pour un délit de « sexe par surprise » ou « viol mineur[72],[73] », acte condamnable en droit suédois[74],[75],[73]Certaines sources affirment qu'un tel délit semble ne pas exister dans la législation suédoise, et överraskningssex désigne un viol en argot suédois[76][réf. insuffisante].

Cette accusation survient peu de temps après que WikiLeaks a publié 77 000 documents confidentiels de l'armée américaine sur la guerre en Afghanistan[71], déclenchant la « fureur du Pentagone », puis annoncé, le , vouloir en publier 15 000 nouveaux. Cette concomitance ne semble pas fortuite à certains commentateurs. « Cette affaire ressemble fort à un coup tordu des services, à l'ancienne », affirme, par exemple, Le Canard enchaîné[77].

Le , quelques jours après les Révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks, le parquet suédois, après avoir abandonné les poursuites et l'avoir autorisé à quitter le territoire, émet un mandat d'arrêt[78] à des fins d'interrogatoire contre Julian Assange, afin de l'interroger sur des suspicions de viol mineur[69] et d'agression sexuelle[79]. Julian Assange se déclare prêt à être interrogé.

Le , alors qu'il se rendait à une convocation judiciaire concernant cette affaire, Assange est arrêté par la police britannique, qui lui fait savoir son intention de l'extrader vers la Suède.

Une semaine après son arrestation, Julian Assange bénéficie d'une décision de remise en liberté surveillée sous réserve du paiement d'une caution fixée à hauteur de 240 000 £ (282 000 )[80]. La décision contestée par l'accusation est confirmée en appel par la Haute Cour de justice de Londres le 16 décembre 2010[81]. Un comité de soutien, qui réunit des personnalités comme Michael Moore[82], Ken Loach, Jemima Khan ou Bianca Jagger[81], se mobilise pour réunir la caution requise et obtenir la libération effective de Julian Assange[83].

Le , après le versement d'une caution de 282 000  exigée pour sa libération conditionnelle, Julian Assange est libéré mais doit porter un bracelet électronique[84].

Finalement, Julian Assange fait appel devant la Cour Suprême du Royaume-Uni, récemment créée, laquelle rejette en mai 2012 sa demande de ne pas être extradé vers la Suède, considérant ainsi que le mandat d'arrêt européen lancé contre Assange pour interrogatoire est valide[85].

Interviewé sur CNN, il récuse la pertinence de la procédure pénale à son encontre (il n'est d'ailleurs pas mis en examen)[86], déclarant comme infondées les accusations portées contre lui, puis ajoute : « On ne peut pas mettre sur le même plan l'énormité des informations que je révèle, concernant la mort de 109 000 civils en Irak, avec les accusations triviales portées contre moi ». Depuis le , il est l'objet d'un mandat d'arrêt international de la part de la Suède relayé par Interpol[87],[88],[89] pour cette affaire[90].

Le , les accusations d'agression sexuelle sont prescrites, mais Julian Assange reste enfermé dans l'ambassade d'Équateur où il s'est réfugié (voir ci-dessus), disant craindre une extradition vers les États-Unis[91] et toujours sous le coup du mandat d'arrêt international lancé par la Suède, malgré l'avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire de l'ONU rendu le demandant qu'il retrouve sa liberté de mouvement[64],[92]. Le , le tribunal suédois chargé de l'affaire confirme le mandat d'arrêt européen pour les faits présumés de viol qu'il aurait commis. Ses avocats annoncent dans la foulée faire un recours devant la cour suprême[93].

Le , le parquet suédois annonce abandonner les poursuites pour viol contre Julian Assange[94]. L'affaire est classée sans suite en raison de la longueur de la procédure ; cependant il reste sous le coup d’un mandat d’arrêt britannique pour n'avoir pas respecté les clauses de sa liberté sous caution en 2012[67],[95].

En février 2018, The Guardian révèle que depuis 2013 la justice suédoise souhaitait clôturer l'affaire mais subissait des pressions britanniques[96]. Ces révélations posent également la question de l’impartialité de la justice britannique[96].

Menace de mort

En juillet 2010, Bob Beckel , un conseiller démocrate, déclare sur Fox News qu'il faudrait éliminer Julian Assange en disant qu'« un homme mort ne peut plus divulguer quoi que ce soit. Ce type est un traître, et il a désobéi à toutes les lois des États-Unis. Ce type devrait — je veux dire, je ne suis pas pour la peine de mort, il n’y a qu’une chose à faire, tirer sur ce fils de pute illégalement[97] ».

Poursuites judiciaires aux États-Unis

Après la publication par WikiLeaks des documents de Chelsea Manning (par ailleurs condamnée pour espionnage à 35 ans de prison), les autorités des États-Unis commencent à enquêter sur WikiLeaks et Assange en vertu de la loi sur l'Espionnage de 1917[98], ce que confirme en novembre 2010 le ministre de la Justice américain, Eric Holder. Un grand jury est constitué à Alexandrie en Virginie[99],[100].

En outre des enquêtes sont lancées contre Assange par plusieurs agences gouvernementales[101], notamment le FBI[102]. Des documents judiciaires publiés en mai 2014 montrent qu'Assange était encore sous enquête "active et permanente" à cette date[103].

Selon d'autres documents publiés en 2014 par Edward Snowden, le gouvernement des États-Unis a inscrit Assange sur sa liste des personnes les plus recherchées (2010 Manhunting Timeline)[104] et a demandé à ses alliés d'ouvrir des enquêtes pénales contre lui[105]. Ces mêmes documents incluent une proposition de la NSA de traiter WikiLeaks comme un "acteur étranger malveillant".

En janvier 2015, le site de WikiLeaks rapporte que trois de ses membres ont reçu un avis de Google les informant que cette entreprise avait dû, en avril 2012, remettre à la justice fédérale leur e-mails et métadonnées[106], du fait d'un mandat émis pour espionnage, complot en vue de commettre de l'espionnage, vol ou soustraction de biens appartenant au gouvernement des États-unis, violation du Computer fraud and Abuse Act, et conspiration générale – chefs d'accusation pouvant valoir jusqu'à 45 ans de prison.

En décembre 2015 des réquisitions judiciaires confirment que les poursuites contre Wikileaks restent en cours"[107]. En avril 2017 un fonctionnaire déclare à CNN que l'acte d'accusation formel contre Assange est en cours de rédaction[108].

Relation à la France

Le , alors qu'il se trouve dans l'ambassade d'Équateur à Londres, il accepte l'invitation du Parti de gauche et de Jean-Luc Mélenchon qui décide de lui offrir la tribune en direct via Skype en meeting de clôture du Remue-Méninges du Parti de gauche[109] sans que les chaînes de télévision chargées de retransmettre le meeting en direct (LCI notamment) aient été averties. Une interprète assure la liaison[110]. Julian Assange profite de cette occasion pour décrire sa situation et expliquer les enjeux à venir quant aux négociations diplomatiques. Il se fait le porte-parole des médias « libres et indépendants » et en profite pour remercier publiquement les gouvernements d'Amérique latine pour leur soutien[Lesquels ?]. Le Parti de gauche est alors le seul parti français à avoir manifesté publiquement son soutien à Julian Assange. Jeudi 6 décembre 2012, notamment, Jean-Luc Mélenchon vient à sa rencontre, demandant publiquement à la Suède de renoncer à le faire extrader vers les États-Unis[111].

En juin 2014, Assange confie à Antoine de Caunes, dans le Grand Journal, recevoir la visite et le soutien de personnalités telles Lady Gaga, Oliver Stone, Eva Joly ou Jean-Luc Mélenchon[112]. Le 16 juillet 2014, Éric Cantona rend visite à l'ambassade d'Équateur pour lui apporter son soutien[113].

En juin 2015, à la suite des révélations relatives à l'espionnage de la France par les États-Unis, de nombreuses voix s'élèvent dans la classe politique française et de son gouvernement, et notamment au sein du Parti Socialiste, de l'UMP, du Front national, d'Europe Écologie les Verts et du Modem pour que la France lui accorde l'asile politique. Une lettre de soutien signée par plusieurs dizaines d'artistes et intellectuels appelle à son asile politique[114]. En août 2015, Julian Assange participe aux journées d'été des Verts via vidéo-conférence.

Le , à la suite de déclarations de la ministre de la justice Christiane Taubira se disant favorable à son accueil en France[115], Julian Assange adresse une « lettre au peuple français » publiée par Le Monde, révélant notamment avoir créé Wikileaks à Paris et être père d'un enfant français, et demandant au président de la République de lui « offrir la protection nécessaire »[54],[116]. La lettre est interprétée comme une demande d'asile par l'Élysée, qui la rejette 45 minutes après sa publication par voie de communiqué, invoquant « l'absence d'urgence » de la situation et l'existence d'un mandat d'arrêt européen[117]. La décision est largement critiquée par la société civile et la classe politique française, EELV parlant notamment de « déshonneur de la République[114] ». Le conseiller juridique de Wikileaks et de Julian Assange en France, Juan Branco, révélera par la suite avoir été en contact avec le président de la République et le ministère de la Justice[118], avant que Julian Assange ne dénonce avoir reçu un « coup de poignard dans le dos » de la part de François Hollande[119].

Le 30 novembre 2016, Jean-Luc Mélenchon affirme dans une vidéo posté sur sa chaîne Youtube qu'il va de nouveau et dans de brefs délais rencontrer Julian Assange après avoir réaffirmé son soutien publiquement.

Il annonce par la même occasion que s'il venait à gagner l'élection présidentielle française de 2017, il accorderait la nationalité française, l'asile politique et la remise de la Légion d'honneur à Julian Assange ainsi qu'à Edward Snowden.

Suisse : rejet d'un compte bancaire

Assange évoque son intention de solliciter l’asile politique en Suisse dans un entretien télévisé accordé à la RTS le 4 novembre 2010[120]. Au début du mois suivant, des comptes en banque destinés à la collecte de fonds pour la défense de Julian Assange sont consignés chez PostFinance[121].

Mais le , Donald S. Beyer, ambassadeur des États-Unis à Berne, met en garde le gouvernement suisse contre les possibles conséquences qui pourraient découler d'un octroi de l'asile politique à Julian Assange[122],[123]. Le même jour, le porte-parole de PostFinance fait part de la nécessité de procéder à des investigations complémentaires, pour vérifier l’authenticité de l'adresse légale en Suisse communiquée par le souscripteur, en raison des doutes qui entoureraient sa légitimité, voire son existence factuelle[124],[125],[57].

Le , PostFinance décide de clôturer le compte de Julian Assange, pour cause de renseignements erronés[121],[126].

Prises de position et autres actions

Dans une interview de novembre 2010, Julian Assange se déclare en faveur de la transparence de l'information et du libéralisme économique. Il se montre sceptique quant à la régulation qu'il perçoit comme un risque pour la Liberté, mais l'estime néanmoins nécessaire pour combattre la corruption et la tendance qu'aurait selon lui des marchés à tendre vers des situations de monopole[127].

En mars 2012, il décide de se présenter aux élections sénatoriales de 2013 en Australie[128].

En , Julian Assange lance la diffusion hebdomadaire de douze émissions intitulées The World Tomorrow sur le réseau câblé RT Network, dont le principe est d'interviewer des « acteurs, penseurs et révolutionnaires politiques »[129].

En juin 2016, il se prononce pour le Brexit[130].

En , à l'occasion du troisième anniversaire de la mort d'Hugo Chávez, il reconnait à l'ancien président vénézuélien sa lutte contre l'impérialisme, contre toutes les formes d’oppression et pour la démocratisation de l'information[131].

En mai 2017, à l'issue de l'élection d'Emmanuel Macron, il demande sur son compte twitter si la défaite de Marine Le Pen est due au sexisme[132]. Malgré une réaction non-équivoque de ses abonnés, cette interrogation se transforme en sous-entendu plus marqué lors d'un second tweet, faisant au passage le parallèle avec l'élection américaine où, selon lui, la défaite d'Hillary Clinton serait également due au sexisme. Ces insinuations sont d'autant plus surprenantes que, outre-Atlantique, WikiLeaks est tenu responsable par certains de la défaite d'Hillary Clinton[133],[134].

Prix et récompenses

Julian Assange a fait son entrée en 2010 dans le palmarès des 68 personnes les plus influentes du monde du magazine Forbes[135]. Il est élu personnalité de l'année 2010 par les lecteurs du site de Time[136], ainsi que par la rédaction du journal Le Monde[137].

Il a en outre reçu de nombreux prix[138], parmi lesquels :

Œuvres

Livres

  • (en) Suelette Dreyfus, Underground : Tales of Hacking, Madness and Obsession on the Electronic Frontier, Reed Books Australia, , 321 (version en ligne) p. (ISBN 978-2-88453-168-9) (Julien Assange est indiqué comme « chercheur » par le principal auteur).
  • (en) Cypherpunks: Freedom and the Future of the Internet, OR Books , (ISBN 978-1-939293-00-8).
  • Menace sur nos libertés : Comment Internet nous espionne. Comment résister, Robert Laffont, (ISBN 2-221-13522-9) (avec Jacob Appelbaum, Andy Müller-Maguhn et Jérémie Zimmermann).
  • Geoffroy de Lagasnerie, L'Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning, Fayard, 2015.

Essais

  • State and Terrorist Conspiracies (2006)
  • Conspiracy as Governance (2006)
  • The Hidden Curse of Thomas Paine (2008)

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Julian Assange » (voir la liste des auteurs).

  1. a et b « L'Equateur naturalise le fondateur de Wikileaks », sur ouest-france.fr, (consulté le 11 janvier 2018).
  2. [vidéo] « L'intégrale de l'interview de Julian Assange, responsable de WikiLeaks », Radio télévision suisse, (consulté le 29 novembre 2010) (vers 9 minutes de l'interview).
  3. a et b (en) Raffi Khatchadourian, « No Secrets : Julian Assange’s mission for total transparency », The New Yorker,‎ (lire en ligne).
  4. Fiche Interpol conservée chez WebCite.
  5. (en) [vidéo] The secret life of Julian Assange : CNNWorld, 7 News, 2 décembre 2010.
  6. (en) Assange's stepfather on his childhood : ndtv.com, 9 décembre 2010.
  7. L’homme derrière WikiLeaks, par Monique Crépault – synchro-blogue.com – 24 juin 2010.
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  51. L’apparition vocale d’Assange bouleverse les réseaux sociaux.
  52. Dans sa lettre au président français, il le décrit ainsi en juillet 2015 : « J’y dispose de cinq mètres carrés et demi pour mes usages privatifs. L’accès à l’air libre, au soleil, m’a été interdit par les autorités du Royaume-Uni ; ainsi que toute possibilité de me rendre à un hôpital ; je n’ai pu utiliser le balcon du rez-de-chaussée de l’appartement que trois fois depuis mon refuge, à mes risques et périls, et n’ai jamais été autorisé à sortir pour faire de l’exercice... [M]on intégrité, physique comme psychologique, est, chaque jour qui passe, un peu plus menacée. »
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Annexes

Filmographie

  • Le Cinquième Pouvoir (The Fifth Estate), 2013
    Film sur la fondation de Wikileaks, la personnalité et les méthodes de Julian Assange, son amitié et son conflit avec Daniel Domscheit-Berg, dont le livre autobiographique a inspiré en partie le film. Julian Assange dénonce son caractère mensonger (voir « Le Cinquième Pouvoir, le film sur Wikileaks qui fait bondir Assange » dans Le Quotidien du 10 octobre 2013). Assange y est interprété par Benedict Cumberbatch.
  • We Steal Secrets: The Story of WikiLeaks, Alex Gibney (réal.), 2014.

Articles connexes

Liens externes

  • (en) Site officiel de Wikileaks
  • Julian Assange sur MusicBrainz
  • Présence sur les réseaux sociaux : Reddit • Twitter
  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • CiNii • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Service bibliothécaire national • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d’Espagne • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque nationale d’Israël • WorldCat
  • (en) Bernard Lagan, « International man of mystery », The Sydney Morning Herald,‎ (lire en ligne)
    Un article sur Assange et sa vie discrète
  • Interview télévisée de Julian Assange 10 novembre 2010 tsrinfo
    L'intégrale de l'interview de Julian Assange, responsable de WikiLeaks, par Darius Rochebin. Durée : 17:56 min.
  • « La conspiration comme mode de gouvernance », texte écrit par Julian Assange en 2006, au moment de la fondation de WikiLeaks.
  • (en) Underground, livre de Suelette Dreyfus écrit en collaboration avec Julian Assange.
  • (en) Julian ARTssange, ressources artistiques