Joseph de La Martinière

Joseph Machet de La Martinière
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Joseph Machet de la Martinière
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Distinction

Joseph de La Martinière est un prêtre français, né le à Angoulême et mort le à Saint-Benoît-la-Forêt. À la suite de sa déportation pour fait de résistance pendant la Deuxième Guerre mondiale, il est devenu un véritable historien de la déportation.

Origines

Appartenant à une ancienne famille du Poitou, dont les ancêtres étaient conseillers du roi et fermiers généraux de l'abbaye de Charroux, son père Jules, diplômé de l’École nationale des chartes, est directeur de archives de la Charente. Il est le cousin de Dominique de La Martinière, inspecteur général des finances, ancien directeur général des impôts, et président de sociétés, et l’oncle de Hervé de la Martinière, éditeur, président-fondateur de La Martinière Groupe ainsi que de Gérard de La Martinière, également inspecteur général des finances, ancien directeur général d'AXA et président la Fédération française des assurances.

Biographie

Ordonné prêtre en 1932, l'abbé Joseph de La Martinière est nommé en 1940 vicaire de Gien. Deux ans plus tard, en raison de son influence sur les mouvements de jeunes de sa paroisse, il est soupçonné d’avoir aidé à des évasions et au passage de la ligne de démarcation. Il est arrêté sur dénonciation et interné à la prison d’Orléans puis, au secret à Fresnes.

Il est ensuite déporté par le convoi du [2]en Allemagne, en application du décret et de la procédure Nacht und Nebel visant les détenus « coupables » d’être hostiles envers le Reich, « jugés » en Allemagne par des tribunaux spéciaux de sorte que leur famille et les autorités de leur pays soient tenues dans une complète ignorance du sort qui leur est réservé, vivants ou morts (d’où l’expression « Nuit et brouillard » choisie par Hitler en personne). Arrivé au camp spécial SS de Hinzert, en juillet, par l'un des premiers convois relevant de cette catégorie de déportés[3], il effectue un long périple qui le conduit dans les prisons « NN » de Wittlich et, en Silésie, de Breslau (Wroclaw) et Schweidnitz, pour aboutir enfin au camp de Dachau où, étant libéré le , il choisit, comme Edmond Michelet, le père Jacques Sommet et quelques autres, de demeurer sur place pendant plusieurs semaines pour venir en aide aux malades atteints par l’épidémie de typhus.

Après son retour de déportation, Joseph de La Martinière, reprend un ministère paroissial, d’abord quelque temps dans le Loiret, puis dans le Var, jusqu’à sa retraite dans le diocèse de Tours au début des années 1980.

Parallèlement, il entretient une inlassable correspondance avec d’innombrables anciens compagnons de déportation, de tous milieux et de toutes appartenances, auprès desquels il incarnait une présence évangélique unanimement respectée. Il consacre aussi une grande partie de son temps à la recherche historique sur la déportation « NN » et sur les mécanismes qui avaient pu rendre celle-ci possible, publiant plusieurs ouvrages, dont Nuit et brouillard à Hinzert[4],[5]

Ces travaux de pionnier le conduisent à consulter nombre d'archives en France et en Europe, et constituent aujourd’hui une référence incontournable dans l'étude de cet aspect de la dernière guerre. Il a largement contribué à établir les listes nominatives de près de 7 000 déportés « NN », s’appliquant à reconstituer, pour chacun, le sort qui a été le sien, les convois dont il fit partie et les dates de ses périples[6].

Enfin, il a voulu également, en écrivant à l’intention de ses neveux et amis, le récit de sa déportation[7] « faire mémoire », afin « d’éclairer la marche du présent et de l’avenir ».

Décorations

Notes et références

  1. Fondation pour la mémoire de la Déportation, « MACHET DE LA MARTINIERE Joseph », sur bddm.org (consulté le 14 novembre 2018).
  2. Fondation pour la mémoire de la Déportation, « Transport Paris-Trêves du 10 juillet 1942 (I.44.) », sur bddm.org (consulté le 14 novembre 2018).
  3. Nuit et brouillard à Hinzert: les déportés NN en camp spécial SS, Tours, 1984
  4. « Musée de la Résistance et de la Déportation Besançon », sur lesamitiesdelaresistance.fr (consulté le 15 novembre 2018) : « Rappelons que les travaux fondamentaux de l'abbé Joseph de la Martinière, auteur du livre "Le décret et la procédure NN" (Orléans, 1981) ont fait connaître différents camps (notamment bien sûr celui de Hinzert) et revivre le souvenir des déportés, tant des survivants que des morts, guillotinés ou décédés au camp. Ces travaux ont expliqué la teneur du décret Keitel créant la catégorie NN, procédure instaurée le 7 décembre 1941. ».
  5. La procédure « Nuit et brouillard », nomenclature des déportés « NN », matériaux pour l’histoire des prisons et des camps-des tribunaux, 3 vol., 1997.
  6. Mon témoignage de déporté « N.N. » 1992-1993.

Liens externes