Joseph Antignac

Joseph Antignac
Joseph Antignac
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Distinction

Joseph Antignac né le 29 juillet 1895 à Bordeaux[1], et mort après 1954, fut un des responsables du Commissariat général aux questions juives sous le régime de Vichy.

Jusqu'à la guerre

En 1913, il obtient son baccalauréat et s'engage dans l'armée pour quatre ans. Brigadier en 1914, il finit la guerre avec le grade de lieutenant, la Croix de guerre, et trois citations. En avril 1919, il est détaché à la 6e division de cavalerie polonaise en Galicie et entre à la fin de l'année 1920 pour six mois à l'école de Saumur. En 1927, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite avec le grade de capitaine.

En 1935, il est directeur d'une société spécialisée dans les bois-placages et isolants à Bruxelles. Mobilisé le 3 septembre 1939[2] il combat les Allemands et, après la débâcle, il est démobilisé en octobre 1940[3]. Réfugié à Périgueux, il est chef de Province des Compagnons de France jusqu'en juillet 1941.

Sous Vichy

En octobre 1941, il est nommé directeur de la police aux questions juives (P.Q.J.) pour la région de Limoges, en août 1942, il est directeur de la Section d'Enquête et de Contrôle (S.E.C.) pour la zone Sud[4] et en novembre 1942, chef de cabinet au Commissariat général aux questions juives (C.G.Q.J.). De janvier 1943 au 1er avril 1944, il devient directeur de cabinet au Commissariat général aux questions juives (C.G.Q.J.). À ce titre, les 22 avril, 11 et 18 mai 1943, il écrit au SS-Obersturmführer Heinz Röthke, chef de la section juive du SD[5], trois rapports dans lesquels il dénonce la dissimulation d'enfants juifs étrangers par les collaborateurs de Juliette Stern au sein de l'Union générale des israélites de France (UGIF)[6]. Le 30 juillet 1943, la Gestapo arrête et fait déporter les vingt personnes travaillant pour ce service[7]. En avril 1944, il est pendant quelques semaines directeur général de l'aryanisation économique. Du 17 mai 1944 au 17 août 1944[8], il est secrétaire général du Commissariat général aux questions juives avec délégation générale "à effet de signer pour l'exécution des décisions générales prise par le chef du gouvernement et en son nom tous les actes, arrêtés et ordonnances à l'exclusion des décrets".

Réfugié le 18 août 1944, chez son ami Saint-Blancard au 102 avenue des Ternes à Paris, Joseph Antignac est arrêté le 20 novembre 1944, puis interné à Nanterre. Atteint de tuberculose rénale et génitale grave, il demande dès le printemps 1945, sa libération qu'il n'obtiendra que trois ans plus tard[9]. En décembre 1947, il entre à l'hôpital Cochin. Il est condamné à mort le 9 juillet 1949 par la 9e sous-section de la cour de justice de la Seine[10],[11]. Après rejet par la Cour d'appel d'un pourvoi en cassation le 17 août 1949, sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité par décret du 11 janvier 1950 signé par le Président de la République Vincent Auriol. Quatre ans plus tard, il est amnistié par le président René Coty.

Notes et références

  1. Archives de Bordeaux en ligne, section 2, acte n°1069, vue 177/313
  2. Laurent Joly Vichy dans la «solution finale»
  3. Mémorial de la Shoa, Encyclopédie de la Shoa, Antignac, Joseph
  4. Raymond-Raoul Lambert, Diary of a Witness 1940-1943
  5. Philippe Bourdrel Histoire des juifs de France, Volume 2
  6. Maurice Rajsfus Des Juifs dans la collaboration, l'U.G.I.f.1941-1944
  7. Mémoire et espoir de la Résistance, "Stern Juliette"
  8. Marie-Thérèse Chabord, Monique Leblois-Péchon, Brigitte Lozza, Jean Pouëssel et Pascal Tanésie Inventaire des archives du Commissariat général aux questions juives et du Service de restitution des biens des victimes des lois et mesures de spoliation, Archives nationales.
  9. Michel Laffitte Juif dans la France allemande: institutions, dirigeants et communautés au temps de la Shoah
  10. Laurent Joly, L'antisémitisme de bureau
  11. "Joseph Antignac, Vichy Official Charged with Anti-jewish Activities, Gets Death Sentence", JTA