Joseph-Mathurin Musset

Joseph-Mathurin Musset
Joseph-Mathurin Musset
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Joseph-Mathurin Musset, né à Legé le , mort à Neufchâteau, en Belgique, le , est un prêtre défroqué et un homme politique français.

Biographie

Fils de Hyacinthe Musset, chirurgien-juré, et de Renée-Susanne Gouin[1], Musset a un frère aîné, également prénommé Hyacinthe, qui devient chirurgien, comme son père[2]. Lui entre dans les ordres et devient curé de Falleron, en Vendée[3]. Son frère cadet, Jean-Joseph-Esprit, suit également la carrière ecclésiastique[4]. Favorable à la Révolution, il est délégué par l'assemblée primaire de La Garnache à l'élection des membres du directoire du département le , avant de prêter le serment constitutionnel[3].

Le , il est élu, le 4e sur 9, par 152 voix sur 233 votants, député de la Vendée à l'Assemblée législative, où il siège sur les bancs réformateurs mais ne se distingue pas[3],[5].

Le , la Vendée le réélit, le 6e sur 9, par 183 voix sur 310 votants, député à la Convention nationale. Siégeant à la Montagne, il vote la mort lors du procès de Louis XVI[3],[5].

Lors du déclenchement de la guerre de Vendée, son frère aîné manque de peu d'être tué pendant les massacres de Machecoul[6].

Il est envoyé en mission en Seine-et-Oise avec Charles-François Delacroix par décrets des 10 et pour assurer l'inventaire et la vente des biens de la liste civile[7], avant d'être également chargés de la levée en masse dans ce département par décret du [8]. Leurs pouvoirs sont étendus par décret du et deviennent similaires à ceux des représentants qui sont aux armées ou dans les départements[9]. Arrivés à Versailles le , Musset et Delacroix organisent la distribution des terres du domaine royal; dans ce district, la première allocation de terre a lieu le 27 brumaire an II () dans le village de Les Loges-en-Josas. À la fin de l'année, 1 568 arpents ont été distribués à 1 546 paysans pauvres ou artisans dans le district[10]. Rappelés par décret du 14 brumaire an II (), un arrêté du comité de salut public du 8 frimaire an II () les autorise à demeurer dans le département jusqu'à ce qu'ils aient achevé d'épurer les autorités locales, avant d'être rappelés par lettre du comité le 2 pluviôse an II ()[11].

Le 8 floréal an II (), Musset est chargé par le comité des pétitions de présenter un rapport sur l'affaire de François Gamain, serrurier de Versailles à l'origine de l'armoire de fer, qui a accusé Louis XVI d'avoir tenté de l'empoisonner. Sur sa proposition, la Convention vote par acclamation une pension de 1 200 livres en faveur de Gamain. Ayant abandonné l'état ecclésiastique, il se marie le 10 thermidor an II avec la fille d'un serrurier, Lecointre[3],[5].

Après la chute de Robespierre, il se rallie à la politique thermidorienne[3]. Envoyé en mission dans le Puy-de-Dôme, le Cantal et la Corrèze par décret du 9 fructidor an II (), il voit ses pouvoirs étendus à la Nièvre par décret du 14 vendémiaire an III ()[11]. Sur place, il mène une politique incertaine et globalement plutôt modérée à l'égard des cadres terrorsites locaux, contrairement, comparé à Jean-Pierre Chazal au printemps 1795[12]. L'un de ses arrêtés, prévoyant que les frais de réparation et d'entretien des prisons et les salaires des guichetiers serait à la charge des détenus en proportion de leur fortune, est rejeté par la Convention. Le 30 brumaire an III (, il annonce son prochain retour à Paris, mais, malade, il ne rentre dans la capitale que le 16 nivôse an III ()[11].

Le 4 germinal an III (), un décret l'envoie dans les départements environnant Paris, mais il intervient surtout dans l'Oise[11]. Après l'insurrection du 1er prairial an III, il félicite la Convention de sa victoire[3]. Il est de retour à Paris le 5 messidor an III (). Puis il est envoyé dans l'Aveyron par décret du 29 messidor an III (), où il demeure plus de trois mois puisque, le 26 vendémiaire an IV (), il fixe la fin de sa mission au 29 et annonce son prochain retour à Paris[11]. Par ailleurs, c'est lui qui rend compte à la Convention de la ratification de la constitution de l'an III par la commune de Nantes[3].

Le 4 brumaire an IV (), il est choisi comme « député » de la Meuse[13] au Conseil des Anciens par ses collègues de la Convention dans le cadre de l'application du décret des deux tiers[3].

Sorti du Conseil le , il devient administrateur de la loterie à Nantes[14]. Puis, le 5 ventôse an VII (), un arrêté du Directoire le nomme commissaire politique et civil du gouvernement, chargé de l'organisation des quatre départements créés sur le territoire du Piémont[15]. À son arrivée à Turin, le 3 avril, il dissout le régime provisoire piémontais[16]. Toutefois, après la défaite des armées françaises sur l'Adige et devant l'avancée de Souvorov, il doit quitter la ville dès floréal an VII (avril-)[3].

Le 11 ventôse an VIII (), il est nommé préfet de la Creuse[17].

Le 6 germinal an X (), le Sénat conservateur le nomme au Corps législatif, où il représente la Vendée jusqu'au . Se retirant alors de la vie politique, il s'installe à Nantes. Vers la fin de l'Empire, il habite à Magny-en-Vexin, en Seine-et-Oise, où il a acquis des propriétés, ainsi qu'à Hodent. Pendant les Cent-Jours, il vote l'Acte additionnel[18].

À la fin de 1815, il vend ses propriétés et quitte Paris le 4 décembre pour Bruxelles avec son épouse et une femme de chambre. Compris dans la loi contre les régicides en 1816, il demande l'autorisation de rentrer en France le , à cause de son âge et de sa mauvaise santé, mais celle-ci est rejetée[3],[5], et il meurt en Belgique le [19].

Bibliographie

Notes et références

  1. Henri Beauchet-Filleau, Charles Chergé, Paul Beauchet-Filleau, Maurice de Gouttepagnon, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, vol. 4, Imprimerie Oudin, p. 263.
  2. Charles-Louis Chassin, Préparation de la guerre de Vendée, 1789-1793, vol. 3, J. Floch, , p. 355 (1re édition 1892).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Adolphe Robert, Gaston Cougny (1889-1891), p. 463-464.
  4. Alfred Lallié, « Le clergé du district de Machecoul en 1791 », Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Nantes, Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, J. Forest aîné,‎ , p. 27 (lire en ligne), 2e partie.
  5. a, b, c et d Ferdinand Hoefer (1863), p. 33-34.
  6. Edna Hindie Lemay, Dictionnaire des législateurs 1791-1792, vol. 2, Centre international d'étude du XVIIIe siècle, , 821 p., p. 578.
  7. Michel Biard (2002), p. 53 et 557.
  8. Michel Biard (2002), p. 487.
  9. Michel Biard (2002), p. 54.
  10. Peter Jones, « Agrarian dadicalism during the French Revolution » dans Alan I. Forrest, Peter Jones, Reshaping France: town, country, and region during the French Revolution, Manchester University Press ND, , 258 p. (ISBN 0719029953), p. 137-150.
  11. a, b, c, d et e Michel Biard (2002), p. 557.
  12. Michel Biard (2002), p. 278.
  13. Pierre-Dominique Cheynet, Les Procès-verbaux du Directoire exécutif an V-an VIII: inventaire des registres des délibérations et des minutes des arrêtés, lettres et actes du Directoire faisant suite au Recueil des actes du Directoire exécutif d'Antonin Debidour, vol. 3, Centre historique des archives nationales, , 759 p. (ISBN 2860002987), p. 184.
  14. Louis Mortimer-Ternaux, Histoire de la terreur, 1792-1794 : d'après des documents authentiques et inédits, vol. 5, Michel Lévy frères, (lire en ligne), p. 532, note 2.
  15. Frédéric Sclopis, « La Domination française en Italie (1800-1814) », Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, compte rendu, Académie des sciences morales et politiques, Félix Alcan, vol. 56,‎ , p. 340 (lire en ligne), 2e partie.
  16. Angus Heriot, Les Français en Italie, 1796-1799, Gallimard, , 361 p., p. 264 (traduction de l'anglais de Jacques Brousse).
  17. Jean Sibenaler, Premiers préfets de Maine & Loire, Éditions Cheminements, , 268 p. (ISBN 2844780156), p. 31.
  18. August Kuscínskí, Dictionnaire des conventionnels, vol. 3-4, F. Rieder, , 615 p., p. 466.
  19. « Fiche de Joseph-Mathurin Musset sur le site de l'Assemblée nationale »