Joséphine de Beauharnais

Joséphine de Beauharnais
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L’impératrice Joséphine par François Gérard.

Titres

Impératrice des Français


(5 ans, 6 mois et 28 jours)

Prédécesseur Marie-Antoinette d'Autriche (Reine des Français)
Successeur Marie-Louise d'Autriche

Reine d'Italie


(4 ans, 8 mois et 29 jours)

Prédécesseur Création du titre
Successeur Marie-Louise d'Autriche

Duchesse de Navarre


(4 ans, 1 mois et 21 jours)

Prédécesseur Création du titre
Successeur Auguste de Leuchtenberg
Biographie
Dynastie Famille de Tascher
Nom de naissance Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie
Naissance
Les Trois-Îlets (Martinique, France)
Décès (à 50 ans)
Château de Malmaison (France)
Sépulture Église Saint-Pierre-Saint-Paul (Rueil-Malmaison)
Père Joseph-Gaspard Tascher de La Pagerie
Mère Rose Claire des Vergers de Sannois
Conjoint Alexandre de Beauharnais
Napoléon Ier
Enfants Eugène de Beauharnais
Hortense de Beauharnais
Résidence Palais des Tuileries, Château de Malmaison
Religion Catholicisme

Signature

Signature de Joséphine de Beauharnais

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Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie, dite Joséphine de Beauharnais, née le aux Trois-Îlets en Martinique et morte le au château de Malmaison à Rueil-Malmaison, est la première épouse de l’empereur Napoléon Ier de 1796 à 1809. À ce titre, elle est impératrice des Français de 1804 à 1809 et reine d'Italie de 1805 à 1809.

Joséphine est née dans une grande propriété de la Martinique d'une famille de Békés. Elle arrive en métropole après son mariage avec Alexandre de Beauharnais, figure de la Révolution française exécuté durant la Terreur ; durant cette période, Joséphine est emprisonnée plusieurs mois. Fréquentant les salons parisiens, elle rencontre le général Bonaparte avec qui elle se remarie. Ce second mariage lui permet de devenir impératrice, mais elle se heurte à l'hostilité de sa belle-famille et à son incapacité à donner un héritier. Napoléon divorce d'elle, et elle se retire dans son domaine de Malmaison. Malgré son mariage stérile avec Napoléon, Joséphine a une importante postérité grâce aux enfants de son premier lit. Elle est aussi restée dans l'histoire pour son intérêt pour la mode et la botanique.

Dénomination

« Joséphine de Beauharnais », n’a été appelée ainsi que durant les cinq dernières années de sa vie. En effet, elle n'a jamais été appelée ainsi avant son divorce d’avec Napoléon : du temps de son mariage avec Alexandre de Beauharnais, elle se prénomme Marie Josèphe Rose. C'est Napoléon qui lui donne le nom de Joséphine. De même, les feuilles ultraroyalistes annonceront la mort de « madame veuve de Beauharnais ». Elle n’a donc porté le nom de « Joséphine de Beauharnais » qu’en reprenant son nom de veuve après son divorce, tout en conservant le prénom sous lequel elle s’était fait connaître en tant qu’impératrice. On pourrait donc aussi bien parler de « Joséphine Bonaparte », « Rose de Tascher », « Rose Tascher de La Pagerie » ou « Rose de Beauharnais »[1].

Biographie

Naissance et jeunesse en Martinique

Le musée de la Pagerie aux Trois-Îlets, installé dans l'ancienne cuisine des Tascher.

Marie-Josèphe-Rose de Tascher de La Pagerie naît le dans la propriété de ses parents, la Petite Guinée, située dans la paroisse du Cul-de-sac-à-vaches, sur l'actuelle commune des Trois-Îlets, en Martinique. Elle est la fille aînée de Joseph-Gaspard de Tascher de La Pagerie et de Rose Claire des Vergers de Sannois[2],[Note 1].

Joseph-Gaspard est le fils aîné du seigneur de La Pagerie, Gaspard-Joseph, venu s'installer en Martinique en 1726 pour y faire fortune dans le commerce du sucre. Né sur l'île, Joseph-Gaspard rentre en métropole en 1751 et officie pendant quatre ans à Verseilles en tant que page de la dauphine Marie-Josèphe de Saxe, avant de servir dans les armes. De son côté, Rose des Vergers de Sannois est la fille unique d'une famille de planteurs, fondateurs de la propriété de la Petite Guinée en 1730[2]. Ce vaste domaine, bien que ne faisant pas partie des plus grandes exploitations martiniquaises, s'étend sur près de 500 hectares et exploite plus de 200 esclaves valides en 1751[3].

C'est là que grandit Marie-Josèphe-Rose, la future Joséphine de Beauharnais. Elle est baptisée plus d'un mois après sa naissance, le , en l'église Notre-Dame-de-la-Bonne-Délivrance[4],[5]. La famille loge dans un confort rudimentaire dans le bâtiment même de leur sucrerie après qu'un cyclone a dévasté leur maison principale en 1766. C'est sa mère qui s'occupe principalement de la gestion du domaine, tandis que son père, nostalgique de ses années en métropole, préfère côtoyer la bonne société de Fort-Royal et mener une vie de plaisirs. Durant sa jeunesse, Marie-Josèphe-Rose, affectueusement surnommée Yeyette par ses parents, reçoit les soins de sa nourrice, Gertrude, avant d'être envoyée à l'âge de dix ans avec sa sœur cadette, Catherine-Désirée, chez les sœurs de la Providence à Fort-Royal[6].

Toute sa vie, Joséphine triche sur la date de sa naissance pour se rajeunir. Les almanachs impériaux indiqueront tous les ans la date du . Sa fille, la reine Hortense, continuera à maintenir cette fiction[7].

De son enfance martiniquaise, Joséphine garda un caractère et des habitudes correspondant à l'image que se faisaient les Français des Créoles : paresseux, sensuels et capricieux. Elle joua beaucoup de cette image. Son habitude de manger du sirop de canne à sucre détériora précocement ses dents, ce qui la poussa à adopter un demi-sourire fermé qui lui donnait un air énigmatique[8].

Mariage avec Alexandre de Beauharnais

Le général de Beauharnais, premier époux de Joséphine.

Marie-Euphémie-Désirée, la sœur de Joseph-Gaspard de Tascher de La Pagerie, vit en métropole avec le marquis François de Beauharnais[9],[Note 2]. Elle projette de marier le fils de ce dernier, Alexandre de Beauharnais, avec une des filles de Gaspard-Joseph. Le choix se porte d'abord sur Catherine-Désirée, mais lorsque la demande de mariage parvient en Martinique à la fin de l'année 1777, cette dernière est morte de la tuberculose le précédent, à l'âge de 12 ans. Alexandre de Beauharnais accepte alors la main de Joséphine. Conduite par son père en métropole, cette dernière quitte son île natale à la fin du mois d'août 1779, à bord de la flûte Isle de France. Le mariage est célébré le à Noisy-le-Grand par l'abbé Durand[10],[11].

Le couple s'installe à Paris, dans l'hôtel privé du marquis de Beauharnais, rue Thévenot[12], avant de louer un appartement rue Neuve Saint-Charles[13]. Joséphine, désormais vicomtesse, jouit d'une aisance qu'elle n'a encore jamais connue[14]. Très vite, il apparaît que les deux époux ne s'entendent pas. Alexandre est régulièrement absent : quand il n'est pas en garnison avec son régiment, à Brest puis à Verdun, il séjourne chez son ancien précepteur, Antoine Patricol, à La Roche-Guyon. Si Joséphine se plaint de la rareté de la correspondance qu'entretient son mari, ce dernier lui reproche un certain manque d'éducation. Pour autant, la naissance de leur premier enfant, prénommé Eugène, le , semble rapprocher le couple[12] mais après quelques semaines de vie commune, Alexandre s'éloigne de nouveau[15].

Séparation et retour en Martinique

Dans le même temps, Joséphine s'immisce peu à peu dans la société aristocratique parisienne et fréquente les salons. Alors que son mari, et la tante de celui-ci, Fanny de Beauharnais, sont très actifs au sein des loges parisiennes, elle est à son tour initiée en franc-maçonnerie, au sein de la loge de la Triple Lumière[15]. De retour auprès de sa femme au mois de , Alexandre s'embarque quatre mois plus tard pour la Martinique. Son ancienne maîtresse, madame de Longpré[Note 3], effectue ce voyage avec lui, et tous deux entretiennent une nouvelle relation. En métropole, Joséphine entame une deuxième grossesse, pour donner naissance à Hortense le . Furieux en apprenant la nouvelle, Alexandre doute de sa paternité et accuse Joséphine d'adultère. À son retour en France à l'automne suivant, il oblige Joséphine à quitter le domicile conjugal et la contraint d'entrer au couvent, à l'abbaye de Penthemont, tandis que leurs enfants sont confiés à une nourrice. Refusant son sort, elle dépose plainte auprès de Louis Joron, conseiller du roi et commissaire au Châtelet de Paris. Défendue par maître Moreau de Bussy, elle gagne son procès le . Le prévôt de Paris condamne Alexandre à verser une pension à sa femme pour l'éducation de ses enfants, mais il fait enlever Eugène le , ce qui entraîne une nouvelle plainte de Joséphine. Par l'intermédiaire de sa tante, Marie-Euphémie-Désirée, un compromis est signé devant notaire le suivant par les deux époux. Alexandre reconnaît ses torts et accorde à sa femme une pension annuelle de 6 000 livres, tout en lui laissant la garde définitive d'Hortense et celle d'Eugène jusqu'à ses cinq ans[16].

À sa sortie du couvent, Joséphine s'installe à Fontainebleau chez sa tante et son beau-père, le marquis de Beauharnais, où elle réside pendant trois ans. Elle connait alors des difficultés financières car Alexandre ne lui verse pas régulièrement sa pension, mais ses parents lui viennent en aide en lui faisant parvenir des lettres de change depuis la Martinique. En octobre 1787, Joséphine et Hortense sont accueillies dans l'hôtel parisien du banquier suisse Jean-Jacques Rougemont[Note 4]. Sans argent et sans position sociale établie malgré une aisance certaine dans les relations mondaines, Joséphine choisit de retrouver sa terre natale. Elle s'embarque avec sa fille à destination des Antilles en . Pendant près de trois ans, elles n'y ont pas d'habitation fixe, tandis que Joséphine gagne en influence dans la société martiniquaise[17].

On prétend qu'elle suit les chasses du roi Louis XVI et les beaux cavaliers qui y participent : le comte de Crenay, le duc de Lorge ou le chevalier de Coigny. En 1788, elle retourne à la Martinique voir si elle peut améliorer sa situation qui reste très préoccupante[18]. Barras, exilé à Bruxelles par Napoléon en 1801, écrit perfidement dans ses Mémoires que pendant ce séjour, la jeune femme libre « aurait eu des rapports avec des nègres » et aurait donné naissance à une fille naturelle, ces rumeurs servant par la suite à Alexandre de Beauharnais de motif à sa rupture avec Rose[19].

Emprisonnement sous la Révolution

La cocarde représentant Rose et sa fille Hortense, musée de la Révolution française.

Tandis que la Révolution française éclate en 1789, les émeutes atteignent la Martinique l'année suivante. L'oncle de Joséphine, envoyé pour parlementer avec des rebelles qui se sont emparés du fort Bourbon, est notamment pris en otage et fait prisonnier. Fort-Royal est peu à peu encerclée et Joséphine et sa fille parviennent à s'enfuir pour s'embarquer sur la frégate la Sensible. Après avoir accosté à Toulon en , elles rejoignent leur tante à Fontainebleau. Très actif depuis le début de la Révolution, Alexandre de Beauharnais a acquis une certaine position dans la vie politique du royaume. Élu député de la noblesse aux états généraux en 1789, il appartient à la minorité des membres de son ordre qui soutiennent les réformes. Président des jacobins après la mort de Mirabeau, il est ensuite élu à la présidence de l'Assemblée constituante le et joue un rôle de premier plan au moment de la fuite à Varennes. Tout en restant séparée de lui, Joséphine s'affiche alors comme son épouse et joue de sa position pour élargir le cercle de ses relations. Elle se rapproche alors de personnalités issues de milieux très variés voire opposés : Joséphine fréquente aussi bien les amis de son mari, comme le marquis de La Fayette ou le marquis de Caulaincourt, que les constituants de gauche, notamment par l'intermédiaire de Charlotte de Robespierre, ou encore des personnalités des milieux contre-révolutionnaires comme Michelle de Bonneuil. Très à l'aise dans les salons, elle cherche alors à entretenir des réseaux sans toutefois s'engager[20].

La situation évolue défavorablement pour le couple Beauharnais au cours de l'année 1793[21]. Après la dissolution de l'Assemblée Constituante, Alexandre avait regagné les rangs de l'armée du Rhin. Jugé en partie responsable de la chute de Mayence le [22], il est limogé et contraint de regagner son fief de La Ferté-Beauharnais, puis très vite inquiété. La loi des suspects, adoptée par la Convention le , sème alors le trouble en France et menace de la peine capitale tous ceux accusés d'être contre-révolutionnaires. De son côté, Joséphine se réfugie à Croissy, dans la maison d'une de ses amies, madame Hosten-Lamotte, et se fait alors délivrer un certificat de civisme par les autorités municipales. Elle tisse notamment des liens avec le président du Comité de sûreté générale, Marc-Guillaume-Alexis Vadier, et fait libérer par son intermédiaire plusieurs de ses proches qui se retrouvent inquiétés. Elle échoue pourtant à sauver son mari Alexandre, arrêté au mois de [21].

Joséphine est à son tour inculpée le et enfermée à la prison des Carmes où son ordre d'écrou est signé par la section des Tuileries du Comité révolutionnaire deux jours plus tard. Elle y retrouve Alexandre qu'elle est autorisée à rencontrer quelques heures par jour. Condamné par le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné le . La chute de Robespierre qui intervient peu après met fin au régime de la Terreur et Joséphine est finalement libérée le [23],[21]. Un greffier du Comité de sûreté générale, Charles de La Bussière, probablement amoureux d'elle, s'attribue sa libération et affirme avoir fait disparaître son acte d'accusation[24]. Bien qu'aucune preuve formelle ne soit apportée pour accréditer cette thèse, Joséphine se montre reconnaissante en lui versant plus tard une somme de 1 000 livres[21].

Retrouver son rang

À sa sortie de prison, la situation financière de Joséphine est critique. Désormais veuve, elle ne dispose plus d'aucun revenu régulier, d'autant plus que les biens d'Alexandre ont été saisis, mais en tirant profit de son habileté dans les relations tout comme de la crise monétaire qui frappe la France, elle parvient très rapidement à retrouver son rang. Au début de l'année 1795, elle obtient auprès des autorités départementales du Loir-et-Cher la levée des scellés sur les biens de son défunt mari. Dans cette période délicate, elle bénéficie des conseils d'un homme de loi, Jean-Etienne Calmelet, qui la soutient dans ses différentes démarches. Elle reçoit également l'appui du député conventionnel Merlin de Thionville pour récupérer une série d'objets et de biens parisiens[25]. Dans le même temps, Joséphine contracte plusieurs prêts et sollicite le secours de ses proches. Elle fait mettre sur pied un montage financier qui permet à sa mère de lui envoyer plusieurs sommes en monnaie métallique. Ces pièces, qui transitent par l'établissement d'un banquier de Hambourg, Matthiessen, sont ensuite échangées en assignats, fortement dépréciés[26]. À la fin de l'année 1795, à la bourse de Paris, un louis d'or peut s'échanger jusqu'à 5 000 livres en assignats, ce qui permet à tous ceux qui ont un correspondant hors de France de spéculer en rapatriant la « bonne monnaie »[27]. Soutirant de plus en plus d'argent à sa mère, Joséphine parvient à rembourser ses dettes et celles de son mari tout en augmentant son train de vie. Elle loue alors une maison de la rue Chantereine à Paris, où elle peut mener une existence raffinée sans pour autant supporter les charges financières d'un véritable hôtel particulier[26]. Joséphine profite également du fait que certains bailleurs choisissent de renoncer à leur loyer plutôt que de recevoir de la monnaie dépréciée : c'est ainsi qu'elle conserve la jouissance de sa maison de campagne de Croissy[28]. Désormais rétablie financièrement, Joséphine choisit de donner une solide éducation à ses enfants en les envoyant en pension dans des établissements de Saint-Germain-en-Laye. Ainsi, Eugène est accueilli au collège irlandais tenu par l'abbé Mac Dermott, tandis que Hortense entre chez Henriette Campan, une ancienne femme de chambre de la reine Marie-Antoinette[29].

En parallèle, Joséphine poursuit son ascension au sein de la société parisienne, insouciante, extravagante et joyeuse, qui se développe dans le cadre de la convention thermidorienne. Proche de Jean-Lambert Tallien, qui lui vient en aide dans diverses affaires, elle se lie d'amitié avec l'épouse de ce dernier, Thérésa. Inséparables, les deux femmes rivalisent d'élégance dans les salons. Elles incarnent et influencent fortement la mode de leur époque, se plaçant en tête de celles qu'on a appelées les Merveilleuses[30]. Certains de ses biographes, comme Françoise Wagener ou André Castelot, la révèlent à cette époque comme une veuve joyeuse, ce que réfute un autre historien, Pierre Branda, en la présentant « plus volontiers comme une élégante raffinée qu'en muscadine dévergondée »[31]. Si la rumeur prétend qu'elle collectionne les aventures amoureuses, parmi lesquelles sa relation avec le général Hoche, qui semble attestée entre 1794 et 1795[29], la fréquentation de l'un des hommes forts du régime, Paul Barras, vient renforcer sa réputation d'intrigante et de débauchée. Nommé comme l'un des cinq Directeurs par la constitution du 22 août 1795, ce dernier se plaît à vivre en seigneur au palais du Luxembourg qui devient un des hauts lieux de la vie mondaine. On le dit alors à la tête d'un véritable harem dans lequel figurent en premiers lieux Thérésa Tallien et Joséphine. Partageant les mêmes goûts pour l'art de paraître et pour l'argent, Barras et Joséphine deviennent très intimes, au point qu'on leur prête une relation amoureuse[32].

Rencontre et mariage avec Bonaparte

Portrait de Joséphine dont les dents prématurément gâtées l’incitent à produire son fameux demi-sourire[33].

La première rencontre entre Joséphine et Napoléon Bonaparte, un officier militaire alors en disponibilité, a lieu au mois d'août 1795 dans le salon de Thérésa Tallien, sans qu'aucun des deux ne prête une attention particulière à l'autre parmi les différents convives[34]. Selon de nombreuses sources, ils sont finalement présentés par le Directeur Paul Barras au cours d'un dîner qu'il organise dans son propre hôtel le suivant[35]. Dans son exil à Sainte-Hélène vingt ans plus tard, Napoléon lui-même livre une autre version de cette rencontre. À la suite de l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire, où il de distingue en réprimant sévèrement les insurgés, un décret est signé pour interdire aux Parisiens de conserver des armes à leur domicile. Dans les jours qui suivent, le jeune Eugène de Beauharnais s'adresse directement à Napoléon pour que lui soit restitué le sabre de son père, alors saisi parmi d'autres armes. Touché par sa démarche, Bonaparte accepte. Dès le lendemain, Joséphine se déplace chez le général pour le remercier de sa bienveillance. À son tour, Napoléon demande à être reçu chez Joséphine et ses visites deviennent de plus en plus fréquentes. Cette version est attestée par les enfants de Joséphine, Eugène et Hortense, de même que par Barras[34].

Des les premiers temps de leur relation, Napoléon se montre particulièrement passionné. Très épris, jaloux et possessif, il adresse de nombreux courriers à sa promise qu'il appelle le premier Joséphine, transformant ainsi son deuxième prénom[36],[Note 5]. Dans la soirée du , Joséphine et Napoléon se marient civilement à l'hôtel de Mondragon, siège de la deuxième municipalité de Paris. La famille Bonaparte n'est pas avertie de cette union, célébrée par le commissaire Collin-Lacombe devant un nombre réduit de témoins, dont Barras, Jean-Lambert Tallien, Etienne Calmelet et Jean Le Marois, aide de camp du général. À cette occasion, les deux époux falsifient leur état civil : Joséphine se rajeunit de quatre ans et Napoléon se vieillit d'une année, ce qui ramène à un an seulement leur différence d'âge[37]. Joséphine reçoit en cadeau de noces une bague en émail noir portant la légende « Au destin »[38]. Si la précipitation du mariage étonne, elle s'explique par le départ imminent de Bonaparte, nommé général en chef de l'armée d'Italie le précédent, mais certains auteurs évoquent une possible grossesse de Joséphine qui aurait poussé les deux amoureux à régulariser leur situation[39].

Après le départ du général pour l'Italie, celui-ci adresse à sa femme des billets déchirants et enflammés pour lui témoigner de sa passion, tandis qu'en retour, Joséphine se montre moins exaltée. Cela irrite fortement Napoléon qui lui en fait le reproche, de même que pour la fréquence selon lui trop rare de ses envois. Il l'accuse également de continuer sa vie mondaine tandis que lui se morfond dans son quartier général. La renommée qu'acquiert Bonaparte au fil de ses victoires profite à Joséphine qui étend ses réseaux à Paris, et dont la conversation est de plus en plus recherchée dans les salons[40]. Dès la signature de l'armistice de Cherasco qui suit la défaite des troupes du roi de Sardaigne, Napoléon supplie Joséphine de le rejoindre, mais sa demande reste dans un premier temps sans réponse, ce qui provoque en lui profond désarroi. Préférant rester à Paris, Joséphine met en avant sa grossesse pour refuser ce voyage. Dans le même temps, Napoléon demande au Directoire d'autoriser le départ de sa femme alors que les territoires conquis sont désormais suffisants pour assurer sa sécurité, ce qui lui est accordé le . Finalement, Joséphine accepte de rejoindre son mari et prend la route deux jours plus tard[41].

Sous le Directoire, en raison des infidélités de Joséphine (surtout avec le capitaine de hussards Hippolyte Charles (1773 - 1837)), leur vie de couple est orageuse, au point que Napoléon envisage le divorce[42]. Pendant plusieurs mois elle refuse de quitter Paris pour suivre Napoléon, qui a entrepris la première campagne d'Italie. Le général, très amoureux de sa femme qui prétend être enceinte, et Barras, inquiet de son moral, ont du mal à la décider à gagner l'Italie. Elle s'y résout le , accompagnée d'amis désireux de faire des affaires en Italie, dont son amant Hippolyte Charles[43].

Le , au soir, Joséphine assistée de Louise Compoint, Hamelin et Monglas quittent Milan pour se rendre à Brescia où elle doit rejoindre Bonaparte comme convenu. Mais ce dernier occupé par les affaires de la guerre lui demande de le rejoindre à Vérone. Le , Joséphine entre à Brescia. Elle y reste deux jours puis part pour rejoindre Vérone où elle séjourne dans la résidence qu’occupait Louis XVIII.

Mais à l’approche des Autrichiens de la ville (), Bonaparte décide de la renvoyer à Milan par Peschiera. Le général Guillaume commandant de Peschiera, ne pouvant pas garantir la sécurité de Joséphine, leur demande de quitter au plus vite la ville. Mais elle refuse d’en partir tant qu’elle ne reçoit pas de nouvelles instructions de Bonaparte. Pendant cette nuit d'angoisse, l'ennemi s'est rapproché de la ville et on distingue les feux des bivouacs autrichiens, Joséphine attendant étendue sur un lit, prête à partir au premier message. Bonaparte ayant appris la présence des Autrichiens devant Peschiera cette nuit-là, Junot est envoyé immédiatement porteur d’instructions de Bonaparte.

Le lendemain matin (), Junot, à la tête d’un détachement de dragons, lui apporte la lettre de Bonaparte, enjoignant à Joséphine de partir immédiatement pour Castelnuovo.

La seule porte de Peschiera encore ouverte accède à la route qui passe le long des bords du lac de Garde. Chemin faisant, à quelques lieues de la ville, le convoi de la générale essuie le feu d'une canonnière autrichienne. C'est alors qu'un boulet vient faucher un dragon de l'escorte… Aussitôt Junot sautant de son cheval, fait descendre tous les occupants de la voiture, les invitant à marcher à l’abri dans un fossé parallèle à la route jusqu’à ce qu’ils puissent reprendre la voiture et continuer leur route normalement.

Plus loin au-delà de Desenzano, où elle constate les dégâts de la guerre, l'ennemi occupe Ponte-San-Marco. C'est à Castelnuovo, arrivée tard dans la nuit, que Joséphine retrouvera Bonaparte, avec un grand soulagement.

Jugeant préférable pour sa sécurité de l'éloigner de la zone des combats, en la faisant conduire en Toscane, le général confiera sa femme à Hamelin. Sous le commandement du colonel des dragons Milhaud, le convoi est prêt à partir aussitôt.

Elle parvint enfin à traverser le , et, en passant par Ferrare et Bologne, à atteindre Lucques où le Sénat de la ville lui fit une réception solennelle. Ils resteront une dizaine de jours en Toscane.

Après la bataille de Castiglione (5 août 1796), Joséphine est escortée jusqu’à Brescia par 30 hussards. Mais a son arrivée, à la nuit tombante, elle apprend que Bonaparte l’attend à Crémone. Mais trop fatiguée de son voyage, elle y reste pour la nuit.

Le jour suivant, elle rejoint Bonaparte à Crémone, d’où ils retournent à Milan.

Joséphine racontera ainsi sa mésaventure à Joseph :

« Je suis fatiguée, malade de chagrin… J'ai été poursuivie par des houlans, on m'a fait passer dans les ruines de Mantoue, les boulets pleuvaient sur la tête… À cinq pas de moi, un dragon qui m'escortait a eu son cheval tué sous lui et un autre a été blessé. Jugez, mon cher Joseph, des dangers que j'ai courus. »

À son retour de la campagne d'Égypte, Bonaparte souhaite divorcer, mais renonce finalement par attachement pour les deux enfants de Joséphine[44].

Par la suite, la situation conjugale s’inverse, Napoléon ne répugnant pas à prendre des maîtresses dans l'entourage de son épouse, et Joséphine, qui ne l'ignore pas, devant subir la présence de ses rivales.

Épouse du Premier Consul puis impératrice

Le Sacre de Napoléon de Jacques-Louis David. Musée du Louvre.

C'est dans la maison de Joséphine, rue Chantereine, qu'après la campagne d'Égypte, se prépare le coup d'État du 18 brumaire qui mène au Consulat. Joséphine y prend une part prépondérante, au même titre que Lucien Bonaparte et Joachim Murat. Napoléon est nommé Premier consul en décembre 1799, Cambacérès est le second (chargé du juridique) et Lebrun le troisième (les finances). Mais c'est à la Malmaison, domaine qu'elle a acheté pendant la campagne d'Égypte que Bonaparte va rapidement remettre la France dans le « droit chemin » : créant la Banque de France, rétablissant l'esclavage dans les colonies rétrocédées par le Royaume-Uni (en 1802), instaurant l'ordre de la Légion d'honneur, avant d'être nommé consul à vie.

L'Empire s'annonce et, dès lors, Joséphine, qui ne peut plus avoir d'enfant, va tenter de régler le problème dynastique qui va se poser en mariant sa fille Hortense à son beau-frère Louis Bonaparte. Effectivement, en 1802, Hortense a un premier fils, mais Louis refuse avec obstination que son frère aîné l'adopte, conduisant ainsi à la répudiation de sa belle-mère quelques années plus tard. En tant qu'épouse du Premier consul puis impératrice, elle assume ses fonctions de « Première dame » avec une aisance qui charme ses invités, appréciant peu le titre de « consulesse ». Aimant les beaux atours, elle fait partie des quelques femmes qui déterminent les tendances de la mode (robes de mousseline ou de linon, châles en cachemires, robe-chemise), les créateurs de mode n'ayant pas encore cette influence à cette époque[46].

Le , le Sénat vote à l’unanimité l’instauration du gouvernement impérial, proclamant Napoléon empereur héréditaire des Français. Royaliste dans l'âme, Joséphine supplie Napoléon de renoncer au trône (« Je t'en prie, Napoléon, ne te fais pas roi ! »), paroles peut-être aussi motivées par sa stérilité supposée. Après avoir épousé religieusement et discrètement (mariage validé à minuit par le cardinal Fesch) Joséphine le 30 octobre dans la chapelle du palais des Tuileries (Joséphine a habilement profité de la présence du pape Pie VII pour glisser qu'ils ne sont pas mariés religieusement), Napoléon Bonaparte est — le — sacré empereur en présence du pape Pie VII à Notre-Dame de Paris. C’est lui-même qui se couronne et pose la couronne impériale sur la tête de son épouse Joséphine, la proclamant impératrice tandis que Pie VII se contente de bénir la couronne[47]. Aucune des trois sœurs de Napoléon ne voulant porter la traîne de l'impératrice, l'Empereur a dû se fâcher pour les y contraindre mais elles s'amusent à tirer dessus pour que Joséphine trébuche[48].

Stérilité

L'absence de naissance dans le couple Bonaparte devient une affaire d'État à mesure que Napoléon gagne en pouvoir. À l'époque, la stérilité est traditionnellement imputée à la femme, mais parce que Joséphine a eu deux enfants de son premier mariage, Napoléon craint d'en être à l'origine. Le teint cireux, épileptique, sa vigueur virile pouvait d'ailleurs être questionnée. Avant Éléonore Denuelle de La Plaigne en 1806, aucune des maîtresses de l'empereur n'est tombée enceinte de lui, puis certaines d'entre elles ont eu des enfants à la suite de leur mariage. La naissance d'un enfant naturel en 1806 fragilise grandement la position de Joséphine et accélère le divorce. La stérilité de l'impératrice fut cause de nombreuses moqueries, notamment de la part de la famille Bonaparte, hostile à Joséphine depuis le début[8].

Joséphine n'avait que 33 ans lors de son remariage, et elle a vraisemblablement subi une ménopause précoce. Les raisons sont obscures : elle pourrait avoir une cause traumatique provoquée par l'emprisonnement sous la Terreur, ou bien être liée aux moyens contraceptifs utilisés par Joséphine avec ses amants, ou encore à une chute qu'elle a faite lors d'un séjour thermal à Plombières[8]. Il est aussi possible que Joséphine ait fait une fausse-couche infectée au début de son mariage avec Napoléon. Jean-Nicolas Corvisart, médecin de l'empereur, pensait que cette ménopause précoce était la conséquence d'une puberté, précoce elle-aussi, déclenchée par le climat des Antilles[49].

Divorce

Originale de la lettre de l'impératrice Joséphine en date du 15 décembre 1809, par laquelle elle consent à la dissolution de son mariage. Archives nationales
Le divorce de l'Impératrice Joséphine, 15 décembre 1809, par Henri-Frédéric Schopin.

Joséphine ayant déjà deux enfants, Napoléon croit être stérile jusqu’au jour où une dame du palais de sa femme lui donne un fils, le comte Léon, et sa maîtresse polonaise, la comtesse Marie Walewska, un autre. Son frère refusant de lui laisser adopter ses fils, il se décide alors à répudier son épouse pour asseoir son pouvoir en fondant une dynastie. Le divorce est signé le 15 décembre et prononcé par un sénatus-consulte le , et le mariage religieux est annulé début 1810, par l'Officialité de Paris, la cour de Vienne exigeant l'intervention de l'autorité ecclésiastique afin de mettre le mariage de Napoléon avec Marie-Louise d'Autriche hors de toute contestation[50]. Napoléon permet néanmoins à Joséphine de conserver le titre d’impératrice douairière en lui donnant l'Élysée, le château de la Malmaison et son domaine de 800 hectares, ainsi que le château de Navarre près d'Évreux, faisant Joséphine duchesse de Navarre par lettres patentes impériales signées le [51].

Joséphine se retire au château de Navarre, puis au château de Malmaison qu'elle a acheté en 1799 et reçoit, au printemps 1814, les monarques européens vainqueurs de Napoléon.

Dépensière, toujours endettée, extrêmement coquette (elle possède des centaines de robes fournies par le marchand de modes Leroy, de chaussures ou de bijoux), elle continue après son divorce à bénéficier des largesses de Napoléon, comme en atteste son inventaire après décès[52]. En dix ans, il lui donne plus de trente millions. Malgré cela, elle est en quasi faillite cinq ou six fois et Napoléon chaque fois, quoique rechignant, apure ses comptes[53].

Mort

Le tombeau de Joséphine à l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Rueil-Malmaison.

Bien que sujette à de nombreux malaises, elle accepte de recevoir le tsar Alexandre Ier dans le château de Saint-Leu, propriété de sa fille Hortense, le . Elle contracte une pneumonie qui l’emporte le vers midi, dans sa grande chambre du château de Malmaison. Les médecins pratiquant l'autopsie confirment la pneumonie accompagnée d'une angine gangréneuse[54].

Les funérailles solennelles ont lieu le 2 juin avec la plus grande pompe, dans la modeste et petite église du village de Rueil[55]. Joséphine est inhumée en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul de Rueil-Malmaison d'abord dans un caveau provisoire dans la cave du presbytère. Ce n'est en effet que le que ses cendres sont transférées dans le tombeau commandé par ses deux enfants Eugène et Hortense, ces derniers passant plus de dix ans à lever les obstacles auprès des autorités pour faire ériger ce mausolée. Son monument funéraire, œuvre de l'architecte Louis-Martin Berthault et du sculpteur Pierre Cartellier, est surmonté d’une effigie en marbre de Carrare de Joséphine dans la même attitude que dans le tableau du Sacre de David. Berthault construit quatre colonnes ioniques supportant une voûte plein cintre. Cartellier sculpte la statue de Joséphine en orant et en costume de cour, disposant habilement le peigne de sa coiffure de manière à simuler le diadème alors que le gouvernement de la Restauration avait défendu de représenter Joséphine avec aucun des attributs impériaux[56].

Descendance

Les enfants de Joséphine, Eugène et Hortense.

Joséphine se marie le avec Alexandre de Beauharnais. Le couple donne naissance à deux enfants :

Des trois enfants de Joséphine sont issues des branches de familles régnantes.

Sa fille Hortense est la mère du futur empereur Napoléon III et du duc de Morny.

Son fils Eugène, marié à la fille du roi de Bavière, est l'ancêtre, par sa fille Joséphine, des familles royales de Norvège et de Suède ; il est aussi le père de l'impératrice du Brésil Amélie, du prince consort du Portugal Auguste, du grand-duc de Russie Maximilien. Par la reine Astrid, épouse du roi Léopold III, la famille royale de Belgique descend aussi de Joséphine.

La grande-duchesse de Bade Stéphanie de Beauharnais, nièce "à la mode de Bretagne" de son premier mari, adoptée et créée Princesse impériale par le second, compte parmi ses descendants la reine Caroline de Saxe, le roi Carol Ier de Roumanie, le roi des Belges Albert Ier, le prince Louis II de Monaco, le grand-duc Henri de Luxembourg.

Mémoire

Personnalité

L'impératrice et les arts

Valentine de Milan pleurant la mort de son époux (vers 1802), par Fleury François Richard, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.

Outre ses nombreuses commandes aux joailliers, ébénistes et décorateurs de son temps et son influence sur la mode, Joséphine, comme ses enfants, la reine Hortense et le prince Eugène, soutinrent fortement par leurs achats la nouvelle peinture de style troubadour prenant pour sujet des épisodes historiques du Moyen Âge au XVIIe siècle, qui apparut en 1802, lorsque Fleury Richard exposa avec beaucoup de succès au Salon, son tableau Valentine de Milan pleurant la mort de son époux Louis d’Orléans, assassiné en 1407, par Jean, duc de Bourgogne, lequel fut acquis par l'impératrice.

L'impératrice et la botanique

Passionnée de botanique, Joséphine contribue à introduire de nombreuses espèces florales en France, notamment des plantes d'origine subtropicale dans ses serres chaudes du château de la Petite Malmaison[60]. L'impératrice est à l'origine de la première impulsion quant à l'acclimatation de végétaux exotiques sur la Côte d'Azur. Elle entreprend une correspondance suivie avec le préfet des Alpes-Maritimes, M.-J. Dubouchage et envoie sur la riviera française de nombreuses plantes en provenance de La Malmaison[61].

Bénéficiant de l’aide de l’État, et étant nostalgique des végétaux exotiques de La Martinique, elle réunit dans les serres de son château de la Malmaison de nombreuses plantes étrangères remarquables. Joséphine est ainsi à l’origine de l’introduction d’espèces nouvelles dans les Alpes-Maritimes, plantées dans le jardin botanique créé en septembre 1801 dans l’enceinte de l’École centrale du département, quartier Saint-Jean-Baptiste à Nice, sous l’égide de la Société d’agriculture des Alpes-Maritimes. Ce jardin botanique comprend deux parties dont l’une, d’une surface de 30 perches est destinée « à cultiver et à acclimater des plantes exotiques » et l’autre, d’une surface de 25 perches, comprend une grande serre.

Entre 1803 et 1814, Joséphine envoie des botanistes à travers le monde pour enrichir la collection de sa roseraie de la Malmaison qui rassemble plus de 242 cultivars dont 167 roses galliques. Malgré le blocus, le pépiniériste John Kennedy traversait la Manche pour la fournir en roses. Sa roseraie comprenait des gallica, des moschata et des damascena mais aussi des chinensis et de nouvelles espèces. Les collections de la Malmaison ont été un trésor pour les pépiniéristes français. Leur catalogue de 1791 comportait 25 espèces, celui de 1829 en comptait 2 562 dont beaucoup sans grand intérêt ont rapidement disparu.

L'Impératrice et sa ménagerie

Lama présent dans la ménagerie de Joséphine et qui a été étudié par les professeurs du Muséum national d'histoire naturelle.

Dans le désir de faire de la Malmaison un véritable « jardin des Délices », Joséphine y introduisit également des oiseaux et des mammifères exotiques. Grâce à la nouvelle notoriété du couple Bonaparte, les animaux étaient soit envoyés à Paris en guise de cadeaux diplomatiques soit rapportés des guerres napoléoniennes tels des trophées[62]. La ménagerie de Joséphine ne s’inscrivait pas exclusivement dans des préoccupations d’apparat, mais également scientifiques. En effet, l’Impératrice entretenait d’étroites relations avec les professeurs du Muséum national d’histoire naturelle que ce soit pour l’échange d’espèces[63] ou pour faire de ces animaux des objets d’étude au service de l’histoire naturelle[64].

A l’inverse de la ménagerie de Versailles, théâtrale et fastueuse, celle de Joséphine demeurait modeste. Surtout, les animaux n’étaient point enfermés dans des enclos mais évoluaient librement dans le parc[65], s’inscrivant dans l’idée du jardin à l’anglaise qu’était le parc de la Malmaison sous le Premier Empire[66].

Joséphine de Beauharnais dans la culture

Filmographie

Télévision

  • L'émission Secrets d'histoire du , diffusée sur France 2 et intitulée Joséphine, l'atout irrésistible de Napoléon, lui est consacrée[67].


Blason de Joséphine de Beauharnais, Impératrice des Français.svg
Impératrice des Français (1804-1809)
Imperial Monogram of Empress Josephine of France.svg
Monogramme de Joséphine,
impératrice des Français
Coat of arms of Josephine de Beauharnais.svg
Duchesse de Navarre (1810-1814)


Notes et références

Notes

  1. Deux autres filles naissent de leur union : Catherine-Désirée en 1764 et Marie-Françoise en 1766.
  2. Il s'agit d'une relation extra-conjugale puisque Marie-Euphémie-Désirée est mariée avec Alexis Renaudin depuis 1759.
  3. Née Laure de Girardin.
  4. Eugène est alors retourné vivre chez son père.
  5. Cette manière de faire est habituelle pour Napoléon qui agissait de même avec Désirée Clary, son premier amour, qu'il appelait Eugénie. Voir Branda 2020, p. 111.

Références

  1. Gérard Miège, La Suisse des Bonaparte: terre convoitée, pays d'agrément, lieu d'exil, Editions Cabedita, , p. 39.
  2. a et b Branda 2020, p. 19-24.
  3. Robert Rose-Rosette, « La Pagerie de Joséphine, hier et aujourd'hui », Revue du souvenir napoléonien, no 324,‎ , p. 6-7.
  4. Nicolas Prévost, « Il y a 250 ans, en Martinique, naissait Joséphine de Beauharnais, future impératrice des Français ! », Association Frontenac-Amériques, (consulté le 24 mars 2020).
  5. Registre des baptêmes (1763) de la paroisse Notre-Dame de la Bonne-Délivrance aux Trois-Îlets, Archives nationales d'outre-mer.
  6. Branda 2020, p. 24-32.
  7. Jean-Claude Fauveau, Joséphine l'impératrice créole : L'esclavage aux Antilles et la traite pendant la Révolution française, Éditions L'Harmattan, , p. 69.
  8. a b et c Kate Williams, Joséphine: Désir et ambition, Robert Laffont (ISBN 9782221187500).
  9. Noël 2003, p. 46.
  10. Branda 2020, p. 33-39.
  11. Jean-Claude Fauveau, Joséphine, l'impératrice créole : l'esclavage aux Antilles et la traite pendant la Révolution Française, L' Harmattan, , p. 153.
  12. a et b Branda 2020, p. 39-41.
  13. Branda 2020, p. 50.
  14. Hanoteau 1935, p. 78.
  15. a et b Branda 2020, p. 44-45.
  16. Branda 2020, p. 48-52.
  17. Branda 2020, p. 53-57.
  18. Dion A., Joséphine, femme et impératrice, Dossier de l'art no 216, mars 2014, 14-27.
  19. Jacques Janssens, Joséphine de Beauharnais et son temps, Berger-Levrault, , p. 216.
  20. Branda 2020, p. 57-59.
  21. a b c et d Branda 2020, p. 60-64.
  22. France militaire, Histoire des armées françaises de terre et de mer, de 1792 a 1833, Delloye, (lire en ligne), p. 209.
  23. Noël 2003, p. 359.
  24. Gilbert Schlogel, Emilie de Lavalette : Une légende blessée, Fayard, , 352 p. (ISBN 9782213649887).
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  27. Alphonse Aulard, Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire, t. I, Paris, Léopold Cerf, , p. 473.
  28. Édouard Driault, « Joséphine de Beauharnais à Croissy », Revue des études napoléoniennes,‎ , p. 108-116.
  29. a et b Branda 2020, p. 76-79.
  30. Branda 2020, p. 81-82.
  31. Branda, p. 85-86.
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  33. Jacques Janssens, Joséphine de Beauharnais et son temps, Berger-Levrault, , p. 200.
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  36. Édouard Driault, L'impératrice Joséphine, A. Morancé, , p. 60.
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  38. Augustin Cabanès, Le cabinet secret de l'histoire, Albin Michel, , p. 252.
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  42. Jean Tulard, Napoléon. Les grands moments d'un destin, Fayard, , p. 127.
  43. Joséphine (impératrice des Français), Napoléon & Joséphine : correspondance, lettres intimes, Éditions L'Harmattan, , p. 47-48.
  44. Jean-Charles Volkmann, La généalogie des Bonaparte, Éditions Jean-Paul Gisserot, , p. 8.
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  46. Dimitri Sorokine, Épisodes et récits du Premier Empire, F. Nathan, , p. 73.
  47. Robert Christophe, Napoléon controversé, Éditions France-Empire, , p. 104.
  48. Isabelle Bricard, Napoléon, Joséphine et les autres, Larousse, (ISBN 9782035857378).
  49. Mathieu-Mathurin Tabaraud, Du divorce de Napoleon Buonaparte avec Joséphine, veuve Beauharnais, et de son mariage avec Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, Egron, , p. 5.
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  52. Frédéric Masson, Joséphine répudiée (1809-1814), P. Ollendorff, , p. 245-246.
  53. Françoise de Bernardy, Eugène de Beauharnais (1781-1824), Librairie académique Perrin, , p. 464.
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  64. Alexandre de Laborde, « Description des nouveaux jardins de la France et de ses anciens châteaux [...] », sur bibliotheque-numerique.inha.fr, (consulté le 16 octobre 2019)
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  66. Nathalie Lecornu-Baert, « Secrets d'Histoire raconte Joséphine, la « sacrée nana » de Napoléon », Ouest-France, (consulté le 24 mars 2020).

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Site officiel de la famille Tascher de la Pagerie
  • Charles Lambolez, Saint-Pierre -Martinique 1635-1902 : Annales des Antilles françaises – Journal et album de la Martinique, naissance, vie et mort de la cité créole – livre d’or de la charité, Paris-Nancy, Berger-Levrault & cie, , 509 p. (lire en ligne), p. 105 et 112
  • (en) Lafcadio Hearn, Two years in the French West-Indies, New-York and London, Harper and Brothers, , 384 p. (lire en ligne), p. 66
  • Roland Pichevin, L’impératrice Joséphine, Paris, 244 p. (lire en ligne)

Bibliographie