John Watts Young

John Watts Young
John Watts Young en 2002.
John Watts Young en 2002.

Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Sélection Groupe d'astronautes 2
Naissance
San Francisco, États-Unis
Décès (à 87 ans)
Houston, États-Unis
Grade Captain, US Navy
Durée cumulée des missions 34 j 19 h 42 min
Mission(s) Gemini 3
Gemini 10
Apollo 10
Apollo 16
Columbia (STS-1)
Columbia (STS-9)
Insigne(s) Gemini3.png Ge10Patch orig.png Apollo-10-LOGO.png
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John Watts Young, né le à San Francisco, Californie, et mort le à Houston, Texas. Il est le neuvième des douze hommes ayant foulé le sol lunaire à ce jour.

John Watts Young est un ancien pilote d'essai de la Marine de guerre américaine et astronaute de la NASA. Young a participé à quatre missions spatiales lancées dans le cadre des programmes Gemini et Apollo ainsi qu'à deux vols de la Navette spatiale américaine. Il a été le commandant d'Apollo 16 une des missions qui s'est posée sur la Lune (1972) et effectue trois sorties extravéhiculaires sur le sol lunaire. Il est choisi pour être le commandant et pilote du vol inaugural STS-1 de la navette spatiale américaine. Il a été responsable du bureau des astronautes de 1974 à 1987 chargé notamment d'affecter les astronautes aux missions. Il a pris sa retraite de la NASA en 2004 après 42 ans d'activité dans le domaine spatial. Au cours de sa carrière, il a accumulé plus de 15 000 heures de vol sur différents aéronefs et 835 heures de séjour dans l'espace.

Biographie

John Young a eu une carrière particulièrement riche. Il est le premier astronaute qui ait volé six fois dans l'espace, participé à deux missions vers la Lune et le seul à avoir piloté quatre différents types de vaisseaux spatiaux : le vaisseau Gemini, le module de commande Apollo, le module lunaire Apollo et la navette spatiale américaine.

Formation et carrière dans l'Aéronavale américaine

John Young nait à San Francisco, en Californie mais sa famille déménage à Cartersville en Géorgie, alors qu'il a 3 ans avant de s'installer de manière permanente à Orlando en Floride. Lycéen il se passionne pour la réalisation de maquettes d'avions. Il obtient en 1952 un diplôme d'ingénieur aéronautique avec mention très bien du très réputé Georgia Institute of Technology. Il s'engage ensuite dans la Marine de guerre américaine où il sert d'abord comme officier de tir sur un destroyer durant la guerre de Corée et se fait remarquer par son sang-froid sous le tir de l'ennemi. Il suit ensuite une formation de pilote d'avion de chasse en 1953 au centre d'entrainement de la Navy à Pensacola (Floride) puis à Corpus Christi au Texas. Il vole dans une escadrille de Cougar et de Crusader embarqué sur un porte-avions durant quatre ans où il est distingué par ses pairs par ses capacités de pilote et son assurance, il suit une formation de pilote d'essais en 1959. Durant trois ans, il travaille sur l'évaluation des systèmes d'armes des Crusader et Phantom. En 1962, il établit un nouveau record de vitesse ascensionnelle à 3 000 et 25 000 mètres à bord d'un chasseur Phantom. Il prendra sa retraite de la marine (alors qu'il est à la NASA) en septembre 1976 avec le rang de captain (équivalent de colonel) et 25 ans d'activité[1],[2].

Carrière à la NASA

Young, âgé de 34 ans, pilote de Gemini 3

En 1962 contacté par l'astronaute Deke Slayton[2], il se porte candidat pour devenir astronaute et fait partie du 2e groupe d'astronautes sélectionné par la NASA. John Young est longtemps resté l'homme ayant effectué le plus de missions dans l'espace (sept vols en six missions). Seul un petit nombre d'astronautes (notamment Jerry Ross et Franklin Chang-Diaz) ont effectué sept missions. Il quitte l'agence spatiale en décembre 2004, à 74 ans.

Programme Gemini

Article détaillé : Programme Gemini.

Le , il est le premier astronaute du groupe 2 à être sélectionné pour une mission : il remplace Thomas Stafford, pilote de Gemini 3, car Alan Shepard, le commandant prévu à l'origine est cloué au sol pour raison médicale. Dans le cadre de cette mission, il réalise le premier vol habité du programme Gemini avec Virgil Grissom. L'objectif est de valider le fonctionnement du nouveau vaisseau spatial notamment en utilisant ses propulseurs pour modifier l'orbite. Le vaisseau amerrit 4 heures 52 minutes après le décollage après avoir parcouru 3 orbites. Durant le vol, Young, facétieux, consomme un sandwich au corned-beef emporté en cachette ce qui lui vaut d'être réprimandé. Malgré cet incident, la NASA lui confie le commandement de la mission Gemini 10 avec comme coéquipier Michael Collins. Lancé le , l'équipage parvient à effectuer successivement deux rendez-vous spatiaux en s'arrimant à chaque fois à un véhicule cible Agena différent. Collins effectue deux sorties extravéhiculaires[1].

John Young salue le drapeau des États-Unis lors de la mission Apollo 16.

Programme Apollo

Article détaillé : Programme Apollo.

John Young est choisi comme pilote du module de commande de la mission Apollo 10, lancée le . Celle-ci constitue une répétition générale d'Apollo 11 première mission à se poser sur la Lune. Au cours du vol le module lunaire, dans lequel ont embarqué Eugene Cernan et Thomas Stafford, réalise la première partie de la descente vers le sol lunaire et ne remonte qu'après s'être approché de 15 kilomètres de la surface lunaire. Young fait ensuite partie de l'équipage de réserve d'Apollo 13 et, à ce titre, joue un rôle important dans la mise au point de la solution permettant de ramener l'équipage en perdition après l'explosion d'un réservoir d'oxygène.

Par le jeu des rotations des équipages, Young est nommé commandant du vol Apollo 16. La mission est lancée le . Young et Charles Duke descendent sur le sol lunaire à bord du module lunaire Apollo tandis que Ken Mattingly reste en orbite. Les deux astronautes séjournent 71 heures sur le sol lunaire au cours desquelles ils effectuent trois sorties extra-véhiculaires d'une durée totale de 20 heures et 41 minutes. Circulant à bord du rover lunaire, les deux hommes explorent plusieurs sites situés dans les monts Descartes(mer des Pluies). A l'issue de leur séjour sur la Lune Young et Duke ont collecté 96 kg de roches lunaires[1]. Les géologues avaient émis l'hypothèse que le site exploré par les astronautes était antérieur à l'impact météoritique à l'origine de la mer des Pluies et avait une origine volcanique. Les échantillons ramenés par les astronautes démontrèrent que cette hypothèse était erronée[3]. Ils amerrissent dans l'océan Pacifique le 27 avril en ayant rempli les objectifs assignés à la mission.

Mission Apollo 16 : durant sa troisième sortie sur le sol lunaire, John Young modifie l'orientation de l'antenne installée sur le rover lunaire.

Navette spatiale américaine

Article détaillé : Navette spatiale américaine.
Aux commandes de la navette spatiale durant la mission STS-1.

Après un hiatus d'une dizaine d'années lié à l'arrêt du programme Apollo, Young est choisi pour commander et piloter le premier vol orbital de la navette spatiale américaine dont l'objectif est d'évaluer en vol le comportement de l'engin spatial. Celui-ci n'a, jusque-là, effectué que des vols atmosphériques planés. La mission STS-1 est lancée le . Young et son coéquipier Robert Crippen testent en orbite l'ensemble des mécanismes d'ouverture et de fermeture des portes du compartiment cargo, les moteurs-fusées utilisés pour les manœuvres orbitales ainsi que le système de guidage et de navigation. La navette atterrit sur la base Edwards un peu moins de deux jours après avoir décollé. Young effectue un dernier vol en tant que commandant de la mission STS-9. Lancée le , la navette spatiale, qui emporte le laboratoire spatial Spacelab, est dédiée à la réalisation d'expériences scientifiques[1]. Il devait effectuer un septième vol en tant que commandant de la navette spatiale chargée de placer en orbite le télescope spatial Hubble. La destruction en vol de la navette spatiale Challenger en 1986 entraine un long report de ce vol auquel il ne participera finalement pas[4].

Autres fonctions

Young (à gauche) et Michael Collins sur le pont du navire qui les a récupéré après la mission Gemini 10.

À compter de janvier 1973, Young est nommé responsable de la branche du bureau des astronautes liée à la navette spatiale américaine et participe à ce titre à la conception de cet engin révolutionnaire. En janvier 1974, il prend la direction du bureau des astronautes. Il est responsable de la coordination, de la planification et du contrôle des activités des astronautes. A ce poste, il joue un rôle important dans la constitution des équipages chargés d'effectuer les missions spatiales. Il est impliqué dans la mission russo-américaine Apollo-Soyouz et dans 25 des missions de la navette spatiale. De 1987 à 1996, il est l'assistant du directeur du centre spatial Johnson pour l'ingénierie, les opérations et la sécurité. En 1996, il prend le poste de directeur associé (technique) pour tous les programmes et activités de la NASA qui se déroulent au centre spatial Johnson[1].

Retraite

John Young prend sa retraite à l'âge de 74 ans le 7 décembre 2004 après avoir effectué une carrière d'une longueur exceptionnelle à la NASA (42 ans). Malgré son départ, il continue de participer durant plusieurs années aux réunions du bureau des astronautes qui ont lieu le lundi matin[5]. En 2012, il publie son autobiographie Forever Young dont le titre constitue un jeu de mots sur son patronyme (en français toujours jeune)[6]. Il décède à le 5 janvier 2018 à Houston, à l'âge de 87 ans, des suites d'une pneumonie[7],[8].

Vie privée

John Young a été marié deux fois. La première fois avec Barbara White de Savannah en Géorgie avec laquelle il a deux enfants Sandra et John. Ils divorcent en 1976 au bout de 16 ans de mariage[9]. Il se remarie plus tard avec Susy Feldman[9]. Il a vécu jusqu'à sa mort à El Lago dans la banlieue de Houston (Texas) (ville qui abrite le centre spatial de la NASA dédié aux missions avec équipage)[10].

Personnalité

Young a joué un rôle central dans les succès de l'agence spatiale américaine qui lui a souvent confié les tâches les plus délicates de son programme spatial. Il a ainsi effectué le premier vol du programme Gemini qualifiant le nouveau vaisseau spatial. Son deuxième vol à bord de ce vaisseau a permis pour la première fois d'effectuer et de valider l'amarrage entre deux vaisseaux spatiaux, étape cruciale pour le déroulement des missions du programme Apollo. Lorsqu'il a fallu effectuer le premier vol de la navette spatiale américaine, une mission comportant de nombreuses premières et pleine de dangers, la NASA s'est tournée vers Young. Celui-ci était réputé à la fois pour sa capacité à résoudre les problèmes techniques les plus complexes et son sang-froid dans les situations les plus dangereuses. Au moment du décollage de l'énorme fusée Saturn V l'emportant pour la mission Apollo 16, alors que le pouls de son coéquipier Charlie Duke était monté à 144, celui de Young était resté à 70. Méticuleux, il était particulièrement vigilant sur tout ce qui avait trait à la sécurité des équipages n'hésitant pas à s'opposer sur le sujet à la hiérarchie de la NASA. C'était un fervent partisan des missions d'exploration humaine à destination des autres planètes du système solaire[4].

Galerie

Image panoramique montrant Young durant sa deuxième sortie extravéhiculaire sur le sol lunaire (Apollo 16) : de gauche à droite : John et le rover lunaire, le module lunaire Apollo, les reliefs Smoky Mountain et Stone Mountain et à l'extrême droite l'ensemble instrumental ALSEPtextuelle
Image panoramique montrant Young durant sa deuxième sortie extravéhiculaire sur le sol lunaire (Apollo 16) : de gauche à droite : John et le rover lunaire, le module lunaire Apollo, les reliefs Smoky Mountain et Stone Mountain et à l'extrême droite l'ensemble instrumental ALSEP
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Notes et références

  1. a, b, c, d et e (en) « Biography : John W. Young (Captain, USN Ret.) NASA Astronaut (Former) », sur jsc.nasa.gov, NASA (consulté le 14 septembre 2012)
  2. a et b Escaping the bonds of earth : the fifties and the sixties, p. 244-245
  3. D. Harland et R. Orloff, p. 484-485 op. cit.
  4. a et b (en) William Harwood, « Legendary astronaut John W. Young dies », sur spaceflightnow.com,
  5. (sv) Christer Fuglesang, Tretton dygn i rymden efter fjorton år på jorden: dagbok från rymden, Albert Bonniers Förlag, (ISBN 978-91-85555-15-4, OCLC 185242561)
  6. (en) « Forever Young: A Life of Adventure in Air and Space », sur University Press of Florida (consulté le 9 mai 2013)
  7. (en) « NASA Mourns the Passing of Astronaut John Young », sur NASA,
  8. (en) « John Young, Who Led First Space Shuttle Mission, Dies at 87 », sur The New York Times, (consulté le 6 janvier 2018)
  9. a et b Associated Press, « Young: America's old man of space », Nashua Telegraph, vol. 113, no 36,‎ , p. 23 (lire en ligne)
  10. (en) « NASA - National Aeronautics and Space Administration », sur www.facebook.com (consulté le 6 janvier 2018)

Sources

  • (en) Ben Evans, Escaping the bonds of earth : the fifties and the sixties, Springer, , 495 p. (ISBN 978-0-387-79093-0)
  • (en) David M Harland et Richard W. Orloff, Apollo the definitive sourcebook, Springer Praxis, , 633 p. (ISBN 978-0-387-30043-6, LCCN 2005936334)
    Ouvrage de référence des principaux faits et dates des missions Apollo.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes