John Steinbeck

John Steinbeck
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John Steinbeck en 1962.
Nom de naissance John Ernst Steinbeck
Naissance
Salinas (Californie, États-Unis)
Décès (à 66 ans)
New York (État de New York, États-Unis)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Anglais américain
Mouvement Génération perdue

Œuvres principales

Signature de John Steinbeck

John Ernst Steinbeck, Jr. (en anglais : [ˈstaɪnbɛk][1]), à Salinas aux États-Unis - à New York aux États-Unis[2]) était un écrivain américain. Il a remporté le prix Nobel de littérature en 1962 « pour ses écrits réalistes et imaginatifs, alliant à la fois un humour sympathique et une perception sociale aiguë »[3]. On le considère comme « un géant des lettres américaines » et plusieurs de ses œuvres sont des classiques de la littérature occidentale[4].

Au cours de sa carrière, il a écrit 27 livres, dont 16 romans, six livres non romanesques et deux recueils de nouvelles. Il est largement connu pour les romans comiques Tortilla Flat (1935) et Rue de la sardine (1945), l'épopée multigénération À l'est d'Éden (1952), ainsi que pour les nouvelles de Des souris et des hommes (1937) et Le Poney rouge (1937). Les Raisins de la colère (1939), lauréat du prix Pulitzer[5], est considéré comme son chef-d'œuvre et fait partie du Western canon [6]. Au cours des 75 années qui ont suivi sa publication, il s'est vendu à 14 millions d'exemplaires[7].

La plupart des oeuvres de Steinbeck se déroulent dans le centre de la Californie, en particulier dans la vallée de Salinas et les chaînes côtières californiennes. Ses œuvres ont fréquemment exploré les thèmes du destin et de l'injustice, en particulier en ce qui concerne les hommes ordinaires ou opprimés.

Biographie

Demeure victorienne située au 132, Central Avenue à Salinas dans laquelle l'écrivain passa son enfance.

Jeunesse

John Steinbeck était d'origine allemande, anglaise et irlandaise[8]. Johann Adolf Großsteinbeck (1828-1913), le grand-père paternel de Steinbeck, a abrégé son nom de famille à Steinbeck lorsqu'il a immigré aux États-Unis. La ferme familiale à Heiligenhaus en Allemagne porte toujours le nom de Großsteinbeck.

Son père, John Ernst Steinbeck (1862-1935), a été trésorier du comté de Monterey. Sa mère, Olive Hamilton (1867-1934), une ancienne enseignante partageait la passion de son fils pour la lecture et l'écriture[9]. Il avait trois sœurs : Elizabeth (1894-1992), Esther (1892-1986) et Mary (1905-1965). Les Steinbeck étaient membres de l'Église épiscopale des États-Unis[10], bien que Steinbeck soit devenu plus tard agnostique[11]. Steinbeck vivait dans une petite ville rurale installée dans l'une des terres les plus fertiles du monde[12].

Il a passé ses étés à travailler dans des ranchs à proximité de chez lui et, plus tard, avec des travailleurs migrants dans une exploitation de betteraves à sucre à Spreckels, à 5 km de Salinas. Là, il a côtoyé les aspects les plus durs de la vie de migrant et le côté sombre de la nature humaine, ce qui lui a fourni du matériel pour des œuvres telles que Des souris et des hommes[12]. Il a exploré sa région bien aimée, marchant à travers les forêts, les champs et les fermes de la région[12]. Pendant qu'il travaillait à la Spreckels Sugar Company, il travaillait parfois dans leur laboratoire, ce qui lui laissait du temps pour écrire[13]. Il avait des aptitudes mécaniques considérables et un penchant pour la réparation des choses qu'il possédait[13].

Diplômé de l'école secondaire de Salinas en 1919, Steinbeck a étudié la littérature anglaise à l'Université Stanford, près de Palo Alto. Il a quitté l'université sans diplôme en 1925. Il s'est ensuite rendu à New York où il a occupé divers emplois (reporter, apprenti peintre, maçon, ouvrier et chimiste). N'ayant pas réussi à publier ses écrits, il retourna en Californie ou il travailla en 1928 comme guide touristique et gardien au lac Tahoe[13], où il a rencontré Carol Henning, sa première femme[9],[13],[14]. Ils se marient en janvier 1930 à Los Angeles, où, avec des amis, il a tenté de gagner de sa vie en fabriquant des mannequins en plâtre[13].

Six mois plus tard, constatant l'échec de l'entreprise de mannequins, Steinbeck et son épouse sont retournés à Pacific Grove, en Californie, dans un cottage de son père, dans la péninsule de Monterey, à quelques pâtés de maisons de la ville de Monterey. Ses parents ont offert à John un logement gratuit, du papier pour ses manuscrits et des prêts lui permettant d'écrire sans chercher de travail.

Pendant la Grande Dépression, Steinbeck a acheté un petit bateau et il affirma plus tard qu'il avait pu vivre du poisson et du crabe qu'il avait pêchés, ainsi que des légumes de son jardin et des fermes locales. Lorsque ces sources se tarissaient, Steinbeck et son épouse ont accepté l'aide sociale et, à de rares occasions, ont volé du bacon sur le marché des produits locaux[13]. Quelle que soit la nourriture qu'ils avaient, ils la partageaient avec leurs amis[13]. Carol est devenue le modèle de Mary Talbot dans le roman Rue de la sardine[13].

En 1930, Steinbeck a rencontré le biologiste marin Ed Ricketts , qui devint un ami proche et son mentor au cours de la décennie suivante, lui apprenant beaucoup de choses sur la philosophie et la biologie[13]. Ricketts, généralement très calme, mais sympathique, doté d'une grande confiance en soi et d'une connaissance encyclopédique de divers sujets, a beaucoup influencé Steinbeck. Ricketts avait suivi un cours universitaire de Warder Clyde Allee, un biologiste et théoricien de l'écologie, qui allait ensuite écrire un des premiers manuels importants sur l'écologie. Ricketts était un partisan de la pensée écologique selon laquelle l'homme n'est qu'une partie d'une grande chaîne d'êtres, pris dans une toile de la vie trop vaste pour qu'il puisse le contrôler ou le comprendre[13]. Ricketts exploitait un laboratoire biologique sur la côte de Monterey, vendant des échantillons biologiques de petits animaux, poissons, raies, étoiles de mer, tortues et autres formes marines à des écoles et des collèges.

De 1930 à 1936, Steinbeck et Ricketts furent de grands amis. La femme de Steinbeck a travaillé au laboratoire de Ricketts en tant que secrétaire-comptable[13]. Steinbeck y a aussi travaillé sur une base informelle[15]. Leur amitié était basée sur leur amour de la musique et de l'art et John a appris la biologie et la philosophie écologique de Ricketts[16]. Lorsque Steinbeck devenait émotionnellement perturbé, Ricketts l'apaisait en lui jouant de la musique[17].

Carrière d'écrivain

Il publie en 1929 un premier roman, La Coupe d'or (Cup of Gold: A Life of Sir Henry Morgan, Buccaneer, With Occasional Reference to History), une fiction historique basée sur la vie de Henry Morgan, qui ne rencontre pas le succès. En 1930, il épouse Carol Henning et déménage à Pacific Grove. Il y rencontre Ed Ricketts , un biologiste avec qui il se lie d'amitié.

En 1932, il publie Les Pâturages du ciel (The Pastures of Heaven), un recueil de nouvelles se situant dans la ville de Monterey. En 1933, il publie Le Poney rouge (The Red Pony) et Au dieu inconnu (To a God Unknown). Il reste ensuite au chevet de sa mère qui meurt en 1934. Il commence à recueillir des informations sur les syndicats fermiers. Son père meurt en 1935.

Tortilla Flat, écrit en 1935, lui vaut son premier prix littéraire, la médaille d'or du meilleur roman écrit par un Californien décernée par le Commonwealth Club of California. Cette histoire humoristique lui assure le succès. Il devient ami avec son éditeur, Pascal Covici.

Avec Des souris et des hommes (Of Mice and Men) et En un combat douteux (In Dubious Battle), publiés en 1936, ses œuvres deviennent plus sérieuses. Dans une lettre à un ami, il se désole : « Il y a des émeutes dans Salinas et des meurtres dans les rues de cette chère petite ville où je suis né. » Il reçoit le New York Drama Critics Award pour sa pièce.

Après La Grande Vallée (The Long Valley) en 1937 et Les Bohémiens des vendanges (série de sept articles écrits en 1936 pour le San Francisco News, intitulés The Harvest Gypsies et publié, sous forme de pamphlet, avec pour nouveau titre Their Blood Is Strong[18]), un reportage sur les travailleurs immigrants, en 1938, il publie Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath) en 1939, qu'il considère comme sa meilleure œuvre. Néanmoins, estimant que son écrit est trop révolutionnaire pour connaître le succès, il conseille à son éditeur un petit tirage… Le livre connaît le succès. On lui reproche néanmoins le langage utilisé et les idées développées. Le livre est interdit dans plusieurs villes de Californie. En 1940, lorsque le roman est adapté au cinéma par John Ford sous le même titre The Grapes of Wrath, il reçoit le prix Pulitzer.

En 1941, il lance une expédition marine avec Ricketts dans le golfe de Californie, qui donne lieu à une œuvre aussi scientifique que littéraire, Sea of Cortez: A leisurely journal of travel and research[19], écrit en collaboration avec son ami. Une version vulgarisée de cet ouvrage verra le jour en 1947 sous le titre Dans la mer de Cortez (Sea of Cortez). Puis Steinbeck publie Lune noire (The Moon Is Down), traduit aussi sous le titre Nuits noires, en 1942. Cette même année, il divorce et épouse Gwyndolyn Conger en 1943. Lifeboat, dont il a écrit le script, sort au cinéma en 1944. La même année, il déménage à Monterey, mais y est mal accueilli par les habitants. Il s'installe à New York. Il a un premier fils, Thom (qui sera l'oncle du chanteur Johnny Irion).

Après avoir écrit Rue de la sardine (Cannery Row) en 1945, il déménage à Pacific Grove en 1948. Il commence ses recherches pour l'écriture de À l'est d'Éden (East of Eden). En 1946, son second fils, John IV, vient au monde. Il essaye d'acheter le ranch où se déroulent les aventures du Poney rouge, mais il échoue. Les personnages de Rue de la sardine se retrouvent dans un autre roman, Tendre jeudi (Sweet Thursday).

En 1947, il publie La Perle (The Pearl) et part en URSS, accompagné du photographe Robert Capa, pour le New York Herald Tribune. Il en tire Journal russe (Russian Journal) en 1948. Ricketts meurt dans un accident de voiture. Steinbeck divorce à nouveau.

Il rencontre Elaine Anderson Scott en 1949 et l'épouse en 1950. En 1952, il participe au film d'Elia Kazan, Viva Zapata! et publie À l'est d'Éden.

Il publie en 1954 Tendre jeudi (Sweet Thursday). Une comédie musicale, Pipe Dream, en est tirée en 1955. Il déménage à Sag Harbor, dans l'État de New York. En 1957, la ville de Salinas propose de donner son nom à un lycée. Il refuse.

En 1958 est publié Il était une fois une guerre (Once There Was a War), recueil de ses reportages durant la Seconde Guerre mondiale. Il a une attaque en 1959, ce qui l'encourage à voyager en Angleterre et au Pays de Galles, puis à parcourir l'Amérique (Voyage avec Charley) en 1960.

En 1961, il publie L'Hiver de notre mécontentement (The Winter of Our Discontent), son dernier roman, traduit par la suite sous le titre Une saison amère, en espérant « revenir en arrière de presque quinze ans et recommencer à l'intersection où il avait mal tourné ». Il est alors déprimé, et estime que la célébrité l'a détourné « des vraies choses ».

Tombe de John Steinbeck, à Salinas.

Les premières critiques sur le livre sont mitigées, mais il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1962. Après un autre voyage en Europe en 1963, avec Edward Albee, il reçoit la médaille présidentielle de la Liberté en 1964.

En 1966 est publié son ultime livre, Un artiste engagé (America and Americans ), un recueil de reportages, de chroniques et d'essais politiques. Il meurt le à New York d'athérosclérose.

Vues religieuses

Steinbeck était affilié à l'église épiscopale Saint-Paul et resta attaché toute sa vie à l'épiscopalianisme. Dans ses œuvres de fiction, il était particulièrement conscient de la religion et l’intégrait à ses thèmes. La formation de ses personnages s’inspire souvent de la Bible et de la théologie anglicane, combinant des éléments du catholicisme romain et du protestantisme.

Steinbeck a pris ses distances de la religion lorsqu'il a quitté Salinas pour Stanford. Cependant, son travail reflétait toujours l'atmosphère de son enfance à Salinas et ses valeurs épiscopales influençaient son travail de fiction et de non-fiction. Ses vues épiscopales sont bien en évidence dans Les raisins de la colère, dans lequel les thèmes de la conversion et du sacrifice jouent un rôle majeur dans les personnages de Casy et de Tom qui atteignent la transcendance spirituelle par la conversion[20].

Opinions politiques

Les contacts de Steinbeck avec des écrivains de gauche, des journalistes et des personnalités syndicales ont influencé ses écrits. Il a rejoint la League of American Writers  (traduction littérale, Ligue des écrivains américains), une organisation communiste, en 1935[21].

Steinbeck a été mentoré par les écrivains radicaux Lincoln Steffens et son épouse Ella Winter . Par l'intermédiaire de Francis Whitaker , membre du John Reed Club  du Parti communiste américain, il a rencontré les organisateurs de la grève de la United Cannery, Agricultural, Packing, and Allied Workers of America [22]. En 1939, il a signé une lettre avec quelques autres écrivains en faveur de l'invasion soviétique de la Finlande et du gouvernement fantoche établi par ce dernier[23].

Des documents, publiés par la Central Intelligence Agency en 2012, indiquent que Steinbeck avait offert ses services à cette agence en 1952, alors qu'il planifiait une tournée européenne, et que le directeur du renseignement central, Walter Bedell Smith, était impatient de l'accepter[24]. Le travail que Steinbeck aurait pu accomplir pour la CIA pendant la guerre froide, le cas échéant, est inconnu.

Steinbeck était un proche collaborateur du dramaturge Arthur Miller. En juin 1957, Steinbeck prit un risque personnel et professionnel en le soutenant lorsque Miller refusa de citer des noms lors des procès de la House Un-American Activities Committee[25]. Steinbeck a qualifié cette période de « l'une des périodes les plus étranges et les plus effrayantes à laquelle un gouvernement et un peuple aient jamais été confrontés »[25].

En 1967, lorsqu'il fut envoyé au Vietnam pour faire un reportage sur la guerre, sa représentation sympathique de l'armée américaine conduisit le New York Post à le dénoncer pour avoir trahi son passé libéral. Jay Parini , biographe de Steinbeck, a déclaré que l'amitié de Steinbeck avec le président Lyndon B. Johnson avait influencé son point de vue sur le Vietnam[26]. Steinbeck était peut-être également préoccupé par la sécurité de son fils servant au Vietnam[27].

Harcèlement du gouvernement

Steinbeck s'est plaint publiquement du harcèlement du gouvernement. Thomas Steinbeck, le fils aîné de l'écrivain, a déclaré que J. Edgar Hoover, directeur du FBI à l'époque, ne pouvant trouver aucune base pour poursuivre Steinbeck, avait utilisé son pouvoir pour amener le US Internal Revenue Service à auditer les impôts de Steinbeck chaque année de sa vie, juste pour l'embêter. Selon Thomas, un véritable artiste est un artiste qui « sans penser à sa sécurité, se dresse contre les pierres de la condamnation et parle au nom de ceux à qui on n'accorde pas de voix dans les salles de justice ou les salles du gouvernement. En agissant ainsi, ces personnes deviennent naturellement les ennemis du statu quo politique. »[28]

Dans une lettre adressée au procureur général des États-Unis, Francis Biddle, en 1942, John Steinbeck écrivait : « Pensez-vous que vous pourriez demander aux gars d'Edgar d'arrêter de me talonner? Ils pensent que je suis un ennemi étranger. Cela commence à devenir lassant. »[29] Le FBI a nié que Steinbeck fût sous enquête.

Œuvre

On retrouve plusieurs dominantes dans l'œuvre de Steinbeck, avec d'abord la Californie en général, et en particulier les villes où il a vécu. Il met souvent en scène des personnages communs, de classe ouvrière, confrontés au Dust Bowl et à la Grande Dépression.

Tout au long de sa vie, John Steinbeck aime se comparer à Pigasus (de pig, « cochon » en anglais et Pegasus), un cochon volant, « attaché à la terre mais aspirant à voler ». Elaine Steinbeck explique ce symbole dans une lettre en parlant d'une « âme lourde mais essayant de voler ».

The Moon Is Down est paru en 1942. Il en existe une version française publiée à Lausanne sous le titre Nuits sans Lune en 1943. Cette version comporte, par rapport au texte original certaines coupures et certaines altérations, et ce pour des raisons faciles à comprendre. En effet, si à aucun moment de son récit, Steinbeck n'a explicitement désigné l'armée d'invasion comme étant allemande, de nombreuses mentions y sont faites de l'Angleterre, de la guerre de Russie, de l'occupation de la Belgique vingt années auparavant, qui ne laissent subsister aucun doute, et avaient donc dû être supprimées dans l'édition de Lausanne[30]. La traduction française intégrale est parue en 1994 sous le titre Lune noire.

Attribution du prix Nobel

Lorsqu'en 2012, la Fondation Nobel rend publiques les archives des délibérations vieilles de cinquante ans comme le stipule le règlement, elle révèle que John Steinbeck fut récompensé par défaut[31],[32]. Les quatre autres auteurs retenus dans la sélection finale de 1962 étaient la Danoise Karen Blixen, le Français Jean Anouilh, puis les Britanniques Lawrence Durrell et Robert Graves[31],[32]. Il fut d'emblée décidé que Durrell serait écarté[31]. Blixen mourut un mois avant l'élection du gagnant et Anouilh fut évincé, car sa victoire aurait été trop proche de celle de Saint-John Perse, le dernier lauréat français[31],[32]. Graves, quant à lui, était connu comme poète bien qu'il ait publié quelques romans[32]. Mais pour Anders Österling, secrétaire perpétuel d'alors de l'Académie suédoise, personne dans la poésie anglophone n'égalait le talent d'Ezra Pound dont il fut décidé qu'il serait privé de la récompense à cause de ses positions politiques[32]. Steinbeck obtint finalement le prix. La citation associée au prix félicitait Steinbeck « pour ses écrits réalistes et imaginatifs, combinant à la fois un humour sympathique et une perception sociale aiguë ». En réponse à un journaliste lui demandant s'il méritait la distinction, Steinbeck, lui-même surpris par sa victoire, aurait répondu : « Franchement, non[31]. »

L'annonce de son couronnement fut mal reçue par la presse suédoise et américaine pour qui il était un auteur du passé[32]. En effet, l'écrivain américain n'avait rien publié de marquant depuis longtemps et ses grands romans (Les Raisins de la colère, Des souris et des hommes et À l'est d'Eden) étaient très anciens[32]. Arthur Mizener  a publié un article dans le New York Times intitulé Un écrivain ayant une vision morale des années 1930 mérite-t-il le prix Nobel? Selon lui, Steinbeck ne méritait pas ce prix prestigieux puisqu'il s'agissait d'un « talent limité » dont les œuvres étaient « diluées par une philosophie de dixième qualité ». De nombreux critiques américains considèrent maintenant que ces attaques avaient une motivation politique[33].

Le journal britannique The Guardian, dans un article de 2013 qui révélait que Steinbeck était un choix de compromis pour le prix Nobel, le qualifiait de « géant des lettres américaines ». Malgré les attaques en cours sur sa réputation littéraire, les œuvres de Steinbeck continuent de bien se vendre et il est largement enseigné dans les écoles américaines et britanniques comme un pont vers une littérature plus complexe. Des œuvres telles que Des souris et des hommes sont courtes et faciles à lire, et illustrent avec compassion des thèmes universels qui sont toujours d'actualité au XXIe siècle[4].

Œuvres

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Œuvre de John Steinbeck.
La liste ne répertorie que la première édition en français.

Romans

  • Cup of Gold (1929) — publié en français sous le titre La Coupe d'or, traduit par Jacques Papy, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1952.
  • To a God Unknown (1933) — publié en français sous le titre Au dieu inconnu, traduit par Jeanne Witta-Montrobert, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1950.
  • Tortilla Flat (1935) — publié en français sous le titre Tortilla Flat, traduit par Brigitte V. Barbey, Lausanne, Marguerat, « La Caravelle » no 7, 1944.
  • In Dubious Battle (1936) — publié en français sous le titre En un combat douteux, traduit par Edmond Michel-Tyl, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1940.
  • Of Mice and Men (1937) — publié en français sous le titre Des souris et des hommes, traduit par Maurice-Edgar Coindreau, Paris, Gallimard, 1939.
  • The Grapes of Wrath (1939) — publié en français sous le titre Les Raisins de la colère, traduit par Marcel Duhamel et Maurice-Edgar Coindreau, Paris, Gallimard, 1947 ; la première publication en français est parue en 1944, aux éditions De Kogge (Bruxelles) sous le titre Grappes d'amertume dans une traduction de Karin de Hatker revue par Albert Debaty[34].
  • The Moon Is Down (1942) — publié en français sous le titre Lune noire, traduit par Jean Pavans, Paris, JC Lattès, 1994.
  • Cannery Row (1945) — publié en français sous le titre Rue de la sardine, traduit par Magdeleine Paz, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1947.
  • The Wayward Bus (1947) — publié en français sous le titre Les Naufragés de l'autocar, traduit par Renée Vavasseur et Marcel Duhamel, Paris, Gallimard, 1949.
  • East of Eden (1952) — publié en français sous le titre À l'est d'Éden, traduit par J.-C. Bonnardot, Paris, Del Duca, 1956.
  • Sweet Thursday (1954) — publié en français sous le titre Tendre Jeudi, traduit par J.-C. Bonnardot, Paris, Éditions Mondiales, 1956.
  • The Short Reign of Pippin IV (1957) — publié en français sous le titre Le Règne éphémère de Pépin IV, traduit par Rose Celli, Paris, Del Duca, 1957.
  • The Winter of Our Discontent (1961) — publié en français sous le titre L'Hiver de notre mécontentement, traduit par Monique Thiès, Paris, Del Duca, 1961.

Courts romans

  • The Red Pony (1933)
    publié en français sous le titre Le Poney rouge, dans La Grande Vallée, traduit par Marcel Duhamel et Max Morise, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1946.
  • The Pearl (1947)
    publié en français sous le titre La Perle, traduit par Renée Vavasseur et Marcel Duhamel, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1950.
  • Burning Bright (1950)
    publié en français sous le titre La Flamme, traduit par Henri Thiès, Paris, Del Duca, 1951.

Recueils de nouvelles

Récits, reportages et mémoires

  • The Harvest Gypsies ou Their Blood Is Strong (1938), recueil d'articles
    publié en français sous le titre Les Bohémiens des vendanges, traduit par Jean-François Chaix, Paris, Éditions Mille et une nuits, coll. « Petite collection » no 254, 2000.
  • The Log from the Sea of Cortez (1941-1951)
    publié en français sous le titre La Mer de Cortez, traduit par Rosine Fitzgerald, Paris, Éditions maritimes et d'outre-mer, 1979 ; réédition de la même traduction sous le titre Dans la mer de Cortez, Arles, Actes Sud, 1989.
  • Bombs Away: The Story of a Bomber Team (1942)
    publié en français sous le titre Bombes larguées: Histoire d’un équipage de bombardier, traduit par Julia Malye, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Mémoires de Guerre », 2018.
  • A Russian Journal (1948)
    publié en français sous le titre Journal russe, traduit par Marcel Duhamel, Paris, Gallimard, 1949.
  • Once There Was A War (1958)
    publié en français sous le titre Il était une fois une guerre, traduit par Henri Thiès, Paris, Del Duca, 1960.
  • Travels with Charley: In Search of America (1962)
    publié en français sous le titre Mon caniche, l'Amérique et moi, traduit par Monique Thiès, Paris, Del Duca, 1962 ; réédition de la même traduction sous le titre Voyage avec Charley, Arles, Actes Sud, 1997.
  • America and Americans (1966)
    publié en français sous le titre Un artiste engagé, traduit par Christine Rucklin, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2003.

Écrits posthumes

  • Journal of a Novel: The East of Eden Letters (1969).
  • Viva Zapata! (1975), scénario du film d'Elia Kazan
    publié en français sous le titre Zapata, suivi de Viva Zapata !, traduit par Christine Rucklin, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2003.
  • The Acts of King Arthur and His Noble Knights (1976)
    publié en français sous le titre Le Roi Arthur et ses preux chevaliers, traduit par Patrick et Françoise Reumaux, Paris, J.-C. Godefroy, 1982.
  • Working Days: The Journals of The Grapes of Wrath (1982).
  • Steinbeck in Vietnam: Dispatches from the War (2012).
    publié en français sous le titre Dépêches du Vietnam, traduit par Pierre Guglielmina, Paris, Les Belles Lettres, 2013.

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « John Steinbeck » (voir la liste des auteurs).
  1. http://www.dictionary.com/browse/steinbeck?s=t
  2. « John Steinbeck Biography », Biography.com website, A&E Television Networks, (consulté le 26 février 2018)
  3. « Nobel Prize in Literature 1962 » [archive du ], Nobel Foundation (consulté le 17 octobre 2008).
  4. a et b « Who, what, why: Why do children study Of Mice and Men? » [archive du ], BBC (consulté le 6 décembre 2014).
  5. « Novel » [archive du ], The Pulitzer Prizes.
  6. R. Jackson Bryer, Sixteen Modern American Authors, Volume 2, Durham, NC, Duke University Press, (ISBN 978-0822310181), p. 620
  7. Martin Chilton, « The Grapes of Wrath: 10 surprising facts about John Steinbeck's novel » [archive du ], Telegraph (London) (consulté le 6 décembre 2014).
  8. « Okie Faces & Irish Eyes: John Steinbeck & Route 66 » [archive du ], Irish America (consulté le 23 octobre 2012).
  9. a et b « John Steinbeck Biography » [archive du ] (consulté le 14 avril 2010). National Steinbeck Centre.
  10. Alec Gilmore. John Steinbeck's View of God « https://web.archive.org/web/20160304095734/http://www.gilco.org.uk/papers/john_steinbecks_view_of_god.html »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), . gilco.org.uk
  11. Jackson J. Benson, The true adventures of John Steinbeck, writer: a biography, Viking Press, (ISBN 978-0-670-16685-5), p. 248 :

    « Ricketts did not convert his friend to a religious point of view—Steinbeck remained an agnostic and, essentially, a materialist—but Ricketts's religious acceptance did tend to work on his friend, ... »

    .
  12. a b et c Introduction to John Steinbeck, The Long Valley, pp. 9–10, John Timmerman, Penguin Publishing, 1995.
  13. a b c d e f g h i j et k Jackson J. Benson, The True Adventures of John Steinbeck, Writer New York: The Viking Press, 1984. (ISBN 0-14-014417-X), pp. 147, 915a, 915b, 133.
  14. Introduction to 'The Grapes of Wrath' Penguin edition (1192) by Robert DeMott.
  15. Jackson J. Benson, The True Adventures of John Steinbeck, Writer New York: The Viking Press, 1984. (ISBN 0-14-014417-X), p. 196.
  16. Jackson J. Benson, The True Adventures of John Steinbeck, Writer New York: The Viking Press, 1984. (ISBN 0-14-014417-X), p. 197
  17. Jackson J. Benson, The True Adventures of John Steinbeck, Writer New York: The Viking Press, 1984. (ISBN 0-14-014417-X), p. 199.
  18. (en)The Great Depression and the Arts, Les sept articles du San Francisco News sur le site New Deal Network.
  19. (en) John Steinbeck et Edward F. Ricketts, Sea of Cortez: A leisurely journal of travel and research, with a scientific appendix comprising materials for a source book on the marine animals of the Panamic faunal province, Paul P Appel Pub, (ISBN 0-911858-08-3).
  20. Ray, W. "John Steinbeck, Episcopalian: St. Paul's, Salinas, Part One." Steinbeck Review, vol. 10 no. 2, 2013, pp. 118–140. Project MUSE, muse.jhu.edu/article/530751.
  21. Dave Stancliff, « Remembering John Steinbeck, a great American writer », Times-Standard,‎ (lire en ligne).
  22. Steinbeck and radicalism « https://web.archive.org/web/20040204193303/http://www.newcriterion.com/archive/20/jun02/steinbeck.htm »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), New Criterion. Retrieved 2007.
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Voir aussi

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