John Keats

John Keats
Description de l'image John Keats by William Hilton.jpg.
Naissance
Finsbury Pavement
Décès (à 25 ans)
Rome
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Anglais
Mouvement Romantisme
Genres
Signature de John Keats

John Keats (kiːts), 31 octobre 1795 – 23 février 1821, est un poète anglais aujourd'hui considéré comme un romantique de la deuxième génération, celle de Lord Byron et de Percy Bysshe Shelley. Il commence à être publié en 1817, soit quatre années avant sa mort de la tuberculose à vingt-cinq ans..

La poésie de Keats se réclame de nombreux genres, du sonnet et de la romance spensérienne jusqu'à l'Épopée inspirée par Milton, qu'il remodèle selon ses exigences. De son vivant, il n'est point associé aux principaux poètes de la mouvance romantique, et lui-même se sent mal à l'aise en leur compagnie. En dehors du cercle d'intellectuels libéraux gravitant autour de son ami, l'écrivain Leigh Hunt, son œuvre se voit critiquée par les commentateurs conservateurs comme étant mièvre et de mauvais goût, de la poésie de parvenu (John Gibson Lockhart), mal écrite et vulgaire (John Wilson Croker).

À partir de la fin de son siècle, la gloire de Keats ne cesse de croître et depuis, il est considéré comme l'un des plus grands poètes de la littérature universelle et ses œuvres, comme sa correspondance — essentiellement avec son frère cadet George et quelques amis —, figurent parmi les textes les plus commentés de la littérature anglaise.

Le lecteur est sensible à la richesse mélancolique de son imagerie très sensuelle, en particulier dans la série des odes écrites en 1819, que sous-tend un imaginaire paroxystique privilégiant l’émotion souvent transmises à travers la comparaison ou la métaphore. De plus, son langage poétique, choix des mots et agencement prosodique, se caractérise par une lenteur et une plénitude éloignées des usages instaurés en 1798 par la publication des Ballades lyriques.

Biographie

Dans la longue lettre-journal que John Keats adresse à son frère George et sa belle-sœur Georgiana en 1819, se trouve une remarque glissée au milieu d'une anecdote concernant le jeune pasteur Bailey, son ami : « La vie d'un homme de quelque valeur est une allégorie continuelle, et très peu de regards savent en percer le mystère ; c'est une vie qui, comme les Écritures, figure autre chose[1] ».

La vie de Keats est aussi une allégorie : « la fin, écrit Albert Laffay, est déjà visée dans le commencement [1] ». C'est dire qu'il y a une image temporelle de lui, mais que l'ensemble de son être se construit par étages successifs et que son sens « n'est pas plus à la fin qu'au début[1] »,[2].

Naissance et fratrie

vue de face, église, fronton à la romaine flanqué de deux tours en retrait avec portes et fenêtres de style roman, pendule et clocher composé de quatre superstructures dont la dernière est une petite coupole
St Botolph-without-Bishopsgate, Londres.

Les preuves manquent pour situer exactement le jour de la naissance de l’enfant. Sa famille et lui ont toujours indiqué que son anniversaire tombait le 29 octobre, mais les registres de la paroisse de St Botolph-without-Bishopsgate où il est baptisé font état du 31[3],[4]. Aîné de quatre enfants ayant survécu — un jeune frère est mort dans sa petite enfance —, Keats a pour frères George et Tom, et pour sœur Frances Mary, dite Fanny (1803–1889), qui épouse plus tard l’écrivain espagnol Valentín Llanos Gutiérrez[5], auteur de Sandoval et de Don Esteban[6].

Jeunes années

Plaque commémorative de la naissance de John Keats (site de l'« Auberge du Cygne et du Cerceau ».

Son père, d’abord garçon d'attelage aux écuries tenues par son propre père à l'enseigne de l’« Auberge du Cygne et du Cerceau » (Swan and Hoop Inn) à Finsbury, Londres [7], puis gérant de l'établissement, s’y installe pendant quelques années avec sa famille qui s'agrandit. Keats garde sa vie durant la conviction que sa naissance dans une auberge constitue une stigmatisation sociale, mais aucune preuve ne corrobore les faits[4]. Le site est occupé par The Globe Pub, près de Finsbury Circus à quelques mètres de la gare ferroviaire et métropolitaine de Moorgate (Moorgate Station)[8].

La famille Keats est aimante et soudée, les alentours bruissent de vie et d’allées et venues. Le père est travailleur et espère un jour inscrire son fils aîné dans un école prestigieuse, Eton College ou Harrow School de préférence[9],[10]. En attendant, le jeune garçon fréquente une Dame School, école primaire privée tenue par une femme chez elle. Toutes ces écoles ne se ressemblent pas. Beaucoup sont de simples garderies tenues par des analphabètes, mais certaines offrent un enseignement de qualité. Tel est le cas pour celui que reçoit John Keats qui apprend à lire, manie le calcul et a même des notions de géographie. Le moment venu de quitter le foyer approche et, faute de moyens pour bénéficier d'une éducation dans une Public School, il entre à l’été de 1803 à l’école John Clarke dans le bourg de Enfield, non loin d’où habite son grand-père à Ponders End[7]. C’est une petite école modelée sur les Dissenting academies, connues pour leurs idées libérales et offrant un programme d’études plus moderne que celui, traditionnel, des prestigieuses institutions. De fait, si prévalent les disciplines classiques, l’école de Keats est aussi ouverte aux langues modernes, au français en particulier, à l’histoire et aux sciences physiques et naturelles. La discipline y reste peu stricte, d'ailleurs en grande partie assurée par les élèves qui reçoivent divers prix et récompenses selon leur conduite et leurs résultats. L’atmosphère familiale qui y règne permet une grande liberté de choix : c’est ainsi que Keats s'intéresse à l’histoire et la littérature antique, engouement qui ne le quittera plus. Il dévore le Panthéon de Tooke[11] et le Dictionnaire classique de Lemprière[12] traduit en prose près de la moitié de l'Énéide de Virgile et s'initie avec ferveur au français. Pour lui, la littérature est bien plus qu’un refuge, c’est un savoir qui exige effort et une farouche détermination, une constante exploration dont la récompense, pour qui veut s’en donner la peine, se mesure à ce qu’il appelle plus tard les « eldorados » (realms of gold), expression d'abord employée dans le vers d'ouverture du sonnet Après avoir ouvert pour la première fois l'Homère de Chapman[13].

C’est vers ses treize ans que ses maîtres remarquent ce profond changement et son zèle est couronné par le prix du meilleur essai lors de ses deux ou trois derniers trimestres[13]. Entretemps, le fils du directeur, alors âgé de quinze ans, Charles Cowden Clarke, le prend en amitié et lui sert de mentor, le guide dans ses lectures, lui fait découvrir les auteurs de la Renaissance, Le Tasse, Edmund Spenser et les traductions d'Homère par George Chapman. Il s’en souvient comme d’un garçon déterminé, sans timidité, se faisant volontiers des amis qu’à l’occasion il défend avec impétuosité, exempt de la moindre mesquinerie, apprécié de tous, camarades aussi bien que maîtres et personnel d’intendance. Cela dit, un autre ami, Edward Holmes, le décrit comme « changeant et divers » (volatile), « toujours porté aux extrêmes » (always in extremes), se laissant volontiers aller à l’indolence, et ne craignant pas de faire le coup de poing[13].

Pendant la nuit du , Keats est marqué par le premier d’une série de deuils et de dislocations familiales qui le hanteront toute sa courte vie. Au retour d’une visite chez son frère George[14], Mr Keats père fait une chute alors que trébuche son cheval. Victime d’un traumatisme crânien et d’une fracture de l’occiput, il meurt le lendemain. Le choc est rude, tant émotionnellement que financièrement. Frances Keats confie ses enfants, John, alors à peine plus de quatorze ans, George, treize ans, Tom, onze ans et Fanny, sept ans, à sa mère, Alice Whalley Jennings, âgée de soixante-quinze ans, veuve depuis 1805 et ayant déménagé à Edmonton, au nord de Londres[7],[15]. Cette grand-mère a hérité de son défunt mari une somme considérable et s'est tournée vers un marchand de thé en qui elle a toute confiance, Richard Abbey, associé à John Sandell, qu'elle nomme tuteurs des enfants. La plus grande partie des ennuis financiers de Keats découle de cette décision. Non qu’Abbey ait été franchement malhonnête, mais plutôt borné, peu enclin à dépenser et parfois menteur. L’argent qui revient aux enfants est dispensé avec une parcimonie frisant l’avarice et ce n’est en 1833, bien après que Fanny a atteint sa majorité, qu’elle force par voie légale le marchand à abandonner sa tutelle[15].

La mère de Keats quant à elle, Frances Jennings, deux mois après la mort brutale de son époux, se remarie avec un certain William Rawlings, employé de banque[7]. Mariage désastreux, s’il en est : Frances quitte son nouveau foyer en 1806, non sans avoir laissé une bonne part des écuries et de son héritage à son second mari, puis disparaît, peut-être pour suivre un autre homme. Elle revient en 1808, minée par la tuberculose dont elle meurt peu après, le 20 mars 1810[16],[4].

Keats assure farouchement le rôle de protecteur à l’égard de ses frères et sœur, particulièrement de la jeune Fanny. Signe de sa confiance en eux, ses méditations sur son art les plus approfondies leur sont presque exclusivement adressées, par exemple l'interminable lettre-journal traitant de ses odes écrite pour George et sa femme Georgiana. À l’automne 1808 cependant, une carrière littéraire paraît peu envisageable pour un jeune homme de quinze ou seize ans, qui plus est désargenté. Vraisemblablement sous la pression d’Abbey, Keats quitte Enfield en 1811 pour entrer en apprentissage chez Thomas Hammond, voisin de sa grand-mère, chirurgien et apothicaire respecté, médecin de la famille, où il loge dans une mansarde surplombant le cabinet, au 7 Church Street, et où il demeure jusqu’en 1815[17]. Son ami Charles Cowden déclare qu’il s’agit de « la période la plus placide de toute sa vie[CCom 1] ».

Premiers pas

En 1814, Keats dispose de deux donations importantes disponibles à sa majorité : 800 £ laissée par son grand-père John Jennings et une part de l’héritage de sa mère, 80 000 £, somme estimée à environ 500 000 £ au début du XXIe siècle, encore accrue par le décès de Tom en 1818[4].

Il semblerait qu’il n'en ait jamais eu vent, car il n'a fait aucune démarche pour entrer en possession de son argent. L’histoire a tendance à blâmer Abbey pour sa négligence en tant que tuteur légal, mais certains critiques lui donnent le bénéfice du doute et supputent qu’après tout, il aurait été lui-même mal, voire pas du tout informé[19].

En revanche, le notaire de la mère et de la grand-mère de Keats, William Walton, tenu par obligation de diligence, aurait dû le lui faire savoir. Cet argent eût pu changer le cours de sa vie, car il se débat contre de multiples difficultés, entre autres financières, et son vœu le plus cher eût été de vivre dans une totale indépendance[4],[20].

Chez Hammond et à la table des Clarke

L'apprentissage chez Hammond se poursuit et Keats étudie l'anatomie et la physiologie. À l'époque, la profession de chirurgien ne requiert pas de diplôme universitaire, mais une simple homologation, et Keats est parfois tenté de suivre cette voie[21]. Il sait panser les plaies, dispenser les vaccins, réduire une fracture des os. Cependant, au fil des mois et des ans, son enthousiasme pâlit, il souffre de solitude dans sa petite pièce et passe de plus en plus de temps dans les forêts ou à sillonner la campagne. Très souvent, il trouve refuge chez les Clarke à Enfield, distante d'environ sept kilomètres. Il termine sa traduction de l'Énéide et lit — voracement, écrit Cowden Clarke —, les Métamorphoses d'Ovide, les Églogues de Virgile et le Paradis perdu de John Milton. C'est la Reine des fées de Spenser qui lui révèle soudain la puissance poétique de sa propre imagination. Après cette lecture, ajoute Cowden Clarke, Keats ne fut plus jamais le même et devint un autre être, entièrement absorbé par la poésie, « galopant de scène en scène […] comme un jeune cheval dans une prairie de printemps[CCom 2] ».

Ainsi, l'influence de John Clarke et de son fils Cowden est incommensurable à ce stade de sa vie : cette intimité entre ancien élève et professeur, les soirées passées à leur table, les longues promenades nocturnes où se discutent les livres empruntés à la bibliothèque[22] font beaucoup pour qu'éclose sa passion poétique et que se confirme peu à peu sa vocation[21].

La médecine à Guy's Hospital

Estampe de l'entrée de Guy's Hospital vers 1820.

La période d'apprentissage avec Hammond ayant pris fin[N 1], Keats s'inscrit en octobre 1815 comme étudiant en médecine au Guy's Hospital de Londres. Au bout d'un mois, il est considéré comme assez compétent pour servir d'assistant aux chirurgiens pendant les opérations. C'est là une promotion significative, dénotant une réelle aptitude pour la médecine, mais aussi le chargeant de nouvelles responsabilités[4]. La famille de Keats est convaincue qu'après le coûteux apprentissage chez Hammond et le non moins onéreux séjour à Guy's Hospital, le jeune étudiant a trouvé sa voie, gage d'une longue et fructueuse carrière, et il semble que Keats partage alors cette opinion[4]. À cette époque, il partage un logement proche de l'hôpital au 28 St. Thomas's Street à Southwark ; parmi les locataires figure en particulier Henry Stephen, futur inventeur de renommée et magnat de l'industrie de l'encre[23]. Keats suit les cours du chirurgien le plus coté de la place, le Dr Asley Cooper, et approfondit ses connaissances dans nombre de matières scientifiques et dans la pratique de l'art[21].

Le conflit des vocations

Pour autant, au printemps 1816, il ressent une impatience de plus en plus dévorante, se comporte envers ses camarades étudiants en chevalier de la poésie, celle de Wordsworth en particulier[N 2], qui le plonge dans une excitation tenant de l'exaltation. Il est fasciné par le naturalisme du poète, son appel à une imagination séculaire, son usage d'une langue simple et naturelle — bien différente du style de la romance spensérienne —[21]. Bref, la poésie l'habite tout entier : « La science médicale échappe à son attention, écrit Henry Stephen, […] Pour lui la poésie représente le summum des aspirations humaines […], la seule qui soit digne d'un esprit supérieur […] Il parle et marche parmi ses camarades d'études comme s'il était un dieu condescendant à se mélanger aux mortels[CCom 3] ».

Si la vocation de la médecine faiblit en lui, s'éveille avec force — et une certaine arrogance — celle de la poésie[24]. Son poème imité de Spenser (An Imitation of Spenser) date de 1814 alors qu'il a 19 ans. Désormais, il fréquente les cercles de Leigh Hunt et de façon plus espacée, car le jeune lord s'absente souvent, de Lord Byron, fort appréciés de ses amis Clarke, eux-mêmes très libéraux[22]. Le choix de carrière à faire, la pression des créanciers aussi, Keats connaît des moments de franche dépression. Son frère George écrit qu'il « craint de ne jamais devenir un poète et que si tel est le cas, il mettra fin à ses jours[CCom 4] ». Les études se poursuivent néanmoins et en 1816, Keats reçoit sa licence d'apothicaire qui lui donne le droit d'exercer la médecine, la pharmacie et la chirurgie[4].

Pendant les mois de surmenage et de mélancolie, George Keats présente son frère à ses amies Caroline et Anne Matthew et leur cousin, le «  soi-disant[21] » poète George Felton Matthew. L'amitié qui se noue entre ces jeunes gens est brève mais réelle et, sans doute apporte--t-elle à Keats quelque divertissement[21]. ll entretient avec les deux sœurs une relation littéraire badine et taquine, leur adressant de petits mots écrits en anapestes, soit [u u —], comme O Come, dearest Emma! ou encore To Some Ladies, dans le style de Thomas More, populaire sous la régence. Du cousin Matthew, il reçoit des encouragements d'autant plus appréciés que les deux jeunes gens partagent les mêmes vues politiques, et beaucoup d'entrain. Trente ans plus tard, Matthew fait part de ses impressions au biographe Richard Monckton Milnes et lui assure que Keats « avait une santé solide, se sentait bien en compagnie, savait s'amuser de bon cœur avec les frivolités de la vie et avait toute confiance en lui[CCom 5] ».

L'influence de Leigh Hunt

Charles Lamb et John Keats, plaques de bronze par George Frampton, exposées à Edmonton.

En octobre 1816 Browne présente Keats à Leigh Hunt, ami de Byron et Shelley, fort influents dans les cercles littéraires[21]. Quatre années plus tôt, en 1812, Leigh Hunt et son frère John ont connu la prison pour avoir publié un manifeste contre le Régent[22]. Cet épisode avait donné l'occasion à Keats de composer un poème, Sonnet écrit le jour où Hunt est libéré de prison, 1er octobre. Depuis, s'il compose divers petites pièces comme son Épitre à George Felton Matthew (Epistle to George Felton Mathew)[22], sa première œuvre connue est un sonnet, O Solitude !, — que Leigh Hunt offre de publier dans son magazine littéraire The Examiner, de tendance très libérale[26] —, ce qui est fait le 3 mai[22]. Après une nuit de septembre passée à lire avec Clarke la traduction d'Homère de Chapman, paraît le 1er décembre 1816 par la même voie Après avoir ouvert pour la première fois l'Homère de Chapman ( On First Looking into Chapman's Homer) :

« Much have I travell'd in the realms of gold,
And many goodly states and kingdoms seen;
Round many western islands have I been
Which bards in fealty to Apollo hold.
Oft of one wide expanse had I been told
That deep-brow'd Homer ruled as his demesne;
Yet did I never breathe its pure serene
Till I heard Chapman speak out loud and bold:
Then felt I like some watcher of the skies
When a new planet swims into his ken;
Or like stout Cortez when with eagle eyes
He star'd at the Pacific—and all his men
Look'd at each other with a wild surmise—
Silent, upon a peak in Darien.
 »

« J'ai longtemps voyagé dans les eldorados,
J'ai vu bien des états et des royaumes magnifiques ;
Et ma navigation a contournée mainte île occidentale
Où quelque barde règne en ligne d'Apollon.
Souvent j'avais ouï d'une vaste étendue
Qu'Homère au front sourcilleux possède pour domaine ;
Je n'en avais jamais toutefois respirer la sereine pureté
Avant d'entendre la voix haute et forte de Chapman.
Alors il me semble être un guetteur du ciel
Qui voit soudain dans sa vision glisser une planète nouvelle,
Ou l'impétueux Cortez quand, de son regard d'aigle,
Il fixait le Pacifique – ses hommes, autour de lui,
Se consultant des yeux, plein d'un présage fou —
Sans dire un mot, debout, sur un pic du Darien.[27] »
.

Charles Cowden Clarke vers 1841.

Charles Cowden Clarke écrit que pour Keats le jour de la parution est à marquer d'une pierre blanche (a red letter day), qu'il y a là la première manifestation reconnue de la validité de ses ambitions[28]. Ce « mâle et beau[29] » sonnet affiche une réelle unité, l'image de la découverte, qui culmine dans le tableau de Cortez debout sur la cime, se trouvant implicite dès le premier vers[30] ; le huitain et le sixain ont chacun leur crescendo, et le poète va de l'exploration à la révélation, sa quête passionnée trouvant son Graal dans le dernier vers du second quatrain : Avant d'entendre la voix haute et forte de Chapman. Alors, l'explorateur des mers tourne le regard vers le ciel et semble avoir découvert une nouvelle planète[31]. Comme souvent dans ses poèmes à venir, Keats répond ici à la puissance imaginative d'un autre poète. L'imparable diction poétique, l'agencement même des sons, par exemple la vision métaphorique de l'océan d'émerveillement amplifiée par des voyelles longues, wild (waɪld), surmise (sɜː'maɪz), qui bientôt s'éteignent en une série de syllabes faibles, silent (ˈsaɪlənt) , peak (piːk), Darien ('darɪən), témoignent de sa maestria[21].

Laffay loue l'influence de Leigh Hunt sur Keats. Il évoque le ravissement du jeune homme lorsqu'il se rend à son cottage de Hampstead, à la fois campagne et poésie, « dans un absolu contraste avec son noir quartier et ses études de médecine[32] ». Keats décrit des retours de nuit à pied vers Londres et leur consacre deux sonnets à l'automne de 1816, Keen fitful gusts… (« rafales capricieuses et glaciales ») et On leaving some Friend at an early Hour (« Après avoir pris congé d'un ami à la fin de la nuit »). Hunt, ce « rossignol qui parle » (the talking nightingale), lui inspire une véritable fascination[32].

En revanche, l'auteur anonyme de l'article que la Poetry Foundation consacre à Keats émet certaines réserves sur ce modèle alors que se construit la personnalité poétique du poète : il déplore son style luxuriant qu'ornent trop d'adjectifs en « –y » ou « –ly », comme bosomy, scattery, tremblingly (« [Traduction littérale] à la poitrine généreuse, de nature éparpillante, de façon tremblante »), son emploi systématique d'un anglais non châtié, la coloration militante de ses vers, non pas tellement par les mots que par leur structure prosodique, d'où l'usage obligé de l'enjambement, du rejet de la césure hors du médian du vers pour la poser après une syllabe faible, ce qui revient à « casser » l' « aristocratique » distique héroïque toujours en faveur chez les poètes moins libéraux[21]. Pour autant, Keats a d'autres modèles que lui, Spenser, William Browne, Michael Drayton, Milton, Wordsworth, plus tard Shakespeare, et à tout prendre, l'un des rôles de Hunt consiste à entretenir en lui la foi poétique et finalement — quoique inconsciemment — à l'inviter à le surpasser[21].

Fin des études et débuts d'un poète

Leigh Hunt, estampe par H. Meyer d'après un dessin de J. Hayter.

Si Keats se consacre surtout à la poésie, il n'en poursuit pas moins sa formation à Guy's, car il envisage de devenir membre du célèbre Collège royal de chirurgie (Royal College of Surgeons)[33]. En 1816, il publie le sonnet To my Brothers (« À mes frères »)[34]. Au début de l'été, il emménage au 8 Dean Street près du Guy's Hospital à Southwark[33]. Le 25 juillet, il passe avec succès les épreuves du certificat de chirurgie : l'année a été rude (son ami Stephens échoue) et il part au bord de mer avec Clarke pour échapper à la touffeur crasseuse de son borough londonien, reprendre ses esprits et écrire[21]. D'abord, les deux jeunes gens séjournent à Carisbrooke dans l'Île de Wight, puis à Margate où le rejoint son frère Tom et, après un détour par Cantorbéry, regagnent la capitale à la fin de septembre[21]. Keats n'en a pas fini avec la médecine : à son retour, il se rapproche encore de l'hôpital au 9 Dean Street et reprend son activité d'assistant médecin parmi les sombres ruelles, ce qui lui permet de survivre avant que sa majorité à vingt-et-un ans ne lui ouvre le plein exercice de sa science[21].

La fin de l'année 1816 et le début de 1817 sont riches de publications plus ou moins réussies. Après le premier succès du sonnet consacré à la traduction d'Homère, paraît un recueil comprenant I stood tip-toe (» Je me tenais sur la pointe des pieds ») et Sleep and Poetry (« Sommeil et poésie »), tous les deux portant l'influence de Hunt[35]. Lors des séjours de Keats au cottage de Hunt, un petit lit est déployé pour lui dans la bibliothèque et c'est là que les sonnets sont écrits. Reynolds est le seul à consacrer un compte rendu favorable dans The Champion et Clarke déclare que, vu son succès, «  à la rigueur, le livre aurait eu une chance à Tombouctou[CCom 6] ». Les éditeurs de Keats, Charles et James Ollier, ont honte de cet échec et d'après Motion, prient le poète de s'en aller[36], mais ils se voient aussitôt remplacés par Taylor and Hessey de Fleet Street[37] qui, eux, s'enthousiasment pour cette poésie. Aussitôt, ils prévoient un nouveau volume payé d'avance et Hessey se lie d'amitié avec l'auteur. D'ailleurs, leur maison d'édition réserve des pièces où les jeunes écrivains peuvent se rencontrer et travailler. Peu à peu, leur liste d'auteurs finit par comprendre Coleridge, Hazlitt, Clare, Thomas Jefferson Hogg, Carlyle et Lamb[36].

Taylor et Tessey présentent Keats à leur conseiller, l'ancien étonien Richard Woodhouse, qui s'avère être un excellent guide littéraire et précieux en affaires juridiques. Fort admiratif des Poèmes récemment publiés, il ne manque pas, cependant, de remarquer chez l'auteur « l'instabilité, les tremblements, la tendance à facilement se décourager[CCom 7] », mais se persuade de son génie qui en fera, prédit-il, un maître de la littérature anglaise. Peu après, se scelle entre les deux jeunes gens une amitié indéfectible. Woodhouse entreprend de collectionner tous les écrits de Keats (Keatseriana) et les documents relatifs à sa poésie. Cette archive subsiste, l'une des principales sources d'information sur son art[4]. Andrew Motion compare Woodhouse à Boswell au service d'un nouveau Johnson, n'ayant de cesse de promouvoir les œuvres du maître et de prendre sa défense lorsque des plumes malfaisantes se lèvent pour l'attaquer[38].

Peu importe les piques de la critique lors de la parution du recueil Poems, Hunt publie un essai intitulé Trois jeunes poètes (Three Young Poets), Shelley, Keats et John Hamilton Reynolds. Il y ajoute le sonnet Après avoir ouvert pour la première fois l'Homère de Chapman (On First Looking into Chapman's Homer) et conclut que l'avenir poétique est gros de promesses[39]. Il présente Keats à nombre de personnalités de l'intelligentzia, le rédacteur-en-chef du Times, le journaliste Thomas Barnes, l'écrivain Charles Lamb, le chef d'orchestre Vincent Novello[40] et le poète John Hamilton Reynolds[41]. Keats fréquente aussi William Hazlitt, l'un des régents des lettres de l'époque. Désormais, il est perçu par le public éclairé comme faisant partie de la « nouvelle école de poésie » (new school of poetry), comme l'appelle Hunt[42]. C'est l'époque où, le 22 novembre 1817, il écrit à son ami Benjamin Bailey : « Je ne suis sûr de rien sinon du caractère sacré des affections du cœur et de la vérité de l'imagination. La beauté que capte l'imagination est à coup sûr la vérité[C 1] », passage qui annonce la fin de l'Ode sur une urne grecque[41].

Au début de décembre 1816, poussé de façon pressante par ses amis, Keats annonce à Abbey qu'il abandonne la médecine pour se consacrer à la poésie. Abbey est furieux, d'autant que de longues années d'apprentissage et d'études ont fait du jeune homme un bon praticien[44]. De plus, il est en proie à d'énormes difficultés d'argent, endetté mais toujours généreux, prêtant de grosses sommes au peintre Benjamin Haydon, 700 £ à son frère George émigré en Amérique, au point qu'il n'est plus capable d'honorer les intérêts de ses propres emprunts[4].

Avril 1817 : l'hôpital n'est plus qu'un souvenir ; Keats, qui souffre de rhumes incessants, quitte l'appartement humide de Londres et s'installe avec ses frères au 1 Well Walk dans le village de Hampstead. Tom est malade de la tuberculose et ses deux frères prennent soin de lui. La maison est proche de celle de Hunt et de celles des poètes qu'il protège. Coleridge, aîné des romantiques de la première génération, ne réside pas loin, à Highgate, et le 11 avril 1818, Keats et lui font une longue promenade sur la lande. Dans une lettre à George, Keats raconte qu'ils ont parlé de « mille choses, […] des rossignols, de la poésie, de la sensation poétique, de métaphysique[C 2] ». À cette époque, Keats est aussi présenté à Charles Wentworth Dilke, écrivain et critique de tendance libérale, et son épouse Maria[46], et James Rice[47] pour lequel il compose un sonnet[48].

Vue panoramique sur la ville de Keswick, nichée entre les chutes de Skiddaw et le lac de Derwent water, depuis les pentes du Walla Crag. Parc national du Lake District, Cumbrie (Royaume-Uni).

En juin 1818, Keats entreprend une grande randonnée à pied dans le Pays des lacs, en Écosse et en Irlande en compagnie de son ami Charles Armitage Brown. George et sa toute jeune femme Georgina les accompagnent jusqu'à Lancaster, puis poursuivent leur route en diligence jusqu'à Liverpool d'où ils s'embarquent pour l'Amérique[49]. De fait, ils ont décidé de s'expatrier pour devenir fermiers à Louiseville dans le Kentucky, puis dans l'Ohio où ils restent jusqu'en 1841. Ruinés par de mauvais investissements, ils mourront sans le sou comme Tom et John de la tuberculose[50],[51].

En juillet, sur l'Île de Mull, Keats prend froid et souffre d'un mal de gorge persistant[17]. « Trop maigre et trop fiévreux, il ne peut poursuivre le voyage[C 3] ». Le 2 août, bien qu'ayant gravi les pentes du Ben Nevis et écrit un sonnet sur sa cime le matin, Keats, trop malade pour continuer, rentre seul à Londres où il retrouve son frère Tom au plus mal[53]. Affaibli, il entreprend de le soigner et, de ce fait, s'expose à la contagion : la tuberculose, assure la plupart des biographes, est la malédiction de cette famille[54],[55]. La maladie (la consomption) n'est pas identifiée comme telle avant 1820 et se trouve stigmatisée, résultat d'une faiblesse congénitale, d'un désir sexuel refoulé, de la masturbation. D'ailleurs, Keats refuse toujours de la nommer[56],[57]. Tom meurt le 1er décembre 1818[58]. Trois mois plus tôt, en octobre, Keats fait la connaissance de Fanny Brawne, fille d'une ancienne locataire estivale de son ami Charles Brown qui, comme beaucoup de Londoniens, loue sa maison pendant ses absences à la belle saison. Conquise par Hampstead, Mrs Brawne s'y est installée et est devenue une voisine[17].

Wentworth Place

Wentworth Place, désormais le Keats House Museum (à gauche), Ten Keats Grove (à droite).

Depuis le mois de février, Keats a rejoint sur son invitation Charles Armitage Brown dans sa demeure flambant neuve de Wentworth Place, située au bord de la lande (Hampstead Heath), à quinze minutes de marche de son ancienne maison de Well Walk. C'est une construction double dont les Dilke occupent l'autre moitié[17] ; le loyer est minime, 5 £ annuel[N 3] et le partage des factures de boisson[59]. De toute façon, c'est Brown qui entretient quasi complètement le jeune poète, lui consent des prêts et veille également à ses manuscrits. D'ailleurs, les deux amis entreprennent d'écrire à deux mains une tragédie, Otho le Grand (Otho the Great)[60]. Ils espèrent qu'elle sera jouée par Kean et tiendra suffisamment l'affiche pour rapporter quelque argent[61].

1819 : annus mirabilis

Pendant l'hiver 1818-1819, Keats commence à écrire ses œuvres les plus mûres[62], inspiré par une série de conférences données par Hazlitt sur les poètes anglais et l'identité poétique, et par sa fréquentation plus régulière de Wordsworth[63]. Déjà auteur de très grands poèmes, comme Isabella, adaptation de Pot de Basile du Decameron (IV, V) de Boccace, il entreprend de terminer Endymion dont il reste peu satisfait et que rosse la critique[17]. Pour autant, c'est au cours de l'année 1819, et singulièrement au printemps, que sa plus grande poésie est composée ou terminée[64], Lamia, les deux versions de Hyperion, commencé en septembre 1818[17], La Veille de la Sainte Agnès et surtout les six grandes odes, Ode à Psyché, Ode sur une urne grecque, Ode sur l'indolence, Ode sur la mélancolie, Ode à un rossignol et Ode à l'automne, cette dernière par une belle soirée de septembre[65], toutes transcrites par Brown, puis plus tard présentées à l'éditeur Richard Woodhouse. La date exacte de composition reste inconnue : seule la mention « mai 1819 » figure sur les cinq premières. Si l'ensemble partage la même structure formelle et la même thématique, rien au sein de cette unité ne laisse transpirer l'ordre dans lequel elles ont été accomplies[66]. L'Ode à Psyché ouvre peut-être la série. L'Ode à un rossignol donne lieu à une polémique posthume entre voisins qui diffèrent quant au lieu où elle voit le jour. Charles Armitage Brown, qui loge Keats, déclare que l'épisode se passe à Wentworth Place, sa maison de Hampstead[67], sous un prunier du jardin[68][N 4]. Il ajoute que Keats la rédige en une seule matinée :

In the spring of 1819 a nightingale had built her nest near my house. Keats felt a tranquil and continual joy in her song; and one morning he took his chair from the breakfast-table to the grass-plot under a plum-tree, where he sat for two or three hours. When he came into the house, I perceived he had some scraps of paper in his hand, and these he was quietly thrusting behind the books. On inquiry, I found those scraps, four or five in number, contained his poetic feelings on the song of the nightingale[70]

« Au printemps 1819, un rossignol a établi son nid près de ma maison. Keats éprouvait à son chant une joie tranquille et continuelle ; et une matinée, il prit sa chaise de la table à déjeuner, et l'emporta sur un carré de pelouse situé sous un prunier où il resta assis deux ou trois heures. Quand il revint à la maison, je m'aperçus qu'il avait quelques feuillets à la main qu'il rangea brusquement derrière des livres. En cherchant, je trouvai ces brouillons, au nombre de quatre ou cinq, contenant ses sentiments poétiques sur le chant du rossignol. »

Brown exulte que le poème n'ait été préservé que par ses soins et se soit vu directement influencé par sa demeure, mais selon Motion, cette assertion demeure subjective, Keats ayant plutôt compté sur sa propre imagination —  et nombre de sources littéraires — pour méditer sur le chant du rossignol[71]. Quant au voisin Dilke, propriétaire de la moitié de la maison à Wentworth Place, il dément les dires et l'anecdote de Brown, rapportés dans la biographie de Richard Monckton Milnes publiée en 1848 ; pour lui, il s'agit là de « pure délusion » (pure delusion)[72], ce qui implique en anglais comme en français, une illusion des sens[73].

Fanny Brawne

Fanny Brawne, aquarelle miniature, 1833 (elle a 33 ans).

C'est par l'intermédiaire des Dilke, justement, que Keats rencontre cette jeune fille de dix-huit ans en novembre 1818[74]. Sa mère, Mrs Brawne, apprécie le poète et en parle souvent en bien à ses[75]. Fanny, elle-même versée dans l'art de la conversation, se plaît à discuter de politique ou de littérature avec lui. Elle rapporte son allant et sa bonne humeur, assombries lorsque la santé de Tom le préoccupe[76]. Après la mort de ce frère aimé, pour soulager sa souffrance — « l'amour fraternel est plus fort que celui qu'on porte à une femme, avait-il écrit[C 4] » —, elle l'encourage à se détourner, tant faire se peut, du passé et de l'introspection, et sa vivacité lui redonne l'amour de la vie : « bientôt, il retrouva sa gaieté[CCom 8] ». Sans tarder, il éprouve un amour passionné pour elle ; d'après Richardson, il l'idéalise et son imagination la métamorphose en princesse de légende[79]. Keats lui demande sa main le 18 octobre ; Fanny la lui accorde, et les fiancés gardent le secret[80].

Fanny se rend souvent à Wentworth Place. Keats danse mal et, de toute façon, se sent trop fatigué pour la sortir. Aussi, elle se laisse souvent inviter par des officiers, amis de sa mère et des Dilke[81], ce qui plonge Keats dans l'angoisse. Pour autant, il juge que cette présence agréable mais quasi-constante, le distrait de sa vocation de poète. Mai a vu naître sous sa plume une succession de chefs-d'œuvre[82], mais juillet — il faut laisser la place aux locations saisonnières[83] — l'envoie à l'Île de Wight[84], et pendant plusieurs mois — avec quelques interruptions[83] — les deux jeunes gens échangent une correspondance riche d'émotions, de réflexions (sur l'amour et la mort), et parfois de piques de jalousie[85]. Las de l'Île, Brown et lui se rendent à Winchester où ils terminent leur tragédie (Otho the Great), et en février 1820, après un voyage à Londres pour discuter avec Abbey des difficultés rencontrés par George et Georgiana[86], il s'en revient épuisé, transi, fiévreux, titubant au point que Brown le croit ivre[87].

Alors qu'il se met au lit, il a un léger accès de toux et, à la vue d'une goutte de sang sur le drap, il déclare à Brown : « Je connais la couleur de ce sang ; cela vient d'une artère […] Cette goutte de sang est un arrêt de mort[C 5] ». Plus tard dans la nuit, il subit une grosse hémorragie pulmonaire et suffoque. Fanny raréfie ses visites par crainte de le fatiguer, mais passe parfois devant sa fenêtre en revenant de promenade, et les deux échangent de fréquents petits mots[88].

Derniers mois, dernières amours, la fin

Le 3 février 1820, alors que s'accentue la fréquence des crachements de sang, Keats offre à Fanny de lui rendre sa parole, ce qu'elle refuse. En mai, alors que Brown voyage en Écosse, il demeure à Kentish Town près de Leigh Hunt, puis chez Hunt même[89]. De plus en plus, les médecins recommandent un climat plus clément, par exemple celui de I'Italie. Shelley, qui se trouve à Pise, invite le malade à le rejoindre, mais Keats répond plutôt froidement. En août, Mrs Brawne le fait revenir à Hampstead et, aidée par Fanny, s'occupe de lui[89]. Le 10 août, il est de retour à Wentworth Place pour la dernière fois[90].

Les adieux du 13 septembre

Mrs Brawne ne consent toujours pas au mariage, même si elle promet qu'« au retour de John Keats d'Italie, il épousera Fanny et vivra avec eux[CCom 9] ». Le 13 septembre, Fanny transcrit l'adieu que Keats dicte pour sa sœur, puis, avec l'assentiment de la jeune fille, brûle leurs lettres d'amour[91]. Ils échangent des cadeaux : Keats offre son exemplaire de The Censi, la tragédie en vers de Shelley publiée en 1819, son folio de Shakespeare annoté, sa lampe étrusque et sa propre miniature ; Fanny présente un carnet neuf, un coup-papier, une boucle de cheveux et en prélève une en échange ; elle double sa casquette de soie dont elle garde un morceau en souvenir et, dernière offrande, lui donne une cornaline[92]. Selon Stanley Plumly, ces adieux signifient pour Keats qu'il entre dans ce qu'il appelle lui-même « son existence posthume » (posthumous existence)[93].

L'Italie

Brown est en vacances, Hunt indisponible, et c'est Joseph Severn, peut-être le moins proche des amis, qui l'accompagne contre la volonté de son père le 17 septembre sur la Maria Crowther à destination de l'Italie[89]. Des vents contraires retiennent le navire dans la Manche pendant une semaine et les passagers débarquent à nouveau à Portsmouth. Keats et Severn en profitent pour aller voir des amis. Nouvel appareillage et mêmes bourrasques, et cette fois, c'est Lulworth Cove qui accueille le voilier. Keats y recopie son sonnet Étincelante étoile[89]. Naples est en vue le 21 octobre et le navire placé en quarantaine. Ce n'est que le 4 ou le 5 novembre que peut commencer l'ultime étape vers Rome dans une petite voiture de louage. Arrivés le 17 novembre, les deux voyageurs consultent le médecin de Keats, le Dr James Clark, et s'installent au 26 Piazza di Spagna, au pied des Spanish Steps dans un appartement donnant sur la Fontaine Barcaccia.

« Je sens les fleurs pousser en moi » (John Keats »

Le poète romantique

Chantre de la nature sauvage synonyme de liberté et de pureté, et revendiquant la primauté de la sensation (Ode sur la mélancolie), John Keats est aujourd’hui considéré comme un des poètes emblématiques du romantisme anglais. Il s’est consacré aussi à d’autres thèmes romantiques comme la solitude (Hymn to Solitude), le goût pour le Moyen Âge (Isabella - La Belle Dame sans Merci), et pour le folklore (The Eve of St Agnes), tout en conservant un attachement aux mythes classiques (Lamia - Hyperion)[94]. Il doit également une grande part de son inspiration à des poètes, tels que Spenser, Shakespeare, Milton, et Dryden.

Pour beaucoup de commentateurs de son œuvre, les textes les plus achevés de John Keats sont ses odes, toutes écrites en 1819 : Ode sur l'indolence, Ode sur la mélancolie, Ode sur une urne grecque, Ode à un rossignol, Ode à Psyché, Ode à l'automne[95], elles restent parmi les poèmes les plus connus de la littérature anglaise.

Consécration posthume

Sa vie et son œuvre ont inspiré la trame des romans de l’auteur de science-fiction Dan Simmons, notamment dans les cycles Hypérion et Endymion, ainsi que certains passages du concept-album The Lamb Lies Down on Broadway du groupe de musique anglais Genesis.

Bright Star, le film de Jane Campion, sélectionné pour le Festival de Cannes 2009, met en scène le poète, au moment de sa rencontre avec Fanny Brawne, qui avait déjà inspiré à Rudyard Kipling sa nouvelle Sans fil (1902)[96].

Tim Powers a également intégré des éléments réels de la vie de John Keats, ainsi que d’autres auteurs comme Percy Shelley et Lord Byron, dans un roman de fiction : Le Poids de son regard.

Il est possible que le nom du poète ait inspiré celui du professeur de littérature anglaise, John Keating, incarné par Robin Williams, dans le film Le Cercle des poètes disparus.

Œuvres

Article détaillé : Bibliographie de John Keats.

Texte

Traductions en français

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  • John Keats, Seul dans la splendeur, éd. bilingue, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1990.
  • John Keats, Poèmes et poésies, Préface de Marc Porée, Traduction de Paul Gallimard, NRF. Poésie/Gallimard.
  • John Keats, Ode à un rossignol et autres poèmes, édition bilingue, traduit par Fouad El-Etr, La Délirante, 2009.
  • John Keats, Les odes, édition bilingue, traduit par Alain Suied, Arfuyen, 2009.

Annexes

Bibliographie

(À suivre)

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Articles connexes

Liens externes

Citations originales de l'auteur

  1. « I am certain of nothing but the holiness of the Heart's affections and the truth of the imagination. What imagination seizes as Beauty must be truth[43] »
  2. « a thousand things,... nightingales, poetry, poetical sensation, metaphysics[45] »
  3. « was too thin and fevered to pur sue the Journey[52] »
  4. « an affection passing the Love of Women[77] »
  5. « I know the colour of that blood;—it is arterial blood ... that drop of blood is my death warrant[88] »

Citations originales des commentateurs

  1. « the most placid time in Keats' life[18] »
  2. « he ramped through the scenes […] like a young horse into a Spring meadow[21] »
  3. « Medical knowledge was beneath his atttention […] Poetry was to his mind the zenith all his Aspirations […] the only thing worthy the attention of superior minds […] amongst mere Medical students, he would walk & talk as one of the Gods might be supposed to do, when mingling with mortals[21] »
  4. « that he should never be a poet, & if he was not he would destroy himself[25] »
  5. « enjoyed good Health, was fond of company, could amuse himself admirably with the frivolities of life and had great confidence in himself[21] »
  6. « might have emerged in Timbuctoo[4] »
  7. « wayward, trembling, easily daunted[38] »
  8. « Remarkably soon his own gaiety returned[78] »
  9. « when Keats returned he should marry Fanny and live with them[90] »

Notes et références

Notes

  1. Il est vraisemblable qu'à cette époque troublée, alors que Napoléon, de retour de l'Île d'Elbe, s'apprête à livrer bataille à Waterloo en juin, Keats et Hammond, ce dernier très conservateur, aient eu un différend politique, car le jeune poète entend servir la cause libérale[21].
  2. Keats a entre les mains le volume de Wordsworth publié en 1815.
  3. £ en 1819 équivaut à peu près à 400 £ de 2018.
  4. Le prunier n'a pas survécu, mais a depuis été remplacé par d'autres de la même espèce[69]

Références

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