Jean du Bellay (cardinal)

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Jean du Bellay
image illustrative de l’article Jean du Bellay (cardinal)
Biographie
Naissance 1492 ou 1498
à Souday
Décès
à Rome
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

par le pape Paul III
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de S. Cecilia
Cardinal-prêtre de S. Pietro in Vincoli
Cardinal-prêtre de S. Adriano al Foro
Cardinal-prêtre de S. Crisogono
Cardinal-évêque d'Albano
Cardinal-évêque de Frascati
Cardinal-évêque de Porto e Santa Rufina
Cardinal-évêque d'Ostie
Évêque de l’Église catholique
Administrateur de l'archevêché de Bordeaux
Évêque d'Ostie
Évêque du Mans
Administrateur de l'archevêché de Bordeaux
Administrateur de l'évêché de Limoges
Évêque de Paris
Évêque de Bayonne
Autres fonctions
Fonction religieuse
Abbé de Pontigny
Abbé de Fontaine-Daniel
Abbé des Écharlis
Abbé de La Trappe
Doyen du Collège des cardinaux
Fonction laïque
Ambassadeur auprès du Roi d'Angleterre

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
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(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean du Bellay, né en 1498 à Souday et mort le à Rome, est un ecclésiastique et diplomate français. Les armoiries de Jean du Bellay étaient d'argent à la bande fuselée de gueules, accompagnée de six fleurs de lis d'azur, mises en orle, 3 en chef, 3 en pointe..

Biographie

Origine

Il est le troisième enfant de Louis du Bellay et de Marguerite de La Tour-Landry, frère de Guillaume du Bellay (l’aîné de cinq enfants) et de Martin du Bellay.

Il jouit de la faveur de François Ier qui l’éleva aux plus hautes dignités, et lui confia ses plus grandes affaires. Il fut d’abord évêque de Bayonne en 1526, puis évêque de Paris en 1532. Il fut aussi abbé commendataire de Pontigny à partir de 1545 et de Fontaine-Daniel à partir de 1552, et ce jusqu'à sa mort.

Ambassadeur

Il avait été, en 1527, ambassadeur auprès d'Henri VIII, et il y retourna en 1533. Ce prince alors menaçait d’un schisme ; il promit cependant à du Bellay de ne pas rompre avec la cour de Rome, pourvu qu’elle lui donnât le temps de se défendre par procureur. Du Bellay se rendit sur-le-champ à Rome pour demander un délai au pape Clément VII ; il l’obtint, et envoya au roi d'Angleterre un courrier pour avoir la procuration qu’il avait promise ; mais le courrier n’ayant pu être de retour auprès du pape le jour qu’on lui avait fixé, les agents de l’empereur Charles Quint firent tant de bruit, qu’on fulmina l’excommunication contre Henri VIII, et l’interdit sur ses États, malgré les protestations de l’évêque de Paris. Le courrier arriva en effet deux jours après ; mais la bulle avait été lancée ; ce qui décida le schisme de l’Angleterre.

Du Bellay continua d’être chargé des affaires de France auprès de Paul III, successeur de Clément, et qui le fit cardinal, le . L’année suivante, il assista à un consistoire, où l’empereur Charles-Quint s’emporta tellement contre François Ier, que du Bellay crut devoir se rendre immédiatement auprès de ce monarque pour l’en prévenir.

Charles-Quint ayant bientôt après débarqué en Provence avec une armée nombreuse, François Ier marcha à sa rencontre, laissant à Paris le cardinal du Bellay, avec le titre de lieutenant général, et le commandement de la Picardie et de la Champagne. Les impériaux ayant, au mois d’août, assiégé Péronne, dont le maréchal de Fleuranges était commandant, pour calmer la fermentation des habitants de Paris, du Bellay leur persuada d’abord de défendre leur ville par l’élévation d’un rempart, puis d’envoyer des secours aux assiégés.

Évêque

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Ses services lui méritèrent de nouveaux bienfaits de François Ier, qui le nomma, en 1541, évêque de Limoges; en 1544 archevêque de Bordeaux ; en 1546, évêque du Mans. Il se servit de sa faveur pour l’avancement des lettres, et se joignit au savant Guillaume Budé pour décider le roi à fonder le Collège de France ; mais après la mort du père des lettres, en 1547, le cardinal du Bellay fut privé de son rang et de son crédit, par les intrigues du cardinal de Lorraine.

Rome

Il se retira à Rome, où, par le privilège de son âge, il fut fait évêque d'Ostie, et tint rang de doyen du Collège des cardinaux, pendant l’absence de ceux de Tournon et de Bourbon, ses anciens. Il s’était démis de l’évêché de Paris en faveur d’Eustache du Bellay, son cousin, et de l’archevêché de Bordeaux.

Il fit construire un superbe palais à Rome, où il était si estimé, qu’on parla de le faire pape, après la mort de Marcel II. À la mort de ce pape, il recueillit huit voix du conclave lors de l’élection du nouveau pape Jules III. Il mourut dans cette ville, le . Il fut inhumé dans l’église de la Trinité du Mont, au couvent des Minimes, auquel il léguait 30 000 écus d’or et la moitié de sa riche vaisselle[1].

Les lettres

Le cardinal du Bellay protégea et cultiva les lettres : c’est sur sa proposition que fut fondé le Collège de France. Brantôme a dit :

« que le cardinal du Bellay fut un des plus savants, éloquents, sages et avisés de son temps ; qu’il était pour tout, et un des plus grands personnages en tout et de lettres et d’armes qui fût. »

C’est au cardinal du Bellay que François Rabelais fut attaché, suivant les uns, comme domestique (nom qu’on donnait alors à tous ceux qui faisaient partie de la maison d’un grand), suivant d’autres en qualité de médecin[2]. Jean du Bellay accueillit également son neveu, Joachim du Bellay, en 1553, dans son palais romain comme intendant.

La cupidité ?

Dom Piolin a fait un portrait à charge de Jean du Bellay, en insisant sur sa cupidité supposée  : « A cette date il était admis que l'Eglise paierait les dettes de l'Etat. Jean du Bellay reçut donc, au mois d'août 1541, un troisième évêché, celui de Limoges. Mais ce n'était pas assez encore : Paris, Bayonne. et Limoges, le fief de Saint-Cloud, les abbayes de Saint-Maur des Fossés, de Fontaine-Daniel, de Lerins, des Eschcalis, au diocèse de Sens, de Pontigny, de Tiron[3], de la Trappe[4], de l'Aumône[5], de Saint-Pierre à Châlons-sur-Saône, du Gué de Launay[6], d'Aniane[7], de Saint-Denis de Reims, de Longpont[8], de Breteuil[9], le prieuré de Saint-Pourçain et une foule d'autres bénéfices, ne satisfaisaient pas encore l'avidité du cardinal ; il eut un long procès pour s'emparer des abbayes de Saint-Vincent du Mans et de Saint-Martin de Séez, dans lesquelles notre pieux cardinal Philippe de Luxembourg avait rétabli la régularité avec un admirable dévouement. Jean du Bellay n'ayant pu venir à bout de son entre« prise, malgré tout son crédit, fit éprouver aux reli« gieux toutes sortes de vexations. Il faut remarquer que ce fut à la sollicitation de ce prélat que la régularité fut abolie dans le plus grand nombre de ces monastères ; on désarmait la milice la plus active, au moment où le danger devenait le plus pressant. Par un aveuglement inconcevable, on ne voulait plus laisser aux hommes de prière et d'étude la possibilité de se livrer à la défense de l'Eglise et aux œuvres de la prière, plus puissante que tous les autres moyens pour détourner les malheurs de la société. Ces simples considérations, que la foi inspire à tout chrétien instruit des principes de sa croyance, n'étaient guère familières à la cour de François Ier, où l'avidité pour les bénéfices était poussée au dernier scandale ».

Publications

Nous avons de du Bellay :

  1. trois livres de poésies latines, imprimées à la suite de trois livres d’odes de Salmon Macrin, Paris, Robert Estienne, 1546, in-8°.
  2. Francisci (primi) Francorum régis Epistola apologetica, imprimée avec d’autres pièces, en 1542, in-8° ; traduit en français, 1545, in-8°.
  3. Joannis cardinalis Bellaii, Francisci Olivarii et Africani Mallcii, Francisci I legatorum, Orationes duce, nec non pro eodem rege Defensio adversus Jacobi Omphalii maledicta, imprimés en latin et en français, Paris, Robert Estienne, 1544, in-4°. La traduction française de la Défense du roi, imprimée à part la même année, est de Pierre Bunel.
  4. Un grand nombre de lettres, dont l’édition est en cours par Rémy Scheurer et Petris Loris pour la Société de l’Histoire de France. Deux volumes avaient été publiés en 1969 et 1973, et cinq autres commencent à paraître en 2008. Une base de données avec les références de toutes les lettres est accessible depuis 2007 sur le site de l’université de Neuchâtel.
  5. une Apologie de François Ier, publiée en 1546.

Notes et références

  1. L’abbé Charles Pointeau a publié un extrait de son testament, daté de la cité Léonine, le .
  2. Il l’avait accompagné à Rome, deux fois en 1534 et en 1547 ; il lui fit donner à son retour la cure de Saint-Martin de Meudon, et de Saint-Christophe du Jambet, dans le Maine.
  3. Tiron, Diocèse de Chartres.
  4. La Trappe de Soligny, près Mortagne.
  5. L'Aumône, Diocèse de Blois.
  6. Le Gué de Launay, diocèse du Mans.
  7. Aniane, diocèse de Montpellier.
  8. Longpont, diocèse de Soissons.
  9. Breteuil, diocèse de Beauvais.

Sources partielles

  • * (en) catholic-hierarchy.org Jean Cardinal du Bellay
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Jean du Bellay » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (Wikisource)
  • « Jean du Bellay (cardinal) », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (lire en ligne)
  • « Jean du Bellay (cardinal) », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition]

Liens externes