Jean d'Eltham

Jean d'Eltham
Description de l'image John of Eltham.jpg.

Titre

Comte de Cornouailles

6 octobre 132813 septembre 1336

Fonctions militaires
Faits d’armes Bataille de Halidon Hill
Conflits Deuxième guerre d’indépendance de l'Écosse
Biographie
Dynastie Plantagenêts
Naissance 15 août 1316
Eltham
Décès 13 septembre 1336
Perth (Royaume d'Écosse)
Père Édouard II
Mère Isabelle de France
Description de l'image Arms of John of Eltham, Earl of Cornwall.svg.

Jean d'Eltham (né le 15 août 1316, mort le 13 septembre 1336) était le second fils d'Édouard II, roi d'Angleterre et d'Isabelle de France. Il fut héritier du trône anglais de l'abdication de son père (25 janvier 1327) à la naissance de son neveu Édouard de Woodstock (15 juin 1330).

Biographie

Enfance

Jean naît à Eltham, près de Londres, en 1316. Le 19 mars 1319, à l'âge de deux ans et demi, son père Édouard II lui donne les terres confisquées aux Écossais au Sud de la rivière Trent. Édouard continue à faire plusieurs dons de terres à Jean tout au long de son règne. L'enfance de Jean est tumultueuse à cause des tensions entre Édouard II et son épouse Isabelle. En octobre 1326, la reine se soulève avec le soutien des barons d'Angleterre. Chassé de Londres, le roi s'enfuit au pays de Galles avec quelques fidèles. Pendant ce temps, la foule londonienne, mécontente, massacre les membres de l'administration royale et s'empare de la Tour de Londres, d'où sont libérés de nombreux prisonniers politiques. Jean est acclamé par les rebelles et désigné gardien de la capitale et de la Tour. Peu après, Édouard II est capturé et contraint d'abdiquer en faveur de son fils aîné, qui monte sur le trône d'Édouard III.

Au service de son frère

Bien qu'étant encore jeune, Jean bénéficie de la confiance absolue de son frère aîné. En octobre 1328, Jean est créé comte de Cornouailles[1], ce qui fait de lui l'un des plus puissants pairs du royaume. En mai 1329, il est nominalement régent du royaume pendant que son frère part en France rendre l'hommage au roi Philippe VI de Valois pour le duché d'Aquitaine. Il s'acquitte de sa tâche avec succès en présidant l'ouverture du Parlement. Jean est envoyé en 1330 en Aquitaine afin d'y faire maintenir l'ordre. Il est rappelé en Angleterre dès avril 1331 pour régenter une seconde fois le royaume, Édouard III rendant à nouveau l'hommage à Philippe VI.

Lorsque Édouard se rend en Écosse en 1333 pour y rétablir sur le trône son allié Édouard Balliol, Jean accompagne l'armée de son frère. Il joue un rôle important dans la victoire anglaise à Halidon Hill le 19 juillet 1333. En janvier 1335, il intercepte et défait un raid écossais à Redesdale. Le 2 février 1335, le comte de Cornouailles est nommé gardien des Marches, ce qui lui donne une véritable autonomie au Nord du royaume. En remerciement pour ses services, Jean reçoit une concession de monnaie d'étain en Cornouailles en avril 1336. Le 20 juin 1336, Jean participe activement au Parlement de Northampton.

Projets de mariage

Tombe en albâtre de Jean d'Eltham à l'abbaye de Westminster.

Seul frère du roi Édouard III, la question du mariage de Jean se pose, d'autant que le roi n'a alors qu'un seul fils. Dès mars 1328, Édouard commence des négociations pour marier son frère avec Maria Diaz II de Haro, héritière de la seigneurie de Biscaye. En décembre 1335, Édouard projette de faire épouser à son frère Jeanne de Penthièvre, nièce et héritière du duc Jean III de Bretagne. Il semble néanmoins qu'aucun de ses projets n'ait abouti à des fiançailles. Finalement, par un contrat du 28 septembre 1334, le comte de Cornouailles est fiancé à Maria de La Cerda y de Lara, descendante d'Alphonse X de Castille. Une dispense papale est demandée mais le contrat est abandonné lorsque les relations entre Édouard III et Philippe VI commencent à se dégrader. Maria épouse finalement en avril 1335 Charles d'Étampes, cousin du roi de France[2].

Décès

À l'été 1336, Jean retourne en Écosse pour y repousser les partisans de David Bruce. Selon les chroniques écossaises, il aurait brûlé le prieuré de Lesmahagow, alors que de nombreux civils y avaient trouvé asile pour échapper aux Anglais. D'après Jean de Fordun, Édouard III, fou de rage, aurait tué son propre frère pour ne pas avoir obéi aux lois sacrées du sanctuaire. Selon l'historien Tom Beaumont James, ce récit "défie la distinction entre l'histoire et l'Histoire". Les historiens modernes pensent qu'il est plus probable que le comte de Cornouailles soit mort d'un fièvre à Perth le 13 septembre 1336. Son corps est enterré à l'abbaye de Westminster le 15 janvier 1337, avec tous les honneurs dus à un prince royal. Sa tombe en albâtre est exécutée à la demande de sa mère Isabelle.

Références

  1. Marks of Cadency in the British Royal Family
  2. (es) Pedro López de Ayala, Crónicas de los Reyes de Castilla : Crónica del rey Enrique II, t. 2, « Año Octavo », p. 49

Bibliographie

  • Scott L. Waugh, John, earl of Cornwall (1316–1336), Oxford DNB, (lire en ligne)