Jean Favier

Jean Favier est un archiviste et historien français, né le à Paris où il est mort le [1].

Biographie

Après des études secondaires aux lycées Buffon et Henri-IV, il est élève de l'École nationale des chartes, dont il sort major et où il obtient le diplôme d'archiviste paléographe en 1956 grâce à une thèse intitulée Un conseiller de Philippe le Bel : Enguerrand de Marigny. Il est alors nommé membre de l'École française de Rome[2].

Il est d'abord conservateur aux Archives nationales de 1958 à 1961. Agrégé d'histoire[2] en 1961 il est nommé professeur au lycée d'Orléans pour l'année 1961-1962. Il obtient ensuite un poste d'attaché de recherche au CNRS qu'il occupe de 1962 à 1964.

Il soutient en 1967 sa thèse de doctorat ès lettres sur Les finances pontificales à l'époque du grand Schisme d'Occident.

Il suit d'abord une carrière d'universitaire comme maître de conférences à l'université de Rennes (1964-1966), comme professeur à l'université de Rouen (1966-1969), puis à Paris, comme directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1965-1997) et enfin professeur à l'université de Paris Sorbonne en 1969[2]. Jusqu'en 1997 il y enseigna la paléographie médiévale.

Parallèlement à sa carrière d'enseignant-chercheur, il occupe des fonctions de premier plan dans l'administration de la Culture. En 1975 il est nommé directeur général des Archives de France (assumant aussi directement la direction des Archives nationales), fonctions qu'il occupe pendant 19 ans, de 1975 à 1994, et qui sont marquées par la promulgation d’une nouvelle loi sur les archives, la construction de très nombreux bâtiments d’archives tant à Paris que dans les départements et une activité internationale très importante. Puis, de 1994 à 1997, il est le premier président de la Bibliothèque nationale de France[2].

De 1979 à sa dissolution en 1998, il préside l'Association française pour les célébrations nationales[3]. Il présidera ensuite, de 2008 à 2012, le Haut comité des célébrations nationales (devenu « des commémorations nationales » en 2011)[3].

Il est membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres[2] à partir de 1985 (il la préside en 1995), président de la Commission française pour l'UNESCO et membre du club Le Siècle. Il dirige la Revue historique de 1973 à 1997.

Publié en 1978 après de nombreuses publications savantes, son Philippe le Bel le fait découvrir d'un large public et inaugure une longue série de publications essentiellement aux éditions Fayard où il dirige aussi, de 1992 à 1995 une Histoire de France en six tomes dont il rédige le second tome intitulé Le Temps des principautés. De l'an mil à 1515 ainsi qu'un Dictionnaire de la France médiévale, paru en 1993[2].

Jean Favier était conservateur du château de Langeais, propriété de l'Institut. C'est aussi un homme de radio, animant en particulier sur France Inter l'émission Question pour l'Histoire[2]. De 1984 à 1987, il est administrateur de TF1. De 1988 à 2002, il préside l'Association des lauréats du concours général. De 2007 à 2013, il est le premier président du Comité historique de la ville de Paris[5].

Il meurt le 12 août 2014 d'un cancer. La cérémonie funèbre a lieu en l'église Saint-François-Xavier (7e arrondissement de Paris)[2].

Il était marié depuis 1956 avec l'historienne Lucie Favier. Il repose auprès d'elle au cimetière Rabelais 1 de Saint-Maur-des-Fossés.

Œuvres

  • « Introitus et exitus » sous Clément VII et Benoît XIII, Istituto di paleografia dell' Università di Roma, Rome, 1957.
  • Les Archives, PUF (coll. Que sais-je ?), Paris, 1959.
  • « Michel Sicard »[6] (ill. Pierre Joubert), Les Mouchards, Paris, Alsatia, coll. « Signe de piste », 1959.
  • « Michel Sicard »[6] (ill. Michel Gourlier), La Fuite du commandeur, Paris, Alsatia, coll. « Signe de piste », 1960.
  • Un conseiller de Philippe le Bel : Enguerran de Marigny, PUF, Paris, 1963.
  • Les Finances pontificales à l'époque du Grand Schisme d'Occident, 1378-1409, De Boccard, Paris, 1966.
  • De Marco Polo à Christophe Colomb, Éditions Larousse, Paris, 1968.
  • Les Contribuables parisiens à la fin de la guerre de Cent Ans, les rôles d'impôt de 1421, 1423 et 1438, Droz, Paris/Genève, 1970.
  • Paris au XVe siècle, Diffusion Hachette, Paris, 1974.
  • Le Registre des compagnies françaises : 1449-1467, Imprimerie nationale, Paris, 1975.
  • Philippe le Bel, Éditions Fayard, Paris, 1978.
  • La Guerre de Cent Ans, éditions Fayard, Paris 1980, Grand Prix Gobert 1981, 5e Prix Fondation Pierre-Lafue 1981.
  • François Villon, Éditions Fayard, Paris, 1982.
  • Une histoire de la Normandie, Ouest-France, Rennes, 1986.
  • De l'Or et des épices : naissance de l'homme d'affaires au Moyen Âge, éditions Fayard, Paris, 1987.
  • Archives nationales: quinze siècles d'histoire, Nathan, Paris, 1988.
  • Chronique de la Révolution, 1788-1799., Paris: Larousse, 1988.
  • L'Univers de Chartres, Éditions Bordas, Paris, 1988.
  • Les Grandes Découvertes : d'Alexandre à Magellan, Éditions Fayard, Paris, 1991.
  • Le Temps des principautés, Éditions Fayard, Paris, 1992, tome 2 de son Histoire de France.
  • Dictionnaire de la France médiévale, Éditions Fayard, Paris, 1993.
  • La France féodale, le Grand livre du mois, Paris, 1995.
  • La Naissance de l'État, le Grand livre du mois, Paris, 1995.
  • Paris, deux mille ans d'histoire, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1997 (Prix Nouveau Cercle Interallié 1997)
  • Charlemagne, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1999.
  • Louis XI, Éditions Fayard, Paris, 2001.
  • Les Plantagenêts : origines et destin d'un empire : XIe-XIVe siècles, Éditions Fayard, Paris, 2004.
  • Les Papes d'Avignon, Éditions Fayard, Paris, 2006.
  • Le Roi René, Éditions Fayard, 2008 (ISBN 978-2-213-63480-7)
  • Saint Onuphre, un après-guerre à l'ombre d'un clocher parisien, Éditions Fayard, 2009.
  • Pierre Cauchon ou les maîtres dans la tourmente, Éditions Fayard, 2010 (ISBN 978-2-213-64261-1)
  • Le Bourgeois de Paris au Moyen Âge , Éditions Tallandier, 2012
  • Les Palais de l’histoire, Le Seuil, 2016 (ouvrage posthume publié par ses enfants)

Décorations

Sources

Les archives de Jean Favier sont conservées aux Archives nationales sous la cote 501AP[7].

Bibliographie

Liens externes

Références

  1. « L'historien médiéviste Jean Favier est mort », sur lemonde.fr, (consulté le 16 août 2014).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Paul-François Paoli, « Jean Favier, le Moyen Âge de haut en bas », Le Figaro, lundi 18 août 2014, page 12.
  3. a et b http://www.persee.fr/doc/gazar_0016-5522_2014_num_236_4_5159.
  4. https://api-site.paris.fr/images/84503.
  5. a et b Les Palais de l’histoire, p. 586, note 2 et site sur les romans scouts).
  6. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales.