Jean Dupas

Jean Dupas
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Paris
Nom de naissance
Jean Théodore Dupas
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Élève
Mouvement
Distinctions
Prix de Rome en peinture de 1910, médaille d'or au Salon de 1921

Jean Théodore Dupas, dit Jean Dupas, né à Bordeaux le et mort à Paris le , est un peintre, affichiste et décorateur français, représentatif de l'Art déco.

Biographie

Élève à l'École des beaux-arts de Bordeaux dans l'atelier de Paul Quinsac, et des décorateurs Artus et Jean-Gustave Lauriol, il entre ensuite à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Gabriel Ferrier. Il remporte le prix de Rome de 1910 dont le sujet est Éros vainqueur du dieu Pan. Son style très personnel est qualifié d'académique ou de néoclassique. Il part à la villa Médicis à Rome, sous la direction de Carolus-Duran, puis d'Albert Bernard, où il retrouve le sculpteur Alfred Janniot et plusieurs amis dont Jean Despujols, Robert Poughéon sur lequel il a de l'influence. Il y invite son ami Roger Bissière[1]. Mobilisé en 1914 pendant la Première Guerre mondiale, il est libéré en 1919, année où il retourne à Rome pour faire une dernière année, pendant laquelle il présente une dizaine d'œuvres à Bordeaux au bénéfice des blessés de la Grande Guerre.

Nommé conservateur du musée Marmottan à Paris en 1940, il devient membre de l'Académie des beaux-arts en 1941. Nommé professeur de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, il compte parmi ses élèves : Jean-Pierre Alaux, Jean Monneret, Jean Joyet, Gabriel Deschamps, Roger Forissier, Roger Festernaz et Geoffroy Dauvergne[2]. Il quitte son poste en 1951 pour subir une intervention chirurgicale et est remplacé par Edmond Heuzé. Il termine sa carrière comme directeur du musée Marmottan.

Travaux décoratifs

Au mur, décor de Jean Dupas La Vigne et le Vin, décor pour le pavillon de Bordeaux dans l'une des quatre tours dédiées aux vins français et construites par Charles Plumet, pour l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925.

Il intervient, comme nombre d'artistes de l'époque, dans les domaines les plus variés. En 1923 et 1924 il travaille à des commandes de la Manufacture nationale de Sèvres, ainsi qu'à des cartons pour la Manufacture des Gobelins. Il dessine pour de grands magazines de mode commeVogue et Harper's Bazaar. En 1925, il envoie une huile sur toile, Les Perruches[3], à l’Exposition des arts décoratifs où elle est très remarquée. En 1927, il conçoit le catalogue des fourrures Max chez l'imprimeur Draeger. Il est membre des Ateliers d'art sacré, après 1919, dans le sillage de Maurice Denis et George Desvallières, et participe au renouveau de la fresque. Il travaille à ce titre à la décoration de l'église du Saint-Esprit à Paris, collaborant, entre autres, avec le peintre lyonnais Louis Bouquet, ordonnateur du salon de l'Afrique aux Palais des Colonies (Paris). Il réalise également des affiches pour les Magasins Dufayel. Il demeure à cette époque au 19 boulevard de Port-Royal à Paris[4].

Il garde toutefois une prédilection pour les œuvres monumentales : « Plus grand est mon travail, plus je suis heureux[5]. »

Il reste très attaché à sa ville natale pour laquelle il réalise notamment une grande composition, La Vigne et le vin, destinée à l'Exposition des arts décoratifs de 1925. Il exécute par ailleurs de nombreuses commandes publiques et privées.

Les paquebots

Il collabore à la décoration de plusieurs paquebots comme l'Île-de-France et le Liberté, avec Alfred Janniot et Jacques-Émile Ruhlmann. Un de ses tableaux figure dans la chambre de l'héroïne du film américain d'Ernst Lubitsch, Haute Pègre (1932). Il travaille avec le maître verrier Jacques Charles Champigneulle, qui exposera dans son atelier du boulevard du Montparnasse les dessins préalables à la décoration du grand salon du Normandie, réalisée en 1935, dont une feuille est conservé au musée national de la Marine à Paris. Pour la décoration de ce grand salon du Normandie, il peint quatre-cent mètres carrés de peinture sur glace de verre églomisé. Une partie de l'ensemble, L'Enlèvement d'Europe, est conservée à Escal'Atlantic, dans la base sous-marine de Saint-Nazaire, dont un panneau de laque est exécuté par Jean Dunand d'après les dessins de Dupas.

Décorations murales

Il participe en 1936 au chantier de la bourse du travail de Bordeaux, y réalisant deux fresques. Il termine la même année la décoration d'un panneau mural pour le salon de l'argenterie du Palais royal de Bucarest. En 1938 il participe avec Yves Brayer, Jean Dunand, Paul Landowski et les photographes Marc Vaux et John-Adams Davis à la réalisation du Pavillon de la France pour l'Exposition internationale de New York de 1939, dont les architectes sont Roger-Henri Expert et Pierre Patout et ses collaborateurs Michel Dufet et Claude Ferret[6]. Il reste à New York où il rencontre un grand succès.

L'affichiste

Devenu célèbre, il est sollicité pour réaliser des affiches pour les sociétés de transport londonien. Il réalise six affiches pour le métro de Londres.

Liste des peintures

  • Le chevrier Lammon trouve Daphnis enfant (esquisse), 1909, Paris, école nationale supérieure des Beaux-Arts
  • Jésus servi par les anges, Salon de 1909
  • Pays basque espagnol, Salon de 1909
  • L'Amour vainqueur de Pan, 1910, Paris, école nationale supérieure des Beaux-Arts
  • La Paix, Salon de 1910, collection particulière
  • La mort de San Bernardino (copie d'après Pinturicchio), 1914, Paris, école nationale supérieure des Beaux-Arts
  • L'Archer, 1917, Bordeaux, musée des Beaux-Arts
  • Le tireur à l'arc, 1918, Bordeaux, musée des Beaux-Arts
  • Les pigeons blancs, 1918, Bordeaux, musée des Beaux-Arts
  • La femme à l'ara, 1918, collection particulière (esquisse du décor de l'escalier de l'hôtel Frugès, à Bordeaux)
  • Portrait de Léon-Hubert Patas d'Illiers, 1924, Orléans, musée des Beaux-Arts
  • Les Perruches, 1925, collection particulière
  • La Vigne et le Vin, 1925, Bordeaux, musée d'Aquitaine
  • La fontaine italienne, 1925, Beauvais, musée départemental de l'Oise
  • La femme à la boule, 1925, collection particulière
  • La femme en rouge, 1927, Paris, musée des Arts décoratifs
  • Le tir aux pigeons, 1927 (pour la salle de théâtre du paquebot L'Ile-de-France).
  • Tableau métaphysique, vers 1928, collection particulière
  • Autoportrait, 1933, Bordeaux, musée des Beaux-Arts
  • Le zodiaque, 1935, Bucarest, Palais Royal, Salon de l'Argenterie
  • Le concile de Trente et l'évangélisation du Nouveau monde, vers 1935, Paris, église du Saint-Esprit
  • Allégorie du Tissu, 1937, collection particulière (carton pour une mosaïque du pavillon du textile)
  • La Gloire de Bordeaux (esquisse), 1937, Bordeaux, musée des Beaux-Arts
  • La Gloire de Bordeaux, 1938, Bordeaux, Bourse du Travail
  • Décors du Grand Salon des première classe du paquebot Normandie (avec le verrier Jacques-Charles Champigneulle) : fragments à New-York, Metropolitan Museum of Art ; au Brooklyn Museum ; à Pittsburgh, Carnegie Museum ; à Paris, musée de la Marine ; à Saint-Nazaire, Escal'Atlantic ; et en collection particulière.
  • Le jeu de cartes, 1954, Paris, lycée Claude-Monet
  • Le jeu d'échecs, 1954, Paris, lycée Claude-Monet
  • Femme en buste, Beauvais, musée départemental de l'Oise


Décorations pour des paquebots

  • Tir au pigeons, 1926, panneau pour la salle de théâtre du paquebot Île-de-France, en collaboration avec Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933)
  • Le Char de Thétys, 1934, 6,50 × 15 mètres, un des quatre panneaux subsistant du Normandie réalisé en collaboration avec Jacques-Charles Champigneulle (1907-955)[8], maître-verrier entre 1928 et 1952, d'après les cartons de Jean Dupas exécuté en verre églomisé par Champigneulle pour le grand salon des premières classes. Cette œuvre est conservée à Paris au musée de la Marine. En 1950, la décoration du paquebot Liberté bénéficiera d'éléments provenant du paquebot Normandie, dont une fresque de Dupas

Expositions et Salons

Réception critique

Robert Coustet dit de lui : « Il invente un univers antique sophistiqué et soumet ses personnages aux élongations d'un dessin néo-ingresque soutenu par une palette vive que la critique qualifie de “tubisme”[9]. »

Récompenses

Élèves[10]

Bibliographie

  • Dictionnaire Bénézit
  • Jacqueline du Pasquier, Bordeaux Arts Déco, éditions Somogy, 1997
  • Collectif, Affiches de Jean Dupas, catalogue de l'exposition, Bordeaux, 1987
  • Collectif, Les Pages d'or de l'édition française, Mairie de Paris, 1988
  • Patricia Bayer, Art déco. Le livre, éditions Florilège, 1988
  • Louis René Vian, Les Arts décoratifs à bord des paquebots français, éditions Fonmare, 1992
  • H. Bernard, Notice sur la vie et les travaux de Jean Dupas, Institut de France, 1968
  • Le Pavillon de France à New-York, L'architecture d'aujourd'hui, janvier-février 1940, p. 81
  • Roger Henri Expert (1882-1955), Paris, IFA-éditions du Moniteur, 1983, p. 220-225-230 et 233-234
  • Robert Coustet, La Gloire de Bordeaux dans la Revue Archéologique de Bordeaux t. LXXX, année 1989
  • Jacques Sargos, Bordeaux vu par les peintres Bordeaux, éditions L'Horizon chimérique, 2006, p. 356-357
  • Lucie Smith-Edward, Art Déco Painting, Crown Publisling, New York, 1990 (ISBN 0517580004)
  • France Lechleiter, Autour de Jean Dupas : le renouveau classique à la Villa Médicis dans les années 1920, éditions électronique extrait de Tradition et innovation en histoire de l'art sous la direction de Jean-René Gaborit, 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006, p. 217-238. éditions du CTHS.
  • Robert Coustet, Dictionnaire de Bordeaux, p. 166.
  • Larnaudie-Eiffel, Jean Dupas, mémoire de maîtrise d'HDA, Paris-Sorbonne 1986.
  • THB10, 1914; VO1, 1953. DBF XII, 1970; Osterwalder, (1890-1945), 1992[précision nécessaire]
  • Ducan, 1986 E.T. White Carnegie mag 63:1996 (5) 24.[précision nécessaire]
  • Du Pasquier, Bordeaux MAD. Bordeaux Arts déco (K) p. 1997; Christie's internat. mag[précision nécessaire]
  • Didier Cousin, Dictionnaire des peintres bordelais

Iconographie

Notes et références

  1. Isabelle Bissière, Biographie de Roger Bissière.
  2. Alain Valtat, Geoffroy Dauvergne, éditions Lévana, Sceaux, 1996, p. 24/483
  3. Les Perruches, notice sur photo.rmn.fr
  4. Étiquette collée au dos de la toile La Femme à l'Ara, 1921.
  5. Notice de présentation de l'œuvre de Jean Dupas : La Vigne et le Vin, musée d'Aquitaine, Bordeaux.
  6. Archives photographiques de la Cité de l'architecture et du patrimoine.
  7. Arrêté de la commission du 1% le 29 juillet 1955, archives nationales de France.
  8. Petit-fils du maître-verrier Louis-Charles-Maris Champigneulle (1853-1905).
  9. Robert Coustet, Dictionnaire de Bordeaux
  10. Registre d'inscription des élèves de l'école des beaux-arts de Paris de 1945 à 1957, AJ52*1353.

Articles connexes

Liens externes