Jean Carpentier

Jean Carpentier

Jean Carpentier, né le à Paris et mort le à Savigny-le-Temple, est un médecin généraliste français.

Biographie

En 1968, Jean Carpentier crée le Comité d'action Santé, puis anime le journal Tankonalasanté. Il s'installe comme médecin à Corbeil, et sera particulièrement connu pour un tract sur la sexualité intitulé Apprenons à faire l’amour, qu'il a rédigé et distribué au printemps 1971 dans les lycées de France, et qui lui valut d'être interdit par le conseil de l'ordre d'exercer son métier pendant un an, et d'être condamné par la justice pour « outrage aux bonnes mœurs ».

Par ailleurs, Mme Mercier, professeur de philosophie à Belfort, a également fait l'objet d'une plainte de la part d'un parent d'élève, pour avoir accepté, à la demande de ses élèves, de commenter ce tract ; mais la procédure s'est terminée par un non-lieu[1]. Ses amis du Groupe information santé prennent sa défense en venant diffuser le tract devant le lycée puis dans d'autres.

Jean Carpentier participe aussi à la fondation du REPSUD (Réseau des professionnels pour les soins aux usagers de drogues)[2] qui milite pour l'utilisation de produits de substitution aux drogues. Il est également membre de la Commission des stupéfiants et des psychotropes de l'Afssaps[3]. Selon lui il y aurait un lien entre la sexualité et l'usage des drogues : « secrets de famille, pas très jolis, ces histoires d'attouchements sexuels dans l'enfance par le père ou un oncle retrouvées chez beaucoup de toxicomanes, en particulier les femmes ».

Une émission de télévision du sur FR3 ayant pour sujet la sexualité des Français, traduit l'évolution des mœurs de l'époque ; on y parle de ce tract et le docteur Carpentier s'exprime sur le sujet[4].

En 1998, Jean Carpentier devient membre de la commission des stupéfiants et des psychotropes de l'agence chargée du médicament. Deux ans plus tard, le ministre Bernard Kouchner le charge d'une mission auprès du directeur général de la santé afin de sensibiliser et de former les médecins généralistes à la substitution aux opiacés[5].

Bibliographie

Jean Carpentier est l'auteur de plusieurs ouvrages :

  • 1972 : Textes libres (ill. Wolinski), éd. Librairie l'Impensé radical, 109 p.
    Contient une courte histoire et une reproduction du tract de 1971 ; ce passage est reproduit dans La lettre de l'enfance et de l'adolescence, no 45 « Les amours adolescentes », 3e trim. 2001, p. 73–75 [lire en ligne]
  • 1977 : Médecine générale, éd. François Maspero, coll. « Malgré tout », 188 p. (ISBN 2-7071-0972-X), rééd. 1981, coll. « Petite collection Maspero », 211 p. (ISBN 2-7071-1225-9)
  • 1985 : Medical flipper, éd. la Découverte, coll. « Cahiers libres », 154 p. (ISBN 2-7071-1528-2)
  • 1994 : La toxicomanie à l'héroïne en médecine générale : Manuel, éd. Ellipses, 112 p. (ISBN 2-7298-4444-9)
  • 1997 : La villa des roses, éd. du Losange, coll. « Mémoires », 194 p. (ISBN 2-84295-005-4)
  • 1998 : L'un est deux, sinon plus : Poèmes et oraisons, éd. du Losange, 56 p. (ISBN 2-84295-015-1)
  • 1999 : Accueillir et prendre soin d'un usager de drogues en médecine de ville : Pourquoi a-t-il fallu qu'il frappe à ma porte ?, éd. Drass d'Île-de-France / Direction générale de la santé / Mildt, 22 p. [lire en ligne]
  • 2005 : Journal d'un médecin de ville : Médecine et politique, 1950-2005, éd. du Losange, 391 p. (ISBN 2-84295-105-0)

Références

  1. Alain Giami, « Une histoire de l'éducation sexuelle en France : une médicalisation progressive de la sexualité (1945-1980) », Sexologies, Elsevier Masson, vol. 16, no 3,‎ juillet-septembre 2007, p. 219–229 (ISSN 1158-1360, DOI 10.1016/j.sexol.2007.06.001, lire en ligne).
  2. Auquel s'affilie, en 1997, REPSUD 06 (Alain Mucchielli) dans les Alpes-Maritimes
  3. Maud Dugrand, « Jean Carpentier, Le toubib militant », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  4. Vendredi : « De quoi avons-nous peur ? La sexualité, 2e partie », sur Archives pour tous, INA. Consulté le 17 avril 2009.
  5. Journal Le Monde, « Dr Jean Carpentier (1935-2014), médecin généraliste engagé »,