Jean-Yves Le Drian

Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian en 2017.
Jean-Yves Le Drian en 2017.
Fonctions
Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
En fonction depuis le
(10 mois et 29 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I et II
Prédécesseur Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères et Développement international)
Ministre de la Défense

(4 ans, 11 mois et 24 jours)
Président François Hollande
Premier ministre Jean-Marc Ayrault
Manuel Valls
Bernard Cazeneuve
Gouvernement Ayrault I et II, Valls I et II, Cazeneuve
Prédécesseur Gérard Longuet (Défense et Anciens combattants)[1]
Successeur Sylvie Goulard (Armées)
Président du conseil régional de Bretagne

(1 an, 5 mois et 15 jours)
Réélection 13 décembre 2015
Prédécesseur Pierrick Massiot
Successeur Loïg Chesnais-Girard

(8 ans, 2 mois et 27 jours)
Élection 2 avril 2004
Réélection 26 mars 2010
Prédécesseur Josselin de Rohan
Successeur Pierrick Massiot
Secrétaire d'État à la Mer

(10 mois et 17 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Édith Cresson
Gouvernement Cresson
Prédécesseur Jacques Mellick
Successeur Charles Josselin
Maire de Lorient
[n 1]
(16 ans, 8 mois et 29 jours)
Élection 13 mars 1983
Réélection 19 mars 1989
18 juin 1995
Prédécesseur Jean Lagarde
Successeur Norbert Métairie
Député français

(10 ans et 7 jours)
Réélection 1er juin 1997
Circonscription 5e du Morbihan
Législature XIe, XIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Michel Godard
Successeur Françoise Olivier-Coupeau

(12 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 19 mars 1978
Réélection
Circonscription 5e du Morbihan (1978-1986)
département du Morbihan (1986-1988)
5e du Morbihan (1986-1991)
Législature VIe, VIIe, VIIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Yves Allainmat
Successeur Pierre Victoria
Biographie
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Lorient (Morbihan, France)
Nationalité Française
Parti politique PS (1974-2018)
Conjoint Maria Vadillo[2]
Diplômé de Université Rennes-II
Profession Universitaire en histoire
Religion Catholicisme
Résidence 37, quai d'Orsay, Paris (VIIe)

Signature de Jean-Yves Le Drian

Jean-Yves Le Drian
Maires de Lorient

Jean-Yves Le Drian, né le à Lorient (Morbihan), est un homme politique français.

Membre du Parti socialiste à partir de 1974, il est notamment maire de Lorient de 1981 à 1998 et président du conseil régional de Bretagne de 2004 à 2012 et de 2015 à 2017.

En 2010, il devient président de la Conférence des régions périphériques maritimes d’Europe. Secrétaire d'État à la Mer dans le gouvernement d'Édith Cresson, durant la présidence de François Mitterrand, entre 1991 et 1992, il est nommé le ministre de la Défense dans le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault et conserve son poste dans les gouvernements Ayrault II, Valls I, Valls II et Cazeneuve.

En 2017, Jean-Yves Le Drian est nommé ministre de l'Europe et des Affaires étrangères dans le gouvernement Édouard Philippe. Il quitte le Parti socialiste en 2018.

Jeunesse

Famille

Jean-Yves Le Drian est issu d'une famille catholique ouvrière à Lanester dans la région de Lorient. Un de ses grands-pères exerçait le métier de docker[3] et l'autre était quartier-maître infirmier dans la Marine nationale. Son père Jean, vendeur de pièces détachées d'automobiles aux Établissements Renault[4] et syndicaliste, est proche des milieux communistes de la ville mais surtout du milieu ouvrier. Sa mère Louisette est couturière aux magasins d'habillement Corbière et Nobis de Quimperlé et Lorient. Elle milite par ailleurs à l'action catholique ouvrière, ce qui lui vaut d'être invitée au concile de Vatican II[5]. Avec Jean Le Drian, qu'elle épouse le 27 avril 1946, ils militent à la jeunesse ouvrière chrétienne[6] et continuent leurs engagements dans des mouvements syndicaux et familiaux, notamment la Confédération syndicale des familles dont Jean est un temps président national[6].

Il a deux sœurs, Thérèse Thiery conseillère générale et maire de Lanester[7], et Marie Le Drian, écrivain[7],[8]. En secondes noces, Jean-Yves Le Drian a épousé en 2006 Maria Vadillo, élue rennaise et vice-présidente du Conseil régional de Bretagne[7].

Formation

Né à Lorient le , Jean-Yves Le Drian grandit à Lanester[n 2] où, vu ses bons résultats scolaires, un de ses instituteurs lui conseille de poursuivre ses études. Il intègre alors le lycée Saint-Louis de Lorient, où il est un des rares fils d’ouvriers[4]. À table, les discussions familiales tournent alors souvent autour des thèmes de l'action syndicale, de l'Église, et de la lutte des classes[5].

Après son baccalauréat, il passe un an en hypokhâgne au lycée de Cornouaille à Quimper[4], puis s'inscrit à l'université de Rennes où il commence des études d'histoire en 1966][9]. Il passe par ailleurs les deux étés 1966 et 1967 en Algérie, pour donner des cours de rattrapage à des élèves de petite Kabylie, puis de la banlieue d'Alger[9],[10].

Débuts professionnels

À partir de , il commence à travailler à mi-temps comme professeur d'Histoire au lycée Notre-Dame-du-Vœu de Hennebont et commence dans le même temps une maitrise d'Histoire à l'université de Rennes. Celle-ci porte sur les Forges d'Hennebont, et il profite de la proximité de son lieu de travail pour avancer ce travail de recherche[11]. Il rate l'agrégation en 1970 lors de sa première tentative, comme un ami proche, François Chappé, et continue alors à préparer ce concours tout en travaillant au lycée de Hennebont. C'est à cette époque qu'il rencontre sa première femme, elle aussi étudiante dans la même université[12], mais aussi sa seconde épouse qui fait aussi des remplacements au lycée hennebontais[10]. L'agrégation est finalement obtenue en 1971 ; son directeur de mémoire, Michel Denis, lui propose alors de poursuivre son travail de recherche lors d'une thèse[13]. À l'issue de son service militaire, il est recruté à la rentrée 1973 comme professeur assistant d'histoire ; son passé comme leader de Mai 68 à Rennes provoque une opposition au sein du département d'histoire lorsque sa candidature est proposée[14], il est alors soutenu par François Lebrun et Jacques Léonard[15]. Il rencontre alors le futur maire de Quimper Bernard Poignant, qui prépare lui aussi l'agrégation[16], le futur directeur d'Antenne 2, Jean-Michel Gaillard, lui aussi maître-assistant en Histoire[17], ainsi qu'André Lespagnol, futur président de l'université[15].

Il participe à l'élection à la tête de l'université de Michel Denis, alors qu'une équipe s'est constituée autour d'André Lespagnol et de Jean-Michel Gaillard. Il prend part à la rédaction d'un programme pour l'université, et aux actions de lobbying auprès du personnel et des étudiants[18].

Il accomplit son service militaire au 512e régiment du train de Saint-Lô[5], après avoir initialement été convoqué dans les para[13]. Ce changement d'affectation fait suite à l'intervention de son père auprès du député-maire de Carnac Christian Bonnet. Lors de son service, il apprend à conduire divers véhicules[14].

Premiers engagements politiques

Alors lycéen à Lorient, il commence à militer au sein de la jeunesse étudiante chrétienne, dont il devient premier secrétaire dans le Morbihan alors qu'il n'est qu'en terminale. Lors du congrès national de Dijon, il fait la rencontre d'Henri Nallet, représentant national de la JEC et futur ministre socialiste[6]. Tout en restant militant et chef local de cette structure lors de ses années étudiantes, il rejoint l'union nationale des étudiants de France en 1967 dont il devient un des responsable rennais, et participe activement à mai 68 à Rennes comme cadre de l'UNEF et de la JEC[3].

Au début des années 1970, il observe les partis politiques de loin, sans s'encarter : il se méfie de l'extrême gauche, la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) lui semble dépassée, il n'est pas convaincu non plus par le Parti socialiste unifié (PSU). La seule parole qui retienne son attention est celle de l'Union démocratique bretonne (UDB) : « S'il y a un parti où j'ai failli adhérer dans les années 1970, c'est celui-ci. Je me suis interrogé. Je le trouvais cohérent »[19],[20].

En , après avoir écouté un discours de François Mitterrand à Rennes en compagnie de son collègue Jean-Michel Gaillard, c'est finalement au Parti socialiste qu'il décide d'adhérer et dans lequel il milite depuis au sein de la section de Lorient[21]. Il prend la direction de celle-ci dès 1975, et désigne dans chacun des trois cantons de la ville[n 3] un responsable chargé d'occuper le terrain pour rendre le parti plus visible auprès des Lorientais[22]. Il obtient un premier mandat de conseiller municipal à l'occasion des élections municipales de 1977 en se faisant élire sur la liste du maire socialiste de Lorient Jean Lagarde, dont il devient adjoint chargé de l'action économique[21].

Carrière politique

Maire de Lorient

Il est élu maire de la ville le , à la suite de la démission du précédent occupant du poste qui s'était engagé à se retirer à 70 ans[21]. Il occupe cette fonction pendant 17 ans jusqu'en 1998, date de sa démission pour cause de cumul de mandats après son élection au conseil régional de Bretagne. Il est alors remplacé par Norbert Métairie, son ancien adjoint, mais reste membre du conseil municipal. Il est réélu sur la liste de Norbert Métairie lors des élections municipales de 2001. Il démissionne cependant de ce mandat municipal au lendemain des élections régionales de 2004 pour se consacrer pleinement à son nouveau mandat de président de région.

Il est souvent rattaché à la « génération de 1977 », un groupe d'élus de gauche ayant conquis ou intégré des exécutifs de municipalités de l'ouest de la France lors des élections municipales cette année-là[23],[24]. Comme Edmond Hervé à Rennes, ou Jean-Marc Ayrault à Nantes, sa politique est souvent comparée au socialisme municipal[23],[25] ; l'action dans le domaine de l'économie culturelle est aussi relevée, le festival interceltique de Lorient qui gagne en importance lors de son mandat jouant un rôle comparable aux Tombées de la nuit de Rennes, ou aux Folle Journée de Nantes[23],[26].

Lors de son arrivé à la tête de la mairie de Lorient, il analyse la dépendance de l'économie de la ville au secteur étatique comme une faiblesse. L'Armée via la Base aéronavale de Lann-Bihoué, la base de sous-marins de Keroman, et l'arsenal de la ville occupe une place centrale dans l'économie de la ville, et Le Drian engage plusieurs actions pour diversifier le modèle économique lorientais. Il est ainsi amené à rencontrer de nombreux chefs d'entreprises[27]. C'est par ce biais qu'il fait la connaissance de Paul Anselin[28], qui est actif dans le développement économique régional, et qui l'aide à attirer des investisseurs à Lorient[29].

Avec d'autres élus du département, il s'engage à partir du milieu des années 1980 pour accentuer l'essor des implantations universitaire à Lorient et aboutir à transformation de celles-ci en université de plein droit[30]. La région Bretagne fait à l'époque face à une hausse importante du nombre d'étudiants ; les autres sites de la région peinent à accueillir ceux-ci[31]. Avec les députés Jean Giovannelli et Louis Le Pensec, il signe une tribune en dans Ouest-France appelant à la création d'une université regroupant les sites de Quimper, Lorient, et Vannes. Cette initiative est alors très critiquée par les présidents des universités bretonne, mais reçoit un meilleur accueil chez les responsables politiques locaux[30]. Les élections législatives de 1988 ramènent la gauche au pouvoir et un terrain favorable au développement de cette idée . Jean-Yves Le Drian s'entend avec le maire de Vannes Pierre Pavec pour y travailler en commun, le maire de Quimper Bernard Poignant ayant préféré se retirer. Fin 1988, les deux maires présentent un projet de création d'université de Bretagne-Sud[32]. Certains conseillers politiques du président de la République François Mitterrand s'y opposent, comme Pierre Moscovici[33]. L'entrée au gouvernement de Jean-Yves Le Drian en permet à ce projet de gagner en poids politique et celui-ci est adopté en [34]. L'officialisation de la création de l'université de Bretagne-Sud intervient en 1994[35] et celle-ci devient effective en 1995[36].

Supporteur déclaré du FC Lorient[37], il intervient à plusieurs reprises dans l'histoire du club lorsque celui-ci est en difficulté. Il est actif lorsque le club fait faillite en 1985 [38]. Lorsque la structure du club évolue en 1998 il va chercher des investisseurs pour reprendre le club, comme Jean-Guy Le Floch et Noël Couëdel, ce qui abouti à la nomination de ce dernier comme président[39], puis est de nouveau actif lorsque Alain Le Roch devient actionnaire principal en 2001[40], ou encore en 2014 lorsque l'entraîneur historique du club Christian Gourcuff souhaite quitter la structure[41].

Plusieurs opérations de renouvellement urbain sont initiées lors de la seconde moitié de ses mandats. En 1989 est lancé la recomposition des trois barres de HLM du quai de Rohan, confié aux urbanistes Sophie Denissof et Roland Castro et achevé en 1996[42]. La réhabilitation de l'îlot de la République à proximité est confié par la suite à ce dernier architecte[43] Son adjoint à l'urbanisme Norbert Métairie lors de ces opérations accède au poste de premier-adjoint en 1995 avant de lui succéder à la mairie en 1998[42].

Député du Morbihan

Contacté par le député PS de Lorient Yves Allainmat, il rencontre celui-ci au Palais Bourbon au début de l'année 1977. Ne souhaitant pas se représenter, Allainmat propose à Le Drian de poser sa candidature pour les élections législatives de 1978, lui prenant la place de suppléant. Ils doivent cependant faire face au maire PS de Lorient Jean Lagarde, qui souhaite que l'ancien résistant et maire de Quéven Pierre Quinio représente les socialistes pour cette élection. Le duo peut compter sur le soutien de Pierre Mauroy, une des figures majeures du PS au niveau national, ainsi que sur le père de Le Drian, premier adjoint au maire de Lanester, alors que la ville est un secteur clef pour pouvoir remporter la circonscription. L'investiture est largement remportée, et Le Drian se voit opposer pour cette élection au candidat RPR Jean-Claude Croizer. Il est soutenu pendant sa campagne par des visites comme celles du vulcanologue Haroun Tazieff, du chanteur André Dassary, ou de Pierre Mauroy. L'élection est remportée avec 52 % des voix, grâce au report des votes communistes, et il fait à l'âge de 30 ans son entrée à l'Assemblée nationale le [22].

Il parvient à conserver son siège pendant 13 ans, jusqu'à son entrée au gouvernement d'Édith Cresson le comme secrétaire d'État à la mer. Lors des élections législatives de 1993, il cède à la « vague bleue » et ne parvient pas à récupérer son mandat de député, cédé à son suppléant Pierre Victoria pendant deux ans. Il est battu le par le candidat UDF Michel Godard. Il récupère finalement son siège de député à l'occasion des élections législatives de 1997. Il bat alors la candidate RPR Catherine Giquel en obtenant 56,79 % des voix au second tour. Il est réélu député le pour un sixième mandat en battant le candidat UDF Fabrice Loher avec 50,39 % des voix au second tour[réf. nécessaire]. Il décide de ne pas se représenter pour les législatives de 2007 et soutient la candidature de sa chargée de mission à la région, Françoise Olivier-Coupeau[44].

Le Drian concentre une partie de son travail sur les questions liées à la Défense. Il intègre ainsi la Commission « Défense » de l'Assemblée à partir de 1978, et en devient le vice-président en 1988. Il participe par ce biais à la rédaction de plusieurs rapports[45], et est en première ligne lors des débats portant sur la suppression du service militaire, ou sur l'engagement militaire français au Liban dans les années 1980 ou en Irak en 1991. Il en profite aussi pour intervenir dans les questions qui touchent à la ville dont il est maire, et qui compte plusieurs installations militaires[46].

Il est aussi actif dans le domaine maritime, et signe plusieurs rapports sur la question du transport des produits toxiques en mer[47], alors que sa circonscription est plusieurs fois touchées par des marées noires[n 4],[48], ou sur l'évolution du pavillon des Îles Kerguelen pour la marine marchande française[49],[50].

Président du conseil régional de Bretagne

Séquences électorales en région

Grâce à sa position de porte-parole du Bureau régional d'études et d'informations socialistes, un groupe informel au sein du PS, Le Drian parvient à affirmer sa place de chef au sein des socialistes bretons. Ceci lui permet de s'imposer comme tête de liste lors des élections régionales françaises de 1998, face à d'autres cadres du parti comme Charles Josselin, Louis Le Pensec, ou Marylise Lebranchu. Le parti ne parvient cependant pas à remporter cette élection[3]. Il dirige alors au sein du conseil régional de Bretagne l'opposition au nouveau président RPR Josselin de Rohan. Il confie plus tard concernant cette période qu'« Il était important d’exercer sans arrêt un contre-poids à l’action de Rohan et de me faire connaître au niveau breton. […] On a entrepris surtout un travail de longue haleine pour préparer un projet et gagner en 2004. »[51]. Il doit cependant laisser sa place de conseiller régional en 2002, alors député et touché par une loi anti-cumul de mandat[3].

Il mène de nouveau une liste d'alliance PS-PCF-PRG-Les Verts-UDB lors des élections régionales françaises de 2004 et remporte cette fois le scrutin face à une liste menée par le président sortant De Rohan avec 58,66 % des suffrages exprimés et 58 sièges[3]. Cette nette victoire concrétise le progressif basculement à gauche de la Bretagne[n 5], et il devient ainsi le premier président socialiste du conseil régional de Bretagne. Il se démarque lors de la campagne par ses stratégies de communication. Plus à l'aise dans les médias que Josselin de Rohan, il se singularise alors en portant régulièrement un ciré jaune[52].

En octobre 2009, candidat à sa propre succession, Jean-Yves Le Drian est choisi par le Parti socialiste pour mener la campagne en vue des élections régionales de mars 2010. À l'issue du premier tour le 14 mars 2010, la liste qu’il mène obtient 37,2 % des voix, le plaçant loin devant la liste de l’UMP de Bernadette Malgorn (23,7 % des voix) et devant la liste Europe Écologie - UDB de Guy Hascoët (12,2 % des voix)[53]. Sa liste l’emporte au second tour en obtenant 50,27 % des voix et 52 sièges, contre 32,36 % à la liste UMP (20 sièges) et 17,37 % à la liste Europe-Écologie (11 sièges)[54]. Le , il est réélu président du conseil régional en obtenant 52 voix ; les élus UMP, Europe-Écologie et UDB s’étant abstenus[55]. Pendant la campagne, il est attaqué par Malgorn et Hascoët sur les déséquilibres entre l'est et l'ouest de la région, l'échéance à venir de la Politique agricole commune, ainsi que sur la question du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes que la région finance en parti[56].

Le Drian participe aux élections régionales de 2015 en Bretagne tout en étant au gouvernement. Le PS a alors conclu un accord national avec EELV, et il est poussé à inclure des écologistes sur ses listes, ce qu'il refuse jusqu'au bout, malgré une intervention du Premier ministre dans ce sens[57]. Il doit faire face à Marc Le Fur qui dirige les listes de droite, et à Christian Troadec qui dirige une liste écologiste, ces deux opposants occupant la scène médiatique depuis le mouvement des bonnets rouges en 2013[58]. Il doit aussi faire face à la monté du Front national qui dispose alors d'une importante dynamique nationale, et représenté localement par Gilles Pennelle[59]. Attaqué sur la question du cumul des mandats, il remporte le scrutin avec 51,41 % des voix au second tour, contre 29,72 % pour Le Fur, et 18,87 % pour Pennelle[60]. Après avoir été nommé ministre de l'Europe et des Affaires étrangères le , il démissionne de la présidence de la région le 2 juin suivant, tout en restant conseiller régional[61].

Gestion de la région

Lors de son premier mandat à la tête du conseil régional de Bretagne, Le Drian s'entoure de personnalités venant de plusieurs tendances de la gauche au sein de l'exécutif[62]. La première vice-présidence revient à Marylise Lebranchu, Pierrick Massiot obtient la vice présidence chargée des finances, Christian Guyonvarc'h (UDB) se voit attribuer celle aux affaires européennes et internationales, et Gérard Lahellec (PCF) celle aux transports[63]. L'exécutif compte aussi Sylvie Robert (communication), Odette Herviaux (agriculture)[62].

Dans le domaine écologique, plusieurs mesures sont mises en œuvre dès son premier mandat. Un plan de rénovation des lycées permet à ceux-ci d'importantes économies d'énergie. Des investissements importants dans les transports en commun ont lieu, notamment dans le réseau du TER Bretagne permet à ce dernier de voir sa fréquentation augmenter de 50% en six ans. Dans le domaine de la gestion de l'eau, la région de parvient pas à voir cette compétence lui être transférée, et la question des algues vertes continue de poser problème[64].

Dans le domaine de la culture et de la communication, les ressources de la région restent limitées. Françoise Olivier-Coupeau qui va lui succéder dans la Cinquième circonscription du Morbihan dirige alors ses relations avec la presse. En 2006, il est alors crédité de 44 % d'opinions favorables[65]. Il s'implique aussi dans la Breizh Touch, opération de communication de la région à Paris en 2007 aux trois-quarts financés par le conseil régional[66], et plusieurs campagnes de promotion du tourisme régional vont suivre[67]. Il initie l'institutionnalisation de la Fête de la Bretagne en 2009, à l'image de la fête de la Saint-Patrick irlandaise[68].

Dans le domaine économique, Le Drian prend l'habitude dès son premier mandat de visiter une fois par an au Japon les entreprises nippones implantées dans la région[68]. Une politique de formation et de développement de l'apprentissage est mise en œuvre au même moment. Cependant, le bilan de son premier mandat dans ce domaine est jugé « mitigé » par Le Télégramme en 2010, qui juge par ailleurs que « les relations avec les entreprises (...) se sont détériorées »[64]. Lors de son second mandat, la crise agricole gagne en intensité, et le Mouvement des Bonnets rouges prend de l'importance dans la région en 2013. Alors au gouvernement, Le Drian prend position pour l'abrogation de l'« écotaxe »[69]. Un plan de cyberdéfense est acquis, permettant un essor des emplois liés à ce domaine dans la région[68].

Les infrastructures sont développées de plusieurs manières. Le financement régional pour la LGV Bretagne-Pays de la Loire est aussi obtenue par la signature d'une convention en 2008[68], mais le tronçon allant de Rennes à Brest est exclu[70]. La mise en deux fois deux voies de la RN 164 continue sous ses mandats[71]. L'accès à l'internet très haut débit par le déploiement de la fibre optique est aussi acté, et un pacte électrique breton basé sur les énergies marines est développé pour sécuriser l'approvisionnement électrique de la région[68]. Ces investissements se font via de fortes hausses d'impôt dès le début de son premier mandat. Cependant, Le Télégramme indique qu'à l'issue de son premier mandat, les aides régionales ont avant tout favorisé les secteurs urbains, et en premier lieu celui de Rennes[64].

Il parvient par ailleurs à diviser efficacement l'opposition de droite au conseil régional lors de son premier mandat[72].

Engagements au Parti socialiste

Il rencontre le futur président de la République François Hollande en 1979 dans le cadre d'un des procès du Front de libération de la Bretagne (FLB)[73]. L'assistant de l'avocat de ceux-ci, Jean-Pierre Mignard, l'appelle à témoigner sur sa vision de la Bretagne, et le met en contact avec un de ses amis, François Hollande. Ils se rencontrent pour la première fois dans un bureau de l'Assemblée nationale, puis régulièrement au domicile d'Hollande et de Ségolène Royal rue de Rennes à Paris[74]. Les années suivantes, il se rapproche politiquement de Hollande qui souhaite à l'époque sortir de la logique des courants du Parti socialiste, et co-signe avec lui, Jean-Pierre Mignard et Jean-Michel Gaillard une tribune dans Le Monde le « Pour être modernes, soyons démocrates » qui marque le début des « transcourants » au parti[16]. Il hérite à l'époque du surnom de « saumon rose » en raison de sa capacité à remonter les courants au PS[75]

Dans le but d'assurer le soutien d'un cadre du parti à l'initiative des « transcourants », Le Drian a l'idée d'inviter Jacques Delors à Lorient, en marge de la course de l'Europe que le président de la Commission européenne vient de lancer pour communiquer sur la Communauté économique européenne et qui fait escale dans la ville. Le , il accueille avec Hollande Jacques Delors au centre culturel Amzer Nevez[n 6], dans la banlieue lorientaise[76]. Ces rencontres vont se tenir tous les ans à Lorient jusqu'en 1996[74].

Lors de la primaire PS pour la présidentielle de 2007, il fait partie des huit présidents de conseils régionaux à prendre parti fin 2006 en faveur de la candidature de Ségolène Royal[77].

Lors de la primaire organisée par le Parti Socialiste pour désigner son candidat à la présidentielle de mai 2012, il soutient François Hollande. Chargé des questions de défense du candidat, il dirige un groupe d'experts réunissant des hauts-fonctionnaires, des cadres de l'industrie de l'armement et des membres des cabinets des précédents ministres socialistes de la Défense. Il établit, durant la campagne, des contacts avec les gouvernements étrangers, se rendant notamment à Washington au début du mois de [78]. Il prépare également le discours sur la Défense prononcé par le candidat le [79].

Le Drian s'engage en faveur de François Hollande lors des élection présidentielle française de 2017.

Lors de l'approche de l'échéance présidentielle de 2017, et alors que la présence de François Hollande est remise en cause par une suite de sondages défavorables, il prend position le et décrit le Premier ministre Manuel Valls comme le mieux placé pour être le candidat de la gauche à l'élection présidentielle française de 2017, dans le cas où le président sortant, François Hollande, ne se représente pas[80]. Il soutient finalement Manuel Valls lors de la primaire citoyenne de 2017 après la renonciation de François Hollande[81]. L'ancien Premier ministre défait par Benoît Hamon, Le Drian annonce le son soutien dès le premier tour à la candidature d'Emmanuel Macron[82]. Il reste adhérent du PS malgré son entrée au gouvernement, alors qu'Olivier Dussopt est exclu du parti après avoir été nommé secrétaire d'État[83].

Le 8 mars 2018, il annonce qu'il quitte le Parti socialiste[84]. Peu avant, le coordinateur du PS, Rachid Temal, avait déclaré que Le Drian et les membres du parti ayant rejoint le gouvernement d'Édouard Philippe n'étaient plus membres de fait du parti, et que par conséquent, ils ne pourraient voter au congrès d'Aubervilliers[85].

Cabinets ministériels

Secrétaire d'État à la Mer sous François Mitterrand (1991-1992)

Le Drian en 1992 à Toulon, alors Secrétaire d'État à la Mer.

Jean-Yves Le Drian rencontre François Mitterrand au palais de l'Élysée en 1990[86]. Ce dernier se sépare de son premier ministre Michel Rocard quelques mois plus tard, et nomme Édith Cresson pour lui succéder le [87]. Le Drian, qui a signé en 1989 un rapport portant sur la modernisation de la marine marchande française, entre au gouvernement comme secrétaire d'État chargé de la Mer[88]. Il intègre alors la place de Fontenoy, et travaille sous l'autorité du ministre de l'Équipement, du Logement, des Transports et de l'Espace, Paul Quilès. Il s'entoure de Jacques Roudier et de Marie-Françoise Simon-Rovetto[89], ainsi que de Yves Barraquand et de Didier Vaillant dans son cabinet[90].

Une réforme du statut des dockers est alors envisagée depuis plusieurs années[91], et d'autres pays européens ont déjà fait évolué leurs droits. Après avoir obtenu un arbitrage favorable de Matignon, l'intention de faire évoluer ce statut est rendu public le , et les syndicats ont alors jusqu'au 15 janvier suivant pour entamer des discussions dans chaque port[92].

L'opposition des dockers est importante, et prends la forme de grèves et d'arrêts de travail, y compris au port de commerce de Lorient, ville dont il est alors maire[92]. Sa permanence est prise pour cible, tout comme l'hôtel de ville de Lorient, et des tags « à mort Le Drian » sont visibles en ville. Le mouvement d'opposition gagne plusieurs ports, mais s'essouffle dès début 1992. La presse et les sondages d'opinion jugent alors positive la gestion du dossier, et la réforme poursuit son cours[92].

La démission d'Édith Cresson le et son remplacement par Pierre Bérégovoy au poste de premier ministre entraine le remplacement de Le Drian par Charles Josselin au poste de secrétaire d'État à la Mer[93]. Son éviction du gouvernement est vu comme une nécessité pour faire entrer d'autres personnalités plus importantes ; l'entrée de Bernard Tapie au gouvernement est aussi avancée, ce dernier étant élu de Marseille, ville comptant de très nombreux dockers[94]. Son nom apparait aussi dans l'affaire SAGES, ce qui affaibli son poids politique[95]. La réforme du statut des dockers est finalement mené à son terme par son successeur, Charles Josselin[95].

Ministre de la Défense sous François Hollande (2012-2017)

Photo de Jean-Yves Le Drian
Jean-Yves Le Drian passe en revue les élèves de l'École polytechnique.

Ses compétences dans le domaine de la Défense font que le président de la République Nicolas Sarkozy tente à plusieurs reprises de l'intégrer dans ses gouvernements. Dès le début de son mandat présidentiel en il lui propose le poste de ministre de la Défense[7]. Cette proposition est réitérée à l'issue des législatives de juin 2007 dans le cadre de la composition du gouvernement Fillon 2, ce qu'il refuse de nouveau[96],[97]. Une nouvelle tentative a lieu en marge de la finale de la Coupe de France de football en , mais avec le même succès[7].

Après la victoire du candidat socialiste en 2012, pendant laquelle il était déjà chargé des questions militaires[98], il est nommé ministre de la Défense dans son gouvernement. Il s'entoure alors de Cédric Lewandowski comme directeur de cabinet, et de Jean-Claude Mallet comme conseiller politique[7] ; son équipe de travail compte aussi des personnalités comme Laurent Collet-Billon, le général Pierre de Villiers à différents postes[99]. Il devient en cinq ans l'une des six personnalités à avoir participé à l'ensemble des gouvernements sous la présidence de François Hollande[100]. En , à l'approche du scrutin présidentiel de 2017, l'idée qu'il puisse poursuivre sa mission au ministère de la Défense et ce quelle que soit la majorité est évoquée[101]. Durant le quinquennat de François Hollande, il est l'un des ministres les plus populaires[101].

Gestion des théâtres d'opérations

Durant son ministère, il a notamment à gérer le retrait des troupes françaises d'Afghanistan, annoncé par le candidat Hollande lors de sa campagne, ainsi que l'intervention militaire française au Mali[102].

Le , il annonce la fin de l'opération Serval au Mali et le lancement de l'opération Barkhane au Sahel[103],[104].

Évolutions structurelles de l'armée
La Défense déplace son siège à l'Hexagone Balard lors de l'exercice de Le Drian.

La rédaction d'un nouveau Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale rendu public le et la préparation de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2014-2019[102].

Fin 2013, il annonce que le logiciel Louvois, critiqué pour ses nombreuses erreurs de versement de salaires qui touche plusieurs dizaines de milliers de soldats, est abandonné, et qu'un nouveau système sera lancé en 2015[105],[106].

Le Jean-Yves Le Drian officialise la stratégie cyberdéfense, sorte de quatrième armée, à côté de l’armée de terre, la marine et l’armée de l’air, pour le combat dans le cyberespace. Cette force de 3 200 experts, pourra mener la riposte en cas de cyberattaque[107].

Le Jean-Yves Le Drian officialise au salon Euronaval du Bourget le lancement dès début 2017 d’un nouveau programme de frégates, les frégates de taille intermédiaire, dites FTI, ou Belharra à l’export. L'objectif est de s’imposer dans le marché très compétitif des frégates de 4 000 tonnes[108].

Le déménagement des services du ministère de la défense de l'Hôtel de Brienne vers l'Hexagone Balard a lieu sous son exercice en , ce qui entraine le regroupement d'environ 9 300 personnes sur le nouveau site[109]. Le Drian continue cependant d'occuper l'Hôtel de Brienne[110], le faste de ce lieu étant mis en avant pour justifier la décision, jugé plus approprié pour recevoir des dignitaires étrangers et pour favoriser la signature de contrats d'armements[111].

Ventes d'armes à l'international

Lors de son passage au ministère, le montant de la vente d'armes à l'étranger passe de 4,6 milliards d'euros en 2012, à 16 milliards d'euros en 2015[112], à 20 milliards d'euros en 2016[113]. Ces ventes sont favorisées par un regain de tensions internationales qui poussent certains pays à s'équiper, et par la démonstration de l'efficacité du matériel lors des opérations de l'armée française[114]. Un « Comité ministériel des exportations de Défense » est créé lors de l'arrivé de Le Drian à la Défense, piloté par Cédric Lewandowski, et qui réunit différents industriels, personnels militaires et représentant de l'État. Le but est alors de coordonner les efforts en vue de négociations de ventes d'armement[114]. Le Drian s'investi souvent directement en faisant du relationnel avec des dirigeants politiques étrangers[115].

Le Drian avec le premier ministre Modi lors de la signature de la vente de chasseurs Rafale à l'Inde.

Il est alors le premier à parvenir à vendre des chasseurs Rafale[112]. Le premier contrat est passé avec l'Égypte le et porte sur 24 avions et 12 appareils supplémentaires en option[116],[117], puis le un contrat est passé avec le Qatar pour 24 appareils[118],[119]. En marge du Compétition MRCA, l'Inde signe un contrat portant sur 36 Rafales le [120].Les ventes réalisées sous son exercice comporte aussi de grands bâtiments navals. À la suite de l'affaire des Mistral, les futurs Gamal Abdel Nasser et Anouar el Sadate sont vendus à la marine égyptienne le [121] pour 950 millions d'euros[122]. La Frégate multi-missions Tahya Misr est elle aussi vendue à la marine égyptienne en [123]

Ministre des Affaires étrangères sous Emmanuel Macron (depuis 2017)

Le Drian est nommé au Quai d'Orsay alors que plusieurs puissances étrangères connaissent un certain affaiblissement[n 7], ce qui favorise la diplomatie française[75]. Son directeur de cabinet est Emmanuel Bonne, ancien conseiller de François Hollande à l’Élysée pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient[124].

Autres engagements

Franc-maçonnerie

Selon plusieurs médias, Jean-Yves Le Drian aurait été initié en franc-maçonnerie et serait membre du Grand Orient de France[125],[126],[127]. Selon Hubert Coudurier, il est introduit par l'ancien maire de Lorient Yves Allainmat[128], et rentre à la loge lorientaise « Nature et Philanthropie » en 1982[129]. Philippe Guglielmi, ancien grand-maître du Grand Orient de France, dit de lui qu'il est un « maçon très fidèle »[130]. Interrogé, Jean-Yves Le Drian indique qu'il ne souhaite pas s'exprimer sur ses « convictions personnelles »[125].

Régionalisme

Article connexe : mouvement breton.

En tant que président du conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian avait fait voter des vœux en faveur de la réunification de la Loire-Atlantique à la région Bretagne et s'était opposé à la fusion entre Bretagne et Pays de la Loire, défendue notamment par Jean-Marc Ayrault et Jacques Auxiette[131]. Pendant le débat sur la réorganisation des régions en 2014 sous le gouvernement de François Hollande, il penche en faveur du maintien de la région Bretagne dans ses frontières actuelles, au nom de la « volonté collective », tout en admettant qu'un récit historique lie la région Bretagne au département de Loire-Atlantique[132]. Le 26 juin, il signe une tribune dans le quotidien Ouest-France pour soutenir avec Stéphane Le Foll, en tant qu'« élu de l'ouest », une coopération renforcée entre la Bretagne et la région des Pays de la Loire : « La Bretagne [...] doit, demain, trouver dans une coopération avec les Pays de Loire une raison de renforcer cette identité partagée avec la Loire-Atlantique ». Il énonce une « nécessité de faire évoluer l'organisation territoriale »[133],[131],[134]. Cette intervention est immédiatement dénoncée par les partisans du retour de la Bretagne à cinq départements, comme étant une trahison et un reniement de Le Drian à la cause de la Bretagne réunifiée, et une action en faveur d'une région « Grand Ouest » réunissant Bretagne et Pays de la Loire[135],[136]. Pour d'autres, il a joué un rôle décisif pour empêcher la fusion Bretagne-Pays-de-la-Loire, préférant une région amputée plutôt que supprimée[137].

En octobre 1980, il prend la défense de militants bretons du Front de libération de la Bretagne lors d'un procès devant la Cour de sûreté de l'État. Les indépendantistes avaient été accusés d'avoir perpétré l'attentat du 6 mars 1979 contre l'immeuble des renseignements généraux de Saint-Brieuc. Jean-Yves le Drian fut alors entendu lors du procès, où il dénonça le retard économique de la Bretagne et compara la France à l'Espagne franquiste[138].

Cyclisme

Jean-Yves Le Drian développe dès son enfance un intérêt pour le cyclisme. S'il ne pratique pas cette activité en club, il assiste dès cette époque à plusieurs courses comme le Tour de l'Ouest, ou l'arrivée du Tour de France 1960 au stade vélodrome de Lorient[139] et collectionne des figurines de coureurs[140]. Il supporte à l'époque des coureurs comme Darrigade ou Bobet. Il se remet à pratiquer cette activité au début de son mandat de maire de Lorient au début des années 1980. Une épreuve réservée aux personnalités est organisée dans sa ville, et l'organisateur le convainc de participer. Lors de ses vacances dans les Alpes, il s'efforce alors de gravir un col par jour ; il continue par la suite de pratiquer dans la région de Lorient ou de Rennes en fonction de ses mandats cette activité[139].

Son arrivée à la tête de la région Bretagne en 2004 voit son implication pour la création de l'équipe Bretagne-Jean Floc'h. Il fait voter par le conseil régional un financement qui associé à celui de l'entrepreneur Jean Floc'h permet de monter l'équipe[140]. Alors ministre de la Défense, il s'implique aussi pour que l'équipe cycliste Armée de terre accède au statut professionnel en 2011[141].

Détail des mandats et fonctions

Député

Au conseil régional de Bretagne

Mairie et intercommunalité de Lorient

Fonctions ministérielles

  • 18/05/1991 - 02/04/1992 : secrétaire d'État à la Mer
  • 16/05/2012 - 10/05/2017 : ministre de la Défense
  • Depuis le 17/05/2017 : ministre de l'Europe et des Affaires étrangères

Distinctions et décorations

Publication

  • Jean-Yves Le Drian, Qui est l'ennemi ?, Le Cerf, coll. « Actualité », , 96 p. (ISBN 9782204110976)

Notes et références

Notes

  1. Par intérim, après la démission de Jean Lagarde, du au .
  2. La ville fait face à Lorient, de l'autre côté de la rivière du blavet, où vivent traditionnellement beaucoup d'ouvriers travaillant à l'arsenal de Lorient.
  3. La ville de Lorient comporte trois cantons : Lorient-centre, Lorient-nord, et Lorient-sud.
  4. Naufrage de l'Erika en , naufrage du Prestige en .
  5. Ce même jour, les conseils généraux de l'Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique basculent également à gauche, à la suite du Conseil général des Côtes-d'Armor en 1976 et de celui du Finistère en 1998.
  6. Le centre culturel Amzer Nevez, aussi appelée un temps conservatoire régional de musique et de danse, est un équipement ouvert en 1981 dans le cadre de la signature de la charte culturelle bretonne de 1977, et qui est notamment utilisé comme siège par la Bodadeg ar Sonerion.
  7. Le président américain Donald Trump attire des critiques à l'étranger, en Allemagne la chancelière Angela Merkel est affaiblie par les élections fédérales de 2017, et au Royaume-Unis la Première-ministre Theresa May connait des difficultés dans la procédure de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Références

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    « Cette spécificité lui ouvre aussi des portes sur le plan diplomatique. Supporter du FC Lorient, Le Drian connaît tous les joueurs – un Ivoirien, quatre Sénégalais, un Gabonais, un Burkinabé, un Congolais... « Du coup, il parle foot avec les chefs d'Etat africains, rapporte Gwendal Rouillard. Il leur dit : “Tiens, ton joueur a marqué un but le week-end dernier !” La relation est d'emblée plus chaleureuse. » »
  38. « FC Lorient. Loïc Guillemoto passe la main », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
    « En 1985, deuxième dépôt de bilan. « Le club est dans une " mouise " encore plus sévère. Encore une fois, c'est la volonté de quelques-uns (et notamment du maire de l'époque, Jean-Yves Le Drian) qui a permis au FC Lorient de s'en sortir » »
  39. « Un match peut en cacher un autre », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
    « Gourcuff avait en effet demandé des garanties sur l'évolution du club. A Louis Le Gallo mais aussi au député Jean-Yves Le Drian. Celui-ci avait alors fait appel à des Bretons influents comme Noël Couëdel, ancien directeur de la rédaction du journal l'Equipe, aujourd'hui directeur général adjoint du Parisien et Jean-Guy Le Floch, patron d'Armor Lux »
  40. « La liste des soutiens à Marcel Le Mentec plébiscitée Le FC Lorient vote la sortie de crise », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
    « Jean-Yves Le Drian boit du petit lait : cette fois, plus de doute, la crise institutionnelle qui dure depuis trois ans est ter-mi-née. Car, juré-craché, Alain Le Roch ne fera pas faux-bond, le président de la communauté d'agglomération s'en porte garant. »
  41. Krystell Veillard, « Christian Gourcuff et les Merlus : la fin de l'histoire ? », France 3 Bretagne,‎ (lire en ligne)
    « Loïc Féry proposait à Christian Gourcuff de prolonger son contrat de deux ans, alors que celui-ci arrive à son terme en juin prochain. Il a donné quinze jours à l'entraîneur pour se positionner. Les deux hommes ont même été reçu à Paris, au ministère de la Défense, par Jean-Yves Le Drian, ancien maire de Lorient, mais sans résultat, rapporte le Journal du Dimanche. Malgré l'intervention du ministre, le conflit ne semble pas apaisé. »
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Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Site officiel de la campagne de Jean-Yves Le Drian aux élections régionales de 2015
  • Fiche et action du ministre sur gouvernement.fr