Jean-Urbain Guérin

Jean-Urbain Guérin
Naissance
Décès
Activité

Jean-Urbain Guérin, né à Strasbourg en 1760 et mort à Obernai le [1], est un dessinateur et peintre de miniature français.

Biographie

Sabre d'officier de cavalerie légère à monture hongroise, offert à Guérin par le général Kléber, musée historique de Strasbourg.
Pierre-Louis Roederer, gravure de Franz Gabriel Fiesinger d'après un dessin de Jean Urbain Guérin.

Fils du graveur Jean Guérin de Strasbourg, Jean-Urbain Guérin reçoit sa première formation de son père, puis de Huin. D'après Prévost et d'Amat, Guérin aurait aussi étudié auprès de Jean-Baptiste Regnault. Il est envoyé dans la capitale avec Jean-Baptiste Kléber, son ami d'enfance. Il y fréquente les Alsaciens de Paris, en particulier Jean-Baptiste Weyler, qui lui conseille de faire une carrière dans l'art de la miniature. Il poursuit son apprentissage auprès de David puis travaille avec Jean-Baptiste Isabey, son cadet de 7 ans, qu'il a connu dans l'atelier de David.

Guérin lui-même mentionne dans son livre de raison qu'il a réalisé, en 1791, le portrait de Georgiana, duchesse du Devonshire, amie de la reine Marie-Antoinette. Cette dernière, dont il fait également le portrait, protègera toujours le jeune artiste. Il peint encore Louis XVI et dessine le portrait de plusieurs députés du tiers-état (1785). Ceux-ci sont gravés quelque temps plus tard par Franz Gabriel Fiesinger.

On retrouve Jean-Urbain Guérin, alors membre de la section des Filles Saint-Thomas de la Garde nationale, devant les Tuileries protégeant à son tour la famille royale contre les sans-culottes lors de la journée du 20 juin 1792. Suspect sous la Terreur, il quitte la France et s'engage dans l'armée de Desaix. Il ne revient qu'en 1798.

Au cours de sa carrière, il réalise le portraits de plusieurs généraux de la République dont celui, maintes fois recopié, de Kléber, son ami d'enfance et de Bonaparte. Il laissera aussi un portrait de Mozart[2].

Revenu en France sous le Consulat (1798), il entre au service de Joséphine de Beauharnais et expose au Salon jusqu'en 1827.

Il meurt à Obernai le [1].

Jean-Urbain Guérin reste, avec Jean-Baptiste Isabey et Jacques Augustin, un des miniaturistes les plus réputés de son temps. Une anecdote rend compte de l'estime que lui portait le peintre David: « David professait pour ce beau talent une estime particulière. Sur le point de marier une de ses filles, il voulut devoir le portrait de la jeune fiancée au pinceau de Jean Guérin. Celui-ci, justement fier de ce choix, consentit volontiers, mais à condition que le peintre des Sabines poserait lui-même le modèle. Nous n'avons pas besoin de dire que cet ouvrage fut un des meilleurs de l'habile miniaturiste. »[3].

Jean-Urbain Guérin est le frère de Christophe Guérin peintre et graveur (1758-1831), et l'oncle du peintre Gabriel-Christophe Guérin (1790-1846).

Œuvres

Notes et références

  1. a et b Acte de décès no 130 de la page 36 de 50 d'Obernai, cote du registre 1836 - 4 E 348/31, en ligne sur le site des archives départementales du Bas-Rhin.
  2. [image]Estampe gravée d'après guérin.
  3. Annales de la Société libre des Beaux-Arts (article de M. Desains) cité par Frédéric Reiset in Notice des dessins, cartons, pastels, miniatures et émaux exposés dans les salles du musée impérial du Louvre, 1869, p. 324.
  4. Sur cette vingtaine, huit miniatures furent données par Félix Doisteau, dix par David David-Weill.

Annexes

Bibliographie

  • Georges Foessel, « Jean Urbain Guérin », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 14, p. 1322.
  • Jules Renouvier, Histoire de l'art pendant la Révolution considéré principalement dans les estampes, Paris, Librairie Renouard, 1863.
  • Leo R. Schidlof, La Miniature en Europe, aux XVIe, XVIIe et XIXe siècles, Graz, 1964, p. 330-331.
  • Pierrette Jean-Richard, Inventaire des miniatures sur ivoire conservées au cabinet des dessins, musée du Louvre et musée d'Orsay, Paris, 1994, p. 154-164.
  • L'Âge d'or du petit portrait, [catalogue d'exposition], Bordeaux, Genève, Paris, 1995, p. 52.
  • Portraits des maisons royales et impériales de France et d'Europe : les miniatures du musée Condé à Chantilly, Somogy éditions d'art, 2007.

Liens externes