Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie
Image illustrative de l’article Jean-Michel Aphatie

Naissance (60 ans)
Moncayolle-Larrory-Mendibieu
(Basses-Pyrénées, France)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Journaliste
Spécialité Politique
Récompenses Prix Roland-Dorgelès (2008)
Prix Philippe-Caloni (2011)
Bilan médias
Pays France
Fonction(s) principale(s) Co-présentateur du 8h30 Toussaint-Aphatie (France Info - depuis 2017)
Éditorialiste politique (France Info - depuis 2016)
Presse écrite Politis
Libération
Le Journal du dimanche
Le Parisien
L'Express
Le Monde
Radio France Inter (1999-2003)
RTL (2003-2015)
Europe 1 (2015-2016,depuis 2018)
France Info (2016-2018)
Télévision On ne peut pas plaire à tout le monde (2004-2006) (France 3)
Le Grand Journal (2006-2015) (Canal+)
France Info (2016-2018)
France 5 (depuis 2016)

Jean-Michel Aphatie (prononcé [ ʒɑ̃ mi.ʃɛl a.pa.ti])[1], né le à Moncayolle-Larrory-Mendibieu dans les Pyrénées-Atlantiques, est un journaliste politique français.

Il travaille principalement sur la radio RTL de 2003 à 2015, tout en étant chroniqueur politique dans Le Grand Journal de Canal+ de à . Le , il change de radio pour Europe 1, où il anime pendant un an une tranche à la mi-journée en compagnie de Maxime Switek, puis part pour France Info. Le , après avoir effectué ses interviews politiques matinales sur France Info durant deux ans, il revient à l'antenne d'Europe 1.

Il est connu comme étant l'une des rares figures du paysage audiovisuel avec un accent régional.

Biographie

Naissance, Formation et débuts

Jean-Michel Aphatie est né le à Moncayolle-Larrory-Mendibieu dans les Pyrénées-Atlantiques[2].

Avec son BEPC au repêchage, Jean-Michel Aphatie quitte l'école à 14 ans et commence à travailler à 14 ans et demi dans l'épicerie-café que ses parents tiennent en gérance à Mauléon-Licharre, puis devient vendeur de voitures à Biarritz et garçon de café à Lourdes. Il reprend ses études et devient bachelier à 24 ans[3]. Il est ensuite titulaire d'une maîtrise en droit public à Pau et diplômé de l'Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine[4].

Il découvre sa passion pour le journalisme politique avec l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République française en 1981. « J'ai le virus, je ne connais pas de lassitude. L'actualité m'intéresse toujours autant, il se passe toujours quelque chose de passionnant. Dans la politique, il y a des snipers, des trahisons, des complots, du danger partout. On y trouve de l'irrationnel, du charme, de la solitude, des drames. La politique prête à la tragédie. », explique-t-il en [5].

Carrière

Jean-Michel Aphatie est connu comme étant l'une des rares figures du paysage audiovisuel avec un accent régional[6],[7],[8].

Arrivé à Paris en 1986 avec la ferme intention d’être journaliste politique, Jean-Michel Aphatie travaille d'abord pour l'hebdomadaire Politis de 1988 à 1989[9] puis il collabore au quotidien Libération et au Journal du dimanche avant de rejoindre l'équipe de Fabien Roland-Lévy[10] et Raphaëlle Bacqué en 1992 au Parisien[9]. Après un passage par l'hebdomadaire L'Express de 1996 à 1998, il travaille pour le quotidien Le Monde[9] durant 10 mois.

À partir de 1999, Jean-Michel Aphatie se tourne vers la radio en travaillant à France Inter en tant que journaliste politique[9]. En 2003, alors que le directeur de la station, Jean-Luc Hees, lui propose de prendre la tête du service politique, Jean-Michel Aphatie, déçu de ne pas pouvoir présenter également l’éditorial du matin[11] rejoint RTL, pour y animer L'invité de RTL, une interview politique du lundi au vendredi à h 50. À partir de , succédant à Ruth Elkrief, il coanime également l'interview dominicale du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI (puis RTL-le Figaro-LCI à partir de )[9].

Parallèlement, de jusqu'à l'arrêt de l'émission en , il est chroniqueur dans l'émission de Marc-Olivier Fogiel, On ne peut pas plaire à tout le monde, sur France 3[9]. Depuis , il devient chroniqueur politique dans Le Grand Journal de Canal+[9].

À la rentrée de , tout en poursuivant ses interviews matinales et dominicales sur RTL ainsi que sa participation au Grand Journal, il devient chef du service politique et directeur adjoint de la rédaction de RTL[12]. En , il reçoit avec Arlette Chabot le prix Roland Dorgelès, décerné à des journalistes pour leur attachement à la qualité de la langue française[13]. Depuis janvier 2010, outre ses interventions sur RTL, il débat aussi sur la station toutes les semaines face à Alain Duhamel (Le face à face Aphatie-Duhamel)[14].

En novembre 2011, il reçoit le prix Philippe-Caloni du meilleur intervieweur[15].

Durant la campagne pour l'élection présidentielle de 2012, il commente des romans-photos pour le magazine Gala[16].

En 2015, le salaire de Jean-Michel Aphatie est estimé à 21 000 euros par mois pour son travail au Grand Journal[17].

Avant l'été 2015, il annonce que la saison 11 du Grand Journal de Canal+ sera sa dernière. Après avoir officialisé son départ de RTL en mai 2015, il annonce son transfert à Europe 1, où il co-anime l'émission Europe 1 Midi. Le , il est pressenti pour la présentation de l'interview politique de BFM TV à partir de la rentrée 2015[18], finalement, il se consacre uniquement à son émission Europe 1 Midi[19]. Le , il annonce qu'il quitte Europe 1 à la fin de l'émission.

À la rentrée de septembre 2016, il assure l'interview politique du matin sur la chaîne d'information en continu nouvellement créée France Info, recevant une personnalité politique de h 30 à h ; l'émission est aussi retransmise simultanément sur la radio France Info[20]. À partir d'octobre 2016, il rejoint également l’équipe de l'émission C l'hebdo sur France 5 comme chroniqueur[21].

En mars 2018, il publie son essai La liberté de ma mère : Mai 68 au Pays Basque sur la plateforme d'auto édition d'Amazon[22].

Le , après avoir effectué ses interviews politiques matinales sur France Info durant deux ans, il revient sur Europe 1[23].

Engagement politique

De 1982 à 1986, Jean-Michel Aphatie est membre du Parti socialiste[24]. À l'origine, soutien de François Mitterrand, il prend position en faveur du courant social-démocrate mené par Michel Rocard, puis Jacques Delors, étant plus sévère envers Lionel Jospin[25].

En 1986, lors du mouvement contre le projet de loi Devaquet, alors étudiant en journalisme à Bordeaux, il est membre de la coordination étudiante[26].

En , il indique avoir voté blanc à tous les scrutins depuis 1988, sauf lors du référendum sur le traité de Maastricht[27], avant d'indiquer en  : « J'ai été de gauche et je n'ai jamais été de droite »[28].

Critiques

En 2012, le documentaire DSK, Hollande, etc. réalisé par Pierre Carles, Julien Brygo, Nina Faure et Aurore Van Opstal, retrace la manière dont la presse a successivement soutenu les candidatures de Dominique Strauss-Kahn et François Hollande lors de l'élection présidentielle française de la même année et méprisé les candidats les moins bien placés dans les sondages. Le film montre notamment la réaction de Jean-Michel Aphatie, face à ses supposées contradictions[29]. Il a donné lieu à une polémique avec le journaliste qui s'est estimé « piégé » par Julien Brygo, lequel s'est fait passer pour un journaliste belge de la RTBF pour obtenir un entretien avec lui[30].

En 2013, pendant l'affaire Cahuzac, Jean-Michel Aphatie demande à Edwy Plenel et Mediapart, qui accusent Jérôme Cahuzac d'avoir un compte non déclaré en Suisse[31], de rendre publiques les « preuves »[32]. Mediapart refuse de divulguer ses sources, en répétant avoir recoupé ses informations. Le , Jérôme Cahuzac avoue avoir bien possédé ce compte non déclaré, confirmant les accusations de Mediapart. Jean-Michel Aphatie est moqué dès le lendemain par Sophia Aram sur France Inter, par Les Guignols de l'info dans Le Grand Journal et sur les réseaux sociaux. Le même jour, la députée européenne d'Europe Écologie, Eva Joly, l'accuse durant son interview d'avoir « mis [sa] plume de chroniqueur au service des puissants » ; et le lendemain, c'est le vice-président du Front national, Florian Philippot, qui lui fait remarquer qu'il n'est « pas le mieux placé » pour évoquer l'affaire Cahuzac. Jean-Michel Aphatie affirme plus tard n'en avoir « jamais pris autant plein la tronche »[33].

En 2016, Jean-Michel Aphatie, était invité de Public Sénat, dans le cadre des élections américaines. Sur le plateau, il affirma que s’il était président, il « raserait Versailles pour que l’on arrête de cultiver la grandeur de la France » des propos qui ont suscité l’indignation de certaines personnalités politiques[34].

Selon le quotidien Le Monde, Jean-Michel Aphatie serait devenu sur les réseaux sociaux « le symbole conspué d'un journalisme “assis”, au mieux inoffensif et inutile, au pire complice des pouvoirs »[33].

Le journaliste est également la cible récurrente du site web de critique des médias Acrimed[35], qui, en décembre 2009, a notamment évoqué un possible conflit d'intérêt entre Jean-Michel Aphatie et Henri Giscard d’Estaing, à propos d'un voyage de presse organisé par le Club Med[36].

Le 2 janvier 2019, Jean-Michel Aphatie affirme qu'Éric Drouet, figure du mouvement des Gilets jaunes, a voté pour Marine Le Pen en 2017 aux deux tours de l'élection présidentielle, ce que ce dernier dément pourtant formellement[37].

Dans un tweet du 6 mars 2019, il compare Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme à une « sous secrétaire désœuvrée », après que celle-ci a demandé à la France une enquête sur « l'usage excessif de la force » par la police française durant les manifestations organisés dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes[38]. Il est critiqué par une partie de la presse ainsi que par des élus politique[39].

Publications

  • Jean-Michel Aphatie, Liberté, égalité, réalité, Paris, Éditions Stock, , 209 p. (ISBN 2234059771)
  • Jean-Michel Aphatie, On prend (presque) les mêmes et on recommence, Paris, Flammarion,
  • Jean-Michel Aphatie, La liberté de ma mère : Mai 68 au Pays Basque,

Notes et références

  1. Patronyme d'origine basque signifiant « abbaye », d'après abbadi, abbatia en latin, abadía en espagnol. Prononciation : [a.pa.ti]. Voir [1].
  2. « Jean-Michel Aphatie », sur www.premiere.fr (consulté le 11 septembre 2013).
  3. Danièle Molho, « Jean-Michel Aphatie, cette voix venue d'ailleurs »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), sur Marianne.net,
  4. Jean-Bernard Litzler, « Jean-Michel Aphatie : « Vendre des voitures, c'est formateur » », sur L'Express.fr,
  5. Véronique Brocard, « Jean-Michel Aphatie, politiquement vôtre », sur Télérama.fr,
  6. « Jean-Michel Aphatie, une voix pour les accents », sur LExpress.fr, (consulté le 2 janvier 2019)
  7. « Jean-Michel Aphatie : «Je parle comme je parle» », sur ladepeche.fr (consulté le 2 janvier 2019)
  8. « Todd, Schneiderman, l'accent et le racisme 26/02 », sur RTL.fr (consulté le 2 janvier 2019)
  9. a b c d e f et g « Jean-Michel Aphatie », sur Ozap.com (consulté le 1er novembre 2008)
  10. Jean-Michel Aphatie 2006, Chapitre 5 : Sur les pas de Lionel Jospin
  11. Jean-Michel Aphatie 2006, p. 145
  12. Julien Mielcarek, « RTL : Aphatie devient chef du service politique », sur Ozap.com,
  13. Julien Mielcarek, « Chabot et Aphatie primés par la ministre de la Culture », sur Ozap.com,
  14. « Aphatie - Duhamel : le débat », sur L'Obs.com,
  15. Société civile des auteurs multimédia (SCAM), « Le jury présidé par Jean-Noël Jeanneney attribue cette année le Prix Philippe Caloni à Jean-Michel Aphatie », sur scam.fr,
  16. Marie-Catherine Spinassou (TV Magazine), « Jean-Michel Aphatie écrit pour Gala », sur lefigaro.fr,
  17. « Découvrez les salaires des animateurs de la télévision », Le Figaro.fr, 26 mars 2015.
  18. « Jean-Michel Aphatie rejoint BFM-TV », sur Le Monde.fr, (consulté le 1er juillet 2015)
  19. « Jean-Michel Aphatie n'ira pas sur BFMTV à la rentrée », sur L'Express.fr, (consulté le 3 juillet 2015)
  20. « Jean-Michel Aphatie décroche l'interview politique de franceinfo: », Julien Bellver, Ozap.com, 21 juillet 2016).
  21. « Jean-Michel Aphatie rejoint Anne-Elisabeth Lemoine dans "C l'hebdo" sur France 5 », 20 minutes.fr, 30 septembre 2016.
  22. « En publiant son livre sur Amazon, Jean-Michel Aphatie touchera le jackpot », Capital.fr,‎ (lire en ligne).
  23. « Jean-Michel Aphatie quitte franceinfo pour Europe 1 », sur www.ozap.com, .
  24. Jean-Michel Aphatie 2006, Présentation de l'éditeur
  25. « Jean-Michel Aphatie ou les désillusions du militantisme socialiste », sur Politique.net,
  26. « Vidéo : quand Jean-Michel Aphatie manifestait à Bordeaux en 1986 », sudouest.fr, 3 novembre 2014.
  27. « Jean-Michel Apathie avoue "voter blanc" depuis 1988 », sur Jeanmarcmorandini.com,
  28. [vidéo] interview dans Médias, le magazine animé par Thomas Hugues sur France 5, « Jean- Michel Aphatie : "Je n'ai jamais été de droite !" », sur jeanmarcmorandini.com,
  29. « Médias en campagne : à propos du documentaire "DSK, Hollande, etc." », sur Acrimed.org (consulté le 24 juillet 2013)
  30. Sébastien Rochat, « Interview masquée : Aphatie balance Pierre Carles », sur Arrêt sur images.net, (consulté le 17 avril 2012)
  31. « Affaire Cahuzac : Jean-Michel Aphatie savait ! », sur Acrimed.org (consulté le 25 juillet 2013)
  32. « Aphatie en boucle sur Cahuzac : "Que Plenel publie ses preuves !" », Zineb Dryef, Rue89.com
  33. a et b « Jean-Michel Aphatie, l'épreuve irréfutable », sur Le Monde.fr (consulté le 6 août 2013)
  34. «Raser Versailles»:des propos d'Apathie font polémique, lefigaro.fr, 13 novembre 2016
  35. Jean-Michel Aphatie sur Acrimed, Acrimed.org.
  36. « Lu, vu, entendu : « Identités éditoriales » », sur Acrimed.org (consulté le 25 juillet 2013)
  37. « "Eric Drouet, gilet jaune et électeur du FN" : récit d'une hallucination politico-médiatique », sur Marianne, (consulté le 4 janvier 2019)
  38. « « Gilets jaunes » : l’ONU demande à la France d’enquêter sur « l’usage excessif de la force » », Le monde,‎ (lire en ligne, consulté le 7 mars 2019)
  39. « Aphatie explique son tweet sur Michelle Bachelet après sa demande sur les gilets jaunes », sur Le Huffington Post, (consulté le 7 mars 2019)

Liens externes

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