Jean-Louis Borloo

Jean-Louis Borloo
Illustration.
Jean-Louis Borloo en 2015.
Fonctions
Président de l'Union des démocrates et indépendants

(1 an, 6 mois et 19 jours)
Prédécesseur Parti créé
Successeur Yves Jégo (intérim)
Jean-Christophe Lagarde
Président du groupe UDI à l'Assemblée nationale

(1 an, 9 mois et 20 jours)
Législature XIVe (Cinquième République)
Prédécesseur Yvan Lachaud (groupe NC)
Successeur Philippe Vigier
Député français

(3 ans, 4 mois et 16 jours)
Réélection
Circonscription 21e du Nord
Législature XIIIe et XIVe (Cinquième République)
Prédécesseur Cécile Gallez
Successeur Laurent Degallaix

(29 jours)
Réélection
Circonscription 21e du Nord
Législature XIIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Cécile Gallez
Successeur Cécile Gallez

(29 jours)
Réélection
Circonscription 21e du Nord
Législature XIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Cécile Gallez
Successeur Cécile Gallez

(9 ans, 2 mois et 6 jours)
Élection
Réélection
Circonscription 21e du Nord
Législature Xe et XIe (Cinquième République)
Prédécesseur Fabien Thiémé
Successeur Cécile Gallez
Ministre d'État
Ministre de l'Écologie[N 1]

(3 ans, 4 mois et 25 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Premier ministre François Fillon
Gouvernement Fillon II
Prédécesseur Alain Juppé
Successeur Nathalie Kosciusko-Morizet (Écologie, Développement durable, Transports et Logement)
Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi

(1 mois et 1 jour)
Président Nicolas Sarkozy
Premier ministre François Fillon
Gouvernement Fillon I
Prédécesseur Thierry Breton (Économie et Finances)
Lui-même (Emploi)
Successeur Christine Lagarde
Co-président puis président du Parti radical

(8 ans, 3 mois et 26 jours)
Avec André Rossinot (2005-2007)
Prédécesseur André Rossinot
Successeur Laurent Hénart
Ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement

(1 an, 11 mois et 13 jours)
Président Jacques Chirac
Premier ministre Dominique de Villepin
Gouvernement Villepin
Prédécesseur Lui-même (Emploi)
Marc-Philippe Daubresse (Logement, ministre délégué)
Successeur Xavier Bertrand (Relations sociales)
Christine Boutin (Logement)
Ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale

(1 an et 2 mois)
Président Jacques Chirac
Premier ministre Jean-Pierre Raffarin
Gouvernement Raffarin III
Prédécesseur François Fillon
Successeur Lui-même
Ministre délégué à la Ville

(1 an, 10 mois et 23 jours)
Président Jacques Chirac
Premier ministre Jean-Pierre Raffarin
Gouvernement Raffarin I et II
Prédécesseur Claude Bartolone
Successeur Christine Boutin (indirectement, ministre)
Député européen

(3 ans, 1 mois et 10 jours)
Élection 18 juin 1989
Circonscription France
Législature 3e
Groupe politique Non-inscrits
Successeur François Froment-Meurice
Maire de Valenciennes

(13 ans, 1 mois et 13 jours)
Prédécesseur Olivier Marlière
Successeur Dominique Riquet
Biographie
Nom de naissance Jean-Louis Marie Borloo[1]
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Paris 15e (France)
Nationalité Français
Parti politique GE (1990-1991)
UDF (1998-2002)
RAD (2002-2017)
UMP (2002-2011)
UDI (depuis 2012)
Conjoint Béatrice Schönberg
Diplômé de Université Paris-X
Université Paris-I
Université de Manchester
HEC Paris
Profession Avocat d'affaires

Jean-Louis Borloo
Maires de Valenciennes

Jean-Louis Borloo, né le à Paris, est un homme politique français.

Président du Valenciennes Football Club de 1986 à 1991 et en 2014, il est élu maire de Valenciennes et député européen en 1989. Longtemps député de la 21e circonscription du Nord, il est ministre sans interruption de à , et notamment « numéro 2 du gouvernement » à partir de 2007. Élu en 2005 président du Parti radical et en 2012 de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), dont il est à l'origine, il quitte la politique pour raisons de santé en 2014.

Depuis 2015, il préside une fondation qui vise à développer l’électrification du continent africain, et siège au conseil d'administration de l'entreprise chinoise Huawei Technologies France.

Biographie

Origines et famille

Jean-Louis Marie[2] Borloo est le fils de Lucien Borloo, né à Guéméné-sur-Scorff, d'origine belge, qui exerce la profession de coursier dans une caisse de retraite, puis gravit les échelons et y finit sa carrière en devenant directeur[3], et de Mauricette Acquaviva (1927-2015), née à Marseille, originaire de Lozzi en Haute-Corse et ancienne présidente de la Fédération française des équipes Saint-Vincent[4],[5]. Son grand-père maternel, Jean-André Acquaviva, fut conseiller général de l'ancien canton de Calacuccia[6].

Divorcé de Jeanne-Marie Bazin, médecin gynécologue, avec qui il a eu une fille, il vit, dans les années 1990, avec une Valenciennoise officiellement anonyme et invisible, dont il a deux enfants. La rumeur publique identifie, sans doute possible, cette « Valenciennoise » comme étant l'actrice française Nathalie Baye[5]. Le , il se remarie à la mairie de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) avec la journaliste Béatrice Schönberg, née Szabo et divorcée du chanteur Claude-Michel Schönberg[7]. Afin d'éviter tout conflit d'intérêt à la suite de la campagne présidentielle de 2007, son épouse Béatrice Schönberg quitte définitivement la présentation du journal télévisé de France 2 en .

Formation et carrière professionnelle

Jean-Louis Borloo effectue sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly à Paris et commence à se passionner pour la philosophie et l'histoire dont il est licencié. Parallèlement à ses études secondaires, il est chef scout (Scouts de France) durant de nombreuses années ; il côtoie à cette occasion Bruno Gollnisch[8].

En 1972, après une licence de droit, il obtient le certificat d’aptitudes à la profession d’avocat. Passionné par la Chine maoïste, il y fait de longs séjours dès 1973[9]. Il continue sa formation : licence de sciences économiques, puis diplômé du MBA d'HEC (promotion 1976) ainsi que du programme de finances de l'institut supérieur des affaires de l'université de Manchester.

À l'orée des années 1980, devenu avocat au barreau de Paris, il fonde le cabinet d'avocats Borloo & associés, d'abord spécialisé dans le droit des entreprises en difficulté puis dans la transmission, l'implantation d'entreprises, le marché financier, les fusions et acquisitions. S'entourant de jeunes ingénieurs, Jean-Louis Borloo se positionne alors comme l'un des conseils externes les plus recherchés par les grandes entreprises, et est classé par Forbes parmi les avocats les mieux payés au monde[10]. Il est entre autres l'avocat d'affaires de Bernard Tapie[11],[12].

À cette même époque, il enseigne l'analyse financière à HEC Paris. En 1986, âgé de 35 ans, Jean-Louis Borloo est sollicité par Colette Gadeyne, administrateur du club de football de Valenciennes en dépôt de bilan depuis plusieurs mois et devant définitivement liquider et fermer ce club historique, qui lui demande de tenter de le sauver. Il accède à la présidence de l'USVA, sauvant définitivement le club, poste qu'il occupe jusqu'en 1991 et préparant son retour en 1re division[13].

Dans les années 2000, alors qu'il n'est plus au club, celui-ci est de nouveau en difficulté, enchainant quatre descentes successives avant le démarrage d'une procédure de dépôt de bilan. Membre du gouvernement à cette époque, il accepte de reprendre la présidence de l'association sportive Valenciennes-Anzin[14] pendant quatre ans jusqu'à la mise en place d'une nouvelle équipe, accédant de nouveau à la première division.

Parcours politique

Ascension locale

Très marqué par l'aspect totalement sinistré du Valenciennois, il finit par conduire une liste apolitique[15] pour la mairie de Valenciennes, il y est élu maire avec plus de 76 % des voix au second tour. Il est ensuite réélu à chaque fois très largement dès le premier tour

De mai 1989 à 1992, élu en deuxième position sur la liste UDF de Simone Veil (« Le Centre pour l'Europe » qui a recueilli 8,43 % des suffrages et sept sièges sur 81 à pourvoir), Jean-Louis Borloo est membre du Parlement européen. Il obtient notamment le classement des trois arrondissements du Nord de Valenciennes, de Douai et d'Avesnes au titre de l'Objectif 1 de la politique régionale communautaire, soit les régions les plus aidées par les fonds structurels européens en 1993[16].

Jean-Louis Borloo aide ensuite Brice Lalonde, Haroun Tazieff, et Noël Mamère à fonder Génération écologie (1990), qu'il abrite dans ses locaux pour les aider sans en être membre.

Aux élections régionales du , il mène dans le Nord une liste indépendante qui obtient 12,49 % des votants et dix sièges sur 72 à pourvoir dans le département. Il obtient ainsi le quatrième score, derrière les 19,92 % et 17 élus RPR-UDF du maire de Cambrai Jacques Legendre, les 19,6 % et seize sièges socialistes du ministre d'État à la Ville et à l'Aménagement du territoire Michel Delebarre et les 13,89 % et onze élus FN de Carl Lang. Il devance la liste communiste du député Alain Bocquet (11,44 % et neuf sièges) ainsi que les deux listes écologistes, les Verts de Guy Hascoët (cinq sièges) et Génération écologie de Pascal Dubois (quatre élus), dont le score cumulé s'établit à 11,38 % des votants[17]. De plus, l'autre « liste Borloo » indépendante qu'il soutient dans le Pas-de-Calais obtient trois élus sur 41[18].

Fort de ce résultat et de l'affaiblissement de la majorité sortante PS-PCF, Jean-Louis Borloo se porte candidat pour devenir président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et souhaite fonder sa majorité sur un noyau dit « de rénovation » alliant les treize élus de ses listes aux 14 écologistes (qu'il qualifie de « première force politique » de la région), auquel pourrait s'ajouter la « droite modérée » et les « socialistes modernistes »[19]. Dans la nuit du 30 au , après n'avoir fait le plein que de ses voix et des six de Génération écologie aux deux premiers tours (y compris quelques bulletins issus du FN au deuxième tour, qu'il a rejetés), il bénéficie du désistement en sa faveur de Jacques Legendre qui lui apporte ainsi les 27 votes de son groupe pour le troisième tour afin de faire barrage tant à l'extrême-droite qu'au PS. Pour autant, ces derniers optent pour une stratégie similaire puisque Michel Delebarre se retire au profit de la Verte Marie-Christine Blandin qui est ainsi élue face à Jean-Louis Borloo par 56 voix contre 40, Génération écologie s'étant finalement elle aussi rangée aux côtés de la gauche[20]. Jean-Louis Borloo reste conseiller régional d'opposition jusqu'au , ayant été élu député entretemps, tandis que son groupe a obtenu trois présidences de commissions au sein de l'assemblée nord-pas-de-calaisienne[16].

Il est à nouveau tête de liste aux élections régionales de 1998 dans le Nord, avec des élus locaux divers droite et indépendants, face à la gauche et à une autre liste de droite RPR-UDF emmené par l'ancienne députée Colette Codaccioni et Philippe Vasseur. Il obtient 18,97 % des suffrages et quinze des 72 sièges à pourvoir, soit le deuxième meilleur score derrière la Gauche plurielle sans les Verts de Michel Delebarre (31,37 %, 25 élus) mais devant le FN de Carl Lang (17,39 %, treize élus), la liste Codaccioni (11,5 % et neuf élus) et les Verts de la présidente Marie-Christine Blandin (8,76 %, six sièges)[18]. La réunion RPR-UDF-DVD ressort donc du scrutin au total avec 35 sièges sur 113, contre 51 à la gauche plurielle. La droite ne présente pas de candidat à la présidence du conseil régional (qui échoit au socialiste Michel Delebarre) et Jean-Louis Borloo démissionne de son mandat de conseiller régional dès le 26 novembre suivant.

Député du Nord

Le , il devient député de la 21e circonscription du Nord (soit Valenciennes et une grande partie de son agglomération), sous la bannière Divers droite. Il siège au sein du groupe République et liberté qui, durant la Xe législature (1993-1997), regroupe des élus divers droite et gauche sous la présidence du député-maire de Tours Jean Royer. Deux ans plus tard, il est réélu maire de Valenciennes avec 63 % des voix pour sa liste au premier tour.

En 1997, désormais apparenté au groupe UDF et sous étiquette Force démocrate (FD), Jean-Louis Borloo voit son mandat de député renouvelé (au deuxième tour par 52,79 % des voix contre 47,21 % au communiste Fabien Thiémé, il était arrivé en tête au premier tour avec 34,27 % des suffrages)[21]. Après le lancement de la « Nouvelle UDF » en 1998, il adhère officiellement à cette dernière et en est nommé porte-parole en . Il est à ce poste un membre actif de la campagne de François Bayrou pour l'élection présidentielle de 2002[22]. Il est réélu en mars 2001 maire de Valenciennes, avec 63,36 % des voix dès le premier tour, puis député en 2002 (pratiquement gagnant au premier tour, avec 49,51 % des suffrages face à treize autres candidats, il est finalement réélu au second tour avec une nette avance sur son adversaire communiste Fabien Thiémé, par 63,88 % contre 36,12 %)[23].

Il ne siège toutefois qu'un mois, étant immédiatement nommé au gouvernement. Il en est de même après sa réélection le , au premier tour des élections législatives (avec 53,69 % face à douze autres candidats)[24]. Il laisse à chaque fois son siège à sa suppléante, Cécile Gallez, maire radicale de Saint-Saulve.

À l'Assemblée nationale de 1993 à 2002, il est surtout membre de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République de 1993 à 1994 et de 1997 à 2002 (il en est d'ailleurs vice-président de 1997 à 1998), mais aussi de la commission de la défense nationale et des forces armées de 1994 à 1997 ainsi que, de manière éphémère, de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de juin à . Il participe également à la commission d'enquête parlementaire sur l'activité et le fonctionnement des tribunaux de commerce de janvier à . Il est secrétaire de l'Assemblée nationale du au . Au niveau des votes, il est l'un des deux seuls députés de l'opposition de droite, avec Gilles de Robien, à agréer en à une proposition de loi des Verts en faveur d'accorder le droit de vote aux étrangers non issus de l'Union européenne lors des élections municipales (adoptée par l'Assemblée nationale, cette proposition n'a jamais été inscrite à l'ordre du jour du Sénat)[25]. Il se sert d'autre part de ses mandats parlementaires pour négocier des aides pour Valenciennes et sa région auprès du gouvernement central, comme il le fit avec l'Europe lorsqu'il siégeait à Strasbourg : il obtient notamment en 1994 qu'Édouard Balladur, alors Premier ministre, se déplace dans sa ville afin de signer un protocole d'accord pour la mise en place d'un programme expérimental de lutte contre l'exclusion dit « programme Jéricho » (projet de remise en activité des personnes en difficulté qui devient intercommunal en 1997) accompagné de mesures en faveur de l'habitat[16].

Maire de Valenciennes

Valenciennes après les travaux menés sous le mandat de Jean-Louis Borloo : le centre Place d'Armes, le théâtre le Phénix et le tramway.

Jean-Louis Borloo dirige la ville de Valenciennes pendant treize ans, de 1989 à 2002. Il s'appuie essentiellement sur une équipe municipale issue de la société civile locale et d'horizons politiques souvent divers, parmi laquelle va figurer Dominique Riquet (qui lui succède à la mairie en 2002) ou Valérie Létard (issue du Parti social-démocrate au sein de l'UDF et plus tard secrétaire d'État Nouveau Centre du gouvernement de François Fillon).

Il a réussi à enrayer le déclin démographique continu de Valenciennes depuis les années 1960 : la commune passe de 38 441 à 41 278 habitants entre 1990 et 1999. Le taux de chômage, bien que resté élevé à son départ de la mairie (à 14 %, soit toujours supérieur à la moyenne nationale), a diminué (il était supérieur à 20 % en 1989)[26]. Son mandat est particulièrement marqué par des initiatives en matière de culture (l'un de ses slogans étant alors « l'intégration par la culture et la culture pour tous »). Tentant de faire renaître le prestigieux passé artistique de Valenciennes, le maire a notamment mis en place en 1990 un festival du film d'action et d'aventure et favorisé la création numérique et l'équipement de la commune en matière de nouvelles technologies. De 1991 à 1998, il favorise la construction d'un nouveau théâtre, qui obtient le label de scène nationale, symboliquement baptisé Le PhéniX. Le musée des beaux-arts est réhabilité et agrandi en 1995 avec notamment l'ouverture d'une crypte archéologique. Il a participé au redéploiement de l'université et rénové la bibliothèque en 1994 (avec un triplement de sa superficie pour atteindre 4 500 m2, l'augmentation des fonds disponibles en libre accès et la transformation en une médiathèque)[27]. Il développe l'équipement en tout-à-l'égout (40 % des foyers de la ville n'étaient pas raccordés en 1989)[26]. Il signe également un contrat avec l'entreprise chinoise Huawei pour l'installation de 217 « caméras intelligentes », au titre d'une expérimentation offerte par la firme, pourtant peu appréciée par certains en France car suspectée d'introduire un risque de violation de la vie privée. Elle est également suspectée d'activités d'espionnage au profit du gouvernement chinois[28]. Jean-Louis Borloo entrera quelques années plus tard au conseil d'administration de Huawei Technologies[28].

Pour faire face au dépérissement économique de cet arrondissement toujours sinistré, Jean-Louis Borloo sillonne l'Asie notamment le Japon et la Corée et obtient l'installation en 1997 d'une usine Toyota[26], ainsi que de nombreuses autres entreprises japonaises ainsi que les Allemands Mercedes et Simoldaes. Il empêche la fermeture de l'usine de matériels ferroviaires des ANF repris par le canadien Bombardier et la fermeture d'Alstom Marly pour un nouveau projet à Petite-Forêt. Il lance à la fin des années 1990 un projet de grands travaux, baptisé Cœur de Ville, destiné à reconstruire entièrement le centre de Valenciennes et prévoyant l'installation d'un tramway (ce dernier projet ayant été lancé dès 1990 en collaboration avec le maire communiste d'Aulnoy Jules Chevalier). Ainsi, le Centre Place d'Armes et les logements en résidence (dont une partie sont des logements sociaux) sont ouverts depuis avril 2006, et le tramway circule depuis juillet 2006. D'autres projets, initiés au début de son premier mandat, doivent être rapidement abandonnés (notamment celui d'implanter un kibboutz pour restaurer le lien communautaire dans un quartier déstructuré, ou encore celui du « Val propre », association de réinsertion pour jeunes en difficulté)[26]. Entretenant de bonnes relations avec les maires de tous bords de la région valenciennoise, y compris avec les communistes, Jean-Louis Borloo s'attache également à renforcer l'intercommunalité. Une Association pour le Développement du Valenciennois, regroupant 81 communes, est d'abord mise en place et il en est le président de 1995 à 2001. Une Communauté de communes de la Vallée de l'Escaut est créée en 1992 avec à sa tête Cécile Gallez, maire de Saint-Saulve (et députée suppléante de Jean-Louis Borloo). Enfin, le , cette communauté de communes est remplacée par la Communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole, dont Jean-Louis Borloo devient président en 2001 à la quasi-unanimité (91 voix sur 97) grâce à un consensus établi entre les municipalités de droite et de gauche (dont de nombreuses détenues par le PCF)[29].

Il reste à la tête de l'agglomération même après avoir quitté la mairie pour entrer au gouvernement, et le reste jusqu'en 2008, année lors de laquelle il laisse sa place à Valérie Létard.

Le magazine Le Point le classe en 1996 dans son « club des quinze » meilleurs maires de France, palmarès des premiers magistrats de commune dont la gestion semble reconnue par leurs administrés selon l'enquête menée par l'hebdomadaire. Ils sont répartis en trois catégories selon leurs étiquettes politiques : les socialistes et divers gauche d'une part, les communistes d'autre part et enfin ceux de droite. Jean-Louis Borloo est placé premier parmi ces derniers, devant le maire de Toulouse Dominique Baudis (UDF-FD)[30].

Ministre de la République française

Présidence de Jacques Chirac

Le , toujours non-inscrit, Jacques Chirac lui propose de rentrer dans le premier gouvernement Raffarin comme ministre délégué à la Ville. En 2003, André Rossinot lui propose la coprésidence du Parti radical, dont il deviendra président en 2005[31].  

Il est nommé ministre délégué à la Ville et à la Rénovation urbaine en 2002 (jusqu'en 2004), à une époque où plus de 200 quartiers français dits sensibles ou en difficulté connaissait un état de dégradation de l'habitat extrêmement avancé avec des barres d'immeubles délabrés, enfermant littéralement ces quartiers. C'était l'époque des violences urbaines qui avaient commencé dès les années 1990-1995 pour connaître les situations tendues chaque jour aboutissant à la triste flambée des violences urbaines de 2005. Il imagine, propose et défend un grand plan de rénovation urbaine de deux cents de ces quartiers puis devant le succès l'étend à plus de quatre cents quartiers en France. Ce plan prévoyait dans un premier temps vingt milliards d'euros d'investissements puis finalement 46 milliards d'euros dans les banlieues françaises.

La loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du , dite « loi Borloo », décidait un programme national de rénovation urbaine, prévoyant de refonder complètement ces quartiers, la destruction de 200 000 logements, autant de reconstructions ainsi que la « résidentialisation » de 400 000 logements et 200 000 remises à niveau.

Le plan prévoit en outre la création de kilomètres d'avenues pour aérer ces quartiers et la construction de 300 équipements publics.

La loi prévoit pour piloter ce programme la création de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine qui continue son action.

Il fait en outre voter la loi de « rétablissement personnel », offrant une seconde chance aux personnes surendettées du fait d’un « accident de la vie » (tel que chômage, veuvage, divorce ou maladie) des dispositions diverses portant la réforme de la gestion et gouvernance des HLM ou le « surclassement » des communes comprenant une ou plusieurs ZUS.

Dans ces quartiers défavorisés et uniquement dans ceux-là, il met en place la TVA au taux réduit et la mise à  disposition possible pour un euro avec cession à terme par les pouvoirs publics aux promoteurs pour permettre l'accession sociale à la propriété des habitants des quartiers prioritaires. Ce programme était limité à ces quartiers et d'une ampleur contrôlée par Bercy. Le coût de la maison unitaire baissait ainsi de près de 30 % permettant d'être fixée aux alentours de 100 000 euros. Cette facilité sociale mise à la disposition des communes qui décidaient d'en faire entre dix et cent en moyenne a fait l'objet d'un détournement par des promoteurs peu scrupuleux tentant de vendre leurs propres maisons et proposant, sans aucun des avantages fiscaux prévus et en dehors des quartiers définis des maisons sous le slogan des « Maisons Borloo a 100 000 euros ». Ceci a fait l'objet de certains contentieux.

Pendant toute cette période, Il fut également le ministre du Logement. La production française était montée à 450 000 logements par an en 2007[32] alors qu'elle n'était que de 270 000 en 2003. Le logement social a connu également une progression très forte puisqu'elle a doublé pendant cette période.

En 2005, le taux de chômage en France dépassa les 10 % et Jacques Chirac appelle Jean-Louis Borloo au ministère de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale[33] comprenant également le logement, la formation professionnelle et l'apprentissage. Il s'engage dans un plan dit de « plan de cohésion sociale » ayant pour objectif de faire passer le chômage de 10 % à moins de 8 %. Ce programme comprenait notamment le lancement du « Plan de service à la personne » et la création de « l'Agence nationale des services à la personne » et les « chèques emploi services universels[34] ». Ce plan a permis de créer plus de 100 000 emplois par an à compter de 2006. Des efforts importants ont été faits en matière d'apprentissage, la création des contrats de transition professionnelle et le soutien de retour à l'emploi, en augmentant les moyens de l'ANPE. Fin 2007, le chômage était retombé à 7,7 %[35] conformément aux prévisions.

Ce plan de cohésion sociale, est dit « plan Borloo ». Ce projet, largement soutenu à droite, trouve également des soutiens à gauche. Il fait également voter la loi permettant la création de la haute autorité de lutte contre la discrimination et l'égalité des chances (HALDE) ainsi qu'un texte pour les Chibanis[36], leur permettant de toucher leurs pensions même s'ils retournent dans leurs pays d'origine.

Jean-Louis Borloo est l'un des membres des gouvernements Raffarin et Villepin les plus populaires, ce que les analystes attribuent à une forte image d'homme politique neuf (franchise, proximité avec le peuple) ainsi qu'à son rôle « social » dans ces gouvernements.

Après cinq ans passés au gouvernement, il souhaite reprendre ses activités de professionnel et finalement il déclare assez tardivement (moins d'un mois avant le premier tour de scrutin) qu'il soutient Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007.

Présidence de Nicolas Sarkozy
Jean-Louis Borloo, le .
Jean-Louis Borloo aux côtés du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, en avril 2010.

Le , Jean-Louis Borloo est nommé ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, au sein du premier gouvernement Fillon I ; il assume cette charge jusqu'au 18 juin suivant.

Au soir du premier tour des élection législatives de juin 2007, il reprend la proposition d’augmenter la TVA (« TVA sociale »), alors que Nicolas Sarkozy avait fait de la hausse du pouvoir d’achat son axe de campagne. Tandis que la droite est arrivée très largement en tête du premier tour, cette sortie monopolise dès lors la campagne et contraint le nouveau président à désavouer publiquement son ministre. À l’issue du second tour, le parti présidentiel obtient la majorité absolue à l’Assemblée nationale mais avec un nombre de sièges très inférieur à ce que lui accordaient les sondages. Des élus UMP rendent Jean-Louis Borloo responsable de ce moindre score, décrivant son intervention télévisée comme une erreur majeure de communication. Ils considèrent que son intervention télévisée a fait perdre quelque 80 sièges au parti[37],[38],[39],[40].

Du au , il est ministre d'État, no 2 du gouvernement, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement et de l'Aménagement durables, en charge en outre des transports et de la Mer du gouvernement François Fillon (2). Il succédait à Alain Juppé, démissionnaire en raison de sa défaite aux législatives, ce qui n'est pas analysé par les observateurs comme une promotion[41].

Jean-Louis Borloo s'est clairement engagé en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique[42]. Il a notamment été chargé d'organiser le Grenelle Environnement et de préparer, défendre et faire adopter les procédures législatives issues des conclusions de ce dernier : la loi Grenelle I du puis celle dite « Grenelle II » du . Ces textes permirent notamment la mise en place des nouvelles normes énergétiques dans le bâtiment, des avantages fiscaux pour la rénovation thermique des bâtiments, des diagnostics d'efficacité énergétique, le doublement des tramways, le lancement des autoroutes ferroviaires, la fin des TGV Est, le lancement du TGV Bretagne-Atlantique, du TGV Paris-Bordeaux- Espagne, le bonus-malus écologique pour les voitures, les autoroutes maritimes, la création du collège écologiste au Conseil économique et social (devenant le Conseil économique social et environnemental, Agence pour la biodiversité). 

Par ailleurs pendant la présidence française de l'Union européenne, il aura la charge du paquet « Climat-Énergie[43] » seul texte contraignant, visant aux 3 x 20 (20 % d'énergie renouvelable, 20 % de réduction des émissions et 20 % d'efficacité énergétique). Après l'accord de tous les États membres, le texte sera largement voté, à la quasi-unanimité par le Parlement européen.

Il s'est aussi très fortement impliqué dans le sommet de Copenhague en présentant un « plan justice-climat » qui visait à réduire les émissions de CO2 en se fondant sur la solidarité entre pays riches et pauvres[44]. D'abord déçu à l'issue de la conférence notamment par les Américains[45], il présente le sommet comme un succès lors de son audition par l'Assemblée nationale sur son action et critique tout projet de traité juridiquement contraignant[46] ce qu'était la critique de l'époque et sous réserve que soit mis en place les 10 milliards de dollars prévus pour l'Afrique et les petites îles.

En 2010, alors que Jean-Louis Borloo était ministre de l'Écologie, des arrêtés continuent à être signés par l'administration autorisant les recherches exploratoires sur les gisements de gaz de schiste[47],[48]. L'économie principale des départements concernés (Ardèche, Aveyron, Drôme, Gard, Hérault, Lozère et Vaucluse) reposant sur l'agriculture et le tourisme, le dossier y donne lieu à plusieurs manifestations malgré les promesses du gouvernement d'interdire ces extractions[49]. Assumant son défaut de vigilance, il déposa lui-même une proposition de loi visant à annuler ces permis et interdire ces pratiques et vota celle de l'UMP qui avait été déposée le même jour. Ce texte a été voté par l'Assemblée, mais n'est que partiellement adoptée par le Sénat[50].

Il est un temps pressenti pour devenir Premier ministre après le remaniement de l'automne 2010, mais sa gestion de la pénurie d'essence et l'hostilité des députés UMP enterrent rapidement cette éventualité[51]. Nicolas Sarkozy choisit le de reconduire François Fillon à son poste et demande à Jean-Louis Borloo de rester au gouvernement en lui proposant de poursuivre à son poste ou au ministères des Affaires étrangères ou à celui de la Justice, ce que Jean-Louis Borloo refuse par communiqué[52], tout en souhaitant bonne chance au nouveau gouvernement.

Retour à l’Assemblée et présidence de l'UDI

Au lendemain de la formation du troisième gouvernement Fillon, il rassemble à l'Assemblée nationale les centristes, les libéraux et les radicaux de la majorité présidentielle. À l'issue de cette réunion, il se voit conférer l'animation d'une « coordination politique des partis centristes » pour mieux peser face à la majorité. Néanmoins, le Nouveau Centre d'Hervé Morin et le Mouvement démocrate de François Bayrou réclament son départ de l'UMP comme préalable à une alliance centriste en vue d'une candidature commune en 2012. Il retrouve son siège de député de la 21e circonscription du Nord le .

Le , il annonce dans l'émission À vous de juger, la création d'une « alliance républicaine, écologiste et sociale » qui regrouperait « avant l'été » plusieurs formations politiques du centre droit (Parti radical, Nouveau Centre) et du centre gauche (La Gauche moderne). Cette formation se positionnerait comme une « alternative au PS et à l'UMP ». Sa création conduit le Parti radical à quitter l'UMP. Alors qu'il est pressenti pour être le candidat de l'Alliance à l'élection présidentielle de 2012 et qu'il est crédité de 5 % à 10 % d'intentions de vote dans les sondages, il renonce à se présenter le [53]. Il apporte son soutien à Nicolas Sarkozy en .

Le Parti radical n'étant plus lié à l'UMP et donc aux accords permettant le financement du parti, il reconstitue le budget du Parti radical grâce à de nouvelles alliances politiques, tout particulièrement avec une partie des membres du Nouveau Centre opposés à Hervé Morin et emmenés par Jean-Christophe Lagarde[54]. C'est ainsi qu'est constituée le , dans la perspective des élections législatives du mois de juin, l'Union des radicaux, centristes, indépendants et démocrates (URCID)[55],[56].

Jean-Louis Borloo est réélu député de la 21e circonscription du Nord lors du second tour le , avec 55,83 % des suffrages exprimés face à son adversaire du Front de gauche, le maire PCF de Marly Fabien Thiémé[57]. Il s'impose alors comme le nouveau chef de file du centre droit en annonçant la constitution d'un groupe parlementaire, baptisé Union des démocrates et indépendants (UDI), dont il est élu président le .

Le , il lance un parti de centre droit portant le même nom que son groupe parlementaire, l'Union des démocrates et indépendants (UDI), qui fédère sept formations politiques[58]. Le , Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, signe avec François Bayrou, président du MoDem, une charte qui unit leurs deux partis au sein d'une plate-forme politique commune, L'Alternative, avec l'ambition de conduire des listes communes aux élections nationales, européennes et régionales ainsi que d'organiser une primaire commune aux partis centristes en vue de l'élection présidentielle de 2017[59].

Soutien à Emmanuel Macron

Le , après trois années passées en dehors de la vie politique, Jean-Louis Borloo soutient publiquement Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle française de 2017 face à Marine Le Pen, estimant que cette élection devait être un « nouveau départ » avec l'élection de Macron, celui-ci étant le « seul catalyseur du choix de l'avenir ». Il ajoute être prêt à « se retrousser les manches » pour aider le candidat d'En marche ! lors de son quinquennat [60].

Le , Emmanuel Macron lui confie le pilotage de l’élaboration du « plan de bataille » pour la politique de la ville[61], mais qui est finalement brusquement enterré après sa publication, ce qui est analysé par de nombreux acteurs du sujet comme une humiliation pour Jean-Louis Borloo[62].

En retrait de la politique

Le , alors qu'il est en convalescence depuis quatre mois à la suite d'une hospitalisation pour une pneumonie aiguë suivie de nombreuses complications, il annonce[63], dans une lettre destinée à son parti, qu'il abandonne tous mandats et fonctions politiques, considérant que son état de santé ne lui permet plus d'assurer ses fonctions[64],[65]. « Je n'ai pas, en l'état, toute l'énergie nécessaire pour remplir complètement mes responsabilités » [...] « J'ai donc décidé de mettre un terme à mes fonctions et mandats », écrit-il[66]. Le , il démissionne de son mandat de député[67].

Action dans le football

Le , après que le club de football de Valenciennes a une nouvelle fois déposé le bilan, alors qu'il était en convalescence, il investit personnellement 500 000 [68], il va plaider devant la cour d'appel pour permettre au club de revenir en Ligue 2, le club étant relégué administrativement en CFA par la DNCG. Jean-Louis Borloo devient également le président de la holding Diables rouges créée pour contrôler le club, et président par intérim du Valenciennes Football Club[69]. Quelques semaines après, conformément à son engagement, il réussit à fédérer quelques industriels autour de l'industriel valenciennois Eddy Zdziech qui prend la présidence du club. Jean-Louis Borloo se retire alors.

Fondation Énergies pour l'Afrique

Le , dans un entretien accordé au Journal du dimanche[70], il annonce la création d’une fondation pour plaider pour un plan massif d'accès à l’électricité sur le continent africain. Pour l’ancien maire de Valenciennes, aujourd’hui philanthrope revendiqué, l’Afrique « est en panne, faute d’électricité ». Le , Jean-Louis Borloo donne une conférence de presse en présence de François Hollande et des présidents du Sénat et de l'Assemblée Nationale pour le lancement de sa fondation, Énergies pour l'Afrique. Le programme de sa fondation bénéficiera de « trois milliards d'euros de subventions par an pendant quinze ans, et 200 milliards en prêts »[71]

Constatant que 650 millions d'Africains n'ont pas d'accès à l'énergie[72], alors que l'énergie est un prérequis pour l'accès à l'eau, à la lumière, l'éducation et la santé, à l'emploi industriel et du service, à l'agriculture, à l'industrie agroalimentaire et à la sécurité, il considère et défend l'idée que cette réalité est un risque majeur pour l'humanité. Dix millions d'Africains de plus par an n'ont pas accès à l'énergie. Ce retard pris dans l'accès à l'énergie par le continent est selon lui, le principal responsable de l'obscurantisme de minorités ruinant le potentiel de l'Afrique[73]

Il soutient, en outre, que l'Afrique, véritable puits de carbone pour l'humanité, est en même temps la première victime du dérèglement climatique, tant par l'excès de sécheresse que par l'excès de précipitations et que les pays émetteurs de CO2 au premier rang desquels l'Europe, les États-Unis, le Canada, l'Australie et la péninsule arabique (plus de huit tonnes par habitant et par an), se doivent comme était faite la promesse de Copenhague (dix milliards de dollars par an pour l'Afrique et les petites îles) de soutenir un « plan Marshall » pour l'électrification du continent africain[74]

Un tel plan nécessite quatre milliards de dollars par an de subventions[75] pendant douze à quinze ans, capables eux-mêmes de permettre la mise en place de financements plus classiques de 20 milliards par an. Avec un tel programme, l'Afrique pourrait être équipée en moins de dix ans. C'est en outre l'intérêt absolu de l'Europe, de participer à un tel plan d'autant que l'Afrique passera en trente ans d'un à deux milliards d'habitants. Malgré tous les efforts actuels faits, la course entre les naissances et les nouveaux Kilowatts est perdu à hauteur de dix millions d'habitants par an. 

Outre les raisons d'engagements climatiques que doivent prendre les pays développés, leur intérêt d'une Afrique équipée quasiment à 100 % est un levier de croissance majeur y compris pour l'Europe. La situation actuelle n'est pas tenable et le risque de déstabilisation de l'Afrique est majeur. La jeunesse africaine, informée grâce à 800 millions de portables[76] se met déjà en route vers les points de lumière et d'électricité. Cette vague sera inévitable si un plan n'est pas mis en œuvre dès le début 2016. C'est à la Conférence de Paris au plus tard, que tout doit être décidé et mis en œuvre opérationnellement. 

Convaincu que ce plan Énergies pour l'Afrique doit être fait par les Africains et pour les Africains avec les financements internationaux, il promeut l'idée d'une Agence regroupant tous les pays d'Afrique[77] et permettant de soutenir l'ensemble des projets d'accès à l'énergie sur le continent et bénéficiant des subventions promises au titre des conséquences du dérèglement climatique. 

D'ailleurs, le président de la république de Guinée, Alpha Condé, est désigné, Coordinateur de l'énergie en Afrique, le au cours de la 26e session ordinaire de l'Union Africaine[78].  

Pour promouvoir cette idée d'Agence, il a rencontré personnellement 41 chefs d'États africains et parcouru plus de 750 000 km, qui tous ont confirmé la priorité urgente et absolue de l'énergie en Afrique et l'accord pour la création de cette Agence. Le , lors du sommet de l'organisation de l'Union africaine à Johannesbourg, le rapport du président du NEPAD[79], le président de la République du Sénégal Macky Sall, a fait adopter à l'unanimité le principe de cet instrument unique, destiné à l'électrification de l'Afrique et la nécessité de la voir dotée de cinq milliards de subventions par an.  

La fondation Énergies pour l'Afrique pour l'électrification de l'Afrique est soutenue par trente entreprises majeures, l'Assemblée Nationale, le Sénat, le gouvernement, la Caisse des dépôts et l'Agence française de développement

En , Jean-Louis Borloo succède à Vincent Jacques Le Seigneur à la présidence de la Fondation Énergies pour le monde (Fondem)[réf. nécessaire]. Fondation reconnue d’utilité publique créée en 1990, la Fondem a pour mission de permettre l’accès à l’énergie de celles et ceux qui en sont dépourvus, principalement en Afrique. Dès 2015, dans le cadre de la préparation de la COP 21, la Fondem et l'association Énergies pour l’Afrique ont commencé à travailler ensemble.

Huawei Technologies France

Jean-Louis Borloo entre au conseil d'administration de Huawei Technologies France en [80], après avoir permis à l'entreprise, très controversée en Occident, d'avoir sa ville de Valenciennes comme tête de pont pour l'expérimentation de ses « caméras intelligentes »[28]. Il refuse d’en devenir le président en , mais demeure considéré par la presse comme « un lobbyiste de choc » pour le géant chinois[81],[82].

Prises de position

Après des années de scoutisme, Jean-Louis Borloo affirme se reconnaître dans « la tradition sociale de la démocratie-chrétienne ». Il s'affirme à la fois écologiste, radical et social-démocrate[83].

Détail des mandats et fonctions

Au gouvernement

À l’Assemblée nationale

Au Parlement européen

Au niveau local

Conseil municipal
Communauté d’agglomération
Conseil régional

Au sein de partis politiques

Récompense

Prix « Press Club, Humour et Politique » 2008 pour la phrase « Sarkozy, c'est le seul qui a été obligé de passer par l'Élysée pour devenir Premier ministre. »[84]. Ce prix récompense « l'auteur de la phrase la plus hilarante de l'année, qu'il s'agisse indistinctement d'humour volontaire ou involontaire »[85].

Décorations

Publications

  • Guide pratique de subsidologie, (avec Gérard Proutheau), Economica, 1987.
  • Le Val des cygnes, roman (avec Jacques Baron) ; avant titre : Du travail pour chacun la prospérité pour tous. Imprimerie Carlo Descamps Condé-sur-l'Escaut, 1989.
  • De l'Oxygène ! (entretiens avec Daniel Carton, journaliste au Monde), éditions Graffipoche, 1992.
  • Un homme en colère, Paris, Michalon, 2002 (écrit par Jean-Paul Brighelli[88],[89]).
  • L'Architecte et l'Horloger (suivi d'entretiens avec Gérard Leclerc), Paris, Éditions du Moment 2007.
  • Libre et engagé, éditions Plon, .
  • Edgar Faure, secrets d'État, secrets de famille, préface de Jean-Michel Baylet et Jean-Louis Borloo (écrit par Rodolphe Oppenheimer-Faure et Luc Corlouër) petit-fils de l'ancien président du Conseil, éditions Ramsay, 2014.

Notes et références

Notes

  1. Il est successivement ministre d'État, ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables (2007-2008), de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire (2008-2009), puis de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, chargé des Technologies vertes et des Négociations sur le climat (2009-2010).
  2. a et b Entrée au gouvernement.
  3. Démission pour raison de santé.

Références

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Voir aussi

Bibliographie

  • Vincent Quivy, L'Impossible Monsieur Borloo, L'Archipel, 2006.

Articles connexes

Liens externes