Jean-Joseph Moussaron

Jean-Joseph Moussaron
Image illustrative de l’article Jean-Joseph Moussaron
Biographie
Nom de naissance Jean-Joseph-Aimé Moussaron
Naissance
Tournecoupe (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 78 ans)
Paris (France)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Ernest Ricard
Archevêque d'Albi
Évêque de Cahors
Évêque auxiliaire d'Auch
Archevêque titulaire de Lamia

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean-Joseph Moussaron, né le à Tournecoupe (Gers, France) et mort le à Paris, est un prélat catholique français. Prêtre à Lectoure de 1904 à 1929 et aumônier diocésain de l'Action Catholique à partir de 1909, il est évêque auxiliaire d'Auch de 1929 à 1936, puis évêque de Cahors de 1936 à 1940, et enfin archevêque d'Albi de 1940 à sa mort. En 2010, il est reconnu Juste parmi les Nations à titre posthume.

Biographie

Famille

Jean Joseph Aimé Moussaron est né le à Tournecoupe (Gers), dans une famille paysanne modeste mais cultivée, issue d’une petite noblesse d’extraction gasconne appauvrie avec la chute des comtes d’Armagnac. Ses parents l’élèvent dans la foi catholique et veillent particulièrement à son instruction. Enfant intelligent et pieux, il est recommandé par le curé-doyen de son village pour entrer au Petit Séminaire.

Origines

La famille Moussaron est une famille paysanne issue de petits seigneurs féodaux (Mosserano) du Condomois[1], dont on trouve trace au XIIIe siècle lors des troubles liés à l’hérésie Cathare, avec Raimon de Mosserano auquel l’Inquisition reproche d’avoir couvert la fuite en Lombardie du « parfait » Raimon de Seran[2]. Aux XIVe et XVe siècles, ses descendants accompagnent les comtes d'Armagnac successifs lors de la guerre de Cent ans et des expéditions d’Italie et d’Aragon. Le 30 décembre 1372, Petro de Mosserano participe à l’hommage de Jean d’Armagnac à l’évêque Bernard de Condom[3], puis au début du XVe siècle, l’un de ses petits-fils combat avec Jean II de Castille auprès duquel Jean IV d’Armagnac l’avait envoyé, et un autre apparaît en Rouergue à la tête d’une troupe protégeant les partisans de l’antipape Benoît XIII[4]. Après le siège de l’Isle-Jourdain de 1443, les seigneurs de Moussaron perdent la plus grande partie de leurs biens, puis lors de la répression du soulèvement de Jean V d’Armagnac, le château de Moussaron est détruit[5]. La famille reste toutefois influente dans la région : les seigneurs de Moussaron fondent une chapellenie dans l’église de Francescas[6], et l’un d’entre eux est gouverneur de Condom en 1580[7], lorsque les partisans d’Henri de Navarre veulent s’en emparer au cours de la septième guerre de Religion. Il organise la défense de la ville et en expulse les suspects, tout en maintenant l’unité entre ses habitants catholiques et protestants qui jurèrent ensembles « qu'ils crèveraient tous sur les murailles, plutôt que les ennemis du Roy n’y entreraient »[8]. Bien qu’obéissant au maréchal de Biron, il ménage ses relations avec « le roi et la reine de Navarre [tant qu’ils] paraissent également bien intentionnés pour la ville »[9]. Il évite ainsi à la ville le sort de Cahors, prise puis pillée, et tient le siège plus de six mois jusqu’à la paix du Fleix. Dans la première moitié du XVIIe siècle, Jean de Moussaron, désargenté, cède sa seigneurie aux comtes de Gélas[10] et s’installe comme laboureur sur les terres qu’il lui reste en Lomagne. Le nom gascon Mosserano, francisé en Moussaron au cours du XVe siècle, perd sa particule vers la fin du XVIIe[11]. Les descendants des premiers seigneurs de Moussaron restent ensuite établis en Lomagne comme laboureurs, souvent après avoir été bordiers, artisans ou militaires le temps d’acquérir une terre[12]. A chaque génération, on dénombre des hommes ou des femmes d’Église[13]. A partir du XIXe, beaucoup essaiment dans le sud-ouest de la France, souvent comme militaires, magistrats ou professeurs[14].

Jean-Joseph Moussaron grandit ainsi dans une famille sans fortune, de tradition paysanne, ancrée en Gascogne bien que peu au fait de son histoire, profondément catholique, cultivée, jouissant d’une notoriété morale locale[15] et au sein de laquelle le devoir de s’instruire est omniprésent.

Enfance

Jean Joseph Aimé Moussaron est baptisé le , lendemain de sa naissance, avec pour marraine la prieure de la chapelle de la Sainte-Vierge de Tournecoupe. Quelques semaines après sa naissance, il tombe gravement malade et le médecin annonce son décès imminent à ses parents. Sa mère le porte alors dans ses bras en priant jusqu’à l’autel de la Vierge de Tudet, pèlerinage voisin de Tournecoupe. De retour à la maison, l’enfant demande à manger guérit[16].

A l’âge de sept ans, il déménage à Lamothe, près de Mauvezin, où ses parents, jusqu’alors artisans cordonniers à Tournecoupe, ont hérité d’une propriété agricole. Élève intelligent et pieux, il est repéré par le curé du village qui, après quelques mois d’études latines, le recommande au Petit séminaire d’Auch.

Prêtrise

Élève brillant du Petit Séminaire, notamment en rhétorique, il intègre ensuite le Grand séminaire où il se fait remarquer par sa piété et ses tendances sociales[13].

Jean-Joseph Moussaron est ordonné prêtre le par Mgr Balaïn, qui apprécie ses qualités intellectuelles et l’envoie trois ans à l’Institut catholique de Paris pour parachever ses études. Il y est l’élève apprécié de l’abbé Verdier, futur cardinal archevêque de Paris, avec lequel il se lie d’amitié.

Revenu à Auch, il est professeur au Petit séminaire, tout en préparant une licence es lettres à l’Institut catholique de Paris jusqu’en 1904. Il est alors nommé premier vicaire de la paroisse Saint-Gervais de Lectoure, paroisse où il reste jusqu'en 1929. Dans le contexte difficile de la séparation de l’Église et de l’État, il se signale par le climat apaisé qu’il sait entretenir tout en développant les activités apostoliques. Le Denier du culte et de l’Œuvre de propagation de la foi témoignent de cette ferveur religieuse retrouvée : à compter de 1909, la paroisse de Lectoure en devient le premier pourvoyeur du diocèse, devant la cathédrale Ste Marie d’Auch[17].

Dès 1909, il participe aussi à l'implantation de l'Action Catholique de la Jeunesse Française (ACJF) dont il est nommé aumônier diocésain dans le Gers.

Il est mobilisé comme infirmier lors de la Première Guerre mondiale, d’abord au front jusqu'en 1916 puis à l’hôpital militaire d’Agen jusqu’à sa démobilisation en 1919[18].

Après la guerre, l’abbé Moussaron profite de l’apaisement consécutif à l’Union Sacrée pour participer à toutes les cérémonies patriotiques et célébrer des messes commémoratives de l’Armistice auxquelles les autorités (radicales-socialistes) assistent. A la messe du 11 novembre, il ajoute la messe de la Fête du Travail, célébrée en septembre lors de la Foire-Exposition de Lectoure.

En 1924, il devient archiprêtre de Lectoure[19] où il poursuit son œuvre commencée en tant que vicaire.

Évêque

Evêque Auxiliaire d'Auch

Le , Jean-Joseph Moussaron est nommé évêque auxiliaire d'Auch et évêque titulaire de Lamia par le pape Pie XI. L’épiscopat français et la nonciature cherchaient un évêque en accord avec la doctrine de Pie XI pour tempérer le conservatisme offensif de Mgr Ernest Ricard, évêque diocésain. En effet, leurs tempéraments et leurs opinions sont totalement opposées : tandis que Mgr Ricard a effectué toute sa carrière dans les curies épiscopales, n’a jamais connu les réalités d’un ministère paroissial et est un fervent maurassien, Mgr Moussaron a exercé vingt ans en paroisse, a vécu la Grande Guerre et est plus familier des Semaines sociales de France. Mgr Ricard interdit toute initiative à « Mgr l’Auxiliaire »[20] et ne le laisse pas écrire dans la Semaine d’Auch. En 1934, les excès de Mgr Ricard le mèneront jusqu'à la démission sur demande du Saint-Siège[19]. Mgr Béguin est alors nommé pour le remplacer et son entente avec Mgr Moussaron est parfaite.

Évêque de Cahors

Le , Jean-Joseph Moussaron est nommé évêque de Cahors, diocèse rural, pauvre et vieillissant dont la moitié des paroisses est sans prêtre. Il consacre son épiscopat à lutter contre la déchristianisation du Quercy et obtient des résultats tangibles : très forte hausse des communions de jeunes et des participations aux pèlerinages de Gramat et de Rocamadour, adhésion d’un cinquième des travailleurs aux mouvements de jeunesse (JEC, JOC et JAC), et hausse des vocations pour la prêtrise[13]. Il soutient également la presse catholique en développant notamment La Défense, la branche régionale du journal La Croix[19].

Archevêque d'Albi

Bien qu’ouvertement hostile aux régimes totalitaires et aux extrêmes violents, Mgr Moussaron fait partie des prélats qui considèrent que les luttes politiques sont secondaires par rapport aux devoirs et à l’enseignement religieux[21]. Aussi, il n’est pas réputé hostile au Front populaire ni à Édouard Daladier, et est donc soutenu par le gouvernement de Paul Reynaud dans sa nomination en tant qu'archevêque d'Albi le . La nomination de ce prélat charismatique se comprend aussi comme une volonté de ré-évangélisation du « midi rouge » de la part de l’Église.

Dès 1941, Jean-Joseph Moussaron est assez méfiant à l'égard du maréchal Pétain et du régime de Vichy: il refuse notamment l'engagement de ses prêtres dans la légion française des combattants, et demande aux catholiques d’y décliner toute participation active. De même, il reste très réservé à l'égard du STO. Recevant en avril 1941 l’avocat bordelais Maurice Touzet, il accueille avec un sourire sceptique ses considérations sur le « double-jeu  du Maréchal » et le pousse à faire entrer ses enfants chez les Scouts de France qui concurrençaient les vichyssois Compagnons de France[22].

Protestation publique contre la persécution des Juifs

Dès les premières persécutions des Juifs, il milite avec Mgr Saliège auprès de l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de la Zone Libre pour une déclaration commune susceptible d’influer sur le cours des choses. Celle-ci se faisant attendre, Mgr Louis puis Mgr Saliège émettent les premières protestations. Mgr Moussaron appelle alors une dernière fois le Cardinal Gerlier[23] à une déclaration commune par une lettre du [24]:

Il a été décidé à notre dernière assemblée qu'aucune initiative de portée générale ne serait prise que par l'ensemble des Archevêques de la zone libre. Or il me semble qu'il y a un geste de cette nature à faire en ce moment.

Je n'ai pas à apprendre à votre Éminence l'émotion soulevée par la déportation massive des Israélites. La conscience publique pourrait s'étonner qu'une protestation calme et mesurée, mais ferme pourtant, ne s'élevât pas de chez nous au nom du christianisme et de l'humanité. Le Gouvernement, dont on ferait remarquer qu'il n'est pas l'auteur de la mesure mais la subit comme une dure conséquence de la défaite, n'aurait pas à se formaliser de ce que dans cette circonstance nous tenions notre rôle traditionnel de défenseurs des droits de la personne humaine et de la famille. J'ai même l'impression que plus d'un, en haut lieu, nous en serait reconnaissant. Si vous partagez mon avis, je prierai Votre Éminence de vouloir bien me le faire savoir au plus tôt et j'attendrai alors le document qu'après acceptation par nos confrères nous aurions à lire en chaire.

Vous devez savoir que Toulouse a déjà parlé et que très généralement prêtres et laïcs en ont été heureux.

Comprenant qu’aucune action commune n’aboutira à temps pour arrêter ou dissuader les déportations, Mgr Moussaron décide de faire lire le dimanche dans toutes les paroisses de son archidiocèse, une déclaration qui, tout en affichant un loyalisme au régime, condamne sans équivoque la persécution des Juifs :

Des circonstances indépendantes de notre volonté ne nous ont pas permis de vous dire plus tôt la peine que nous ont causées les mesures de déportation prises récemment contre les Israélites réfugiés en France.

Si dans notre département elles ont été appliquées avec autant de correction et délicatesse qu’il est possible d’en mettre en pareil cas, sur bien des points du territoire on a vu se dérouler des scènes très douloureuses. Des femmes ont été séparées de leurs maris, des enfants de leurs parents. La religion et l’humanité ne peuvent que protester contre cette violation des droits sacrés de la personne humaine et de la famille et cette méconnaissance de la loi divine de la charité.

Et que personne ne voit dans notre parole une atteinte portée au loyalisme que nous devons au Gouvernement et que nous n’avons cessé de recommander. Le Gouvernement n’est pas en cause. Loin d’avoir pris l’initiative de ces mesures aussi contraires à la tradition française qu’à l’esprit chrétien, il les a subies comme une conséquence de la défaite. Au surplus, c’est servir son œuvre de redressement que d’affirmer, à l’heure où des catholiques même risqueraient de les oublier, les principes qui sont inscrits dans l’Évangile, que l’Église a toujours défendus et sans lesquels il n’est pas de vraie civilisation. Prions Dieu, nos très chers frères, d’accorder bientôt à la France et au monde des jours meilleurs où les hommes, quels que soient leur race et leur pays, sauront se reconnaître et se traiter comme des frères. 

Jean Joseph,

Archevêque d’Albi, Castres et Lavaur

La présente lettre sera lue, sans commentaire, aux messes le dimanche .

Cet appel public en chaire, avec la solennité qu’impose l’absence de commentaires à l’issue de sa lecture, a une réelle résonance et à sa suite bon nombre de fidèles tendent la main aux Juifs.

Protection des Juifs et des Dissidents

Au-delà de cet appel public, Mgr Moussaron organise clandestinement son diocèse pour que les juifs pourchassés soient accueillis par l’Église et ses fidèles. Il ordonne ainsi aux institutions catholiques de la région d'ouvrir leurs portes aux réfugiés juifs et tout particulièrement aux enfants[25]. Seize institutions catholiques dont il s’était assuré de la fidélité ouvrent leurs portes, non seulement aux réfugiés juifs mais aussi à des Résistants.

Jean-Joseph Moussaron s’appuie sur un réseau d’ecclésiastiques fidèles, à l’exemple de Sœur Suzanne Marie (Simone Bondurand) infirmière de la congrégation des Dominicaines, qui utilise la clinique Saint-Dominique d’Albi comme asile provisoire, le temps de trouver d’autres lieux plus reculés, comme l'école Saint-Joseph d'Alban où six fillettes juives de 11 ans seront ainsi accueillies et protégées durant la guerre. La mère supérieure avait donné comme consigne au personnel enseignant : "Même si on menace de vous couper la tête, vous ne direz pas que ce sont des juives"[26].

D’un point de vue spirituel, Mgr Moussaron veille à ce que les Juifs qu’il protège puissent pratiquer leur religion et il noue des contacts personnels avec plusieurs d’entre eux. Nicole Haas[27], interne à l'école supérieure de jeunes filles[28] témoigne du réconfort reçu : "Il nous faisait venir le dimanche pour déjeuner. J'étais la petite juive à qui on expliquait qu'on peut prier dans n'importe quel lieu. Dieu t'entendra partout, me disait-il. C'est la première personne qui m'a parlé d'œcuménisme. ça m'a marqué toute ma vie"[29].

Les petits séminaires de Castres[30] et de Pratlong, dirigés respectivement par Mgr Puech[31] et par l’abbé Cugnasse[32], deviennent le refuge de professeurs et d’élèves juifs[33], de réfractaires[34] et de Résistants. Lors du salut aux couleurs "il n’y est pas chanté « Maréchal, nous voilà ! » mais La Marseillaise « Amour sacré de la Patrie… »[35]". Confiant ses souvenir, l’abbé Cugnasse dira : "Je savais que les juifs étaient plus en danger que les autres. Mais à Pratlong on ne faisait pas la différence. Quelqu’un arrivait en détresse, était-il juif ou pas ? Souvent je n’en savais rien. J’étais là pour les aider et je n’avais pas peur. Ce n’est que plus tard que j’ai pris conscience des risques que nous prenions".

Au fil des cinq années de guerre, de 1940 à 1945, les résistants trouvent dans le petit séminaire de Castres un lieu de plus en plus sûr et les prêtres vont dire la messe auprès d’eux dans la Montagne noire.

Durant l’hiver 1943-1944, l’abbé Gilbert Cugnasse, supérieur du petit séminaire de Pratlong, fait des locaux de l’école l’infirmerie du maquis de Vabre, animé par Guy de Rouville. Les premiers secours aux blessés des opérations de harcèlement contre les convois militaires allemands y sont dispensés et le , les victimes d’un assaut contre les cantonnements des maquis y sont transférées. À partir de ces maquis, qui réunissait des Juifs, des Protestants et des Catholiques, Pierre Dunoyer de Segonzac, ancien directeur de l’école d’Uriage, prend le commandement des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la zone A du Tarn avec lesquelles il libère Castres, Mazamet et Béziers[36]. Mgr Puech raconte que "durant l’été 1944, alors que se préparait la libération des différentes villes de la région, de nombreux cheminots arrivaient en gare de Castres vers huit heures du soir pour demander asile au petit séminaire avant de repartir le matin suivant vers le maquis par le train de Brassac et Lacaune. La direction de l’école dut apprendre à vivre avec la menace des dénonciations et des tentatives de fermeture qui en aurait résulté"[37].

Mgr Moussaron couvre et encourage ces actions qu’il confie à des hommes et des femmes de confiance, tout en veillant bien à afficher une parfaite loyauté au régime de Vichy, conscient que son remplacement mettrait en péril les réseaux de sauvetage et les liens entre l’Église et la Résistance[38].

Arrestation par la Gestapo

Jean-Joseph Moussaron est toutefois arrêté par la Gestapo le 12 juin 1944, trois jours après Mgr Saliège, au motif qu'il a refusé de prendre les mesures de sanction demandées par l'Occupant contre un curé doyen qui avait présidé les funérailles d'un officier de l'Armée Secrète tué par les Allemands.

L'arrestation de Mgr Moussaron par la Gestapo.

Son arrestation se profilait depuis que Vichy savait qu’il avait désigné des aumôniers dans les maquis. Son amitié pour Dom Clément, Résistant et propagateur de « Témoignage Chrétien » a dû également y contribuer. Il est interné à la prison Saint-Michel de Toulouse puis son transfert au camp de Compiègne est ordonné[39], mais il est finalement libéré au bout de neuf jours grâce à l’intervention de la Supérieure du Bon Sauveur, de la Sœur économe et du médecin militaire allemand anti-nazi servant à la prison. A son retour il est accueilli triomphalement par les albigeois.

Après la Libération, Mgr Roncalli alors Nonce apostolique, ne souhaite pas que soient nommés cardinaux des prélats ayant publiquement protesté contre la déportation des Juifs en 1942, de peur que cela ne souligne par contraste que beaucoup d’autres avaient gardé le silence[40]. Le Saint-Siège envisage de nommer Mgr Saliège et Mgr Moussaron mais le Nonce propose à leurs places Mgr Roques et Mgr Petit de Juleville. Le Gouvernement français se plaint de la « médiocrité des choix du Nonce » et le Saint-Siège confie à Jacques Maritain la charge de négocier des propositions agréées par tous. Mgr Moussaron fait alors modestement savoir à Mgr Roncalli qu’il est suffisamment occupé par les affaires de son diocèse et finalement Mgr Roques, Mgr Petit de Juleville et Mgr Saliège sont nommés cardinaux le .

Béatification de Jeanne-Emilie de Villeneuve

Après la guerre, le , Mgr Moussaron lance le processus diocésain de béatification de Jeanne-Emilie de Villeneuve. Cette cause, à laquelle il s’intéresse de longue date, est considérée comme « cause historique », car lancée 94 ans après le décès. Le , il fait exhumer le corps de la servante de Dieu et préside l’inhumation de ses restes le . Les sessions du tribunal diocésain s’achèvent en février 1950 et au mois de mars 1950, le dossier est transféré à Rome. La positio sur les vertus est approuvée le et le a lieu la lecture du décret de l’héroïcité des vertus devant le pape Jean-Paul II, qui en autorise la promulgation officielle le .

Décès

Le Jean-Joseph Moussaron rédige un testament très court, plein de modestie et d’humilité, demandant qu’à ses obsèques aucun éloge ni aucun discours ne soit prononcé.

Le , il quitte Albi pour présider à Paris la réunion de la Commission épiscopale des milieux indépendants (ACI), puis assiste le 29 février à l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de France. Un état fébrile l’empêche d’assister à la séance du lendemain et il reste alité à Paris chez les religieuses de la Ste Agonie pendant une dizaine de jours. Le , désirant regagner Albi pour y prononcer le lendemain une homélie pour le double anniversaire de Pie XII, il se rend à la gare d’Austerlitz où il s’effondre, pris d’un malaise. Ramené chez les religieuses, Mgr Moussaron rend son âme à Dieu vers 9 heures du matin[19].

Ses obsèques sont célébrées le en présence d’une foule immense, de dix-neuf évêques et de nombreuses personnalités dont les représentants des gouvernements français, belges et espagnols.

Symbole de courage, d’engagement et de modestie, Jean-Joseph Moussaron illuminait tous ceux auxquels il s’adressait. Lors de son arrestation, la Gestapo n’a pas osé pénétrer dans son appartement épiscopal et y a envoyé des feldgendarmes bavarois catholiques. Ceux-ci se sont agenouillé devant l’archevêque et lui ont demandé son pardon pour la mission qu’ils exécutaient, puis de les bénir. Faits prisonniers quelques mois plus tard dans la Sarre, ils ont déclaré devoir leur survie dans la retraite allemande à cette bénédiction et ne jamais se séparer d’un petit chapelet que leur avait remis l’archevêque. Après guerre, ils sont retournés à Albi et ont été reçus par Mgr Moussaron.

Engagement apostolique

Prélat de l’Action Catholique

L’Action Catholique de la Jeunesse Française (ACJF) occupe une grande part de la vie de Mgr Moussaron. Fondée par Albert de Mun, « elle tend à réunir toutes les forces vives en vue de replacer Jésus-Christ dans la famille, l’école et la société »[41]. Son champ est immense, mais elle privilégie les problèmes sociaux. Dans une période marquée par la question sociale, elle a pour objet d’aboutir à une solution pratique selon les principes chrétiens. Dans une lettre pastorale de février 1937, après avoir dénoncé le matérialisme, le communisme et l’hitlérisme, Jean-Joseph Moussaron ajoute que "si l’on parvient à conjurer les dangers qui nous préoccupent, des transformations sociales qui sont en train de s’opérer peut naître un ordre nouveau qui sera plus conforme à l’idéal de justice et de charité dont l’Évangile a apporté au monde la Révélation". Mgr Moussaron considère ainsi que l’Église doit occuper le terrain social, faute de quoi il est occupé soit par le matérialisme, soit par le totalitarisme.

Après la Libération, il renouvelle l’impulsion de l’Action Catholique dans son archidiocèse, implantant des groupes dans toutes les couches de la société et organisant régulièrement congrès et rassemblements, comme celui de Réalmont le , qui réunit 5000 participants[42].

Mgr Moussaron se voit attribuer en 1951, la présidence nationale de la Commission épiscopale des milieux indépendants (ACI), en continuité avec son engagement concernant l'ACJF, commencé comme aumônier diocésain du Gers en 1909. Il reste alors l'un des rares évêques à s’exprimer sur la condition ouvrière en pleine crise de la condamnation des prêtres ouvriers en 1954, distinguant la réponse mal adaptée de la question toujours pertinente.

Pensée théologique

Mgr Moussaron pense que l’action épiscopale ne doit pas s’aligner dans un camp politique, mais sous réserve que soient respectées la dignité de la personne humaine et la pleine liberté de croyance, ce qui signifie que l’Église ne peut cautionner les régimes totalitaires. Choisi pour prononcer le panégyrique de Jeanne d’Arc, le , lors du 508e anniversaire de la Délivrance d’Orléans, il affirme :

"La Royauté du Christ […] pas plus que l’Église qui en est la messagère authentique […] n’accepte de s’enfermer entre les frontières étroites d’un parti ou de se lier à des formes économiques périssables. S’adaptant à tous les régimes qui respectent la dignité de la personne humaine et lui permettent d’atteindre sa destinée surnaturelle, abandonnant au pouvoir civil le gouvernement de la chose publique, c’est dans les âmes seulement qu’elle veut s’établir. Elle ne prétend à s’inscrire dans la société et dans les mœurs que pour devenir dans la société un ferment de progrès. En faisant fleurir dans les individus et dans les familles les vertus chrétiennes, en cherchant à pénétrer les institutions de la justice et de la charité qu’elle a apportées sur la terre, elle donne aux maux actuels le plus sûr des remèdes [...]"[43].

Il considère que seule la doctrine sociale de l’Église peut apporter des remèdes aux crises contemporaines. Au sujet de l’Action Catholique, il écrit :

" Pie XI a été aussi le Pape de l’Action, et là encore il a montré que l’Église, comme tout ce qui vit, est à la fois Tradition et Progrès. Sans abandonner les formes anciennes du zèle, il a créé l’Apostolat nouveau que réclamaient les nécessités actuelles. Aux Laïques il a demandé de ne plus se contenter d’un rôle passif dans l’Église, de ne plus se borner à recevoir ; il les a appelés au grand honneur de donner eux aussi à leurs frères sous la direction de la hiérarchie, la vérité et la charité […] Vous continuerez, dans les rangs de l’Action Catholique, l’œuvre de conquête religieuse et de pacification sociale à laquelle il vous a conviés […], dans la justice et la charité"[44]

Ainsi, Mgr Moussaron prône un catholicisme actif[45] :

"L’Évangile nous parle sans cesse du Royaume de Dieu à établir sur la terre […] Bien loin de vous écarter du chantier où doivent se rebâtir la France et le Monde, votre religion vous presse d’y travailler plus que personne.

Votre christianisme sera d’abord éclairé […], personne ne peut se contenter de la foi du charbonnier […], sans un minimum d’études ne comptez pas sur une foi solide, encore moins sur une foi rayonnante.

Votre christianisme sera total […], la religion est une doctrine de vie : c’est toute la vie qui lui doit être soumise.

Votre christianisme sera actuel […], l’Église marche avec la vie qu’elle a mission de conduire et de faire progresser : avec elle il regarde vers l’avenir.

Le vrai christianisme sera social. C’est surtout sur ce terrain que s’affirme le besoin de renouveau. On réclame une organisation où tout sera enfin subordonné aux droits de la personne humaine. Il serait étrange que le christianisme, qui les a appris au monde ne fût point favorable aux transformations qui veulent en assurer le respect […] vers plus de dignité et de bien être.

Votre christianisme doit être épanoui et fier […]. Il nous invite à des pensées austères et même à des sacrifices, mais les beaux côtés de leur nature trouvent en lui de quoi se nourrir et se développer : nous lui devons nos joies les plus délicates et les plus solides.

Ce christianisme éclairé, actuel, social, épanoui et fier, c’est évidemment en toute circonstance qu’il devra rendre témoignage à Jésus-Christ et fournir ainsi à notre pays et au monde le moyen de sortir de leur douloureux chaos.

Mgr Moussaron est enfin un prélat de l’engagement :

"Vous devez comprendre qu’il n’est permis à personne d’être médiocre, que tous les hommes de bonne volonté ont l’impérieux devoir de songer qu’ils ont une œuvre d’apostolat à remplir"[46]

Pour autant il ne prêche pas le combat violent mais l'action missionnaire :

"Le catholique connaît des adversaires à convertir, non des ennemis à combattre".

Durant toute sa vie, Jean-Joseph Moussaron a entraîné par l’héroïcité de ses vertus un redoublement de piété, une multiplication des vocations et des vies d’engagement. L’abbé Desprats, archiviste de l’archidiocèse d’Albi et séminariste dans les années cinquante, déclare ainsi avoir été marqué par "une culture, une finesse de vue et un courage" auquel il s’est référé toute sa vie.

Œuvres

Passionné par l’exégèse biblique et les questions sociales, membre de la Société d’histoire ecclésiastique de la France, Mgr Moussaron noue des liens d’amitié ou entretient une riche correspondance avec plusieurs personnalités de son temps, comme le Cardinal Verdier, Henri Bazire, Edmond Loutil (alias Pierre L'Ermite dans La Croix), Robert de Roquefeuil, Jean Guiraud, Mgr Gerlier (qu’il côtoie d’abord comme avocat et président de l’AJCF, puis comme cardinal), Mgr Roncalli (Nonce à Paris à la Libération et futur Jean XXIII), l’abbé Bergey, Auguste Champetier de Ribes, Jacques Maritain, André François-Poncet, Lucien Coudert, Paul Ramadier, Wladimir d'Ormesson, Louisa Paulin, François Reille-Soult, Mgr Montini (futur Paul VI), Georges La Pira, Jean Guitton, Pierre Dunoyer de Segonzac, Dom Clément, Charles d’Aragon ou encore Guy de Rouville.

D’une "intelligence fine, qui s’alimente sans cesse à de nouvelles sources"[47], écrivant dans une langue pure et spirituelle, et particulièrement éloquent, il est appelé à prêcher dans tout le Midi, en Corse, à Lourdes, et aux retraites ecclésiastiques de Lyon. Il donne régulièrement des conférences, notamment à l’Institut Catholique de Paris, à l’Institut Catholique de Toulouse, à l'Université Catholique de Louvain ou encore à l’École Polytechnique.

Il est l’auteur de :

  • Panégyrique de Sainte Jeanne d’Arc, prononcé le 8 mais 1937. Imprimerie Pigelet et Cie, Orléans.
  • Le Chrétien devant les ruines. Lettre pastorale du 28 février 1946.
  • Le Cardinal Verdier. Imprimerie coopérative du Sud-Ouest, Albi. 1949.

Reconnaissance

Juste parmi les Nations

  • Le , il est fait Juste parmi les Nations à titre posthume et sous les prénoms de Jean Aimé Moussaron, lors d'une cérémonie présidée par Docteur Albert Seifer, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem, en présence du maire d’Albi, Philippe Bonnecarrère, et de M. Shmuel Sivan, consul général d’Israël à Marseille. Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque d'Albi, reçoit la médaille en son nom[48]. Trois raisons ont été majeures pour l’obtention de cette médaille[49]. En premier, la protestation de Mgr Moussaron face à l’arrestation et à la déportation des Juifs qui étaient faites au mépris de tout respect de l’humain, souvent en séparant les familles. En second, son action pour que les écoles qui avaient un internat, les collèges et les lycées catholiques, les couvents et les monastères accueillent les Juifs - 16 lieux d’accueil ont été recensés. Troisièmement, son arrestation par la Gestapo en 1944 et son internement à la prison Saint-Michel[50]. Le dossier a été proposé au comité Yad Vashem à l’instigation de quatre personnes sauvées, dont la pianiste Arlette Zenatti[51].

Distinctions

Références

  1. Vraisemblablement issue des comtes de Condom, en raison de la proximité de leur seigneurie avec Condom et de la pratique de ces comtes consistant à diviser leur domaine entre leurs fils.
  2. Jean Duvernoy, Registre de l’inquisition de Toulouse, 1273-1280.
  3. J. Noulens, Maisons historiques de Gascogne, Guienne, Béarn, Languedoc et Périgord., Paris, Auguste Aubry et JB Dumoulin, .
  4. Charles Samaran, La maison d’Armagnac au XVe siècle et les dernières luttes de la féodalité dans le Midi de la France., Paris, Alphonse Picard et fils, .
  5. Entre 1473 et 1476. L’actuel château de Moussaron est construit sur son emplacement.
  6. « Cercle héraldique, généalogique et historique du Lot-et-Garonne, page Églises, chapelles et paroisses. »
  7. Philippe Lauzun, Lettres inédites de Marguerite de Valois (1580): tirées des archives de la ville de Condom, Auch, imprimerie Félix Foix,
  8. Le 15 avril 1580. Archives départementales du Gers. Registre des jurades de Condom (1564-1585).
  9. Revue de Gascogne : bulletin mensuel du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, , tome 22, p. 12 et suivantes.
  10. Ceux-ci la revendent ensuite à la famille de Bézian, d’où elle est passée dans la famille de Courtade, qui prend alors le nom de Courtade de Moussaron avant de s’éteindre en 1926. Cf. Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, , Tome 12.
  11. Archives du Tarn-et-Garonne, Fond Pouvoir central et Armagnac : acte de baptême de Gaspard Moussaron en 1642, fils de Vidal de Moussaron, et pour la branche dont est issu Jean-Joseph Moussaron, acte de décès de Joanet (de) Moussaron en 1705.
  12. Le père de Jean-Joseph Moussaron est ainsi artisan à Tournecoupe avant de s’installer comme laboureur à Lamothe-Mauvezin lorsqu’il hérite d’une terre.
  13. a, b et c J. Touzet, Bulletin d’histoire et d’archéologie du Gers, .
  14. Dont Jean-Pierre Moussaron, Professeur de littérature à l’Université de Bordeaux et écrivain, spécialiste du Jazz.
  15. Ses membres sont souvent pris comme témoins de moralité.
  16. Abbé Hofland, citant le Dr Morisse, 1986.
  17. Montants établis par la Semaine Religieuse d’Auch.
  18. Maurice Bordes, Mgr Moussaron, un prélat du « dernier printemps de l’Église », Armand Colin, .
  19. a, b, c et d http://catholique-tarn.cef.fr/Eveques-du-diocese-d-Albi-du-XXe#moussaron.
  20. Mgr Moussaron est surnommé ainsi par Mgr Ricard.
  21. Maurice Bordes, Le Diocèse d’Auch sous la IIIe République, BSAG, .
  22. « Un prélat du « dernier printemps de l’Église », Joseph Moussaron (1877-1956) », L’information historique, série n°1,‎ .
  23. Le Cardinal Gerlier, Archevêque de Lyon, dirige l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques de la zone libre.
  24. Clément Jean-Louis, « L'assemblée des archevêques et la déportation des juifs : commentaire d'une lettre de Mgr Jean-Joseph Moussaron au cardinal Gerlier (31 août 1942) », Revue d'histoire de l'Église de France,‎ , p. 311-315.
  25. Pierre-Jean Pyrda, « Mgr Moussaron au paradis des Justes », sur ladepeche.fr, (consulté le 13 décembre 2014).
  26. « Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie dans les communes de France. ».
  27. Les Haas, commerçants strasbourgeois, se réfugient à Graulhet en mai 1942. Puis, la famille s'installe à Albi, rue de Verdusse. Dénoncés, les parents doivent aller se cacher à Réalmont où le père, Georges Haas, rejoint le maquis.
  28. Actuel collège Balzac d’Albi.
  29. « Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie dans les communes de France. ».
  30. Actuel collège Barral.
  31. « Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie dans les communes de France. ».
  32. « Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie dans les communes de France. ».
  33. Comme Sigismond Wolf, 65 ans, originaire du Luxembourg, accueilli par l'abbé Gilbert Cugnasse au Petit Séminaire Saint-Louis de Pratlong, en qualité de professeur d’allemand et d’anglais.
  34. Quelques personnalités trouvent également refuge dans les institutions du diocèse, dont un avocat allemand ayant plaidé contre Hitler, et Rudolf Leonhard, écrivain allemand communiste.
  35. Pierre-Marie Puech, Témoignages pour l’Histoire, Siloë, .
  36. A la tête de son nouveau régiment, le 12ème Dragon, il rejoindra la 1ère Armée du Maréchal de Lattre.
  37. « La semaine de Castres et du Tarn ».
  38. Collectif sous la direction de Jacques Fijalkow, Vichy, les Juifs et les Justes. L’exemple du Tarn., Privat, .
  39. « Les amitiés de la Résistance ».
  40. R. Kriegel., Mgr Roncalli, le Nonce et l’Épuration, Strasbourg, Centre d’études et d’action sociales d’Alsace, .
  41. Cholvy et Hilaire, Histoire religieuse de la France contemporaine, T2, p. 151.
  42. Le Tarn comptait alors 300 000 habitants.
  43. Panégyrique de Sainte Jeanne d’Arc, prononcé le 8 mais 1937, Imprimerie Pigelet et Cie, Orléans.
  44. « Éloge de Pie XI », La Semaine religieuse de Cahors,‎ .
  45. « Le Chrétien devant les ruines », Lettre pastorale,‎ .
  46. « Lettre de l'Évêque », La Semaine religieuse de Cahors,‎ .
  47. Mgr Ricard, « Lettre de l'Archevêque », La Semaine religieuse d'Auch,‎ .
  48. http://catholique-tarn.cef.fr/Mgr-Moussaron-Juste-parmi-les.
  49. « Yadvashem France ».
  50. « Bulletin bimensuel diocésain des catholiques du Tarn ».
  51. Émile et Lucie Zenatti, leurs deux enfants, Claude et Arlette, et leur tante Maria Bloch avaient fui la capitale des persécutions nazies et s’étaient installés, fin 1942, dans le quartier du Gô à Albi. Prévenus, ils échappent à une rafle en 1943 et sont accueillis à la clinique Saint-Dominique d’Albi par Sœur Suzanne Marie (Simone Bondurand) infirmière de la congrégation des Dominicaines d’Albi. Émile Zenatti, ophtalmologiste, est ensuite dirigée au couvent des Dominicaines de Perpignan. Le fils Claude, sous le nom d’emprunt « Grange » sera caché au Petit Séminaire de Valence-d'Albigeois sous la protection du supérieur, la fille Arlette dans la maison de retraite du Couvent du Sacré-Coeur de Valence-d'Albigeois et la mère, Lucie Zenatti, dans une maison annexe sous le nom de « Fleury ».