Jean-Antoine Houdon

Jean-Antoine Houdon
Naissance
Décès
(à 87 ans)
Paris
Nom de naissance
Jean-Antoine Houdon
Nationalité
Activité
Formation
Distinctions
Œuvres réputées

Jean-Antoine Houdon, né le à Versailles et mort le à Paris, est un sculpteur français.

Il est l'un des plus importants sculpteurs du XVIIIe siècle. Réputé pour le rendu réaliste de ses œuvres, habile non seulement dans le travail en marbre, Houdon avait aussi un talent et aptitude pour façonner la terre, le plâtre et le bronze. On l'appelle souvent « le sculpteur des Lumières ».

Biographie

Louis Léopold Boilly, L'Atelier de Houdon (vers 1804), Paris, musée des arts décoratifs.

Sa mère était peintre et Jean-Antoine Houdon lui ressemblait beaucoup. Quant à son père, il était concierge à l'Académie royale de peinture et de sculpture à Paris.

Après l'Académie, Houdon obtient en 1761 la bourse rétribuant le prix de Rome. Il arrive à Rome lorsque le classicisme florissant commence à détrôner le berninisme. Houdon étudie les œuvres de l'Antiquité et les artistes de la Renaissance comme Michel-Ange. Il apprend rapidement à combiner le réalisme avec l'idéalisme grec. Il séjourne à Rome de 1764 à 1768, date à laquelle il revient à Paris. L'Écorché, sculpté en 1767 avant son retour à Paris, est le premier succès d'Houdon. Celui-ci s'intéresse vivement à l'anatomie du corps humain et veut que ses œuvres soient fidèles à la nature.

En 1771, Houdon devient membre de l'Académie royale, où il est nommé professeur le , succédant à Pierre Julien. Son successeur sera Charles Dupaty en 1823[1]. Il se marie en 1786 et a trois filles qui lui servent plusieurs fois de modèles.

Houdon fait partie d'une loge maçonnique, les Neuf Sœurs, qui a soutenu la jeune république américaine. Il y côtoie Benjamin Franklin, et lorsque celui-ci retourne en Amérique, fait la connaissance de son remplaçant, Thomas Jefferson, qui lui commande un buste et le persuade de faire une statue de George Washington. En 1785, « appelé par l'État de Virginie pour fixer les traits de Washington », Houdon traverse l'Atlantique et passe plusieurs semaines à Mount Vernon. Une des statues de Washington se trouve aujourd'hui au capitole de Richmond. Houdon est un des seuls artistes européens de son temps à avoir fait le voyage en Amérique du Nord.

Peu après être retourné à Paris en 1788, Houdon présente au Salon des statues mythologiques et allégoriques, notamment une Diane et une Baigneuse (New York, Metropolitan Museum of Art). Parmi ses bustes exposés au Salon, on peut mentionner ceux de La Fayette, de Benjamin Franklin, d'Honoré de Mirabeau, de Jacques Necker, et de Jean Sylvain Bailly.

En 1795, sous le Directoire, Houdon est nommé membre de l'Institut. Lorsqu'il prend sa retraite en 1814, il aura successivement travaillé sous Louis XVI, sous la Révolution française et sous l'Empire.

Houdon est principalement connu comme portraitiste. Ses portraits sont extrêmement précis et vivants et de nombreuses personnalités de son temps posent pour lui. On lui doit les bustes de la tsarine Catherine II de Russie et du philosophe Denis Diderot, quatre bustes différents de Voltaire, un buste posthume de Jean-Jacques Rousseau ainsi qu'un buste de Cagliostro. Le réalisme du rendu des yeux de ses portraits est célèbre et Melchior Grimm, frappé par le jeu de la lumière et l'expressivité de leurs regards, remarquait que : « Houdon était peut-être le premier sculpteur qui ait su modeler les yeux »[réf. nécessaire].

On peut encore citer ses portraits de Voltaire (en buste, en pied au Panthéon de Paris, ou assis au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg), de la comédienne Sophie Arnould, de Molière, de Napoléon Bonaparte, ainsi que ceux de plusieurs grands hommes américains : outre celui de Washington déjà évoqué, de Robert Fulton, Benjamin Franklin ou Thomas Jefferson.

Il est nommé chevalier de l'Empire le [2].

Jean-Antoine Houdon continue à sculpter jusqu'à sa mort. Selon lui : « C'est la nature dans toute sa noblesse, sa parfaite santé que nous recherchons, ou sinon, nous ne sommes que de chétifs imitateurs »[réf. nécessaire].

Les Écorchés

Chef d'œuvre[3] du sculpteur qui se passionne pour l'anatomie, l’Écorché, bras droit tendu devant de 1766-1767, et sa variante, l’Écorché, le bras replié au-dessus de la tête[4], restent aujourd'hui des modèles dans l'apprentissage de l'anatomie artistique.

Œuvres dans les collections publiques

En Allemagne
Aux États-Unis
En France
En Italie
Au Portugal
Au Royaume-Uni
En Russie
En Suisse


Tony Noël, Monument à Jean-Antoine Houdon (1891), Versailles.

Élèves

Armoiries

Armes de chevalier de l'Empire : « D'azur au chevron cousu de gueules du tiers de l'écu, chargé du signe des chevaliers légionnaires, accompagné en chef, à dextre d'un croissant, à sénestre d'un arc et d'une flèche, le tout d'argent ; et en pointe d'un vieillard assis dans un fauteuil, le tout aussi d'argent. » Ces armes rappellent la statue de Voltaire assis dans un fauteuil, un des chefs-d'œuvre de l'artiste[2].

Hommages

Notes et références

  1. Frédéric Chappey, « Les professeurs de l'École des beaux-arts (1794-1873) », in Romantisme, no 93, 1996, p. 95-101.
  2. a et b Alcide Georgel, Armorial de l'Empire français : L'Institut, L'Université, Les Écoles publiques, (lire en ligne).
  3. universalis.fr.
  4. « Écorché, le bras replié au-dessus de la tête », notice de la base Cat'zArts .
  5. H.H. Arnason The Sculptures of Houdon. Londres, Phaidon, 1975, p. 41
  6. Notice sur citedulivre-aix.com.
  7. « collections du musée des beaux-arts de dijon - Affichage d'une notice », sur mba-collections.dijon.fr (consulté le 15 novembre 2016)
  8. H.H. Arnason, The sculptures of Houdon. London, Phaidon, 1975. p. 67
  9. H.H. Arnason, The sculptures of Houdon. London, Phaidon, 1975. p. 114
  10. medecine.edu.umontpellier.fr.
  11. Notice no 2436, base Atlas, musée du Louvre
  12. Notice no 16587, base Atlas, musée du Louvre
  13. Notice no 2482, base Atlas, musée du Louvre
  14. Notice no 2454, base Atlas, musée du Louvre
  15. Notice no 2429, base Atlas, musée du Louvre
  16. Notice no 2499, base Atlas, musée du Louvre
  17. Notice no 10744, base Atlas, musée du Louvre
  18. Notice no 2428, base Atlas, musée du Louvre
  19. Notice no 2432, base Atlas, musée du Louvre
  20. Notice no 19107, base Atlas, musée du Louvre
  21. Notice no 2537, base Atlas, musée du Louvre
  22. Notice no 2452, base Atlas, musée du Louvre
  23. Notice no 2456, base Atlas, musée du Louvre
  24. Notice no 2509, base Atlas, musée du Louvre
  25. Notice no 2477, base Atlas, musée du Louvre
  26. Notice no 2434, base Atlas, musée du Louvre
  27. H.H. Arnason, The sculptures of Houdon. London, Phaidon, 1975. p. 41
  28. Notice no 2414, base Atlas, musée du Louvre
  29. Notice no 2437, base Atlas, musée du Louvre
  30. Notice no 524, base Atlas, musée du Louvre
  31. Notice no 522, base Atlas, musée du Louvre
  32. Notice no 4420, base Atlas, musée du Louvre
  33. Notice no 2440, base Atlas, musée du Louvre
  34. Notice no 2439, base Atlas, musée du Louvre
  35. Notice no 2426, base Atlas, musée du Louvre
  36. Notice no 28410, base Atlas, musée du Louvre
  37. Notice no 2512, base Atlas, musée du Louvre
  38. H.H. Arnason, The sculptures of Houdon. London, Phaidon, 1975. p. 15
  39. latribunedelart.com.
  40. H.H. Arnason, The sculptures of Houdon. London, Phaidon, 1975. p. 40
  41. « Buste of Madame de Sérilly », wallacelive.wallacecollection.org.
  42. H.H. Arnason, The sculptures of Houdon. London, Phaidon, 1975. p. 24

Annexes

Bibliographie

  • Hjorvardur Harvard Arnason, Jean-Antoine Houdon. Le plus grand sculpteur français du XVIIIe siècle, Edita-Denoël, 1976. 292 p.
  • Valérie Roger, « Du portrait malgré lui à la grâce intemporelle du visage », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, 2007, mis en ligne le 13 juin 2008. Consulté le 17 mars 2013.

Liens externes