Jacques Dubochet

Jacques Dubochet
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Biographie
Naissance
(75 ans)
Aigle
Nationalité
Formation
Activités
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A travaillé pour
Directeur de thèse
Eduard Kellenberger ()
Distinction

Jacques Dubochet, né le [1] à Aigle, dans le canton de Vaud est un biochimiste et universitaire suisse, prix Nobel de chimie en 2017.

Biographie

Enfance et famille

Jacques Dubochet est le fils de Liliane Dubochet-Baenziger (~1915-2009) et de Jean-Emmanuel Dubochet (1912-1997). Il a une soeur, Chantal, et un frère, Emmanuel-Jean. Sa seconde soeur Michèle est décédée en 2013.

Il passe une partie de son enfance dans le canton du Valais. Son père qui est ingénieur civil, est engagé après la guerre, par Énergie Ouest Suisse, où il s'occupe notamment du barrage de Cleuson, de l'aménagement de la Salanfe, et de la Grande Dixence. La famille retourne dans le canton de Vaud en 1952. En 1958, son père est nommé chef du bureau des autoroutes, notamment pour l'Expo 64, puis délégué du Conseil d’État à la construction de 1971 à 1981, où parmi les gros chantiers dont il a eu la charge, figurent le site de Dorigny de l'université de Lausanne et le CHUV. Quant à son grand-père paternel, Robert Dubochet, il fut l'un des directeurs du chemin de fer Aigle-Leysin[2],[3].

Jacques Dubochet fut premier lieutenant dans l'armée suisse. Il effectua son école de recrue à la caserne des Vernets à Genève.

Jacques Dubochet est marié à Christine Dubochet-Wiemken, historienne d'art, art-thérapeute et artiste, avec laquelle il a eu deux enfants, Gilles et Lucy[4].

Études et carrière professionnelle

Jacques Dubochet éprouve quelques difficultés durant sa scolarité, à Sion, car il souffre de dyslexie et a des problèmes de mémoire, mais il se montre curieux et ressent le besoin de comprendre, « comprendre pour ne pas avoir peur ». Sa mère, devant cette curiosité débordante, disait à qui voulait l'entendre, qu'il obtiendrait un prix Nobel !

Avec déjà l'idée de devenir biologiste, il obtient son diplôme d'ingénieur physicien à l'École polytechnique de l'Université de Lausanne (EPUL). Il obtient sa thèse de doctorat en 1973, qu'il accomplit sous la direction d'Eduard Kellenberger [5],[6] à l'Université de Genève puis de Bâle.

En 1978, Sir John Kendrew l'engage comme chef du groupe d'application de la microscopie électronique au Laboratoire européen de biologie moléculaire. Il y développe les bases de la cryo-microscopie électronique avec ses collaborateurs Alasdair McDowall et Marc Adrian. En particulier, ils mettent au point une méthode permettant l’obtention d’un fin film d’eau solide non cristallisée, par un procédé appelé vitrification, utilisant de l’éthane à environ −190 °C maintenu dans un bain-marie d’azote liquide[7],[8]. Cette méthode permet de préparer des spécimens biologiques préservés dans leur milieu aqueux pour l’observation par microscopie électronique.

En 1987, il est nommé professeur à l'université de Lausanne où il préside le Département d'analyse ultrastructurale. Il continue ses recherches sur la cryo-microscopie avec la méthode CEMOVIS, qui vise à étendre les techniques de cryo-microscopie électronique aux specimens volumineux. Cette technique consiste à couper les specimens vitrifiés en sections ultra-minces. Il poursuit également avec Andrzej Stasiak, un programme de recherche sur la forme de l'ADN et de ses noeuds en solution vitrifiée. Outre ses activités de recherche, il contribute à développer le curriculum biologie et société, dont le but est de faire de chaque étudiant un aussi bon citoyen que biologiste[9].

Jacques Dubochet prend sa retraite en 2007 et reste professeur honoraire de l'université de Lausanne.

Le , le comité Nobel annonce que Jacques Dubochet recevra avec l'américain Joachim Frank et le britannique Richard Henderson, le prix Nobel de chimie pour ses travaux en cryo-microscopie électronique[10],[11].

Le , le roi de Suède Charles XVI Gustave remet au professeur Jacques Dubochet le prix Nobel de chimie à Stockholm. Il est le 28e suisse à recevoir un prix Nobel[12].

Politique

Alors qu'il était officier dans une école de recrues, Jacques Dubochet rencontre un soldat, communiste très engagé, qui lui enseigne le marxisme et le communisme. Sans pour autant devenir communiste, Jacques Dubochet s'engage dès lors politiquement à gauche. Depuis les évènements de Mai 68, l'écologie a également pris une grande place dans sa vie. Il fut arrêté par la police, à la fin des années 1960 alors que, perché sur un poteau, il collait des affiches contre le salon de l'automobile.

Il intègre par la suite le Parti socialiste[13]. Depuis 2011, il est conseiller communal de la ville de Morges[14]. Il fait partie du groupe interpartis Clim’actions[15] et des Grands-parents pour le climat. Son épouse Christine et son fils Gilles furent également par le passé, conseillers communaux, dans le parti Les Verts et le parti socialiste, respectivement.

Jacques Dubochet met aussi en avant les liens entre sa vision de la science et ses convictions politiques. Il déclare « Un scientifique, c'est un homme dont le seul maître est la nature »[16].

Notes et références

  1. CV de Jacques Dubochet sur le site de l'Université de Lausanne.
  2. Dubochet, Jean-Emmanuel, Dictionnaire historique de la Suisse.
  3. Jean-Emmanuel Dubochet, bilan du délégué à la construction, 24 heures, 30 avril 1981, (page 17).
  4. Dubochet : « La science a été ma raison de vivre », Tribune de Genève, 4 octobre 2017.
  5. Nouveaux professeurs honoraires 2007[PDF] (voir page 13), Université de Lausanne (page consultée le 4 octobre 2017).
  6. Déborah Loye, « Oui, on peut avoir un CV déjanté et recevoir un prix Nobel ! », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  7. Le Nobel de chimie au Vaudois qui a révélé l’invisible, Le Temps (quotidien suisse), 4 octobre 2017.
  8. Jacques Dubochet : « J’ai eu la chance de profiter de conditions de travail exceptionnelles », Le Temps (quotidien suisse), 6 octobre 2017.
  9. « Programme "Biologie et Société" » (consulté le 28 novembre 2017)
  10. Lise Loumé, « EN DIRECT. Les lauréats du prix Nobel de Chimie sont… », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne).
  11. « Le prix Nobel de chimie attribué à trois chercheurs, dont le Vaudois Jacques Dubochet, professeur honoraire à l'Université de Lausanne », sur www.lenouvelliste.ch (consulté le 4 octobre 2017).
  12. La folle semaine de notre nouveau Prix Nobel, Radio télévision suisse, émission Mise au point, 10 décembre 2017
  13. « Le CV tout en humour du prix Nobel vaudois Jacques Dubochet », RTS,‎ (lire en ligne).
  14. [1], La Côte, 4 octobre 2017.
  15. «Jacques Dubochet était notre homme-sandwich lors des élections communales», 24 Heures (Suisse), 4 octobre 2017
  16. Jacques Dubochet, émission Pardonnez-moi, Radio télévision suisse, 8 octobre 2017.

Liens externes