Jacques Chastenet

Jacques Chastenet de Castaing ( à Paris 8e à Paris 9e), est un historien, diplomate, journaliste et académicien français,

Biographie

Milieu social et formation

Fils du député puis sénateur de la Gironde Guillaume Chastenet de Castaing, Jacques Chastenet, après des études secondaires au lycée Condorcet, étudie à la Sorbonne (licencié ès lettres, en histoire), à la Faculté de droit et à l'École libre des sciences politiques, d'où il sort second de la section finances publiques. Mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, il sert comme officier d'artillerie et termine la guerre avec la Croix de guerre et la Légion d'honneur. Il termine ensuite ses études: il est docteur en droit. Il réussit aussi le concours des affaires étrangères; il est reçu premier.

Diplomate, hommes d'affaires, journaliste et directeur de journal

Il entre ensuite dans la carrière diplomatique, durant quelques années, comme secrétaire d'ambassade. En 1921, il est secrétaire général de la Haute Commission militaire alliée des territoires rhénans.

Il abandonne ensuite la "carrière" pour les affaires et le journalisme. Il se spécialise dans la politique étrangère: il est rédacteur diplomatique à l'Opinion (1924-30) puis à la Revue politique et parlementaire de 1930 à 1931[1].

En même temps, il se met au service des industriels du charbon: il est sous-directeur du Groupement des houillères du Nord et du Pas-de-Calais[2] puis directeur de 1924 à 1930 de l'Union des mines, une filiale financière du Comité central des houillères de France. Et aussi administrateur de diverses sociétés liées à l'Union des mines[3].

C'est à ce double titre qu'il est choisi en 1931 par les propriétaires du quotidien Le Temps, – Henri de Peyerimhoff de Fontenelle, du Comité central des houillères de France, et François de Wendel, du Comité des forges, – pour devenir codirecteur de ce journal influent, aux côtés d'Émile Mireaux ; ce que d'aucuns, à l'époque, voient comme une mainmise du patronat houiller et sidérurgique sur le quotidien[4].

Le , en réponse à l'invasion allemande de la zone Sud, les deux codirecteurs "sabordèrent" le journal[5].

Historien académique et engagé après la guerre

Il est élu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1947[6] et à l’Académie française en novembre 1956.

Il joue encore un rôle politique après guerre en étant notamment conseiller de l’Union française entre 1952 et 1958, désigné par le groupe des indépendants (droite)[7]. Il collabore à plusieurs périodiques, Écrits de Paris, l'hebdomadaire anticommuniste Exil et liberté, Paris-Presse - il propose en 1953 un retrait partiel de l'Indochine et que les soldats français y soient remplacés par l'armée américaine[8] - et aussi La Revue des deux mondes, fief de la droite académique.

Membre du comité supérieur du Centre des hautes études américaines, il cosigne en 1954 et en 1962 les appels à l'union atlantique (avec les États-Unis) lancés par le Mouvement pour l'union atlantique[9]. Il est aussi membre du Conseil français du Mouvement européen, vice-président puis président d'honneur de la Ligue européenne pour la coopération économique et président du Comité France-Amérique en 1967-68[10].

En octobre 1960, il signe un manifeste d'intellectuels partisans de l'Algérie française et hostiles au Manifeste des 121[11]. Il est ensuite membre du comité de patronage de l'Union française pour l'amnistie[12].

Attaché à sa région d'origine, il possédait une propriété de famille près de Libourne (Gironde), sur la commune de Saillans. Il fut nommé président d'honneur de la Société historique et archéologique de Libourne en 1957.

En , il cosigne l'« appel aux enseignants » lancé par l'Institut d'études occidentales après la démission de Robert Flacelière de la direction de l'École normale supérieure[13].

Son épouse est décédée en 1987.

Œuvres

  • 1918 Du Sénat constitué en Cour de Justice
  • 1941 William Pitt (Fayard)
  • 1943 Godoy, Prince de la Paix (Fayard)
  • 1945 Vingt ans d’histoire diplomatique, 1919-1939 (Le Milieu du monde)
  • 1945 Wellington (Fayard)
  • 1946 Le Parlement d’Angleterre (Fayard)
  • 1946 Les Grandes heures de Guyenne (Colbert)
  • 1947 Le Siècle de Victoria (Fayard)
  • 1948 Raymond Poincaré (Julliard)
  • 1949 La France de M. Fallières (Fayard)
  • 1952 Histoire de la IIIe République, Tome I. L’Enfance de la Troisième (1870--1879) (Hachette)
  • 1953 Elisabeth Ire (Fayard)
  • 1954 Histoire de la IIIe République, Tome II. La République des Républicains (1879-1893) (Hachette)
  • 1955 Histoire de la IIIe République, Tome III. La République triomphante (1893-1906) (Hachette)
  • 1956 Winston Churchill
  • 1957 Histoire de la IIIe République, Tome IV. Jours inquiets et jours sanglants (1906-1918) (Hachette)
  • 1958 Quand le bœuf montait sur le toit
  • 1960 Histoire de la IIIe République, Tome V. Les Années d’illusion (1918-*1931) (Hachette)
  • 1961 La vie quotidienne en Angleterre au début du Règne de Victoria, 1837-1851 (Hachette)
  • 1962 Histoire de la IIIe République, Tome VI. Déclin de la Troisième (1931-1938) (Hachette)
  • 1963 Histoire de la IIIe République, Tome VII. Le drame final (1938-1940) (Hachette)
  • 1964 La guerre de 1914-1918 (Hachette)
  • 1965 L’Angleterre d’aujourd’hui (Calmann-Lévy)
  • 1966 La vie quotidienne en Espagne au temps de Goya
  • 1967 Histoire de l’Espagne
  • 1967 En avant vers l’Ouest. La conquête des États-Unis par les Américains
  • 1968 Léon Gambetta
  • 1970 De Pétain à de Gaulle (Fayard)
  • 1970 Cent ans de République, 9 vol. (Tallandier)
  • 1974 Quatre fois vingt ans (Plon)
  • 1976 Une époque de contestation: la monarchie bourgeoise (1830-1848)

Distinctions et décorations

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque universitaire de Pologne • Bibliothèque nationale de Catalogne • Bibliothèque apostolique vaticane • Base de bibliothèque norvégienne • WorldCat
  • Ressource relative à la littérature : Académie française

Notes et références

  1. Le Monde, 1/12/1956
  2. Bulletin de la Société d'économie politique, 1923
  3. "L'Argus", 2/6/1929, "Les Documents politiques, diplomatiques et financiers", décembre 1931
  4. 'Les Cahiers de la démocratie", août 1933, 'Esprit", mars 1933, "Le Populaire", 16/2/1933, "Les Documents politiques, diplomatiques et financiers", décembre 1931, cf. le compte-rendu de la thèse la thèse de Jean-Noël Jeanneney sur François de Wendel, qui confirme la prise de contrôle du journal et la désignation par Wendel, notamment, des deux directeurs, mais Wendel leur aurait laissé une large indépendance, pourvu qu'ils respectent ses principes de base: "Revue historique", 1977. Cf. aussi Marc Martin, Médias et journalistes de la République, Odile Jacob, 1997, p. 169-170: les papiers Wendel montrent qu'un consortium dominé par Wendel et Peyerimhoff, avec aussi Suez, le Comité des assurances, les Rothschild et d'autres, avait racheté le journal pour que le quotidien conserve sa ligne modérée
  5. Cf. Philippe Jian, "La Révolution nationale impossible, Le Temps et le Figaro à l'épreuve du régime de Vichy"
  6. "Le Monde", 19/11/1947
  7. "Le Monde", 12/7/1952
  8. Cf. le Monde, 20/5/1953
  9. Appel de 1954 avec ses signataires, Texte de l'appel de 1962 avec ses signataires
  10. "La Revue des deux mondes", 1/2/1967, "Le Monde", 3/2/1968
  11. "Le Monde", 14/10/1960
  12. "Le Monde", 7/11/1964
  13. « L'Institut d'études occidentales lance un appel aux enseignants », sur lemonde.fr, .