Jacqueline Guerroudj

Jacqueline Guerroudj
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Biographie
Naissance
Décès
(à 95 ans)
Alger
Sépulture
Nationalité
Activité
Conjoint
Enfant

Jacqueline Guerroudj, née Jacqueline Netter le [1] à Rouen et morte le à Alger, est une militante communiste et anticolonialiste française, membre du FLN et moudjahida de la guerre d'indépendance algérienne. Elle a été condamnée à mort avec son mari, Abdelkader Guerroudj, en tant que complices de Fernand Iveton. Elle et son mari ont été graciés en partie grâce à une campagne médiatique menée notamment par Simone de Beauvoir.

Elle était la doyenne des 6 moudjahidates condamnées à mort pour leur engagement dans la révolution algérienne.

Biographie

Jacqueline Netter est née le 27 avril 1919 à Rouen, dans une famille modeste. Elle fait des études de philosophie et de droit.

Elle se marie avec Pierre Minne, enseignant comme elle et militant communiste. Leur fille, Danièle Minne, naît en 1939. En 1942, en raison de ses origines juives, elle est internée par les Nazis. Heureusement avec l'aide de son mari, de militants communistes et d'un prêtre, elle réussit à fuir vers la zone libre et ainsi échapper à la déportation.

Jacqueline et son époux ainsi que leur fille partent s'installer au Sénégal, d'où ils sont expulsés.

En 1948, les Minne partent enseigner en Algérie. Ils s'installent dans la région de Tlemcen, à Chetouane (à l'époque Négrier) d'abord, puis à Aïn Fezza où Jacqueline est institutrice.

Divorcée, Jacqueline Netter se remarie en 1950, avec Abdelkader Guerroudj, militant du Parti communiste algérien et directeur de l'école où elle enseigne. En avril 1955, Jacqueline et Abdelkader Guerroudj sont expulsés pour leurs activités. Après avoir passé quelques mois en France, ils rentrent à Alger et participent à partir de janvier 1956 à l'organisation des Combattants de la libération et du Réseau de Yacef Saadi. Ils sont tous les deux condamnés à mort comme complices de Fernand Iveton, seul Européen guillotiné durant la guerre d'Algérie, mais seront graciés, avec Djamila Bouazza et Djamila Bouhired, le 8 mars 1962.

Elle était la doyenne des six femmes condamnées à mort pour des actes « terroristes » pendant la guerre d'indépendance[2],[3].

Elle est morte le à Alger et a été inhumée dans le carré des martyrs du cimetière d'El Alia[4].

Œuvre

  • Jacqueline Guerroudj, Des douars et des prisons, Bouchene, (lire en ligne).

Hommages

Notes et références

  1. notice BnF no FRBNF12411889
  2. Vanessa Codaccioni, « (Dé)Politisation du genre et des questions sexuelles dans un procès politique en contexte colonial : le viol, le procès et l’affaire Djamila Boupacha (1960-1962) », Nouvelles Questions Féministes, vol. 29, no 1,‎ , p. 32–45 (ISSN 0248-4951, lire en ligne, consulté le 5 décembre 2016)
  3. Sylvie Thénault, « Défendre les nationalistes algériens en lutte pour l'indépendance. La « défense de rupture » en question », Le Mouvement Social, no 240,‎ , p. 121–135 (ISSN 0027-2671, lire en ligne, consulté le 5 décembre 2016) :

    « Djohar Akrour, Baya Hocine, Djamila Bouazza, Djamila Bouhired, Jacqueline Guerroudj et Zahia Kherfallah »

  4. « La moudjahida Jacqueline Guerroudj inhumée au cimetière d'El Alia, à Alger », sur Al Huffington Post, (consulté le 10 novembre 2016).

Annexes

Bibliographie

  • Jean-Luc Einaudi (préf. Pierre Vidal-Naquet), Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton : enquête, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », , 250 p. (ISBN 978-2-85802-721-7).
  • Djamila Amrane, Des femmes dans la guerre d'Algérie : entretiens, Paris, Karthala, , 218 p. (ISBN 978-2-86537-510-3, OCLC 32429934, lire en ligne).
  • Andrée Dore-Audibert, Des Françaises d'Algérie dans la Guerre de libération : des oubliées de l'histoire, Paris, Karthala, , 297 p. (ISBN 978-2-86537-574-5, OCLC 32970990, lire en ligne).

Articles connexes

Liens externes

  • Notices d'autorité :
    • Fichier d’autorité international virtuel
    • International Standard Name Identifier
    • Bibliothèque nationale de France (données)
    • Système universitaire de documentation
    • Bibliothèque du Congrès
    • WorldCat
  • Youssef Zerarka, « Tramor Quemeneur, historien: "Jacqueline Guerroudj est restée tout entière et algérienne et engagée" », sur Al Huffington Post, (consulté le 10 novembre 2016).
  • « La moudjahida Jacqueline Guerroudj inhumée au cimetière d'El Alia, à Alger », sur Al Huffington Post, (consulté le 10 novembre 2016).
  • « Décès de la moudjahida Jacqueline Guerroudj », sur Al Huffington Post, (consulté le 10 novembre 2016)
  • Nicolas Dutent, « Disparition. Jacqueline Guerroudj, indépendantiste entre deux rives », sur L'Humanité, (consulté le 10 novembre 2016).