Isabelle Kocher

Isabelle Kocher
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Isabelle Thabut
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Isabelle Kocher, née le à Neuilly-sur-Seine, est une femme d'affaires française, directrice générale du groupe Engie, ex-GDF Suez.

Biographie

Isabelle Kocher naît le à Neuilly-sur-Seine[1].

Formation

Isabelle Kocher effectue ses classes préparatoires au Lycée Janson-de-Sailly[2]. Elle est une ancienne élève de l’École normale supérieure de la rue d'Ulm (promotion 1987), agrégée de physique, ingénieur du Corps des mines[1] et titulaire d’un DEA d’optique quantique.

Carrière

Parcours jusqu'à la direction générale d'Engie

Isabelle Kocher est ingénieur général des mines. De 1991 à 1997, elle est chargée du projet de réorganisation des ateliers de production au sein de la Société européenne de propulsion (aujourd'hui dans le groupe Safran). De 1997 à 1999, elle est chargée du budget des télécommunications et de la défense au ministère de l'Économie. De 1999 à 2002, elle est conseillère pour les affaires industrielles au cabinet de Lionel Jospin, Premier ministre[3] où elle participe notamment à la création d'EADS, Areva et Thales[4].

Elle entre dans le groupe Suez en 2002. En 2007, elle y prend la direction de la Lyonnaise des eaux[4]. Au terme d'une démarche d'écoute des élus, associations et utilisateurs, menée avec l'écrivain et académicien Erik Orsenna, elle y impose une nouvelle vision du marché de l'eau, abandonnant l'approche volumétrique pure pour celle d'une gestion raisonnée de la ressource[4].

En 2011, elle devient directrice générale adjointe de GDF Suez, chargée des finances.

En , le comité des nominations du groupe GDF Suez propose au conseil d’administration la nomination d’Isabelle Kocher comme administrateur et directrice générale déléguée en remplacement de Jean-François Cirelli, alors numéro deux du groupe et ancien président de Gaz de France[5].

À la tête d'Engie

Le , à l'issue de l'assemblée générale d'Engie, la direction générale de l'entreprise est confiée à Isabelle Kocher[a],[6]. Elle devient ainsi une des premières femmes[b] à être directrice générale d’un groupe du CAC 40[7]. Elle poursuit alors la transformation du groupe Engie déjà entreprise[8], en insistant sur l’innovation et l'utilisation des outils numériques[9], en clarifiant sa stratégie et en développant certaines initiatives.

Comme la mutation en cours du secteur énergétique peut s'apparenter à une révolution industrielle, que le basculement vers les énergies moins carbonées est inévitable, qu’il se fait évidemment dans l'intérêt des consommateurs et celui des pays émergents, que la prise de conscience écologique est générale et que les technologies disponibles commencent à pouvoir être utilisées industriellement[10],[11], Isabelle Kocher prend la décision de soutenir ce mouvement et de tenter de placer Engie en tête des entreprises s'occupant de transition énergétique[12] ;

Isabelle Kocher engage pour cela Engie dans une série de changements :

  1. Mise en place de la stratégie dite des « Trois D » : « décarbonisation » (c.-à-d. abandon progressif des combustibles fossiles), décentralisation, « digitalisation » (c.-à-d. numérisation)[13]. L’abandon progressif du charbon dans la production d’électricité et l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique devient un objectif du groupe. La décentralisation vise à développer un mode de production plus « éclaté » et une consommation plus « locale » de l’électricité et du gaz. La « numérisation » doit permettre la gestion automatisée de ces multiples stocks d'énergie au moyen de réseaux dits « intelligents » qui adaptent en temps réel l’offre à la demande d’énergie ;
  2. Réorganisation du groupe début 2016 au profit d'une organisation géographique, plus proche du terrain et permettant une synergie entre les diverses offres énergétiques[10] ;
  3. Nomination en 2016 de cinq nouveaux membres au comité exécutif, incarnant les nouvelles priorités du groupe, dont son internationalisation[12] : 1o Pierre Deheunynck, directeur des ressources humaines notamment chargé de la « transformation » ; 2o Paulo Almirante, chargé de certaines « business units » (c.-à-d. unités d’affaires) géographiques et de la responsabilité environnementale et sociétale ; 3o Yves Le Gélard, directeur du « numérique » et des systèmes d'information ; 4o Thierry Lepercq, chargé de la recherche, de la technologie et de l'innovation ; 5o Shankar Krishnamoorthy, notamment chargé de la supervision des cinq métiers du groupe, de la stratégie, de Tractebel et d’Engie Solar[14],[15] ;
  4. Recentrage du portefeuille d'activités d'ici 2019 : le désengagement du charbon et du pétrole pour la production électrique — avec 15 milliard d'euros d'immobilisations cédés en trois ans — permet d'accroître les investissements dans trois métiers d'avenir (22 milliards d'euros prévus sur trois exercices annuels) : 1o la production d'électricité peu carbonée ; 2o les infrastructures notamment gazières ; 3o les solutions intégrées pour les clients[13],[10]. Plus de la moitié du plan de cessions et d'investissement est déjà réalisé en [16],[17]. Ainsi pour la période 2016-2021, l'objectif est de multiplier par quatre les installations solaires et par deux la production éolienne d’électricité[16]. Engie investit également 1,5 milliard d'euros en trois ans dans les développements technologiques et numériques qui doivent constituer des leviers de croissance complémentaires d’ici cinq ou dix ans : production d'énergie au domicile ou dans des immeubles de bureaux, stockage de l'énergie, production d'hydrogène sans dioxyde de carbone, services de location ou recharge de véhicules électriques[16],[17],[18],[19] ;
  5. Au-delà de l'internationalisation du groupe, Isabelle Kocher a fait de la féminisation du management d'Engie une priorité et a, de manière corrélée, fixé un objectif de 25 % de cadres supérieurs et 35 % de hauts potentiels qui soient des femmes[20] aux alentours de 2020.

Les syndicats de la société jugent ses méthodes « brutales », lesquelles l’empêcheraient d’avoir une adhésion de l’ensemble des employés à sa stratégie[21].

En 2018, le dossier de la succession de Gérard Mestrallet (le président d’Engie) est examiné par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. En effet le mandat de Gérard Mestrallet, qui a joué de son influence pour qu’Isabelle Kocher soit nommée directrice générale du groupe, prend fin en .

Isabelle Kocher est la prétendante naturelle à cette succession, mais les tensions entre celle-ci et Gérard Mestrallet, nées pendant leur collaboration, et le souhait de ce dernier de voir Isabelle Kocher ne pas prendre les rênes du groupe et continuer à être « chaperonnée » par un président, vont être pris en considération. Ainsi en , le ministre de l’Économie annonce qu’Isabelle Kocher ne sera pas la future présidente du groupe, laquelle prend acte de cette décision. En , le président de la République et les administrateurs d’Engie tombent d’accord sur le nom de Jean-Pierre Clamadieu, président du comité exécutif de Solvay, pour la présidence du conseil d’administration d'Engie[22]. Il prend ses fonctions en mai 2018[23], tout en restant à la tête de Solvay.

Autres mandats

Prix et distinctions

En septembre 2017, Isabelle Kocher a été classée à la troisième place du palmarès international des femmes les plus puissantes, établi par le magazine Fortune[29].

Famille

Isabelle Kocher est la fille d'Henri Thabut, qui a été directeur financier de CIT-Alcatel et de Marie-Noëlle Thabut, née Chambert-Loir, auteur d'ouvrages sur la Bible et chroniqueuse à Radio Notre-Dame[30],[1].

Elle a une fille et quatre garçons[1].

Notes et références

Notes

  1. La présidence du conseil d’administration reste assurée par Gérard Mestrallet.
  2. Sophie Bellon est la première femme à présider un groupe du Cac 40, en devenant président du conseil d'administration de Sodexo le , trois mois plus tôt. Patricia Russo était directrice générale de la société Alcatel-Lucent de 2006 à 2008 alors que cette société faisait partie du CAC-40.

Références

  1. a, b, c et d Alexandra Schwartzbrod, « Isabelle Kocher, flair allure » sur Libération, 6 janvier 2016
  2. « Isabelle Kocher », sur lesechos.fr, (consulté le 15 janvier 2017)
  3. Isabelle Kocher, une "surdouée" à la tête d'Engie, Challenges, 3 mai 2016
  4. a, b et c « Isabelle Kocher, de l’énergie à revendre », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  5. Isabelle Kocher prend la tête d'Engie (ex-GDF Suez), Huffington Post, 4 mai 2016
  6. Isabelle Kocher, une "surdouée" à la tête d'Engie, portrait par Nicolas Stiel sur le site du journal Challenges
  7. Anne Feitz, « Isabelle Kocher, première femme patronne du CAC 40 chez Engie », Les Echos.fr,‎ (lire en ligne)
  8. Cécile Le Coz, « « Engie veut être le pionnier du nouveau monde de l’énergie » », Investir,‎ (lire en ligne)
  9. Anne Feitz et David Barroux, « Isabelle Kocher : « Dans notre monde, le digital est aussi vital que l’air que nous respirons » », Les Echos.fr,‎ (lire en ligne)
  10. a, b et c Vincent Giret et Philippe Escande, « Isabelle Kocher : « Nous avons changé radicalement l’organisation d’Engie » », LeMonde.fr,‎ (lire en ligne).
  11. Michel Lauwers, « La Belgique est pour nous un pays de croissance », Echo.be,‎ (lire en ligne).
  12. a et b « Interview d’Isabelle Kocher dans Kommersant : « La Russie doit développer massivement les ENR » | CCI France Russie », sur ccifr.ru (consulté le 5 octobre 2017).
  13. a et b Anne Feitz, « Isabelle Kocher La transition énergique », lesechos.fr,‎ (lire en ligne).
  14. « Isabelle Kocher : « Engie veut soutenir le développement industriel de l’Afrique » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  15. « Comité Exécutif | ENGIE », sur www.engie.com (consulté le 5 octobre 2017).
  16. a, b et c « La directrice d'Engie prône une « révolution énergétique » », Le Journal du Dimanche,‎ (lire en ligne).
  17. a et b Jean-Michel Bezat, « Isabelle Kocher : « Un groupe comme Engie ne se transforme pas facilement » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  18. Jean-Denis Renard, « Transition énergétique : la patronne d’Engie dévoile sa stratégie », SudOuest.fr,‎ (lire en ligne).
  19. Christophe Charlot, « Il est vital pour Engie de développer ses propres logiciels », Tendances Trends,‎ (lire en ligne).
  20. John Collingridge, « French power broker charges into Britain », The Sunday Times,‎ (ISSN 0956-1382, lire en ligne).
  21. « Isabelle Kocher va devoir encore partager les rênes d'Engie », sur lepoint.fr, (consulté le 26 avril 2018).
  22. Engie : Jean-Pierre Clamadieu succédera à Gérard Mestrallet à la présidence du conseil d’administration, le Monde, 12 février 2018
  23. « Engie : Isabelle Kocher et Jean-Pierre Clamadieu assurent qu'ils agiront « en duo » - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 6 juin 2018)
  24. {https://www.weforum.org/press/2017/11/world-economic-forum-announces-co-chairs-of-its-48th-annual-meeting}
  25. Jean-Pierre Robin, « Sept femmes d'exception vont prendre en main le Forum de Davos 2018 », Le Figaro,‎
  26. « Forum économique de Davos 2018. Sept femmes nommées co-présidentes », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  27. Décret du 31 décembre 2012 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  28. Décret du 14 mai 2010 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  29. (en-US) « Fortune's 50 Most Powerful Women: The International Edition », Fortune,‎ (lire en ligne)
  30. Site de Radio Notre-Dame.