Ioulia Tymochenko

Ioulia Tymochenko
Юлія Тимошенко
Julija Tymošenko
Illustration.
Ioulia Tymochenko en 2011.
Fonctions
Première ministre ukrainienne
[N 1]
(2 ans, 2 mois et 21 jours)
Président Viktor Iouchtchenko
Viktor Ianoukovytch
Gouvernement Tymochenko II 
Législature VIe
Coalition BIouT-Notre Ukraine
Prédécesseur Viktor Ianoukovytch
Successeur Mykola Azarov
24 janvier[N 2]
(7 mois et 15 jours)
Président Viktor Iouchtchenko
Gouvernement Tymochenko I
Coalition BIouT-Notre Ukraine
Prédécesseur Mykola Azarov (intérim)
Viktor Ianoukovytch
Successeur Iouriï Iekhanourov
Vice-Première ministre
chargée du Fioul et de l'Énergie

(1 an et 20 jours)
Président Leonid Koutchma
Gouvernement Viktor Iouchtchenko
Prédécesseur Aleksey Sheberstov
(ministre de l'Énergie)
Successeur Ivan Plachkov
(ministre du Fioul et de l'Énergie)
Députée de la Rada
En fonction depuis le
(3 ans, 7 mois et 18 jours)
Élection 26 octobre 2014
Législature VIIIe

(26 jours)
Élection 30 septembre 2007
Législature VIe

(1 an et 20 jours)
Élection 26 mars 2006
Législature Ve

(2 ans, 8 mois et 21 jours)
Élection 31 mars 2002
Législature IVe

(3 ans, 1 mois et 15 jours)
Élection 1996
Réélection
Circonscription no 229 (Bobrynets)
Législature IIe et IIIe
Prédécesseur Василь Васильович
Biographie
Nom de naissance Ioulia Volodymyrivna Hryhian
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Dnipropetrovsk, RSS d'Ukraine (Union soviétique)
Nationalité Ukrainienne
Parti politique Hromada (1997-1999)
Union panukrainienne « Patrie » (depuis 1999)
Conjoint Oleksandr Tymochenko (depuis 1979)
Enfants Ievhenya Tymochenko
Diplômée de Université nationale des mines d'Ukraine
Université nationale de Dnipropetrovsk
Universite nationale d'économie de Kiev
Religion Orthodoxie
(Patriarcat de Kiev)

Ioulia Tymochenko
Premiers ministres ukrainiens

Ioulia Tymochenko (ukrainien : Юлія Тимошенко), née Hryhian le à Dnipropetrovsk (RSS d'Ukraine), est une femme d'État ukrainienne, Première ministre du au et du au .

D'origine russo-lettonne, elle apprend l'ukrainien dans les années 1990. Femme d'affaires avec son mari après la perestroïka, elle fait fortune dans l'industrie gazière, ce qui lui vaut le surnom de « princesse du gaz ».

En 1996, elle est élue députée à la Rada (Parlement ukrainien). Elle fonde en 1999 le parti Union panukrainienne « Patrie » et en 2001 la coalition Bloc Ioulia Tymochenko (BIouT), qui regroupe des partis politiques de centre droit la soutenant. Charismatique, elle est une des principales figures de la Révolution orange, une série de manifestations contestant les résultats du second tour de l'élection présidentielle de 2004.

Viktor Iouchtchenko, son allié élu président de l'Ukraine à la suite de la Révolution orange, la nomme en 2005 Première ministre, et la limoge sept mois plus tard. Après le scrutin législatif de 2007, il la nomme à nouveau à cette fonction. Lors de l'élection présidentielle de 2010, elle devance Iouchtchenko, avec qui elle entretient de très mauvaises relations, mais s'incline face au pro-Russe Viktor Ianoukovytch ; elle est la première femme à être présente au second tour d'un scrutin présidentiel en Ukraine. Après le renversement de son gouvernement, elle prend la tête de l'opposition.

En 2011, elle est condamnée à sept ans d'emprisonnement pour abus de pouvoir dans le cadre de contrats gaziers signés entre l'Ukraine et la Russie en 2009. Pour ses partisans et les gouvernements occidentaux, les poursuites judiciaires à son encontre sont le résultat de motivations politiques résultant de l'élection de Ianoukovytch. Libérée lors de la révolution ukrainienne de 2014, elle se présente sans succès à l'élection présidentielle anticipée. Elle est ensuite une des principales figures de l'opposition à Petro Porochenko.

Éléments personnels

Origines

Ioulia Volodymyrivna Hryhian est la fille de Vladimir Abramovitch Hryhian, né le à Dnipropetrovsk (URSS), letton (d'après son passeport soviétique[1]), et de Lioudmila Nikolaïevna Teleguina, née Nelepova le à Dnipropetrovsk[1].

La transcription usuelle de son nom de famille en français est « Timochenko », comme on peut le lire dans la presse francophone[2]. Mais la lettre ukrainienne « и » correspond à la lettre russe « ы », et non pas à la lettre russe « и » (ukrainien « і »)[N 3].

Enfance

Alors qu'elle a trois ans, son père quitte le domicile familial, laissant sa femme élever seule sa fille. Lioudmila Teleguina gère les courses de taxis employés par l'entreprise locale[3]. Ces origines modestes sont revendiquées par Ioulia Tymochenko[4]

Avant son mariage à dix-neuf ans, elle utilise le nom de sa mère, Teleguina, sous lequel elle termine sa scolarité à l'école secondaire, en 1977[5]. Elle réfute les rumeurs sur sa judéité tout en se disant solidaire dans la lutte contre l'antisémitisme[6].

Formation

En 1979, elle rejoint la faculté d'économie de Dnipropetrovsk pour étudier la technologie cybernétique. En 1984, elle est primée par l'université avec un diplôme d'honneur. Elle est affectée en tant qu'ingénieur en économie à l'usine de machines-outils de Dnipropetrovsk et engagée au service de la comptabilité. Elle refuse d'entrer au Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS)[7].

Vie familiale

Elle épouse, en 1979, à l'âge de dix-neuf ans, Oleksandr Tymochenko, fils du responsable politique de la région de Dnipropetrovsk[8]. Le couple a une fille, Ievhenya, née l'année suivante[9].

Carrière dans le monde des affaires

Sous l'URSS

En 1988, Ioulia Tymochenko ouvre avec son mari, grâce à un prêt de 5 000 dollars, une coopérative familiale de commerce de location de vidéos, au sein du Komsomol[7]. La coopérative organise aussi des concerts de rock pour la jeunesse locale.

Compagnie du pétrole

Cette entreprise, nommée « Terminal », est privatisée et vendue en 1991, alors que l'URSS s'écroule. Ioulia Tymochenko fonde la Compagnie du pétrole ukrainien (KUB), qui vend de l'essence aux agriculteurs de la région de Dnipropetrovsk. Elle choisit pour l'administrer Alexandre Gravets ; celui-ci investit soixante mille dollars dans une société immatriculée à Chypre, Somolli Enterprise Ltd, qui détient la moitié des parts de la KUB.

À cette époque, Ioulia Tymochenko rencontre Pavlo Lazarenko, qui est alors le directeur régional de l'administration agricole[10] et qui parraine l'entreprise. La KUB achète du pétrole brut et de l'essence à la Russie et les revend en situation de monopole au monde agricole ukrainien (en commençant par l'oblast de Dnipropetrovsk) grâce à la protection de Lazarenko. Alors que l'Ukraine est en situation d'hyperinflation, une grande partie des échanges s'effectue sous forme de trocs en nature avec prise de contrôle des entreprises en faillite[11].

« Princesse du gaz »

En 1995, elle réorganise sa société pour cofonder, avec Pavlo Lazarenko, la compagnie de distribution d'hydrocarbures Systèmes énergétiques unis d'Ukraine (SEUU) . Pavel Lazarenko devient ministre de l'Énergie à l'automne de la même année et lance une réforme dont la SEUU est la grande bénéficiaire. Grâce à un profit estimé à quatre milliards de dollars en 1996, l'entreprise se diversifie et investit principalement dans la finance, l'industrie, les transports aériens et la presse. Ioulia Tymochenko est alors surnommée la « princesse du gaz »[12]. Devenu Premier ministre en 1996, Lazarenko, selon le journaliste allemand Frank Schumann, « donne à la patronne du groupe SEUU le monopole d'État du marché gazier, après éviction des entreprises concurrentes[13] » (ce qui donne lieu à l'affaire Chtcherban). La fortune de Ioulia Tymochenko est devenue colossale et elle se sépare de son mari, jugé « peu doué en affaires ».

Le 31 décembre 1996, la SEUU de Tymochenko signe, avec Gazprom, un nouveau contrat portant sur la livraison de 15,5 milliards de m3 de gaz pour 1997 pour 1,24 milliard de dollars ; en échange, Frank Schumann indique que Lazarenko reçoit de la Somolli Entreprises Ltd une commission de 84 millions de dollars[14]. Le groupe de Tymochenko contrôle en plus des usines de canalisation, d'enrichissement d'uranium, des banques et des compagnies aériennes, etc.[15]. Le chiffre d'affaires annuel s'élèverait à environ cinq milliards de dollars[15]. Le Times chiffre sa fortune à 7,5 milliards d'euros.

Retrait du monde des affaires

Ioulia Tymochenko est arrêtée par la douane ukrainienne et mise en détention pendant quelques jours pour avoir voulu prendre l'avion vers Moscou avec 26 000 dollars et trois millions de karbovanets (ancienne devise ukrainienne) en liquide. C'est alors qu'elle brigue un mandat de parlementaire, qui lui accorderait une immunité[16]. En janvier 1997, elle doit abandonner la direction de l'entreprise car la loi en interdit le cumul avec son nouveau statut d'élue régionale. Son beau-père devient alors le directeur officiel de la SEUU[17]. Sa mère, une tante et sa fille sont placées à la tête de filiales[18].

Le 9 avril 1997, The New York Times accuse Pavel Lazarenko de corruption à travers la SEUU. Une enquête de justice est ouverte contre Ioulia Tymochenko et Pavel Lazarenko, bien que tous deux bénéficient d'une immunité parlementaire. En décembre 1998, Pavel Lazarenko est arrêté à la frontière franco-suisse et accusé de blanchiment d'argent. La justice suisse le libère contre une caution de trois millions de dollars. Le 17 février 1999, la Rada obtient la levée de son immunité politique. Le 20 février, Lazarenko est arrêté à l'aéroport international de New York-John F. Kennedy. En 2004, il est condamné pour blanchiment d'argent, corruption et fraude[19].

Parcours politique

Débuts

Ioulia Tymochenko en 2002.
Ioulia Tymochenko (date inconnue).

En 1996, Ioulia Tymochenko est élue députée à la Rada, obtenant 92,3 % des voix dans la circonscription no 229 (Bobrynets, oblast de Kirovohrad)[20],[21]. Son mandat parlementaire débute le . Elle est réélue aux élections législatives de 1998 et à celles de 2002. En 1998, elle devient présidente de la Commission budgétaire de la Rada.

Après avoir été vice-présidente du parti Hromada, fondé par Pavel Lazarenko, qui s'est réfugié à l'étranger en raison des poursuites judiciaires le visant[22], elle crée son propre parti, Union panukrainienne « Patrie » (Batkivchtchina). Son parti a le statut d'observateur au Parti populaire européen (PPE)[23].

En décembre 1999, elle est nommée vice-Première ministre chargée du Fioul et de l'Énergie dans le cabinet du Premier ministre Viktor Iouchtchenko. À ce poste, elle fait cesser des arrangements illégaux et autres corruptions dans le secteur énergétique. Sous sa direction, les recettes de l'industrie et de l'électricité ukrainiennes ont augmenté de plusieurs milliers de pour cent. Elle a interdit la pratique du troc dans le marché de l'électricité, exigeant que les clients industriels payent leur électricité en devises, et a également mis fin à de nombreuses exemptions particulières pour plusieurs organisations.

Elle est congédiée par le président Leonid Koutchma et le Premier ministre Viktor Iouchtchenko en janvier 2001, alors qu'elle est accusée de « contrebande et de falsification de documents », pour avoir importé frauduleusement du gaz russe en 1996, lorsqu'elle était présidente des Systèmes énergétiques unis d'Ukraine (SEUU). Elle est aussi accusée d'avoir signé un contrat léonin avec le Turkménistan sans avoir obtenu l'aval du gouvernement. Lui est reproché aussi le fait d'avoir placé 1,1 milliard de dollars en fraude à l'étranger[24]. Elle conteste ces accusations, et dénonce une manipulation du parquet qu'elle impute à des hommes d'affaires proches du président[25]. Elle est arrêtée en février 2001. Les autorités russes lancent un mandat d'arrêt international pour corruption de responsables du ministère de la Défense[26] et le détournement de 2,8 milliards de dollars. Ses partisans organisent plusieurs manifestations de protestation près de la prison où elle est incarcérée. Elle est libérée au bout de quarante-deux jours de prison effectués à la prison de Loukianovo[24].

Sous la présidence Koutchma

Lorsque les charges judiciaires retenues contre elle sont abandonnées, Ioulia Tymochenko devient l'un des principaux dirigeants du mouvement de contestation contre le président Leonid Koutchma pour son rôle présumé dans le meurtre du journaliste Gueorgui Gongadzé. Lors de ses campagnes, elle se fait connaître comme une dirigeante politique passionnée. En janvier 2002, elle est légèrement blessée dans un accident de voiture ; ses partisans pensent qu'il s'agit d'une tentative d'assassinat organisée par le gouvernement[27].

En février 2001, en vue des élections législatives de 2002, Ioulia Tymochenko crée le Forum du salut national . Dans la foulée, elle fonde le Bloc Ioulia Tymochenko (BIouT), une alliance politique de plusieurs partis d'opposition de centre droit. Le Forum du salut national se fond ensuite dans le BIouT. Aux élections législatives de 2002, le BIouT obtient 7,3 % des suffrages exprimés.

Égérie de la révolution orange

Article connexe : Révolution orange.
Ioulia Tymochenko le 4 février 2005, lors de son discours de politique générale à la Rada.

Lors de l'élection présidentielle de 2004, Ioulia Tymochenko apporte son soutien, malgré leur mésentente personnelle, à Viktor Iouchtchenko, qui se présente comme un candidat sans étiquette et affiche des positions pro-occidentales, à la différence de son adversaire Viktor Ianoukovytch, soutenu par la Russie. Les résultats du second tour, qui donnent Viktor Ianoukovytch gagnant, sont considérés comme truqués par l'opposition et les observateurs internationaux.

Des manifestations massives — dont Ioulia Tymochenko est l'une des chefs les plus radicales — ont lieu dans le pays[28]. La crise politique, surnommée « révolution orange », conduit à l'annulation du scrutin par la Cour suprême de l'Ukraine et à la tenue d'un nouveau second tour fin décembre.

Viktor Iouchtchenko est finalement élu et dispose à la Rada d'une majorité, dont fait partie le Bloc Ioulia Tymochenko. Il nomme Ioulia Tymochenko Premier ministre le .

Premier mandat de Première ministre

Ioulia Tymochenko est très populaire dans les milieux nationalistes, mais peu appréciée dans l'est de l'Ukraine, plus russophile. Son groupe parlementaire ne dispose que de 20 des 450 sièges de la Rada, contre une centaine pour le mouvement Notre Ukraine de Viktor Iouchtchenko et une vingtaine pour l'autre allié de la coalition, le Parti socialiste d'Ukraine. Ioulia Tymochenko remporte le vote de confiance avec 375 voix pour et aucune contre, soit un soutien plus large que la coalition de Viktor Iouchtchenko.

Après une série de démissions à la suite de tensions à l'intérieur du gouvernement concernant des mesures de privatisations, le président Viktor Iouchtchenko la limoge de son poste de Premier ministre le [29].

Élections législatives de 2006

Formations politiques arrivées en tête dans les districts électoraux lors des législatives de 2006 ; en violet, le Bloc Ioulia Tymochenko.

Ioulia Tymochenko mène la campagne du Bloc Ioulia Tymochenko (BIouT) pour les élections législatives de 2006. Elle annonce qu'elle brigue un nouveau mandat de Premier ministre. Le BlouT obtient 22,3 % des suffrages exprimés et 129 sièges sur 450 aux élections de 2006, loin devant le parti Notre Ukraine du président Iouchtchenko (14 % et 81 sièges).

Une coalition du BlouT avec Notre Ukraine et le Parti socialiste d'Ukraine (SPU) est envisagée pour empêcher le Parti des régions, la principale formation politique pro-russe du pays, d'accéder au pouvoir. Cependant, les négociations avec Notre Ukraine et le SPU rencontrent de nombreuses difficultés. Après trois mois d'incertitude politique, les trois partis parviennent à un accord de coalition[30]. La coalition dispose de la majorité des sièges à la Rada. Cependant, ses membres se méfient les uns des autres, en particulier pour l'organisation des procédures parlementaires visant à élire simultanément Petro Porochenko à la fonction d'orateur et Ioulia Tymochenko au poste de Premier ministre.

Les députés du Parti des régions bloquent la Rada du 29 juin au 6 juillet pour empêcher les travaux parlementaires[31],[32]. Ils exigent que les procédures parlementaires soient respectées, notamment par le biais de commissions parlementaires incluant plusieurs de ses membres. L'accord de coalition avait en effet privé le Parti des régions et le Parti communiste d'Ukraine de toute représentation au sein de l'exécutif et de toute influence significative dans les commissions parlementaires[33].

À la suite de la désignation inattendue d'Oleksandr Moroz (Parti socialiste d'Ukraine) comme président de la Rada, la « coalition orange » s'effondre. Une nouvelle coalition, dirigée par l'ancien Premier ministre Viktor Ianoukovytch, est formée : elle est composée du Parti des régions, du Parti socialiste d'Ukraine et du Parti communiste d'Ukraine. Viktor Ianoukovytch redevient chef du gouvernement, écartant du pouvoir les formations de Ioulia Tymochenko et de Viktor Iouchtchenko. Le Bloc Ioulia Tymochenko annonce qu'il va former un cabinet fantôme calqué sur le nouveau gouvernement. Il est rejoint dans l'opposition par Notre Ukraine en octobre 2006[34].

Second mandat de Première ministre

Composition politique de la Rada issue des législatives de 2007.

Élections législatives de 2007

Lors des élections législatives anticipées du 30 septembre 2007, le bloc dirigé par Ioulia Tymochenko arrive en deuxième position, avec 30,7 % des voix, gagnant plus de huit points par rapport aux législatives de 2006 (22,3 %). Le parti des régions de Viktor Ianoukovytch arrive en tête avec 34,4 % des voix.

Nommée Premier ministre par le président Iouchtchenko, elle ne réussit pas à obtenir la majorité le 11 décembre 2007, obtenant 225 voix sur les 226 requises. Elle est à nouveau proposée au poste de Premier ministre, et la Rada entérine sa nomination à la tête du gouvernement le 18 décembre, lors d'un second vote, avec 226 voix sur 450[35].

Crise politique de 2008

Article connexe : Crise parlementaire de 2008.
Ioulia Tymochenko avec Viktor Iouchtchenko.

Moins d'un an après son retour à la tête du gouvernement, les tensions entre Ioulia Tymochenko et le président Iouchtchenko se détériorent[36].

Le 2 septembre 2008, après des divergences sur l'attitude à adopter face au conflit russo-géorgien, la coalition entre le Bloc Ioulia Tymochenko et Notre Ukraine se rompt à l'occasion d'une réforme constitutionnelle visant à réduire les pouvoirs du chef de l'État au profit du gouvernement[37]. Les députés de Notre Ukraine étaient alors pratiquement les seuls à s'opposer à la promulgation de la loi[37]. Accusée par le secrétaire général adjoint de Viktor Iouchtchenko de vouloir s'arroger le soutien de la Russie pour la prochaine élection présidentielle[36], Ioulia Tymochenko impute la responsabilité de la fin de la coalition au chef de l'État[37],[36].

Le , après l'expiration du délai constitutionnel de dix jours prévu pour trouver une issue à la crise, le président de la Rada, Arseni Iatseniouk, confirme l'éclatement de la coalition de la Première ministre et présente sa démission, qui devait en principe être suivie de celle de Ioulia Tymochenko, conformément à l'accord de coalition[38]. Mais Ioulia Tymochenko refuse de démissionner, expliquant que la coalition a éclaté du seul de Viktor Iouchtchenko[39], et s'oppose à l'idée de déclencher de nouvelles législatives[40]. Après le rejet d'un projet de loi sur le financement d'élections législatives anticipées, le président Iouchtchenko annonce, le , qu'il renonce provisoirement à leur tenue[41],[42],[41].

Ioulia Tymochenko en 2009.

Ioulia Tymochenko bataille jusqu'au bout pour qu'une nouvelle coalition soit formée[43]. Début décembre 2008, le Bloc Ioulia Tymochenko et le Parti des régions engagent des négociations[44]. Volodymyr Lytvyn, élu à la présidence de la Rada le 9 décembre, annonce la formation d'une nouvelle coalition alliant son parti, le Bloc Lytvyn, au Bloc Ioulia Tymochenko et à Notre Ukraine[45]. Après des négociations, les trois partis signent un accord de coalition le 16 décembre[46].

Le , le second gouvernement Tymochenko survit à un second vote de confiance de la part de la Rada[47]. Mais les relations entre Ioulia Tymochenko et le président Iouchtchenko[48], le Secrétariat de la présidence de l'Ukraine[49] et l'opposition menée par le Parti des régions restent encore très tendues. D'après Tymochenko elle-même, ses rapports conflictuels avec le chef de l'État reposent essentiellement sur une querelle de personnes bien plus que sur une quelconque forme d'antagonisme d'ordre idéologique.

Élection présidentielle de 2010

Résultats obtenus au second tour de l'élection présidentielle par Ioulia Tymochenko dans chaque oblast.

Le , Ioulia Tymochenko confirme qu'elle est candidate à l'élection présidentielle ukrainienne de 2010[50].

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le , elle arrive en deuxième position, avec 25,1 % des suffrages, se qualifiant pour le second tour contre Viktor Ianoukovytch (35,3 %). Elle arrive largement devant le président sortant (5,5 %). Elle qualifie son rival, qui refuse de prendre part à un débat télévisé contre elle, de « candidat de la mafia et de la criminalité[51] ». Durant l'entre-deux tours, elle tente de remobiliser l'électorat « pro-occidental », qui s'était divisé au premier tour.

Lors du second tour, le , Ioulia Tymochenko réunit 45,5 % des voix, contre 49 % pour Viktor Ianoukovytch[52]. Les proches de Ioulia Tymochenko dénoncent des fraudes massives dans l'Est du pays.

Ioulia Tymochenko reconnaît finalement sa défaite et retire son recours en justice visant à invalider le résultat du scrutin le [53]. Mais en dépit des appels à sa démission, Ioulia Tymochenko refuse de quitter son poste de Premier ministre. Alors que sa coalition à la Rada s'est effondrée après le départ du parti de Volodymyr Lytvyn et les divisions de Notre Ukraine, une motion de censure est votée contre son gouvernement par 243 voix sur 450, le [54],[55]. L'intérim est exercé par son vice-Premier ministre, Oleksandr Tourtchynov, jusqu'au 11 mars, date à laquelle Mykola Azarov est investi Premier ministre.

Sous la présidence Ianoukovytch

Dirigeante de l'opposition

Ioulia Tymochenko en 2010.

Après le renversement de son gouvernement, Ioulia Tymochenko devient chef de l'opposition, à la tête du Bloc Ioulia Tymochenko (BIouT). La participation des coalitions de partis aux élections législatives de 2012 est interdite, ce qui conduit à la disparition du BIouT[56]. Elle est désignée tête de liste de l'Union panukrainienne « Patrie » pour ces élections – à titre symbolique car elle ne pourra pas faire campagne en raison de son incarcération pour abus de pouvoir[57] ; la Commission électorale centrale refuse d'enregistrer sa candidature par 10 voix sur 15 en raison de son casier judiciaire[58].

En septembre 2012, elle publie en vidéo un appel à « se soulever pour chasser le régime criminel du président Viktor Ianoukovitch »[59],[60].

Le soir des élections législatives du 28 octobre, remportées par le Parti des régions au pouvoir, Ioulia Tymochenko annonce qu'elle commence une grève de la faim contre ce qu'elle considère comme une falsification des résultats[61]. Elle met un terme à la grève de la faim le 15 novembre[62].

Elle soutient l'Euromaïdan et appelle les manifestants à refuser tout accord avec Victor Ianoukovytch.

Procès

Vente de quotas d'émission de CO2
Ioulia Tymochenko avec Angela Merkel en 2011.

Le , Ioulia Tymochenko est assignée à résidence dans le cadre d'une enquête pour « abus de pouvoir aggravé » et a interdiction de quitter Kiev. Elle est accusée de mauvaise gestion des fonds publics : 2,3 milliards de hryvnias, issus de la vente de quotas d'émission de CO2 en 2009, auraient été utilisés pour financer le système de retraites. Elle encourt sept à dix ans de prison[63]. Ioulia Tymochenko dément ces accusations : selon elle, ces fonds n'ont pas été dépensés. Elle dénonce « la terreur du parquet général contre l'opposition »[64]. Le 16 décembre, des députés du Bloc Ioulia Tymochenko, en signe de protestation, refusent de quitter la Rada. Cinq d'entre eux sont hospitalisés à la suite d'une empoignade avec des députés du Parti des régions[65].

Signature de contrats sur le gaz avec la Russie

Son procès pour abus de pouvoir lors de la signature d'un accord gazier avec la Russie jugé préjudiciable à l'Ukraine s'ouvre le 24 juin 2011, alors que plusieurs milliers de personnes se réunissent dans le centre de Kiev pour la soutenir[66]. Dans un entretien accordé au quotidien français Le Figaro, Ioulia Tymochenko dénonce un procès qui « s'est transformé en farce ». Indiquant avoir porté plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme, elle critique l'attitude du président Viktor Ianoukovytch, qui utilise selon elle « des méthodes soviétiques pour éliminer l'opposition », et la proximité manifeste entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir politique[67].

Le , le président du tribunal de Kiev satisfait une demande du parquet en plaçant Ioulia Tymochenko en détention provisoire pour « outrages répétés à la cour »[68]. Ses partisans organisent aussitôt un sit-in devant le tribunal pour protester contre cette décision[69],[70].

Le 11 octobre, elle est condamnée à sept ans de prison ferme[71]. Plusieurs gouvernements occidentaux estiment que cette condamnation est motivée par des raisons politiques et réclament une libération immédiate[72].

Ioulia Tymochenko ne peut assister au procès en appel, qui s'ouvre le 1er décembre 2011, en raison de son état de santé, de fortes douleurs au dos l'empêchant de se déplacer[72],[73]. Le 22 décembre, elle renonce à participer au procès ainsi qu'à un pourvoi en cassation, et déclare que « la justice en Ukraine n'existe plus »[74]. Le lendemain, le tribunal rejette l'appel et décide de « laisser sans changement » le premier verdict[75]. Un pourvoi en cassation est formé devant la Cour de cassation de l'Ukraine, qui est rejeté le 29 août 2012[76].

Le , la Cour suprême de l'Ukraine clôt l'affaire au vu de l'absence d'infraction caractérisée[77].

Délits financiers
Ioulia Tymochenko au tribunal en 2011
Ioulia Tymochenko lors de son procès, en 2011.

Dans les jours qui suivent sa condamnation pour abus de pouvoir le 11 octobre 2011, quatre nouvelles enquêtes criminelles sont ouvertes contre Ioulia Tymochneko pour des délits financiers. Elle est inculpée pour tentative de détournement de 405 millions de dollars, puis à nouveau le 10 novembre pour dissimulation de revenus en devises à hauteur de plus 165 millions de dollars (soit 121 millions d'euros), détournement de fonds budgétaires, et évasion fiscale à hauteur de 47 millions de hryvnias (soit 4,3 millions d'euros). Les faits allégués concernent les activités de son entreprise de distribution de gaz Systèmes énergétiques unis d'Ukraine entre 1996 et 1998. Ces enquêtes avaient été ouvertes au début des années 2000 et abandonnées en 2005[78]. Elle est formellement arrêtée dans sa cellule de prison le 8 décembre 2011[79].

En avril 2012, un procès est ouvert pour détournement de fonds publics et fraude fiscale. Elle encourt douze années de prison et l'obligation de rembourser 19,5 millions de hryvnias[80]. L'accusée n'est pas présente lors de l'audience préliminaire en raison de son état de santé[81]. L'Union européenne et les États-Unis contestent un procès qui est selon eux organisé pour des raisons politiques[82]. Le procès est suspendu le 28 avril, le juge estimant qu'il est impossible de juger Ioulia Tymochenko en son absence[83]. Sa reprise est plusieurs fois reportée en raison de l'hospitalisation de la prévenue[84],[85],[86].

En raison de l'absence de corps du délit, l'affaire des spéculations financières au sein du groupe Systèmes énergétiques unis d'Ukraine est close le par un tribunal de Kiev[87].

Meurtre

En , le parquet de Kiev annonce qu'Ioulia Tymochenko va être inculpée pour le meurtre du député Yevhen Chtcherban, en 1996, à l'époque où Pavlo Lazarenko et Ioulia Tymochenko construisaient un système de monopole de l'importation du gaz[88]. Selon le procureur adjoint Renat Kouzmine, la société de la victime était en concurrence avec les Systèmes énergétiques unis d'Ukraine que dirigeait la prévenue[89],[90].

Détention

Ievhenya Tymochenko s'exprimant sur la détention de sa mère (qui apparaît derrière elle) au congrès du PPE du 7 décembre 2011.

Placée en détention en août 2011, Ioulia Tymochenko apparaît fatiguée et amaigrie lors de son procès en première instance[91],[92]. Elle ne peut assister à son procès en appel, de fortes douleurs au dos l'empêchant de se déplacer[72],[73]. Ses conditions d'incarcération à la prison de Lukyanivka sont dénoncées par ses avocats et ses proches[72],[93]. Ses médecins personnels réclament son hospitalisation d'urgence[73].

Le , elle est transférée dans la colonie pénitentiaire pour femmes de Katchanivska, dans l'oblast de Kharkiv[94]. Son avocat considère ce transfert comme « illégal » et dénonce les mauvais traitements qui lui sont infligés[95],[96]. Elle est hospitalisée de force à Kharkiv le 20 avril[97], et ramenée en prison deux jours plus tard, couverte « d'hématomes et d’ecchymoses » selon son avocat[98]. Elle accuse le président Viktor Ianoukovytch d'avoir ordonné ces violences[99], refuse d'être examinée par les médecins proposés par les autorités[100], et entame une grève de la faim[101].

Plusieurs dirigeants européens critiquent publiquement ses conditions de détention. En février 2012, la rapporteure pour le Parlement européen, Zuzana Roithová, déclare qu'Ioulia Tymochenko est « privée des droits fondamentaux dont tout le monde devrait bénéficier, même en prison »[102]. Le président fédéral d'Allemagne, Joachim Gauck, annule une visite officielle en Ukraine prévue en mai 2012, « compte tenu des inquiétudes grandissantes au sujet de la santé et du traitement de l'ancienne Première ministre »[100]. La Commission européenne annonce qu'aucun de ses membres n'assistera au championnat d'Europe de football 2012, qui se déroule en partie en Ukraine[103]. De son côté, le gouvernement ukrainien dénonce un « boycott politique » digne de la « guerre froide »[104].

Ioulia Tymochenko est transférée sans contrainte dans un hôpital de Kharkiv le 9 mai 2012[105]. Elle interrompt sa grève de la faim après que le gouvernement ukrainien a annulé le sommet de l'Europe centrale à Yalta, boycotté par la plupart des participants[106]. Une manifestation de soutien rassemble environ 5 000 personnes lors des célébrations du Jour de l'indépendance , le 24 août[107].

Le , la Cour européenne des droits de l'homme condamne l'Ukraine pour l'arrestation et la détention de Ioulia Tymochenko. Pour la juridiction, sa détention provisoire était « arbitraire et illégale » et son incarcération décidée « pour d'autres motifs » que l'établissement de la vérité[108],[N 4].

Libération et réhabilitation

Ioulia Tymochenko prononçant un discours sur la place de l'Indépendance, le 22 février 2014, après deux ans et demi d'emprisonnement.

Le , lors des événements insurrectionnels intervenus en Ukraine et après un premier texte voté la veille visant à permettre sa libération[109],[110], la Rada vote une résolution pour sa libération « immédiate »[111]. Elle est libérée le même jour[112],[113]. Devant plus de 50 000 personnes réunies sur la place de l'Indépendance, en fauteuil roulant du fait de ses problèmes de santé, elle prononce un discours dans lequel elle rend hommage aux « héros de l'Ukraine » ayant permis le renversement du pouvoir[114].

Quelques heures après sa libération, elle refuse de retrouver la fonction de Premier ministre[115]. Souffrant de nombreuses hernies discales, elle se rend en Allemagne, à l'invitation de la chancelière Angela Merkel, pour se faire soigner[116].

La Cour de justice de Kharkiv met un terme aux poursuites contre Ioulia Tymochenko dans l'affaire des Systèmes énergétiques unis d'Ukraine le [117]. Le suivant, la Cour suprême de l'Ukraine décide de clore l'affaire des contrats gaziers et de poursuivre les juges qui l'ont condamnée[118] ; la Cour suprême réhabilite Ioulia Tymochenko le [119].

Le , la Cour européenne des droits de l'homme confirme la violation de plusieurs articles de la Convention européenne des droits de l'homme[N 5] et reconnait la persécution politique et la torture[120].

Élection présidentielle de 2014

Elle annonce, le , qu'elle est candidate à l'élection présidentielle anticipée, organisée le suivant[121].

Alors qu'elle a vu sa cote de popularité chuter pendant son emprisonnement, sa campagne ne rencontre qu'un faible écho médiatique et elle voit une grande partie de son électorat de 2010 se rallier à la candidature de Petro Porochenko, qui apparait fédérateur dans un contexte de guerre[122],[123]. Petro Porochenko l'emporte au premier tour, avec 54,7 % des voix ; Ioulia Tymochenko arrive en deuxième position, avec 12,8 %.

Sous la présidence Porochenko

Ioulia Tymochenko en 2015.

Le , Ioulia Tymochenko cède sa place de tête de liste de son parti aux élections législatives d'octobre à la pilote de l’armée ukrainienne Nadia Savtchenko, arrêtée en Russie[124],[125]. Deux jours plus tard, le , alors qu'une loi est adoptée sur le statut spécial pour certains districts de l'Est pendant trois ans et loi sur l'amnistie, elle déclare que la Rada légalise l'occupation du Donbass[126],[127]. Lors du scrutin législatif, son parti obtient 5,7 % des voix et 19 sièges[128]. Elle est de nouveau élue députée.

La Rada soutient, en , son initiative au sujet de la libération de Nadia Savtchenko[129], et vote, en , son projet de loi concernant le mouvement des volontaires en Ukraine[130].

En février 2016, les députés de son parti quittent « Ukraine européenne », la coalition au pouvoir formée en novembre 2014, qui perd ainsi sa majorité. Ioulia Tymochenko accuse le président Petro Porochenko d'avoir tenté de « trahir l'Ukraine » et appelle à des élections législatives anticipées[131]. Elle critique notamment le protocole de Minsk, qui était censé mettre fin à la guerre en Ukraine[122].

Le , elle accueille à la frontière ukraino-polonaise l'ancien président géorgien et gouverneur d'Odessa Mikheil Saakachvili, alors que le gouvernement ukrainien s'oppose à son retour en Ukraine, Petro Porochenko l'ayant déchu de sa nationalité ukrainienne deux mois auparavant[132].

Alors que les réformes soutenues par le président Porochenko conduisent à une diminution du niveau de vie en Ukraine, ses propositions d'augmenter le salaire minimum et les principales prestations sociales lui attirent le soutien des catégories les plus modestes[122]. Elle affiche également une image plus consensuelle, abandonnant ses déclarations les plus controversées[122].

En avril 2018, une enquête est ouverte en raison d'accusations de financement de sa campagne présidentielle de 2010 par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi[133].

Bénéficiant selon les sondeurs de son charisme et de son expérience, elle retrouve à partir de 2015 une importante popularité et les études d'opinion la placent en première position de la prochaine élection présidentielle, tandis que son parti apparaît comme étant le mieux placé en vue des prochaines élections législatives[134],[135],[136]. Le 20 juin 2018, elle annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2019 et promet en cas de victoire l'adoption d'une Constitution instaurant un meilleur équilibre des pouvoirs[137],[138].

Prises de position

Distinctions

En 1998, l'Église orthodoxe ukrainienne[139] lui remet la récompense de l'ordre de Sainte Varvara pour services exceptionnels rendus au pays.

Pendant le forum économique international de Krynica Morska, en Pologne, Ioulia Tymochenko a été retenue pour le titre honorifique de Personnalité de l'année d'Europe centrale-Orientale, étant la seule femme de la liste. Exactement quatre ans après, en , les experts européens reconnaîtront l'action de Ioulia Tymochenko en tant que Premier ministre de l'Ukraine, en lui attribuant ce titre.

En 2005, elle a reçu une autre récompense internationale, le Price of Foundation, pour ses « qualités exceptionnelles de chef, les accomplissements économiques et la politique d'anti-corruption de son Cabinet et pour sa lutte contre les atteintes à la démocratie surgissant dans le monde moderne ».

Au classement 2005 de Forbes, Ioulia Tymochenko est la troisième femme la plus puissante de la planète[140]. En 2008, elle est classée 17e, puis 47e en 2009, toujours selon le magazine Forbes.

Notes et références

Notes

  1. Le premier vice-Premier ministre, Oleksandr Tourtchynov, assure l'intérim du 3 au .
  2. Par intérim jusqu'au .
  3. Par ailleurs, on prononce bien Tymochenko, et non pas Tymotchenko comme on l'entend très souvent sur les ondes françaises.
  4. La juridiction considère que la justice ukrainienne a violé plusieurs articles de la Convention européenne des droits de l'homme (droit à la liberté et à la sûreté, droit d'obtenir à bref délai une décision sur la légalité de sa détention, droit à réparation pour une détention illégale, limitation de l'usage des restrictions aux droits).
  5. de l'article 18 (limitation de l'usage des restrictions aux droits, de motivation politique pénale), de l'article 3 (interdiction de la torture), de l'article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et de l'article 10 (liberté d'expression) de la Convention européenne des droits de l'homme

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  135. http://www.kiis.com.ua/?lang=ukr&cat=reports&id=548&page=1
  136. https://www.slideshare.net/UkrN/blue-dawn-monitoring-2018
  137. « En Ukraine, le retour de la sulfureuse Ioulia Timochenko », sur Le Figaro (consulté le 20 juin 2018)
  138. https://en.interfax.com.ua/news/general/513305.html
  139. (uk) «Timochenko est maintenant de l'ordre de deux - Martyr et minière», Unian, 29 août 2008.
  140. (en) « Les 100 femmes les plus puissantes », Forbes, 25 juillet 2005.

Voir aussi

Bibliographie

  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque nationale tchèque • WorldCat
  • (de) Dmitri Popov et Ilia Milstein, L'Avenir de l'Ukraine après la Révolution orange, 2006, Munich
  • (de) Dmitri Popov, Ilia Milstein, Julia Timoschenko. Die autorisierte Biografie, Redline Verlag, München, 2012, (ISBN 978-3-86881-362-3)
  • Frank Schumann, La Princesse du gaz. Espions, amours et corruption: enquête sur Ioulia Tionchenko, ex-Premier ministre d'Ukraine, Paris, éd. du Moment, 2013, traduit de l'allemand par Véronique Grosjean

Articles connexes

Liens externes

  • Rada